Jubilee

La reine Elisabeth est envoyée dans le futur par l’occultiste John Dee. Elle débarque dans une Angleterre tumultueuse, celle de la fin des années 1970, évoluant dans le décor d’une ville en pleine décadence sociale et matérielle. Elle observe les agissements d’une bande de nihilistes, Amyl Nitrate, Bod, Chaos, Crabs et Mad.

Jubilee réunit des icônes du mouvement punk – Jordan, la première Sex Pistols, Toyah Willcox, Wayne County ou les rebelles de Slits – qui déambulent dans une Angleterre en pleine ébullition au rythme débridé de la BO de Brian Eno ou de Siouxsie. Film visionnaire des évolutions politiques de l’Angleterre des années 80, Jubilee est le meilleur film punk jamais réalisé, un film incontournable -Malavida Films

Film interdit aux moins de 16 ans.

Harakiri

Au XVIIe siècle, le Japon n’est plus en guerre et le pays est dirigé avec fermeté. Hanshirô Tsugumo, un rônin sans travail parmi tant d’autres, décide de frapper à la porte du puissant clan des Ii. Reçu par Kageyu Saitô, l’intendant du clan, il lui demande la permission d’accomplir le suicide par harakiri dans la résidence. Tentant de l’en dissuader, Saitô commence alors à lui raconter l’histoire de Motome Chijiwa, un ancien rônin qui souhaitait accomplir, lui aussi, le même rituel.

Avant d’être un remake réalisé par Takashi Miike en 2011, Harakiri est un magnifique film de sabre de Masaki Kobayashi primé au Festival de Cannes en 1963. Un chambara qui s’appuie sur le bushido (le code d’honneur des samouraïs) pour interroger le sens de l’honneur : un esprit ou une règle ? Pour cela, dans le Japon pacifié du XVIIe siècle, un ronin (samouraï sans maître) demande à un seigneur la permission de se faire harakiri dans la cour de son clan. Mais avant de s’ouvrir le ventre selon le rituel, il a une histoire à raconter… Un film qui a marqué l’histoire du genre, notamment pour son duel final, mais surtout pour sa scène d’harakiri avec un sabre en bambou.
-La Cinémathèque de Toulouse

Ce film vous est proposé en version pellicule 35mm !

La Tempête

La tempête se déchaîne, vengeance de l’ancien duc de Milan, Prospero, miraculeusement échoué sur une île magique douze ans auparavant avec sa fille Miranda, après avoir été exilé par son frère usurpateur, Antonio…

Dans cette adaptation très personnelle, Derek Jarman inscrit dans l’intrigue shakespearienne ses sortilèges et son univers sulfureux, visuellement somptueux et flamboyant. Illusion et réalité, visible et invisible se mêlent sur cette île à la population fellinienne, métaphore d’une Angleterre contemporaine déboussolée, créant un univers empreint d’onirisme et de poésie. Un film au charme pervers, envoûtant et inoubliable, résultat de la rencontre du génie créatif de deux artistes visionnaires et libres.

Amadeus

Antonio Salieri tente de se supprimer en s’accusant d’avoir assassiné Mozart. On l’enferme. Un prêtre se rend à son chevet, auquel il se confie. Compositeur officiel à la cour de l’empereur Joseph II, cet homme austère et fervent voulait que sa musique soit l’ambassadrice de Dieu auprès des hommes. Il jouissait de tous les honneurs, jusqu’au jour où se répandit à Vienne la réputation d’un soi-disant génie dénommé Mozart. S’étant rendu incognito à Salzbourg, Salieri y avait découvert le jeune artiste : un adolescent paillard aux blagues scatologiques dont le comportement tranchait singulièrement avec sa musique, divine. Salieri avait alors compris que Dieu s’était moqué de lui…

Mozart est ici un personnage rieur, frondeur, qui s’ignore l’élu de Dieu, comme dit son rival, le machiavélique Salieri. Ce duel prend la dimension d’un opéra fastueux, où Forman bouscule le film en costumes et la biographie filmée. Fortissimo !
-Télérama

Caïn et Abel

Madame Pina règne d’une main de fer sur la ferme familiale, gérée au quotidien par son fils aîné Lorenz. Méprisé par sa mère depuis sa plus tendre enfance, ce dernier vit dans l’ombre de son frère cadet, Ellis, parti faire des études à Manille. Lorsque celui-ci débarque avec sa fiancée venue de la ville en réclamant de reprendre la direction de la ferme, le destin de la famille va basculer dans l’horreur et dans la guerre fratricide…

Éblouissante transposition du mythe biblique dans les Philippines des années 1980, Caïn et Abel conte l’histoire d’une famille déchirée par l’amour et la haine et explore avec modernité la sempiternelle lutte entre le bien et le mal. Dans cette œuvre aux multiples facettes et lectures, allégorie à peine voilée de la terrible dictature de Marcos, Lino Brocka lorgne aussi bien du côté du mélodrame, tendance À l’est d’Éden, que du film d’action façon Les Chiens de paille. -Carlotta Films

Avertissement : le film contient une scène d’agression sexuelle et se déroule dans un climat général de violence physique et psychique pouvant heurter la sensibilité des des spectateur·ices. Le Cosmos déconseille ce film aux moins de 12 ans.

