Retour avant 15h

C’est un homme et son lieu, le père dans un pavillon de lotissement. C’est après sa mort. On a retrouvé quelque chose. Pas un secret, mais l’envers des jours, consigné avec une précision obsessionnelle. Une lutte quotidienne avec la vie matérielle et le temps qui passe.

On sort de ce film au sujet universel avec la sensation d’avoir avancé, un peu mieux préparés à affronter les deuils présents et à venir, comme un peu moins seuls face aux démons venants. Ce n’est peut-être qu’une illusion, mais le film, lui, est bien là, et il en est une preuve irréfutable à laquelle nous pourrons toujours revenir.
– Nicolas Moreno pour la revue Tsounami

Hair Paper Water

Nicolas Graux, Truong Minh Quy

FR1H112026


Sortie nationaleAvant-première


La séance en avant-première du Jeu. 10.09 à 20H15 sera présentée et suivie d’une discussion avec Julien Graff, producteur du film.

Dans une grotte, il y a plus de 60 ans, elle est née. Aujourd’hui, elle vit dans un village, entourée de ses enfants et petits-enfants. Parfois, dans ses rêves, sa mère défunte l’appelle – là-bas, dans la grotte. Le film recueille des instants fugaces de sa vie quotidienne, et la transmission fragile de sa langue, le ruc, à ses petits-enfants.

"Le duo de cinéastes nous offre un tout autre objet cinématographique après le salué Viet and Nam de Trong Minh Quy (Un certain Regard 2024). On y découvre Madame Hậu, une vieille femme de l’ethnie Rục qui s’occupe de ses enfants et petits-enfants à qui elle a consacré toute sa vie. Tout en douceur, les réalisateurs la filme dans ses gestes quotidiens : cueillette, soin du bébé… Mais Hair, Paper, Water…, c’est aussi et surtout une affaire de transmission, à laquelle s’acharne Madame Hậu en tentant d’apprendre sa langue ancestrale à son petit-fils. Cheveux, Papier, Eau, mais aussi Lumière, Sang… sont martelés à l’écran et rythment le film, l’imprégnant de cet apprentissage comme de poésie. Ce film court (1h10) n’est pas non plus dénué de touches d’humour, ni de politique à travers le regard porté sur la modernité : immeubles, déforestation, travail ouvrier… Un geste cinématographique brut mais délicat, du réel à la poésie, tourné en 16mm, qui nous livre (aussi et surtout) une belle leçon d’altérité."
_ Mathilde Rolland, assistante de coordination et d’animation, MaCaO 7ème art – Association de salles de cinéma en Normandie

Dans une grotte, il y a plus de soixante ans, elle est née. Aujourd’hui, elle vit dans un village, entourée de ses enfants et petits-enfants. Parfois, dans ses rêves, sa mère défunte l’appelle – là-bas, dans la grotte.

Un hiver russe

Patric Chiha

FR1H262026


Sortie nationale


Entre Paris et Istanbul, Margarita, Yuri et leurs amis, un groupe de jeunes exilés russes, cherchent leur place dans un monde qui ne semble plus être le leur.

L’hiver russe paralyse indéfiniment le pays, les décors sont enneigés, les autoroutes froides. Dans ce monde lugubre, glaçant et figé, ces jeunes gens sont sans défense, sans droits, sans avoir fait quoi que ce soit de mal.
– par Nicolas Bardot pour Le Polyester

Après l’invasion de l’Ukraine en 2022, de nombreux Russes ont été confrontés à un choix brutal : la prison, l’armée — ou l’exil. Entre Paris et Istanbul, Margarita, Yuri et leurs amis, un groupe de jeunes exilés, cherchent leur place dans un monde qui ne semble plus être le leur. Comment imaginer un avenir quand la guerre recompose le monde à notre place ?

Kontinental ’25

Orsolya est huissière de justice à Cluj, en Transylvanie. Elle doit un jour expulser un sans-abri qui vit dans le sous-sol d’un immeuble du centre-ville transformé en hôtel de luxe. Un événement inattendu la met brusquement face à ses contradictions.

