En 1953, Mamadou Touré réalise le film «Mouramani». Ce film est considéré comme le premier réalisé par un cinéaste africain noir francophone. Mais il reste un mystère. Personne ne sait où trouver une copie, si tant est qu’il en existe une. «Au cimetière de la pellicule» c’est la recherche de ce film. Je suis le réalisateur qui part, caméra au poing, à la recherche de «Mouramani». Au cours de mon voyage, j’essaie de découvrir ce qui est arrivé aux cinéastes, aux films et aux salles de cinéma de mon pays, autrefois pionnier du cinéma africain. «Au cimetière de la pellicule» c’est aussi un road movie. Je traverse la Guinée d’est en ouest, du nord au sud, en tournant ma caméra face à l’Histoire. Ma quête m’amène ensuite en France, aux archives du CNC, à rencontrer des spécialistes du cinéma africain, à défiler dans les rues avec une pancarte réclamant le retour de «Mouramani»… Mais le film est-il vraiment là ?
J’ai découvert le cinéma documentaire grâce au programme AfricaDoc, au début des années 2010. J’y ai trouvé une approche très intime, mais aussi très libre et très humaniste. Je n’arrive plus à m’en débarrasser, même quand je suis face à une œuvre de fiction, je pense tout de suite à l’envers du décor, comme dans un documentaire. C’est le cinéma dont j’ai besoin pour parler à la population guinéenne, mais aussi au reste du monde. Ce format est, je crois, une arme puissante contre l’obscurantisme.
– Extrait d’entretien avec le réalisateur.
Projection suivie d’une rencontre avec le réalisateur.
Séance gratuite et en entrée libre, réservation conseillée.
Sur une musique de Philip Glass se succèdent des images de nature, de vies sociales, d’individus, de paysages somptueux arrachés à la paix de la Création par des bulldozers, des brouillards de pollution…
Fruit de la collaboration entre Godfrey Reggio et Philip Glass Koyaanisqatsi: Life out of Balance (« la vie en déséquilibre », en hopi) aura été, en 1982, un véritable événement dans l’histoire des rapports entre musique et cinéma : le montage des images danse au rythme lancinant des formules mélodiques répétitives, dans l’alternance entre les visions d’une nature imposante et la folie des flux urbains.
120 heures d’images d’archives : voilà ce qui reste de 35 années de dictature de Stroessner au Paraguay. À partir de ce corpus d’images rares retrouvées partout dans le monde, je reconstruis l’histoire d’une des dictatures les plus longues du XXᵉ siècle, dont les effets perdurent encore aujourd’hui. -Juanjo Perreira
À travers des images d’archives, Juanjo Pereira signe un film puissant et nécessaire qui interroge comment les récits nationaux écrasent les voix individuelles — et comment le cinéma peut les faire renaître. – Festival War on Screen
Dans ses Leçons de ténèbres, Couperin reprend le texte des Lamentations du prophète Jérémie qui déplore la destruction de Jérusalem par les Babyloniens. Werner Herzog pleure ici une autre destruction, un crime contre la Terre et l’Humanité : la mise à feu de 732 puits de pétrole par les forces irakiennes qui se retirent du Koweït. Des flammes à perte de vue, des incendies qui prendront des mois à être éteints, 20 millions de tonnes de pétrole déversées dans le sol… une vision d’Apocalypse que Herzog met en scène comme un film de science-fiction, comme un long poème sur la fin de la Terre.
Werner Herzog retourne dans la forêt équatoriale sud-américaine avec Juliane Koepcke, la femme allemande unique survivante de l’accident du vol Lansa 508 survenu le 24 décembre 1971 et qui a causé la mort de 91 personnes. Ils retrouvent les restes de l’épave de l’avion et refont le trajet de dix jours que la jeune femme — dix-sept ans à l’époque — a effectué pour sortir de la jungle péruvienne et atteindre un village où elle fut retrouvée par trois hommes. L’un de ceux-ci, le docteur Ramirez, apparaît également dans le documentaire.
