Shâd Bâsh

Bâbâdjoun, mon cher papa, ça ressemble à quoi l’Iran maintenant ? Et si j’y allais ? La grande Histoire a redistribué les cartes de notre histoire personnelle ; créé des nœuds et des carences. Aller en Iran est un élan vers toi qui a tant manqué à ma vie. Mais suis-je capable d’aller dans ce pays que tu as fui ?

Dans la mémoire de mon cœur, les vers d’un poème persan que tu m’as appris : “Rien ne reste, tout passe, tout change, alors vis dans la joie”. Bâbâdjoun, saurons-nous rattraper le temps perdu avant de disparaître ?

Quelques mots sur la réalisatrice : Berlinale Talents 2026 et membres de l’IDFAcademy 2024, Hélène Rastegar est scénariste et réalisatrice de cinéma de fiction, documentaire et expérimental. Après avoir co-dirigé le festival « Chacun son Court », elle s’est formée à la résidence d’écriture d’Ardèche Images à Lussas ainsi qu’au tournage et au développement de films en pellicule. Ses films sont influencés par une double culture iranienne en perpétuelle construction, animés par des personnages féminins dont les corps portent les marques d’une lutte intérieure pour survivre et trouver leur place. Ancienne lauréate de l’Institut de l’engagement, engagée et passionnée, elle est coprésidente de la Safire, au sein de laquelle elle supervise l’atelier documentaire. Son engagement citoyen est récompensé du Prix Copernic pour le dialogue, la fraternité et la paix. Consultante pour des projets de documentaires, elle intervient également dans des classes de cinéma au lycée et à l’université, et participe en tant que lectrice à des commission de fond de soutien.

VIVANT LES CHEMINS DE LA MEMOIRE

COMPÉTITION DOCUMENTAIRE #5 – Dans le cadre du Festival du Film de l’Est
Séance en partenariat avec Le Lieu Documentaire et Focus Films Grand Est

VIVANT – LES CHEMINS DE LA MÉMOIRE
de Valens Kabarari – Autoproduction [2023] – 60min
Vivant, les chemins de la mémoire retrace les trois jours ou trois semaines – le moment de la fuite étant incertaine – de Cyuga à Jali, en passant par le mémorial de Rubingo où reposent les corps de la famille Kabarari. Valens Kabarari raconte à sa sœur aînée Judence le périple de leur famille pendant le génocide perpétré contre les Tutsis au Rwanda en 1994.

BIEN ENTENDU
d’Anna Graffmann – Autoproduction [2023] – 21min
Avez-vous déjà fait l’expérience de vous bander les yeux et d’essayer de vous repérer uniquement avec vos autres sens ? C’est un exercice compliqué n’est-ce pas ? C’est justement ce que vit Franck tous les jours depuis qu’il a perdu la vue à ses quatorze ans. Pourtant, malgré toutes les épreuves que la vie lui a imposé, Franck ne s’est pas laissé abattre par la maladie et continue de vivre ses passions dans la nature.

Séance introduite par un court-métrage issu des collections MIRA, Cinémathèque régionale numérique
L’EXPRESSION DE LA DÉMOCRATIE
de Roman Pfeiffer [1968] – 2min

Mai 68 à Strasbourg : les revendications d’une jeunesse contestataire.

MEANDRES

Au milieu de l’été, une bande d’amis décide de descendre une rivière dans un radeau de fortune. Les obstacles, physiques et vivants, qu’ils rencontrent témoignent des transformations comme des altérations des cours d’eau par les humains. Mêlant road trip et parole scientifique, le film tisse des liens entre les mondes immergés et submergés, dont les prismes multiples engagent une rencontre réparatrice entre humains et non-humains.