Le nouveau film de Radu Jude est un engin redoutable, complètement fauché et radicalement percutant. S’y racontent les grands mouvements de la Roumanie contemporaine à travers la crise introspective d’une héroïne bien de son époque. -Troiscouleurs.fr

L’Histoire du soldat

La guerre est terminée et le jeune soldat rentre chez lui. En chemin, il rencontre le diable, avec lequel il conclut un accord : il échange son violon bien-aimé contre des richesses illimitées. Tenaillé par les regrets, le soldat entame un voyage pour retrouver son âme et redécouvrir la vie qu’il a laissée derrière lui…

Magnifique illustration du célèbre ballet éponyme composé par Igor Stravinsky sur un texte de Charles-Ferdinand Ramuz, L’Histoire du Soldat reprend la fable aux accents faustiens et fait dialoguer la musique et les images avec délicatesse et inventivité, emportant petits et grands ! Robert Blechman, artiste total, autant connu pour ses couvertures du New Yorker que pour ses publicités au succès mondial, réalise un petit miracle en adaptant cette œuvre aux résonances toujours très actuelles. Avec un casting de voix françaises de haute volée!

Porcherie

Interdit aux moins de 16 ans.

Deux histoires parallèles, au Moyen-âge et dans l’Allemagne d’après-guerre. Dans la première, un jeune homme affamé au milieu d’une lande volcanique désolée. Il survit, en lutte perpétuelle avec les êtres qu’il croise, mangeant tout ce qu’il trouve : un papillon, un serpent, et plus encore… Dans la seconde, une famille allemande bourgeoise, dont le père est un nazi, et le fils aimé d’une jeune fille qu’il n’aime pas. Sa passion à lui, est secrète et monstrueuse : il préfère les porcs…

Le Miroir aux alouettes

1942. Dans un village slovaque, Tono, menuisier sans histoire, loin des idées fascistes, accepte de son beau-frère, chef de la milice locale, la gérance d’une mercerie, appartenant à une dame Juive, Madame Lautmannová. Âgée et presque sourde, elle ignore tout des nouvelles lois raciales : elle le prend pour un assistant. Une complicité inattendue naît bientôt entre ces deux êtres que tout oppose…

Leila et les Loups

Leila, étudiante libanaise, voyage à travers le temps et l’espace pour réfuter la version coloniale et masculine de l’Histoire présentée par son amoureux Rafic. Son périple commence sous le Mandat Britannique des années vingt et finit dans la Guerre Civile libanaise. Survolant 80 ans d’Histoire, elle procède à l’excavation archéologique de la mémoire collective des femmes palestiniennes et libanaises et révèle leur rôle occulté. Au bout de son voyage elle réalise que le Patriarcat opprime également les hommes.
Avec Rac Ali Ahmad, Nabila Zeitouni, Raja Nehme…

La première séance de Leïla et les Loups le mercredi 14 mai à 19h, sera suivie d’une rencontre avec la réalisatrice Heiny Srour.

EN PARTENARIAT AVEC CULTURE DE PALESTINE ET LE GNCR

« Aucun film au monde, ne changera le monde. Évidemment. Mais LEILA ET LES LOUPS impacte
fortement le réel. Bien sûr, je vise un public large. Mais force est d’admettre que de Bologna à Londres, de Tanger à New York, de Beyrouth à Bruxelles, de Madrid au Caire, de Lisbonne à Paris, de Montréal à Harvard, etc. ce sont bien les jeunes qui réclament le film. Que de fois n’ai-je pas refusé le films à des ciné-club universitaires français pour laisser un territoire vierge à la sortie nationale. Car la jeunesse trouve dans ce film les armes idéologiques dont elle a besoin pour lutter contre le fondamentalisme, le sexisme et les racismes de tout genres. Lors du 40ème anniversaire célébrant la sortie-succès Londonienne, au prestigieux Institut of Contemporary Art, les jeunes s’étonnaient et pensaient que le film avait été tourné récemment. Il y eu prolongation…
J’ai même entendu un jour : «Mme Srour vous êtes une menteuse ! Vous dites que vous avez tourné le film il y a 30 ans au Pays des Oliviers. Ce n’est pas vrai. Vous l’avez tourné hier, au Maroc et sur la plage de Tanger » C’est à ce point que ce film est actuel, pertinent et prophétique, comme peu de films de patrimoine le sont. »

_ Heiny Srour

Voyage au bord de la guerre

Ukraine, quelques semaines après l’invasion russe. Au cours de son voyage, le cinéaste Antonin Peretjatko rencontre des ukrainiens qui ont fui les zones de combat. Avec humour et tendresse, il capture l’absurdité du quotidien d’un pays en guerre.

