C’est jour de fête à Sainte-Sévère : les forains débarquent avec des roulottes, un manège et même un cinéma ambulant pour montrer aux villageois impressionnés un documentaire sur les méthodes modernes de la Poste en Amérique. Avec son vieux vélo et sa simple détermination, François le facteur va tout faire pour imiter ses homologues américains.
Premier long-métrage de Jacques Tati, Jour de fête est un chef d’œuvre incontournable du septième art qui a su renouveler le genre du burlesque dans le paysage cinématographique français. Ce film au rythme trépidant regorge de gags aussi bien visuels que sonores, tous plus hilarants les uns que les autres, et devant en grande partie leur force au personnage de François le facteur, interprété avec humour et grâce par Tati. Le réalisateur des Vacances de Monsieur Hulot nous fait ici pénétrer dans son univers personnel empreint de poésie et de réalisme, de logique et d’absurde, teinté ça et là d’un soupçon de nostalgie face à un monde rural aujourd’hui disparu. Sainte-Sévère reste ce village joyeux qui bat à son rythme, loin de la fureur de la ville et de l’influence croissante de l’Amérique. Jour de fête est une oeuvre magique et atemporelle à découvrir d’urgence !
Un groupe de touristes américaines débarque à Paris pour visiter la capitale. Pendant ce temps, M. Hulot se rend dans les bureaux d’une grande entreprise pour y passer un entretien, mais finit par se perdre dans l’immensité du bâtiment. Au gré de ses déambulations et de ses rencontres, M. Hulot va se trouver embarqué dans ce Paris ultramoderne où sa route croisera immanquablement celle des Américaines…
Avec ce quatrième long-métrage sorti sur les écrans en 1967, Jacques Tati signe son oeuvre la plus ambitieuse. C’est lors de la tournée de son précédent film, Mon Oncle, que le cinéaste a l’idée de réaliser cette satire joyeuse et incisive dépeignant une société globalisée et superficielle où particularismes culturels et rapports humains se font de plus en plus rares. Pour mener à bien ce projet hors normes, le réalisateur choisit de tourner en 70 mm dans un studio qu’il fait spécialement construire pour ce film, le célèbre « Tativille », repoudisant à merveille l’architecture ultramoderne de la capitale. Mais la réalisation du projet PlayTime s’avère extrêmement longu – sept années de production en tout – et beaucoup plus coûteuse que prévu, contraignant Tati à hyopthéquer sa maison et les droits de l’ensemble de ses oeuvres. Malgré l’échec commercial et critique que le film subit à sa sortie, PlayTime est aujourd’hui considéré comme le grand chef-d’œuvre d’avant-garde du maître du burlesque français, loué tant par l’Américain David Lynch que par le Finlandais Aki Kaurismäki.
Monsieur et Madame Arpel habitent une maison remarquablement moderne dans un quartier aseptisé. Dans cet univers trop bien agencé, jeu, hasard et humour n’ont aucune place et leur fils Gérard s’y ennuie. Mais voilà que fait irruption son oncle, Monsieur Hulot, le frère de Madame, personnage décalé et inadapté. Sa fantaisie est mal vécue par son entourage, d’autant plus qu’il devient un modèle pour Gérard…
Troisième long-métrage de Tati sorti en 1958, Mon Oncle est l’un des chefs-d’oeuvre burlesques du cinéma français. Cinq ans après Les Vacances de Monsieur Hulot, le cinéaste campe à nouveau le personnage du fantasque M. Hulot et, à travers lui, dénonce avec humour et subtilité les mutations de la société française des Trente Glorieuses, ou plutôt l’usage que certains en font. Avec d’un côté le monde moderne incarné par les Arpel, et de l’autre le monde « ancien » représenté par M. Hulot et son voisinage, Mon Oncle témoigne de la modernité grandissante et de l’artificialité des relations qui en découle, à travers une mise en scène d’une précision quasi géométrique et une utilisation habile du son. Plus d’un demi-siècle plus tard, Mon Oncle reste toujours aussi drôle et percutant : sa réédition en version numérique restaurée en 2K sera un spectacle qui ravira petits et grands !
