Le Limier

Milo, un acteur au chômage se rend chez Andrew Wyke, un écrivain à succès richissime, pour lui demander d’accorder le divorce à sa femme dont il est désormais l’amant. Andrew accepte à condition que Milo lui rende un menu service : se faire passer pour un voleur et dérober des bijoux hors de prix qui appartiennent à sa femme. Milo ignore qu’Andrew lui a préparé un petit jeu cruel.

Faux-semblants, duperies et travestissements rythment cette partie d’échecs entre le Roi Laurence Olivier et le Fou Michael Caine, dans les décors labyrinthiques d’un manoir anglais. Les deux acteurs déploient toute leur énergie et tout leur génie pour servir le verbe précis et raffiné de Mankiewicz, écrin idéal pour une analyse sociale grinçante. En creux, Mankiewicz évoque aussi le racisme et l’homosexualité. Il est brillant, il s’amuse, c’est son dernier film, et l’apogée d’une carrière impeccable.
-La Cinémathèque Française

Enamorada

Pendant la Révolution mexicaine de 1917, Reyes, à la tête des insurgés, s’éprend de Béatrix, la fille d’un général des troupes fédérales. Mais la jeune femme le rejette.

“Ce western, épris d’une liberté folle de s’émanciper des codes du genre jalonnés par les gringos, remporte même les plus prestigieux Ariel Awards de 1947 (prix récompensant les films mexicains). Alors que la Santa Trinidad – Alfonso Cuarón, Guillermo del Toro et Alejandro Gonzalez Iñárritu – est actuellement célébrée par le monde entier, il est tout aussi passionnant de se plonger dans l’histoire de ce cinéma mexicain qui regorge de chefs d’œuvre comme celui-ci.”
-Revue et corrigée

Antonia et ses filles

Une vieille dame Hollandaise indépendante, qui s’est toujours entourée d’excentriques, se rappelle les événements de sa vie.

« Qui connaissait Marleen Gorris ? Pas moi. Et c’est au FEMA de La Rochelle – où j’ai choisi de regarder presque uniquement des films réalisés par des femmes – que je suis tombée sur ce bijou. L’année dernière, la Cinémathèque française lui dédiait une rétrospective, l’occasion pour beaucoup de la découvrir. La réalisatrice néerlandaise, carrément engagée, dénonce dans ses films les violences patriarcales avec une bonne dose d’intersectionnalité (rare pour l’époque) et un goût immense pour les marges. Antonia et ses Filles raconte 3 générations de femmes d’une même famille (et leurs ami·es) qui viennent à vivre dans un petit village pas franchement accueillant. Antonia, la cheffe de famille, insuffle à sa fille l’engagement, la défense des plus faibles sans négliger l’origine de la violence (en faisant parfois elle-même usage) érigeant autour d’elle une mini-société matriarcale qui permet à la troupe de survivre aux drames. Avec beaucoup de poésie et un petit côté doudou (qui nous a parfois fait penser à la série Gilmore Girls), ce film montre que l’amour et la joie peuvent, sans trop de nian-nian, incarner des armes redoutables. Coup de cœur pour le personnage de Danielle, sa fille, ultra-indépendante et, et et… vous verrez… »
_ Cécile Becker, directrice et membre du Conseil de programmation

Fanny et Alexandre

L’histoire se déroule dans la Suède du début du XXe siècle. Le film dépeint la vie d’un jeune garçon, Alexandre, et de sa sœur Fanny au sein d’une famille aisée, les Ekdahl. Les parents de Fanny et Alexandre travaillent dans le théâtre et sont très heureux ensemble jusqu’à la mort subite du père.

Noël 1907. Helena reçoit sa famille… Ni testament ni autobiographie, un film-somme où Bergman rassemble ses interrogations majeures. -Télérama

Lost Paradise

Dans un Japon en pleine mutation économique, un rédacteur en chef mis au placard et une calligraphe entretiennent une relation adultère parsemée d’obstacles. Ils vivront jusqu’au bout leur passion torride.