Les Roseaux sauvages

1962. La guerre d’Algérie touche à sa fin. Dans le Sud-Ouest de la France, le frère de Serge, soldat, fils de paysans italiens, épouse la première venue pour obtenir une semaine de permission. Le jeune marié songe à déserter et compte sur madame Alvarez, la mère de Maïté, professeur et militante communiste, pour l’aider. Mais il repart en Algérie et se fait tuer dans le djebel. Des lycéens du village sont témoins de ces événements tragiques. Henri, un jeune pied-noir, vient passer son bac en métropole. L’oreille collée à un transistor, il suit minute par minute le dénouement du conflit. Un soir, à l’internat, François, le petit ami de Maïté, découvre son homosexualité dans les bras de Serge…

Jeunesse (retour au pays)

Le Nouvel An approche et les ateliers textiles de Zhili sont quasi-déserts. Les quelques ouvriers qui restent peinent à se faire payer avant de partir. Des rives du Yangtze aux montagnes du Yunnan, tout le monde rentre célébrer la nouvelle année dans sa ville natale. Pour Shi Wei, c’est aussi l’occasion de se marier, ainsi que pour Fang Lingping. Son mari, ancien informaticien, devra la suivre à Zhili après la cérémonie. L’apprentissage est rude mais ne freine pas l’avènement d’une nouvelle génération d’ouvriers.

Invention

Pour la toute première sortie du distributeur Blue Note Films et en compagnie du GNCR, Le Cosmos a le plaisir d’accompagner le film Invention de Courtney Stephens repéré lors du très cher festival EntreVues à Belfort, où le film a été récompensé. Vous avez peut-être aperçu la comédienne Callie Hernandez dans Under the Silver Lake de David Robert Mitchell…

Après la mort inattendue de son père conspirationniste, sa fille reçoit comme héritage le brevet d’une machine médicale expérimentale. C’est à travers la découverte de cette invention et de la rencontre avec celles et ceux qui connaissaient son père qu’elle va peu à peu faire son deuil.

La Reine Margot

Août 1572 : Marguerite de Valois, sœur du Roi Charles IX est catholique. Pour renforcer la France, Catherine de Médicis, sa mère, la marie de force au protestant Henri de Navarre. Mais le massacre de la Saint-Barthélemy qui s’annonce. Sacrifiée à la raison d’État, Margot va connaître cependant l’amour avec un autre Huguenot : le seigneur de la Mole.

En 1994, la fresque historique de Patrice Chéreau sur les tueries de la Saint-Barthélemy bouleverse le genre, tel un somptueux ballet sanglant. Et fait écho à d’autres guerres civiles, en Yougoslavie et au Rwanda.
-Télérama

Maman déchire

Emilie fait un film pour tenter de saisir le plus grand mystère de l’univers : sa mère, Meaud. Enfant brisée, mère punk, grand-mère géniale, féministe spontanée, elle fascine autant qu’elle rend dingue. Une odyssée intime, un voyage dans le labyrinthe de la psyché.

A bout de souffle

En rebond avec la sortie du film, qui raconte le tournage d’À bout de souffle, Nouvelle Vague de Richard Linklater le 8 octobre 2025, à retrouver chez nos voisins du Star, nous vous proposons de redécouvrir le premier film de Jean-Luc Godard en projection pellicule 35mm (trop classe, non ?).

Marseille, un mardi matin. Michel Poiccard vole une voiture de l’U.S. Army et prend la route nationale en direction de Paris. Énervé par une 2CV qui n’ose pas dépasser un camion, Michel double en plein virage et se fait prendre en chasse par un motard. Paniqué, il abat le policier d’un coup de revolver et s’enfuit. Le lendemain, en arrivant à Paris, Michel retrouve une jeune étudiante américaine, Patricia, avec laquelle il a une liaison amoureuse libre. Elle veut devenir journaliste et, pour pouvoir financer ses études à la Sorbonne, vend le New York Herald Tribune sur les Champs-Élysées…

Le premier Godard est d’abord un hommage aux petits polars secs importés de Hollywood. Mais l’essentiel est ailleurs : dans « le renouvellement du style cinématographique », comme on disait dans Radio-Cinéma, l’ancêtre de Télérama. « JLG », et lui seul, marqua à ce point son territoire : montage, bande-son. Ce grand coup de neuf demeure un moment de rupture.
-Télérama

Dracula

Un acteur incarnant Dracula dans un restaurant de Transylvanie s’enfuit de la représentation, poursuivi par les clients et les propriétaires désireux de tuer le « vampire ». Parallèlement, un jeune cinéaste met sa créativité à l’épreuve des possibilités illimitées d’une fausse IA, créant un mélange surprenant d’histoires diverses, d’hier et d’aujourd’hui, sur le mythe originel de Dracula.

Dans la fiction du cinéaste roumain, en lice pour le Léopard d’or, un scénariste teste différents récits de vampire à l’aide de l’intelligence artificielle. Une tragi-comédie excessive, hilarante et désespérée.
-Le Monde