Monsieur Hulot, dessinateur d’un camping-car expérimental, accompagne celui-ci sur les autoroutes de France et de Belgique en direction du salon de l’automobile d’Amsterdam où le modèle doit être exposé. Mais entre les nombreuses pannes, les problèmes mécaniques, la fouille à la douane, l’accident, la route est longue et semée d’embûches, qui mettent en péril la réussite commerciale de l’opération, menaçant Hulot et son camping car de ne pas arriver à temps pour l’ouverture du salon…
Quatre ans après l’entreprise colossale qu’était PlayTime, Jacques Tati endosse une nouvelle et dernière fois le personnage de M. Hulot dans ce long-métrage réalisé en 1971, Trafic. L’acteur-réalisateur prend ici pour thème l’explosion de l’automobile qui a lieu au tournant des années 1970, avec l’essor spectaculaire de ce moyen de transport chez les classes moyennes occidentales. Les autoroutes deviennent, dans l’univers de Jacques Tati, des jungles modernes où les hommes se transforment en véritables bêtes de foire, enfermés dans leur voiture. Le réalisateur de Mon Oncle poursuit une nouvelle fois son expérimentation sur l’image et le son – le film est ici tourné en décors naturels -, en recourant à un genre cinématographique encore peu exploité à l’époque : le road movie. À l’instar d’un Jean-Luc Godard avec Week-end (1967), Tati traque le quotidien sur les routes – déjà bien encombrées – d’Europe de l’Ouest, annonçant la société globalisée de demain.
À travers un spectacle de cirque participatif et délirant, Tati redonne vie à ses célèbres mimes sportifs et assure la transition des numéros de musiciens, jongleurs, magiciens et acrobates, devenant le Monsieur Loyal de Stockholm Circus.
Commandé par la télévision suédoise et majoritairement tourné en vidéo, c’est pourtant bien pour la salle que le film Parade a été conçu. Tati passe ainsi le témoin à de nombreux jeunes artistes, auprès de qui il aimait transmettre son expérience. Plus le spectacle avance et moins sont manifestes les frontières qui séparent l’avant et l’après, les artistes, les techniciens et les spectateurs. Ce dernier film de Jacques Tati résonne comme un hommage vibrant au spectacle vivant évoquant ses débuts au music-hall.
John Grant, un jeune instituteur, fait escale dans une petite ville minière de Bundayabba avant de partir en vacances à Sydney. Le soir, il joue son argent et se soûle. Ce qui devait être l’affaire d’une nuit s’étend sur plusieurs jours…
« Soleil de plomb et ivresse chronique comme révélateurs de la folie des hommes, Wake in Fright n’est pas un film à mettre devant tous les regards. Chef-d’oeuvre de l’Ozploitation, vague 70’s de films d’exploitation produits à bas budget en Australie, le film de Ted Kotcheff (que l’on retrouvera en 1982 pour l’illustre Rambo) chronique une descente aux enfers sans artifices, juste une dégringolade à grand renfort de pintes de bière tiède et de chemises trempées de sueur. Une histoire qui évoque les contours de l’anti-western, qui rappelle que le visage du mal est humain, et qu’il est d’une triste banalité. »
– Félix Sengel, chargé de communication au Cosmos
Interdiction aux mineurs -12 ans
Avertissement : Le film comporte une véritable scène de chasse. Cette scène, remise en contexte par le réalisateur dans un carton d’explication, vise à dénoncer la chasse et la maltraitance animale de la manière la plus directe et crue possible. Le film a par ailleurs participé activement à faire évoluer la loi sur la chasse des kangourous en Australie, désormais illégale. Nous déconseillons donc fortement le film à toute personne ne souhaitant pas voir de telles images.
Julien Tavernier et sa maîtresse, Florence Carala, la femme de son patron, ont imaginé un plan diabolique pour supprimer le mari gênant. Une fois le meurtre commis, Julien, revenu sur ses pas pour faire disparaître une pièce à conviction malencontreusement oubliée, se retrouve bloqué dans l’ascenseur par une coupure de courant. Au dehors, un blouson noir, Louis, vole la voiture de Julien et y fait monter sa petite amie Véronique. Florence reconnaît la voiture mais ne distingue pas le conducteur.