Queer Exile Berlin

DANS LE CADRE DU FOCUS BERLIN, CREUSET DES LUTTES DES MINORITÉS SEXUELLES ET DE GENRE

Oui, Berlin est un lieu à part et tout le monde n’y se retrouve pas. Mais qu’on le veuille ou non, c’est une ville où l’expérimentation des libertés fait loi. Les représentants des minorités sexuelles et de genres du monde entier en ont fait leur refuge. Chassés par leurs familles ou ostracisés par la société dans d’autres villes, les femmes et les hommes dont la seule orientation sexuelle suffit à leur faire vivre un enfer ne décident pas vraiment de venir à Berlin. La capitale et son univers queer les accueille, leur offre la possibilité de vivre pleinement leurs identités, que ce soit à travers une vie discrète et rangée ou dans le partage avec d’autres activistes. Berlin est le reflet des mouvements queer du monde entier, en constante évolution. Au cours des dernières décennies, le spectre des identités s’est élargi. Gay ou lesbienne sont que deux termes parmi d’autres.

Ce récent documentaire du réalisateur Jochen Hick, moyennant des interviews avec quelques membres de la communauté que l’on suit dans leur quotidien et leurs actions, dresse un tableau sociologique riche et instructif et qui donne les clés de compréhension d’une société en perpétuel mouvement.

SWAGGER

Swagger nous transporte dans la tête de onze enfants et adolescent·es aux personnalités surprenantes, qui grandissent au cœur des cités les plus défavorisées de France. Rêves, réalités, regards sur notre société, c’est aussi un portrait de la France qui se dessine.

Adolescentes

Emma et Anaïs sont inséparables et pourtant, tout les oppose. Adolescentes suit leur parcours depuis leur 13 ans jusqu’à leur majorité, cinq ans de vie où se bousculent les transformations et les premières fois. Le film dresse aussi le portrait de la France de ces cinq dernières années.

JE TAILLE DES SOURIRES DANS LES PLAIES DES MONTAGNES

La séance en grande salle du Mercredi 5 mars à 20h sera présentée par Nelly Massera, réalisatrice du film et membre du conseil de programmation du Cosmos, et sera suivie d’un échange avec le public.

Achour a 30 ans. De jour comme de nuit, il marche, inlassablement. L’âme rebelle, il sillonne Alger et ses périphéries, squatte chez des amis et régulièrement quitte le centre ville pour retrouver la proche montagne en Kabylie, son alter ego. C’est dans ce paysage, marqué dans sa chair par la guerre et le terrorisme, que se poursuit une part de sa résistance, mobile. Musicien algérien de punk-hardcore, Achour a un temps crié sa colère contre le régime de son pays et chanté « Anarchytecture ». Mais le mouvement s’est essoufflé, les amis se sont séparés. Son mur Facebook est devenu son carnet de notes, sa fenêtre ouverte sur le monde. C’est un cri lancé à l’écho des montagnes, entre mur virtuel, façades infinies des grands ensembles et les strates des falaises minérales. Un cri qui nous revient.

REVES EN CHANTIER

À l’origine de cette histoire, Renaud et des copains squattent une vieille maison alsacienne abandonnée. Ils la baptisent « Maison Mimir » et décident d’en faire un lieu social, artistique et autogéré. Bien implantés dans le quartier, ils obtiennent de la mairie de Strasbourg un bail pour 20 ans. Aujourd’hui, une mise aux normes s’impose pour que la maison puisse continuer à recevoir du public. Le chantier commence, dans la maison comme dans les têtes…

Extraits

FHAR FRONT HOMOSEXUEL D’ACTION REVOLUTIONNAIRE

En 1971, le Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) participe au défilé du 1er mai. Les images enregistrées lors de la manifestation ponctuent des extraits d’une réunion publique où sont discutées les questions soulevées par le mouvement. L’hétérosexualité normative étant le reflet de la société bourgeoise, l’homosexualité consciente représente une force révolutionnaire ! Mais, au-delà du contenu des discours, le fait même de s’exprimer publiquement est déjà un acte de libération.

En double programme avec Les Prostituées de Lyon parlent (1975, Carole Roussopoulos)

Jeunesse (Le Printemps)

Zhili, à 150 km de Shanghai. Dans cette cité dédiée à la confection textile, les jeunes affluent de toutes les régions rurales traversées par le fleuve Yangtze. Ils ont 20 ans, partagent les dortoirs, mangent dans les coursives. Ils travaillent sans relâche pour pouvoir un jour élever un enfant, s’acheter une maison ou monter leur propre atelier. Entre eux, les amitiés et les liaisons amoureuses se nouent et se dénouent au gré des saisons, des faillites et des pressions familiales.