Yoshimitsu Morita (1950-2011), cinéaste extrêmement populaire et acclamé au pays du soleil levant, mais incroyablement insoupçonné en Occident. Un cinéaste majeur du cinéma japonais des années 1980-2000, mais dont aucun film n’a été distribué en France. Et pourtant… Ses films saisissent quelque chose de la société nippone de leur époque, dessinée par la bulle économique, de l’euphorie à la désillusion, à la fois source d’émancipation et d’asservissement de toute une société vivant sous la pression d’une industrie triomphante : l’ère des salarymen qui donnent leur vie à l’entreprise à laquelle ils sont salariés. Mais ses films seront également, comme par contamination, saisis par leur époque. Touchés dans leur forme, dans leur narration : un système narratif classique, tissé d’élégants travellings, qui petit à petit se dérègle, se fissure en un montage fragmentaire de plus en plus chaotique ou subissant l’intrusion d’une texture différente de l’image venue parasiter l’esthétique de départ.
– Franck Lubet, responsable de la programmation de la Cinémathèque de Toulouse

The Black House

Un agent d’assurance de la compagnie Showa reçoit un appel d’une cliente qui projette de se suicider et qui aimerait savoir si son contrat couvre ce cas de figure. Ne pouvant se résigner à la laisser commettre pareil acte, il décide de lui rendre visite…

Yoshimitsu Morita (1950-2011), cinéaste extrêmement populaire et acclamé au pays du soleil levant, mais incroyablement insoupçonné en Occident. Un cinéaste majeur du cinéma japonais des années 1980-2000, mais dont aucun film n’a été distribué en France. Et pourtant… Ses films saisissent quelque chose de la société nippone de leur époque, dessinée par la bulle économique, de l’euphorie à la désillusion, à la fois source d’émancipation et d’asservissement de toute une société vivant sous la pression d’une industrie triomphante : l’ère des salarymen qui donnent leur vie à l’entreprise à laquelle ils sont salariés. Mais ses films seront également, comme par contamination, saisis par leur époque. Touchés dans leur forme, dans leur narration : un système narratif classique, tissé d’élégants travellings, qui petit à petit se dérègle, se fissure en un montage fragmentaire de plus en plus chaotique ou subissant l’intrusion d’une texture différente de l’image venue parasiter l’esthétique de départ.
– Franck Lubet, responsable de la programmation de la Cinémathèque de Toulouse

Virgin Suicides

États-Unis, années 1970. Cecilia Lisbon, dernière- née d’une fratrie de cinq filles, vient de faire une tentative de suicide. Pour changer les idées de leur benjamine, les parents acceptent d’organiser une fête à laquelle sont conviés des garçons du quartier, depuis toujours fascinés par ces cinq sœurs à la beauté renversante. Au cours de cette soirée, Cecilia se jette par la fenêtre. Dès lors, les filles Lisbon, au nombre de quatre, vont être de plus en plus étouffées par leurs parents surprotecteurs, jusqu’à la tragédie ultime…

Le spleen de l’adolescence et la naissance du désir filmés dans une langueur évanescente. Pour son premier film, Sofia Coppola adapte le roman de Jeffrey Eugenides et l’enveloppe d’une atmosphère cotonneuse, qui témoigne de l’alchimie mystérieuse entre filles et garçons à l’âge des premiers émois. De l’impossible récit initiatique à la quête d’émancipation tuée dans l’œuf par abus de puritanisme, elle impose un style aérien, soutenu par la musique du groupe Air, dont la douceur ne dissimule jamais l’issue dramatique inévitable. Un classique du cinéma américain des années 90.
-La Cinémathèque Française

Batch ’81

Pour intégrer la fraternité étudiante philippine Alpha Kappa Omega, huit jeunes hommes doivent surmonter un rituel initiatique particulièrement violent qui s’étend sur plusieurs mois : humiliations en tous genres, actes de torture et bizutage quotidien…