« Un pauvre type qui avait tout préparé pour commettre le crime parfait se retrouve coincé dans un ascenseur comme un écolier en retard pour prendre son bus pendant que Jeanne Moreau fait les cents pas dans Paris en soupirant un monologue désespéré. Il se dégage de ce film quelque chose de terriblement français qui assez paradoxalement, fait voyager, en l’occurrence dans cette époque et ce lieu, qui n’existent pas vraiment, que les Américains s’imaginent quand ils parlent de Paris. Un chef d’œuvre de cinéma américain 100% fabriqué en France. »
_ Félix Sengel, chargé de communication
Les journées insouciantes avant la Première Guerre mondiale laissaient la chance à un auteur autrichien introverti nommé Jules de devenir ami avec un Français exubérant au nom de Jim. Les deux hommes tombent amoureux de la belle et impulsive Catherine, mais c’est Jules qui la marie.
Deux étudiants – Jules l’Autrichien et Jim le Français – se lient d’une amitié profonde. Lorsqu’ils s’éprennent de Catherine, la jeune femme ne peut choisir entre les deux. Après s’être chargé des repérages, Robert Bober assiste François Truffaut (aux côtés de Florence Malraux) dans l’adaptation du roman d’Henri-Pierre Roché, transformé en une éblouissante histoire de passion mortifère. Tour à tour joyeux et tragique, et porté par une Jeanne Moreau aussi moderne que mystérieuse, l’un des triangles amoureux les plus célèbres du cinéma. -La Cinémathèque Française
Jean Fournier, modeste employé de banque, est initié au jeu par son collègue Caron. Favorisé par la chance, il part pour Nice contre l’avis de son père. Il rencontre dans ce sanctuaire sa reine, une certaine Jackie dont il tombe immédiatement amoureux. Jackie n’est pas insensible au charme de Jean mais les ailes de leurs amours vont se brûler à la passion du jeu.
La Baie des Anges est certainement l’œuvre la plus discrète parmi les premiers longs métrages de Jacques Demy. Elle est réalisée entre Lola, qui révéla le cinéaste avec un style nouveau et une musicalité que l’on retrouvera tout au long de ses films, et Les Parapluies de Cherbourg, qui éblouit entre autres par ses couleurs flamboyantes et ses chansons ininterrompues. Ces deux films célèbres ont certainement estompé le souvenir de la beauté et de la simplicité de La Baie des Anges. Sa restauration en 2014 fut l’occasion de redécouvrir les qualités et la singularité d’une œuvre inspirée à la fois par la sobriété des films de Robert Bresson et par la confusion des sentiments, le hasard des rencontres amoureuses des films de Max Ophuls. -La Cinémathèque Française
Dans les années 30, Célestine, une jeune femme de chambre de 32 ans, arrive de Paris pour entrer au service d’une famille de notables résidant au Prieuré, leur vaste domaine provincial. La maîtresse de maison, hautaine et dédaigneuse avec sa domesticité, est une puritaine frigide, maniaque et obsédée par la propreté.
Réalisé en 1964, Le Journal d’une femme de chambre inaugure la dernière période de Luis Buñuel – quasi exclusivement située en France – et marque le début de la collaboration entre le cinéaste et son coscénariste Jean-Claude Carrière. Les deux comparses transposent l’intrigue du roman éponyme d’Octave Mirbeau (1900) trente ans plus tard, à la charnière des années 1920 et 1930. Loin de s’être calmé, le contexte politique est devenu encore plus sombre avec la montée de l’extrême droite en Europe. Autre différence notable entre le livre et son adaptation, le point de vue adopté chez Buñuel n’est pas celui de Célestine. La caméra suit ses mouvements mais le spectateur ne pénètre jamais à l’intérieur de la psyché du personnage, qui reste du début à la fin très mystérieux. -La Cinémathèque Française
Anne Desbaredes, femme d’un industriel d’une petite ville du Bordelais, s’ennuie. Seul son fils l’occupe. Un jour, pendant que l’enfant etudie une sonatine au piano, on entend un cri epouvantable. Une femme vient d’etre assassinee. A cette occasion Anne fait la connaissance d’un jeune ouvrier qu’elle va bientot aimer.
Emblématique metteur en scène de théâtre, Brook adapte le roman de Duras et sublime la poésie de ses dialogues, portés par l’envoûtante Jeanne Moreau, prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes en 1960.
