Madame Pina règne d’une main de fer sur la ferme familiale, gérée au quotidien par son fils aîné Lorenz. Méprisé par sa mère depuis sa plus tendre enfance, ce dernier vit dans l’ombre de son frère cadet, Ellis, parti faire des études à Manille. Lorsque celui-ci débarque avec sa fiancée venue de la ville en réclamant de reprendre la direction de la ferme, le destin de la famille va basculer dans l’horreur et dans la guerre fratricide…
Éblouissante transposition du mythe biblique dans les Philippines des années 1980, Caïn et Abel conte l’histoire d’une famille déchirée par l’amour et la haine et explore avec modernité la sempiternelle lutte entre le bien et le mal. Dans cette œuvre aux multiples facettes et lectures, allégorie à peine voilée de la terrible dictature de Marcos, Lino Brocka lorgne aussi bien du côté du mélodrame, tendance À l’est d’Éden, que du film d’action façon Les Chiens de paille. -Carlotta Films
Avertissement : le film contient une scène d'agression sexuelle et se déroule dans un climat général de violence physique et psychique pouvant heurter la sensibilité des des spectateur·ices. Le Cosmos déconseille ce film aux moins de 12 ans.
Toutes les séances du film sont précédées du court métrage
My Brother, my brother de Abdelrahman et Saad Dnewar
(EG+FR+DE | 2024 | 15 min.)
Ce film d’animation autofictionnel explore les complexités d’un passé partagé par deux jumeaux identiques : Omar et Wesam. Un récit parallèle présente les deux versions de leurs souvenirs - depuis les instants de leur vie fusionnelle in utero, au moment où ils sont séparés par la mort de l’un d’entre eux ; brouillant les lignes entre leurs identités, la réalité et la fiction, le présent et le passé.
Ce court métrage suit deux frères jumeaux, Wessam et Omar, du ventre de leur mère à leur séparation brutale. Ici, la frontière entre leurs identités est ambiguë, ils cherchent tous les deux à se construire dans un environnement très religieux. La mise en scène mélange deux univers, d'une part l'animation pour retracer avec mélancolie leur enfance et les images du présent en prise de vues réelles. Cela crée un lien entre les deux époques qui nous plonge dans l'intimité des personnages, en mettant en scène leurs angoisses, leurs peurs et la crainte qu'elles se réalisent.
J’ai ressenti de l'empathie et une tristesse lorsque l'on entrait dans leur vie d’enfant, que l'on partageait les quiproquos vécus par les deux frères à cause de leur ressemblance. On a l’impression d’entrer dans leur vie familiale au travers des confessions nocturnes entre mères et fils et de leurs questionnements. On vit avec eux la découverte du bureau de leur père, on est curieux de ce nouveau monde avec eux, on partage, aussi, leurs rires. L’ambiance est accompagnée d'une bande-son émotionnelle qui s'associe parfaitement avec les différents thèmes abordés : la séparation, la tendresse… C'est un court métrage sensible sur l'enfance, et sur tout ce qui résonne différemment quand on a un frère jumeau.
- Louise, en stage au Cosmos