Le thème des confréries ou sectes universitaires est devenu très rapidement le propos principal du film BATCH’81 au cours de l’élaboration du scénario. Ce qui m’a le plus passionné dans ce phénomène de confréries, c’est qu’il m’a procuré l’occasion de montrer les machinations d’une organisation autoritaire, se camouflant derrière une façade égalitaire. La violence physique et, plus grave, psychologique sont les instruments utilisés pour inculquer le conformisme et la soumission. BATCH’81 pour moi, en conséquence, est plus qu’un exposé sur les confréries estudiantines aux Philippines. C’est aussi une allégorie.
– Mike de Leon pour La Quinzaine des cinéastes de Cannes

Film interdit aux moins de 12 ans.

A Brighter Summer Day

À Taïwan, dans les années 1960. Quand il entre au lycée, le jeune Xiao Si’r et son groupe d’amis y font les quatre cents coups. Autour d’eux s’affrontent deux bandes rivales, mais Xiao Si’r réussit à se tenir éloigné de leurs agissements. Jusqu’au jour où il fait la connaissance de Ming, dont il tombe immédiatement amoureux. Or celle­ci est la petite amie de Honey, le leader de l’un des deux gangs.

Dans un mélange inouï de douceur et de violence, de sérénité et de sécheresse, Edward Yang brosse une chronique de la jeunesse déracinée et évoque en même temps l’ineffable inconstance des choses.
– Par Mathieu Macheret, pour Le Monde

Rushmore

Les mésaventures de Max Fischer, élève de la Rushmore Academy. Personnage hors normes, génie fougueux et brouillon, Max ne peut fournir qu’un minimum d’efforts à ses études et s’est résigné à devenir l’un des pires cancres de son établissement. En dépit de ses échecs scolaires et des admonestations répétées de son directeur, Rushmore n’en reste pas moins à ses yeux un paradis et un sanctuaire idéal pour exercer en toute liberté sa créativité inlassable.

Max Fisher a tout de l’écolier modèle. Mais ce n’en est pas un. Un cancre, peut-être ? Pas tout à fait, Max est bien trop sérieux… La première qualité de Rushmore, situé en grande partie dans un lycée américain de prestige, c’est de balayer élégamment les stéréotypes.
– Jacques Morice pour Télérama

0 de conduite

Dans un pensionnat de province, entre chahuts, punitions, études et récréations, trois gamins fomentent une rébellion.

Zéro de conduite (montré en 1933, puis interdit d’exploitation jusqu’en 1945), notamment, concentre dans ses quarante-deux minutes toute la rébellion de son auteur contre les institutions sociales et cinématographiques, tout en préfigurant les aspirations de ceux qui prendraient la relève quelque trente ans plus tard.
– Benoît Smith pour Critikat

Précédé du court métrage There is no friend’s house d’Abbas Taheri (IR | 2023 | VOST | 19 MIN)
Sarah et Mehri sont deux amis proches qui ont bu de l’alcool à l’école. Leur amitié est remise en question lorsque le père de Mehri, un agent gouvernemental influent, les affronte.

High School

1968. Dans un grand lycée public de Philadelphie, les cours de langue, de cuisine, de mathématiques et de sport rythment le quotidien des élèves. Au fil de rencontres entre enseignants, étudiants, parents et responsables administratifs, l’idéologie et les valeurs sociales de l’école se révèlent. 

Le système scolaire n’a pas pour seul objectif de transmettre un savoir, mais également un système de valeur, d’une génération à une autre. Dans High School, on voit comment ce conditionnement sociale opère. Dans une “bonne” école urbaine pour classes moyennes, à direction et à majorité blanche, la North East High School de Philadelphie (Pennsylvanie), sont filmées des rencontres formelles et informelles entre enseignants, élèves, parents et administrateurs. L’éducation que décrit ce film n’est pas tant liée à l’acquisition de connaissances qu’à ‘apprentissage de la discipline.
-Le Lieu documentaire

Pique-nique à Hanging Rock

Le 14 février 1900, jour de la Saint-Valentin, en Australie. L’école de jeunes filles d’Appleyard organise un pique-nique à Hanging Rock, la montagne sacrée des aborigènes. Trois élèves et leur professeure partent explorer les passages étroits et intrigants entre les monolithes. En chemin, elles croisent deux jeunes garçons. Au retour à l’école, les quatre jeunes filles manquent à l’appel. On part à leur recherche et Albert retrouve Irma, vivante, mais totalement amnésique.