– La Cinémathèque Française
Tyvian Jones est un menteur qui s’est bâti une réputation d’écrivain grâce aux ouvrages de son frère. Arrivant à Venise, il rencontre Eva, dont il tombe follement amoureux. Mais cette dernière a choisi de vivre une vie indépendante, se refusant à aimer et ne voulant pas être aimée. Tyvian se marie avec une autre femme, Francesca, mais aime toujours Eva, ce qui fait de sa vie un enfer.
Dans cette réinterprétation du roman éponyme de James Hadley Chase, Joseph Losey filme Venise sous toutes ses coutures afin d’incarner l’attraction magnétique d’un écrivain paumé pour une prostituée qui le méprise. Véritable personnage à part entière, l’architecture de la ville permet à Eva d’osciller entre démesure baroque et instantanés d’un amour fou à la noirceur vertigineuse. Si Losey joue sans cesse sur les contrastes de son décor, il retravaille également le motif du miroir, devenu essentiel au cœur de cette lutte narcissique. Alors que les apparences priment sur les sentiments, son héroïne, aussi glaciale que manipulatrice, symbolise le jusqu’au-boutisme d’une obsession qui tourne à l’humiliation masochiste. Face à une Jeanne Moreau vénéneuse à souhait, Stanley Baker livre une composition fiévreuse, où la perte de soi-même s’exprime à travers une irrépressible addiction.
-La Cinémathèque Française
Comme tous les ans, à chaque rentrée des classes, les enfants de Longeverne se querellent avec ceux de Velrans. Cette année sera différente puisque Lebrac et ses camarades envisagent d’arracher les boutons et les bretelles de leurs ennemis afin de les faire rosser par leurs parents. Eux-mêmes vont combattre entièrement nus et garder les boutons arrachés à leurs ennemis comme trésor de guerre, dans une cabane.
S’inspirant librement du roman éponyme de Louis Pergaud, Yves Robert signe une chronique sur l’enfance truculente et poignante. « Si j’aurais su, j’aurais pas venu ». – ARTE
Dans un avenir proche, une créatrice de génie, Allegra Geller, a inventé une nouvelle génération de jeu qui se connecte directement au système nerveux : eXistenZ. Lors de la séance de présentation du jeu, un fanatique cherche à la tuer. Un jeune stagiaire en marketing, Ted Pikul, sauve la vie d’Allegra. Une poursuite éffrenée s’engage autant dans la réalité que dans l’univers trouble et mystérieux du jeu.
Tourné en 1999, entre Crash et Spider, EXistenZ a surpris au moment de sa sortie. Retour pour David Cronenberg au film de genre après les deux adaptations littéraires que furent Le Festin nu et Crash ? Abdication de toute ambition au profit du bouclage paresseux d’une simple série B ? EXistenZ ne saurait être réduit à tout cela (…).
-Jean-François Rauger, Le Monde
Film interdit aux moins de 12 ans.
Dans un avenir proche, les élèves de la classe B de 3ème du collège Shiroiwa ont été amenés sur une île déserte par une armée mystérieuse. Un adulte surgit tout à coup devant eux : leur ancien professeur Kitano. Il leur annonce qu’ils vont participer à un jeu de massacre dont la règle consiste à s’entretuer. Seul le dernier des survivants pourra regagner son foyer.
Un jeu où des ados s’entretuent sur une île déserte : le gagnant est le dernier survivant. Réalisé par le vétéran Kinji Fukasaku, Battle Royale est une satire de la real television parfaitement en phase avec les préoccupations adolescentes contemporaines.
-Les Inrockuptibles
Film interdit aux moins de 16 ans.
Las Vegas, années 70. Ace Rothstein dirige d’une main de fer le Tangiers, hôtel casino parmi les plus prospères de la ville, financé en sous main par le puissant syndicat des camionneurs. Ace est devenu le grand manitou de Las Vegas, secondé par son ami d’enfance, Nicky Santoro. Impitoyable avec les tricheurs, Rothstein se laisse un jour séduire par une virtuose de l’arnaque d’une insolente beauté, Ginger McKenna.
Las Vegas, c’est le rêve américain poussé à son extrême limite. Scorsese le filme comme un rêve clinquant qui finit par décliner, s’autodétruire. -Télérama
Interdit aux moins de 12 ans.