Toutes les séances du film sont précédées du court métrage
My Brother, my brother de Abdelrahman et Saad Dnewar
(EG+FR+DE | 2024 | 15 min.)

Ce film d’animation autofictionnel explore les complexités d’un passé partagé par deux jumeaux identiques : Omar et Wesam. Un récit parallèle présente les deux versions de leurs souvenirs – depuis les instants de leur vie fusionnelle in utero, au moment où ils sont séparés par la mort de l’un d’entre eux ; brouillant les lignes entre leurs identités, la réalité et la fiction, le présent et le passé.

Ce court métrage suit deux frères jumeaux, Wessam et Omar, du ventre de leur mère à leur séparation brutale. Ici, la frontière entre leurs identités est ambiguë, ils cherchent tous les deux à se construire dans un environnement très religieux. La mise en scène mélange deux univers, d’une part l’animation pour retracer avec mélancolie leur enfance et les images du présent en prise de vues réelles. Cela crée un lien entre les deux époques qui nous plonge dans l’intimité des personnages, en mettant en scène leurs angoisses, leurs peurs et la crainte qu’elles se réalisent.
J’ai ressenti de l’empathie et une tristesse lorsque l’on entrait dans leur vie d’enfant, que l’on partageait les quiproquos vécus par les deux frères à cause de leur ressemblance. On a l’impression d’entrer dans leur vie familiale au travers des confessions nocturnes entre mères et fils et de leurs questionnements. On vit avec eux la découverte du bureau de leur père, on est curieux de ce nouveau monde avec eux, on partage, aussi, leurs rires. L’ambiance est accompagnée d’une bande-son émotionnelle qui s’associe parfaitement avec les différents thèmes abordés : la séparation, la tendresse… C’est un court métrage sensible sur l’enfance, et  sur tout  ce qui résonne différemment quand on a un frère jumeau.

– Louise, en stage au Cosmos

Furyo

Un camp de prisonniers américains est dirigé par le capitaine Yonoi, un chef japonais à la poigne de fer. A la crainte et au mépris qu’éprouvent les prisonniers et les subalternes du capitaine à l’endroit de ce dernier, s’oppose la résistance étonnante d’un soldat anglais, Jake Celliers. Face à son attitude provocante, Yonoi devient de plus en plus sévère dans le but de faire plier le rebelle.

« Dérangeant et désarçonnant, le film frappe à la fois par son extrême violence et son antinaturalisme. On évolue dans un univers régi par des codes stricts, des rituels parfois difficiles à déchiffrer. C’est cette incompréhension doublée de fascination qui fournit la tension de cette œuvre brûlante et amère. Un univers de masques qui cache la lutte amoureuse de deux seigneurs à la force toute relative. En cousin germain de lord Jim, Bowie est vraiment bien. » -Jacques Morice, Télérama

My Dinner with Andre

Wallace, un dramaturge new-yorkais, a rendez-vous avec André Gregory, ancienne connaissance et metteur en scène. D’abord réticent, Wally va peu à peu se prendre au jeu et se confier à cœur ouvert pendant le repas.

« Louis Malle est un fin connaisseur du scandale. […] D’un autre côté, Louis Malle est un cinéaste de bon ton. […] Cette gestion des atouts fait de Mon dîner avec Andre une réussite provocante et presque vicieuse. Parce qu’on peut, autant qu’on veut, émettre des réserves sur ce film ; en réalité, il est irréprochable. Une fois admis le principe, on est forcé de tout accepter. »
(Emmanuel Carrère, Télérama, mars 1983)

Toutes les séances du film sont précédés du court métrage
Les signes du destin (tout ça)

de Oussama Kheddam et Franc Bruneau
(FR | 2022 | 24 min.)
Denis rend visite à Moïse, son pote d’enfance exilé à la campagne. Mais Moïse a radicalement changé et les retrouvailles ne se passent pas comme prévues (ou presque).