« Le souffle révolutionnaire qu’a connu l’Amérique latine au XXᵉ siècle doit beaucoup à la participation de millions de chrétiens, engagés dans les luttes politiques au nom de leur foi. Portés par la théologie de la libération, ils ont défié les régimes militaires et les oligarchies au péril de leur vie. À rebours de l’idée de la religion comme opium du peuple, le film part à la rencontre d’hommes et de femmes qui ont cru voir dans la révolution l’avènement du Royaume de Dieu, sur la terre plutôt qu’au ciel. »
« Partout en France et en Europe, les démocraties sont mises en danger par la montée de diverses formes d’autoritarisme. Dans ce contexte, il parait vital de pouvoir ouvrir des espaces collectifs de réflexion, mais aussi de se nourrir des différents mouvements qui ont, à travers le temps, vu le jour et organisé une résistance citoyenne pour la justice sociale. Alors qu’aujourd’hui en France, certains collectifs et personnalités politiques s’appuient sur le christianisme pour revendiquer des politiques publiques violentes et d’exclusion, il parait important de rappeler que leur voix n’est ni majoritaire, ni représentative de ce qu’est le christianisme. Par exemple, dès le début des années 30 en Europe, de nombreux mouvements protestants se sont frontalement opposés au nazisme. L’Évangile de la révolution met en lumière la lutte des chrétiennes et chrétiens de plusieurs pays d’Amérique latine contre les injustices sociales, la pauvreté et les dictatures en place dans les années 60-70, sous l’impulsion émancipatrice d’une théologie de la libération prêchée par de nombreux religieux catholiques comme protestants, qui en ont malheureusement payé le prix. »
La projection de ce documentaire, organisée par un petit groupe de citoyen.nes strasbourgeois.es, est un appel à la réflexion et au rassemblement des forces de résistance démocratique ».
Séance présentée et suivie d’un échange avec Juliette Marchet, pasteure vicaire et Eve Issler Chrétien, assistante sociale.
Tarif unique : 5€
Douze personnes racontent puis interprètent le souvenir d’un rêve de travail. Ces âmes que l’on malmène décrivent, de façon poétique et politique, leur souffrance subjective au travail. Petit à petit, les rêveurs et leurs rêves font le portrait d’un monde dominé par le capitalisme néolibéral.
A-t-on rêvé quand le bruit de la pluie se mue en pluie de pas et de voix, quand le brouhaha de la cantine laisse place au bruissement du vent dans la cour, quand un faisceau de veilleurs de nuit suggère une chorégraphie, ou quand un motif rythmique de cris des mouettes s’estompe pour laisser entendre une trace d’humanité ? Par de longues pauses entre les témoignages des rêveurs, Sophie Bruneau nous fait aussi sentir un « rêver sous le capitalisme » éveillé, au travail : une façon de dominer ses propres sens pour échapper aux pressions omniprésentes de l’ordre hiérarchique avant les cauchemars de la nuit.
– François Waledisch, Ingénieur du son
A Buenos Aires, Lorena, Juliana, Luci, jouent au foot. Leurs destins se croisent aussi lors des grandes mobilisations féministes. Avec créativité, elles vont conquérir un espace concret et symbolique. Lorena continuera-t-elle avec la sélection pour la coupe du monde ? Juliana sera-t-elle la première coach rémunérée pour entraîner une équipe féminine ? Et Luci, que fera-t-elle avec les groupes d’entraide dans le bidonville de la Villa 31 ?
SÉANCE SPÉCIALE LE 27 MAI À 19H30 : ciné-débat avec la Maison de la Santé mentale de l’Eurométropole de Starsbourg
– Cette séance spéciale ne sera pas précédée par le court métrage
À bientôt 30 ans, Hélène a toujours l’air d’une adolescente. Elle est l’auteure de textes puissants à l’humour corrosif. Elle fait partie, comme elle le dit elle-même, d’un «lot mal calibré, ne rentrant nulle part». Visionnaire, sa poésie télépathe nous parle de son monde et du nôtre. Elle accompagne un metteur en scène qui adapte son œuvre au théâtre, elle dialogue avec un mathématicien… Pourtant Hélène ne peut pas parler ni tenir un stylo, elle n’a jamais appris à lire ni à écrire. C’est à ses 20 ans que sa mère découvre qu’elle peut communiquer en agençant des lettres plastifiées sur une feuille de papier. Un des nombreux mystères de celle qui se surnomme Babouillec…
Qui imaginerait une personne autiste suivre l’adaptation pour le prestigieux Festival d’Avignon de ses poèmes au plateau par un metteur en scène (Pierre Meunier), ou converser avec un mathématicien et chercheur au CNRS (Laurent Derobert) sur l’algèbre ? C’est pourtant ce que vit la poétesse Babouillec, alias Hélène Nicolas. Ne maîtrisant pas la parole – ou n’ayant pas encore trouvé, selon sa mère, la clef pour y accéder –, écrivant et lisant sans que cela lui ait été enseigné, Hélène bouscule les certitudes sur l’autisme, le handicap et nos capacités psychiques. Sa présence brute, malhabile, contraste avec la puissance radicale de sa langue, où s’exprime avec lyrisme et pointes d’humour sa propre métaphysique. Bouleversant – dans tous les sens du terme – et ponctué de ses écrits, le film dessine au plus près, en cinéma direct, le portrait émouvant d’une jeune femme, de sa présence singulière au monde à sa relation à sa mère.
