Le Fleuve de la mort

Luis Buñuel

MX1H321966


Ressortie nationaleVersion restaurée


Les familles Anguiano et Menchaca se livrent une lutte impitoyable depuis des années, endeuillant régulièrement leur village. Pour échapper à cette vendetta infernale, Gerardo est parti vivre en ville où il est devenu médecin. Un jour, on le somme de rentrer au village afin d'affronter le fils rival. Gerardo est alors pris dans un dilemme entre tradition familiale et désir de vivre sa propre vie…

Film de commande de la période mexicaine du cinéaste, Le Fleuve de la mort raconte comment la patience d'un médecin de campagne peut venir à bout de la rivalité sanglante opposant deux familles dans un petit village reculé du Mexique. Pour Buñuel, un simple film sur « la mort à la mexicaine », comme il l'appelle. « Cette mort facile… Vous savez, quand un homme meurt, les gens sont là qui fument et boivent des petits verres d'alcool. » On y reconnaît cependant la patte du cinéaste, sa façon de croquer les personnages – un curé qui sort un revolver – ou la reconstitution minutieuse d'un cortège funèbre, qui font d'El Río y la muerte un document passionnant sur la société mexicaine, là où « la vie est très peu de chose et où la mort ne compte pas ».
-La Cinémathèque Française

Les familles Anguiano et Menchaca se livrent une lutte impitoyable depuis des années, endeuillant régulièrement leur village. Pour échapper à cette vendetta infernale, Gerardo est parti vivre en ville où il est devenu médecin. Un jour, on le somme de rentrer au village afin d’affronter le fils rival. Gerardo est alors pris dans un dilemme entre tradition familiale et désir de vivre sa propre vie…

Pédale Rurale

Antoine Vazquez

FR1H242026


Sortie nationale

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Benoît vit en Dordogne, à quelques kilomètres du village où il a grandi. Il a construit son paradis à l’abri des regards, s’est émancipé à sa manière, seul, dans la nature, avec ses couleurs. Il a trouvé ses manières de résister, de s’affranchir des stigmates du passé pour continuer à habiter le territoire de son enfance. Sur le chemin qu’il est parvenu à ouvrir, il reste des ronces qui continuent à le blesser. Alors ensemble on avance, on défriche parce que nos histoires résonnent, parce qu’on s’est trouvé. Et puis, avec les autres queers du coin, on décide d’organiser une Pride, parce qu’il est temps de sortir du bois, de prendre l’espace qu’on n’a jamais eu, pour se célébrer, se réparer et enfin ouvrir une voie.

Il se dégage de ce documentaire deux sentiments. La joie — celle qu’on éprouve en étant niché·e dans un refuge — et l’admiration : devant la beauté des confidences, comme devant le parcours de Benoît, qui, d’abord isolé et terrifié par la politisation de son homosexualité, devient peu à peu moteur. Du refuge, on retient celui de la maison de Benoît, ceinturée de verdure, et l’autre — celui qu’il se recrée au sein d’une communauté choisie. Cette communauté regroupe les queers du coin, les pédales rurales et lesbiennes des champs, que l’on suit tout au long du film œuvrer à l’organisation de la première Pride de Dordogne. Avec tout ce que cela implique : convaincre les élu·es, dépasser sa peur — et les peurs — dans des territoires où l’homosexualité reste bien souvent au placard.
Un documentaire très émouvant, mais aussi passionnant par sa forme. Son réalisateur, Antoine Vazquez, personne concernée, se met en scène pour raconter, en toile de fond, l’amitié qui le lie à Benoît, mais aussi pour faire écho à son propre parcours : lui-même a grandi dans le Béarn. Quand faire un film devient aussi une manière de réparer.
-Cécile Becker, membre du Conseil de programmation

Benoît a construit son paradis à l’abris des regards, s’est émancipé à sa manière, résolu à faire face aux contraintes d’un espace qui, dans les imaginaires, entre en confit avec son identité. La campagne. Un jour, lui et d’autres queers du coin décident d’organiser la première Pride du Périgord vert, parce ce qu’il est temps de sortir du bois, de prendre l’espace pour se célébrer, se réparer et enfin ouvrir une voie.

Histoire d’une prostituée

Seijun Suzuki

JP1H322018


Seijun Suzuki

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Dans les années 1930, Harumi est une prostituée dont l’amant vient de se marier à une femme qu’il n’aime pas. Dépitée, elle se rend en Mandchourie, en plein conflit sino-japonais, pour y travailler avec d’autres filles. Elle y devient vite le souffre-douleur d’un officier violent.

Preuve éclatante de l’incroyable polyvalence de Seijun Suzuki, Histoire d’une prostituée s’écarte radicalement de l’ironie et des couleurs pop typiques du cinéaste pour embrasser une fresque amoureuse aux sentiments exacerbés, dans le cadre d’un film de guerre âpre, servi par un noir et blanc somptueux. Loin de l’aspect scabreux que pourrait annoncer son titre, le film fait avant tout le récit d’une passion dévorante, totale, tragique, où les scènes d’amour, d’une fragilité bouleversante, évoquent parfois la splendeur visuelle déchirante de L’Aurore de Murnau ou des Désaxés de John Huston.