Duel au soleil

La tragédie semble suivre Pearl Chavez partout où elle va. Après l’éxécution par pendaison de son père coupable du meurtre de sa mère, Pearl s’installe chez sa tante Laura Belle, dans une ferme du Texas. Lorsque Pearl remarque le fils de Laura , le fougueux Lewt, la vie au ranch devient chaotique…

Construite par Selznick autour de sa star Jennifer Jones, une fresque flamboyante où le western n’est qu’une toile de fond, qui abrite une passion maudite et ardente. Un drame d’amour et d’honneur dans la poussière, rehaussé par le Technicolor, les décors et une mise en scène puissante. Un film au final intense, bigger than life. -La Cinémathèque Française

Sebastiane

Au IVe siècle après J.-C., le magnifique Sebastiane est membre de la garde de l’Empereur Dioclétien. Quand il tente d’intervenir pour arrêter une exécution, il est dégradé, puis exilé dans une garnison éloignée…

Premier long métrage / coup d’éclat de Derek Jarman, seule fiction au monde entièrement dialoguée en latin, Sebastiane est un péplum érotique stupéfiant, qui retrace le martyre de Saint-Sébastien en un portrait poétique, intime et libre, dont la beauté plastique et la force visuelle sont saisissantes. Transcendant la question du genre et liant révolte et homosexualité, Derek Jarman aborde ici, déjà , la sexualité dans sa dimension la plus politique, à l’orée d’une oeuvre inoubliable.

Film interdit aux moins de 18 ans
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War Requiem

Réflexion sur les horreurs de la guerre, celles de la Première Guerre mondiale en particulier, ce film expérimental mêle images d’archives, visions cauchemardesques et réminiscences d’un ancien soldat, dernière apparition de Laurence Olivier à l’écran. En adaptant le célèbre oratorio de Benjamin Britten, Derek Jarman signe un film profondément humaniste, une œuvre poétique, lyrique à la beauté formelle foudroyante alternant épure de la mise en scène et images allégoriques pour offrir au spectateur une expérience unique.

The Last of England

Composé majoritairement d’archives familiales du cinéaste, complétées d’images de ruines et de décadence, The Last of England, d’une actualité stupéfiante, dénonce la médiocrité d’une société, l’Angleterre ultra-libérale de Thatcher, dans une vision futuriste et altruiste où violences politiques, sociales et psychologiques sont intimement mêlées.

Tourné en super-8 gonflé, par moments filmé en vidéo, The Last of England est un superbe journal intime underground, avant-gardiste, époustouflant de poésie et de beauté plastique. Utilisant l’Histoire comme métaphore de la société de son époque avec un esprit frondeur, anarchiste et lyrique, The Last of England, majestueux requiem à la bande son rageuse, célèbre le romantisme de la violence comme pure révolte. Ce film phare, visionnaire, pierre angulaire de la post-modernité a notamment révélé Tilda Swinton, meilleure amie et muse de Derek Jarman.

Macho Dancer

Après le départ de son amant américain, le jeune Pol décide de suivre son ami Greg à Manille, afin de subvenir aux besoins de sa famille. Là-bas, il fait rapidement la connaissance de Noel, un call-boy adepte du macho dancing, qui le prend sous son aile et lui trouve une place dans un club gay de la capitale. Pol va alors découvrir le monde interlope du strip-tease masculin, entre prostitution, drogue et corruption policière…

Réalisé en 1988, peu après la chute de la dictature de Ferdinand Marcos, Macho Dancer s’affirme comme l’un des longs-métrages les plus audacieux et controversés de Lino Brocka. Le cinéaste y déploie en effet un double regard : filmant avec une sensualité assumée de longues séquences de strip-tease masculin, tout en déconstruisant méthodiquement l’érotisme de ces images et la mécanique – notamment coloniale – qui les produit. Au-delà de cette puissance formelle, le film double thématiquement son mélodrame social d’un authentique acte de résistance politique : le réalisateur d’Insiang et Bona expose ici sans fard l’étendue de la corruption des institutions de son pays, la pauvreté structurelle du peuple philippin et son exploitation sexuelle, alimentée par le tourisme occidental et l’occupation américaine. Lino Brocka, lui-même ouvertement homosexuel dans une société conservatrice, signe avec Macho Dancer un témoignage brut, loin de tout misérabilisme, qui évoque par moments les premiers films de Martin Scorsese (en particulier Mean Streets) et demeure un jalon du cinéma queer asiatique. -Carlotta Films

Film interdit aux moins de 16 ans.

Le Bon, la brute et le cinglé

Mandchourie, années 30. Deux hors la loi et un chasseur de primes sont à la recherche d’une carte au trésor. À travers les dangers d’une région en proie à de multiple conflits — l’armée japonaise, les bandits chinois et les gangsters coréens — ils réalisent que la vraie bataille se livrera entre eux. Un seul homme en sortira vainqueur.