-Caroline Châtelet Journaliste, critique dramatique
Précédé du court-métrage Jolie Petite histoire
de Elodie Beaumont Tarillon | FR | 2025 | 26 min
Un soir d’hiver 95, Carole fait comme Cendrillon dans la chanson : elle part, laissant derrière elle un mari violent et trois enfants. Il faut se méfier des princes charmants.
Au milieu de la taïga sibérienne, à 700 km du moindre village, se sont installées deux familles, les Braguine et les Kiline. Aucune route ne mène là-bas. Seul un long voyage sur le fleuve Ienissei en bateau, puis en hélicoptère, permet de rejoindre Braguino. Elles y vivent en autarcie, selon leurs propres règles et principes. Au milieu du village : une barrière. Les deux familles refusent de se parler. Sur une île du fleuve, une autre communauté se construit : celle des enfants. Libre, imprévisible, farouche. Entre la crainte de l’autre, des bêtes sauvages, et la joie offerte par l’immensité de la forêt, se joue ici un conte cruel dans lequel la tension et la peur dessinent la géographie d’un conflit ancestral.
Clément Cogitore s’est enfoncé loin en Sibérie pour trouver ses personnages — la famille Braguine, qui vit depuis des décennies au fin fond de la taïga, en autarcie complète. Avec eux et le paysage, il met en scène les éléments dramaturgiques de son film : un camp choisi, celui de ceux qui vivent une vie présentée comme sobre et respectueuse de son milieu. Une frontière, la rivière, qui les sépare d’ennemis jurés, complices des « corrompus » qui viennent braconner la forêt en hélicoptères chargés de fusils. Et au milieu, une sorte d’innocence où les enfants des deux camps osent se côtoyer, faute de fraterniser. C’est un film de tranchées, d’aventure, c’est un western, et c’est la découverte d’un endroit spectaculaire et fou, où il est parfois nécessaire de dépecer un ours.
-Jérémie Jorrand Responsable de l’éditorial et de la programmation de Tënk
Dans le cadre de la 44ᵉ édition du festival Musica (18 septembre – 4 octobre 2026), le projet Punk im Elsass interroge les mémoires et les héritages de la scène punk en Alsace. En écho à ce parcours, Le Cosmos accueille la projection de À nos nuits punk d’Adèle Dumour et Béatrice Dedieu, road movie documentaire sur les traces de la scène punk strasbourgeoise d’aujourd’hui, témoin d’une culture vivante, libre et en constante réinvention.
Pour nous, le punk c’était des caveaux, de la bière, de la musique trop forte et des mecs à crêtes. Il était comme figé dans les années 80. Mais, aujourd’hui le punk, ce n’est plus ça. Il s’invente dans la nuit, entre folk, rap et électro. Il déborde, lutte et s’affranchit. Et comme un secret, on nous a confié : « le punk, c’est faire autrement et sans demander la permission ». Alors c’est ce qu’on a fait. On a pris notre caméra et on a plongé dans la nuit strasbourgeoise. Comme dans un road movie documentaire, et avec une question en tête : « c’est quoi le punk aujourd’hui ? »
Avec le soutien de la Région Grand Est, en partenariat avec le CNC, de Strasbourg Eurométropole, en partenariat avec le CNC, de la PROCIREP – Société des Producteurs et de l’ANGOA, de La Sacem
Avec la participation du CNC
Gratuit, sur réservation via le Festival Musica, sur le site du Cosmos ou en billetterie
Sacré « Joueur de jeu vidéo du siècle » en 1999, Billy Mitchell établit sur Donkey Kong un score record que beaucoup croyaient imbattable. En 2003, Steve Wiebe, qui vient de perdre son emploi, entend parler de ce record, entreprend de le battre et y parvient. Une rivalité s’engage alors entre les deux hommes à travers le pays pour décrocher le titre de roi incontesté du jeu vidéo.
L’équivalent vidéoludique de Pumping Iron, où les lignes entre documentaire et fiction se brouillent pour le meilleur. De cette histoire vraie se dégage une délicieuse sensation épique et manichéenne : un gentil, un méchant, une même quête de Sisyphe à la poursuite du meilleur score.
-Félix Sengel, Chargé de communication au Cosmos.
La 44ᵉ édition du festival Musica (18 septembre – 4 octobre 2026) consacre une journée entière à Georges Aperghis. Concerts, projection et rencontre mettent en lumière une œuvre où musique, théâtre, voix et geste se réinventent sans cesse. Le Cosmos accueille à cette occasion la projection de Un mot d’après l’autre d’Éric Darmon, un documentaire qui éclaire le parcours du compositeur.