À partir d’un fait divers resté inexpliqué, Peter Weir réalisait ce film envoûtant, où l’étrangeté naissait d’une beauté bien trop virginale. Ces jeunes filles étaient-elles des Ève que l’éveil à la sensualité, hors de leur éducation corsetée, avait condamnées ? Des Alice de Lewis Carroll qui, leurs bas et bottillons ôtés, sont passées de l’autre côté du rocher ? Pour Weir, elles étaient sûrement les fruits sacrifiés d’un système victorien.
–Guillemette Odicino pour Télérama

Apocalypse Now Final Cut

Au cœur du conflit vietnamien, Apocalypse Now suit l’épopée du Capitaine Willard chargé par ses supérieurs de retrouver le Colonel Kurtz, un ancien béret vert régnant sur une armée de fanatiques quelque part au-delà de la frontière cambodgienne…

Palme d’or à Cannes en 1979, Apocalypse Now s’est d’emblée imposé comme le film définitif sur la guerre du Vietnam. Mais, paradoxalement, ce chef-d’œuvre n’a pas eu de forme définitive avant son quarantième anniversaire, avec ce montage qui ajoute trente minutes à la première version et ôte vingt minutes à la version longue. Finalement, Coppola a réussi à atteindre l’équilibre dans l’excès, qui est ici partout.
– par Frédéric Strauss pour Télérama

Tous publics avec avertissement.

Mysterious Skin

À huit ans, Brian se réveille dans la cave de sa maison, le nez en sang, sans souvenir de ce qui lui est arrivé. Dix ans plus tard, convaincu d’avoir été enlevé par des extraterrestres, il tente de retrouver Neil, un garçon de son ancienne équipe de baseball devenu un jeune homme magnétique et insaisissable. Avec lui, Brian cherche à dénouer le mystère de leur enfance, qui les empêche encore de vivre.

Film interdit aux moins de 16 ans.
Avertissement : Le film comporte de nombreuses scènes pouvant heurter les spectateur·ices, notamment des abus sexuels sur mineurs répétés. Le film aborde plus généralement l’usage de drogue / les violences sexuelles / la pédocriminalité et peut ne pas convenir à tous les publics même adultes et avertis.

Séance présentée et suivie d’un échange avec Fabien Demangeot, Docteur en Lettres Modernes et en études cinématographiques. Spécialiste d’Alain Robbe-Grillet et de David Cronenberg, il est notamment l’auteur de La Transgression selon David Cronenberg (2021) et de Gregg Araki, le génie queer (2024), publiés chez Playlist Society.

Séance au tarif unique Cinécool : 5€ la place !

 

Collatéral

Max est taxi de nuit à Los Angeles. Un soir, il se lie d’amitié avec une dénommée Annie Farrell, une belle femme procureur montée à l’arrière de son véhicule.
Quelques minutes plus tard, c’est au tour d’un homme prénommé Vincent de monter dans le taxi. Un businessman, selon toute apparence, avec un emploi du temps chargé : pas moins de cinq rendez-vous à tenir dans la nuit.
Max accepte de lui louer ses services jusqu’au petit matin, en échange de 600 dollars…

Sur un scénario passe-partout (un tueur à gage prend un chauffeur de taxi en otage), c’est l’œuvre d’un immense styliste, un film d’action poétique d’une beauté formelle sidérante. Alors que la plupart de ses collègues tâtonnent avec les nouvelles caméras numériques, Mann filme Los Angeles, et la nuit, comme personne, et fait de Tom Cruise, minéral, une impressionnante figure melvillienne.
– La Cinémathèque Française