Décidé à ne jamais occuper deux fois le même terrain, et biberonné à John Ford, Fred Zinnemann ou John Sturges, Kim Jee-woon décide de s’approprier un genre associé pourtant aux grands espaces américains : le western. D’ailleurs, il fi nit par moins aimer le western classique que sa subversion italienne par Sergio Leone. Avec LE BON, LA BRUTE ET LE CINGLÉ, il remet ainsi au goût du jour un genre inconnu à l’étranger, vaguement oublié jusque dans son pays, qui fi t pourtant les beaux jours du cinéma coréen entre le milieu des années 60 et le milieu des années 70 : le “western kimchi”, autrement appelé “western mandchou”, pendant oriental du western spaghetti. Metteur en scène d’un cinéma d’auteur résolument tourné vers le public, il devient celui sur qui l’industrie n’a pas peur de miser et son cinquième long-métrage, le premier western produit en Corée depuis 35 ans, devient alors le fi lm le plus cher jamais tourné dans le pays.-The Jokers Films

Les Vacances de Mr Hulot

Dans une station balnéaire de la côte Atlantique, les citadins en vacances reproduisent leurs habitudes de la ville. Monsieur Hulot, personnage naïf et gaffeur, arrivé dans sa vieille voiture pétaradante, bouleverse, sans s’en apercevoir, la quiétude des clients de l’hôtel, en essayant simplement de profiter au maximum de ses vacances.

« Vous savez, dans les films comiques, en dehors de l’effet purement comique, le gag visuel, le dialogue, la bonne réplique ou l’effet sonore qui est fait pour distraire et amuser les spectateurs, je crois qu’il se cache toujours un petit peu de drame. Chaque construction dramatique d’un film comique est tout de même basée sur un effet dramatique. Monsieur Hulot a envie de passer de bonnes vacances et malgré tout l’homme d’affaires continue à faire ses affaires, l’intellectuel veut toujours réorganiser l’Europe et l’ancien commandant continue à raconter ses faits de guerre. Hulot, lui, est venu là pour passer des vacances. Eh bien ! malgré tout il n’est pas accepté par l’ensemble de la société. Faut bien le dire ! » Jacques Tati

Jour de fête

C’est jour de fête à Sainte-Sévère : les forains débarquent avec des roulottes, un manège et même un cinéma ambulant pour montrer aux villageois impressionnés un documentaire sur les méthodes modernes de la Poste en Amérique. Avec son vieux vélo et sa simple détermination, François le facteur va tout faire pour imiter ses homologues américains.

Premier long-métrage de Jacques Tati, Jour de fête est un chef d’œuvre incontournable du septième art qui a su renouveler le genre du burlesque dans le paysage cinématographique français. Ce film au rythme trépidant regorge de gags aussi bien visuels que sonores, tous plus hilarants les uns que les autres, et devant en grande partie leur force au personnage de François le facteur, interprété avec humour et grâce par Tati. Le réalisateur des Vacances de Monsieur Hulot nous fait ici pénétrer dans son univers personnel empreint de poésie et de réalisme, de logique et d’absurde, teinté ça et là d’un soupçon de nostalgie face à un monde rural aujourd’hui disparu. Sainte-Sévère reste ce village joyeux qui bat à son rythme, loin de la fureur de la ville et de l’influence croissante de l’Amérique. Jour de fête est une oeuvre magique et atemporelle à découvrir d’urgence !

Playtime

Monsieur et Madame Arpel habitent une maison remarquablement moderne dans un quartier aseptisé. Dans cet univers trop bien agencé, jeu, hasard et humour n’ont aucune place et leur fils Gérard s’y ennuie. Mais voilà que fait irruption son oncle, Monsieur Hulot, le frère de Madame, personnage décalé et inadapté. Sa fantaisie est mal vécue par son entourage, d’autant plus qu’il devient un modèle pour Gérard…

Troisième long-métrage de Tati sorti en 1958, Mon Oncle est l’un des chefs-d’oeuvre burlesques du cinéma français. Cinq ans après Les Vacances de Monsieur Hulot, le cinéaste campe à nouveau le personnage du fantasque M. Hulot et, à travers lui, dénonce avec humour et subtilité les mutations de la société française des Trente Glorieuses, ou plutôt l’usage que certains en font. Avec d’un côté le monde moderne incarné par les Arpel, et de l’autre le monde « ancien » représenté par M. Hulot et son voisinage, Mon Oncle témoigne de la modernité grandissante et de l’artificialité des relations qui en découle, à travers une mise en scène d’une précision quasi géométrique et une utilisation habile du son. Plus d’un demi-siècle plus tard, Mon Oncle reste toujours aussi drôle et percutant : sa réédition en version numérique restaurée en 2K sera un spectacle qui ravira petits et grands !