Le réalisateur Éric Darmon dresse un portrait de Georges Aperghis, au plus près de son processus de création. Tourné au cours des dernières années, au fil des répétitions, des échanges avec les interprètes et de moments de travail, le film capte une pensée en acte, attentive aux inflexions de la langue, au rythme du souffle et à la dimension ludique du geste musical. Des fragments d’archives viennent ponctuer cette immersion, éclairant la continuité d’un parcours où théâtre et musique n’ont cessé de se nourrir mutuellement. Plus qu’un documentaire biographique, le film donne accès à un espace de travail en mouvement, où la composition se construit dans l’expérimentation, le dialogue et l’écoute. On y découvre un artiste pour qui chaque mot engage le corps, chaque son ouvre une situation, et dont l’écriture se déploie comme une pratique vivante du langage.
Gratuit, sur réservation via le Festival Musica, sur le site du Cosmos ou en billetterie
En huis clos dans une école de police, Zone grise se propose d’interroger la vocation des jeunes recrues qui ont choisi de se mettre au service de la population. L’anonymat imposé est respecté grâce à des logiciels issus des bases détournées de la vidéosurveillance, afin de livrer ici une vérité qui nous est inaccessible, celle de l’institution.
La position est d’apparente neutralité : tandis que l’école de police de Saint-Malo ouvre ses portes à la caméra de Liza Guillamot, élèves et formateurs apparaissent à l’écran le visage brouillé d’un masque numérique qui leur prête d’autres traits – plus lisses – protégeant ainsi leur anonymat. Les cours se déroulent, magistraux ou pratiques, le contenu d’une formation portant la voix de l’institution se dessine. Les premières expériences sur le terrain (très vite : le racisme) font écho aux questions de cours sur l’interdiction du contrôle au faciès, mais la cohérence d’une formation aux bonnes pratiques est battue en brèche par le nombre d’occurrences distillées au cours du film, qui tournent et retournent les questions épineuses de façon kaléidoscopique. L’indétermination de la vocation (le film de jeunesse : où vais-je ainsi ?), le cède à la « zone grise » de contradictions apparentes qui insidieusement s’accumulent, jusqu’à venir rencontrer la réalité verticale des affectations des nouvelles recrues (où va la police ?).
– Florence Maillard pour le Festival Entrevues
Parallèlement à des études universitaires de recherche en cinéma, Liza Guillamot intègre les plateaux de tournage comme assistante à la mise en scène, poste qu’elle occupera pendant une vingtaine d’années avant de se consacrer à l’écriture et la réalisation de ses propres projets.
Elle réalise d’abord plusieurs clips musicaux et des créations vidéo en live pour des musiciens ou des festivals.
En 2016, elle tourne le documentaire Distortion Minds. Zone Grise est son premier long métrage.
Projections en partenariat avec le Festival EntreVues de Belfort, où le film fut en compétition en 2025 et a remporté le prix du long métrage !
La séance du 02.10 sera présentée et suivie d’un échange en visioconférence avec la réalisatrice du film.
1968. Dans un grand lycée public de Philadelphie, les cours de langue, de cuisine, de mathématiques et de sport rythment le quotidien des élèves. Au fil de rencontres entre enseignants, étudiants, parents et responsables administratifs, l’idéologie et les valeurs sociales de l’école se révèlent.
Le système scolaire n’a pas pour seul objectif de transmettre un savoir, mais également un système de valeur, d’une génération à une autre. Dans High School, on voit comment ce conditionnement sociale opère. Dans une “bonne” école urbaine pour classes moyennes, à direction et à majorité blanche, la North East High School de Philadelphie (Pennsylvanie), sont filmées des rencontres formelles et informelles entre enseignants, élèves, parents et administrateurs. L’éducation que décrit ce film n’est pas tant liée à l’acquisition de connaissances qu’à ‘apprentissage de la discipline.
-Le Lieu documentaire
Tourné dans plusieurs pays avec le soutien de nombreux studios d’animation, ce nouveau documentaire signé des auteurs du Complexe de Frankenstein propose une immersion dans l’univers de l’animation avec une déclinaison de styles et de méthodes, s’attachant tout autant au stop motion qu’au dessin ou à l’image de synthèse.
Avec Glen Keane, Phil Tippett, Peter Ramsey…
Dans le cadre des séances spéciales du FEFFS 2026.
Séance présentée par Gilles Penso, Co-réalisateur du film et membre du Jury Méliès.