SCHWAARZE MANN

À l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, venez découvrir ce film documentaire poignant, retraçant la vie de Jacques Leurs, premier citoyen noir du Grand-Duché du Luxembourg.

En 1912, Jacques, un petit garçon noir, est déposé par son père chez ses grands-parents au Luxembourg. Le père luxembourgeois retourne au Congo auprès de la mère indigène du petit. Jacques ne les reverra plus jamais. Sans l’avoir cherché, il grandira ainsi en tant que premier citoyen noir de cet État européen.
En 2011, le réalisateur rencontre la veuve de Jacques Leurs. Elle est alors âgée de 95 ans. Comme il n’y a pas d’enfants qui auraient pu transmettre l’histoire de ce couple mixte et ainsi la préserver de l’oubli, c’est lui qui en devient l’héritier.
Le film nous emmène ainsi sur les traces d’une vie dont les origines se jouent sur fond de pillages africains et qui prend son envol dans l’Europe industrialisée,
mais fragile, des années 30. C’est une vie profondément marquée par les conflits et les idéologies du 20ᵉ siècle. Cheminot, syndicaliste, politicien et anticolonialiste, Jacques Leurs mène plusieurs combats, mais se révèle surtout comme un être humain à la recherche de lui-même. Si son identité complexe lui fait subir les pires revers, elle est aussi à la source de sa sensibilité pour la souffrance d’autrui et devient ainsi le formidable moteur de son engagement pour le changement politique et social.

Évènement gratuit, sur inscription à l’adresse dédiée.

Un évènement organisé par la représentation permanente du Luxembourg auprès du Conseil de l’Europe.

Maman déchire

Emilie fait un film pour tenter de saisir le plus grand mystère de l’univers : sa mère, Meaud. Enfant brisée, mère punk, grand-mère géniale, féministe spontanée, elle fascine autant qu’elle rend dingue. Une odyssée intime, un voyage dans le labyrinthe de la psyché.

DAHOMEY

Novembre 2021, vingt-six trésors royaux du Dahomey s’apprêtent à quitter Paris pour être rapatriés vers leur terre d’origine, devenue le Bénin. Avec plusieurs milliers d’autres, ces œuvres furent pillées lors de l’invasion des troupes coloniales françaises en 1892. Mais comment vivre le retour de ces ancêtres dans un pays qui a dû se construire et composer avec leur absence ? Tandis que l’âme des œuvres se libère, le débat fait rage parmi les étudiants de l’université d’Abomey Calavi.

Avec ses éclats sombres et sa poésie stoïque, le documentaire de la cinéaste franco-sénégalaise sur la restitution de 26 œuvres d’art au Bénin est un tour de force.
– Libération

The Wild One

En présence de la réalisatrice.

Enfant des Carpates rescapé de la Shoah, déraciné à New York, metteur en scène à succès, poumon de l’Actors Studio, directeur d’acteurs visionnaire, protégé d’Hollywood mais aussi exilé, conspué, oublié, Jack Garfein à vécu plusieurs vies. La vision du monde d’un homme tournée vers l’idée que la création artistique est un acte de survie.

Derniers jours à Shibati

En présence du réalisateur.

Shibati, le dernier vieux quartier de la plus grande ville de Chine Chongqing, est sur le point de disparaître. Zhou Hong, le petit prince des ruelles animées du quartier, et Mme Xue Lian, extraordinaire marraine des travailleurs migrants, vivent depuis toujours à Shibati. Ils doivent partir vers l’une des milliers de tours anonymes de la banlieue lointaine.

LE PLUS GRAND LAVOMATIC DU MONDE, BERWYN, USA

En présence de la réalisatrice.

Le Lavomatic de Berwyn est le plus grand du monde. 1300 mètres carrés de machines qui tournent nuit et jour. Dans cette banlieue pauvre de Chicago, à majorité hispanique, le Lavomatic est un petit bout d’Amérique. Au milieu du linge, des familles entières s’y retrouvent.