Envoyée sur le front de Mandchourie où combat l’armée impériale japonaise, une prostituée se retrouve déchirée entre un officier sadique tombé sous son charme et un jeune soldat idéaliste…

Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures)

Apichatpong Weerasethakul

FR1H542010


Cycle #27 : Rêve éveilléFocus : Apichatpong Weerasethakul


Les apparitions magiques de sa femme défunte et de son fils disparu depuis des années confirment à Oncle Boonmee que sa fin est proche. Dans son domaine apicole, entouré des siens, il se souvient alors de ses vies antérieures. Accompagné de sa famille, il traverse la jungle jusqu’à une grotte au sommet d’une colline, lieu de naissance de sa première vie. De cette première vie, Oncle Boonmee ne se souvient de rien, s’il était animal ou végétal, homme ou femme ; mais il sait à présent qu’il est prêt à aborder la mort avec apaisement.

« Ce qui rend Oncle Boonmee si singulier, c’est que son sens de l’amalgame et de la relance sert un jeu d’échos entre le proche et le lointain, entre l’intime et le public, entre murmures secrets et rumeur du monde. Pour passer par de tels relais sensoriels, le film a besoin d’éprouver sa propre extinction, de prendre le risque d’une sous-fictionnalisation, qui incite les spectateurs à tendre l’oreille et ouvrir les yeux. En témoigne cette attention pour les lueurs, les lucioles et les « infras-sons », autant d’éléments porteurs d’une émotion inversement proportionnelle à leur intensité sonore ou lumineuse. L’épisode de l’excursion dans la grotte, temple où Boonmee vient déposer son dernier souffle, est à ce titre un sommet d’intensité : enfoncement dans le noir, confession murmurée devant l’angoisse d’une possible cécité, heureuse et inattendue découverte d’une voûte scintillante dans les tréfonds de l’obscurité, aménagement de la chambre mortuaire, derniers souffles bercés par l’écoulement du jus de la dialyse du mourant, un son paisible qui évoque celui qu’on recueille à la naissance d’une source. Puis le lendemain, retour d’une lumière tranchante, bourdonnements solaires de la jungle qui viennent se mixer, avec le plus parfait naturel, aux lancinantes prières des obsèques arrangées comme pour un set électro : capables de relier le fil de l’atonalité à l’extase de la transe libératoire. Jamais sans doute depuis le plan-séquence final de Profession : reporter d’Antonioni, une agonie n’aura été accompagnée avec autant de patience, transmettant par son mouvement même un sentiment de compassion purement cinématographique, c’est-à-dire uniquement raccordé aux simples perceptions lumineuses, spatiales et surtout auditives et temporelles. »
– Joachim Lepastier, Cahiers du cinéma, septembre 2010

En Thaïlande, de nos jours. L’oncle Boonmee, un apiculteur d’une soixantaine d’années, souffre d’insuffisance rénale et se prépare à mourir. Il décide de passer les quelques jours qui lui restent dans une ferme située dans les montagnes, entouré de sa belle-sœur et d’un Laotien chargé de lui prodiguer des soins. Un soir, les fantômes de sa femme et de son fils défunts apparaissent à la table du dîner. Ce dernier a pris l’apparence d’un grand singe sombre aux yeux rouges et phosphorescents. Le vieil homme part alors dans la jungle tropicale avec sa famille pour atteindre la mystérieuse grotte qui fut le berceau de sa première existence. Au cours du voyage, ses vies antérieures prennent forme et se rappellent à lui.

Alice au pays des merveilles

Clyde Geronimi, Wilfred Jackson, Hamilton Luske

US1H151951


Cycle #27 : Rêve éveilléJeunes publicsÀ partir de 6 ans

RÉSERVATION (Cliquez sur la date pour réserver)


Alors qu'elle se repose sous un arbre, Alice voit passer un lapin blanc criant " Je suis en retard ". Curieuse, elle le suit et tombe dans un puits. Elle se retrouve dans un monde étrange où se côtoient diverses créatures, certaines amusantes, d'autres terrifiantes, comme la Reine de Coeur qui coupe la tête à tout le monde.

à partir de 6 ans

Joignez-vous à Alice alors qu’elle poursuit un lapin blanc dans un monde à l’envers, qui devient de plus en plus curieux au fur et à mesure que ses aventures fantastiques se déroulent. Rencontrez le Chapelier Toqué, le Lièvre de Mars, Tweedledee et Tweedledum, le chat du Chester, la reine de cœur et d’autres personnages inoubliables. Le tout sur un décor magique inoubliable.

Little Nemo

波多正美, William T. Hurtz, 畑正憲

JP1H251994


Cycle #27 : Rêve éveilléJeunes publicsÀ partir de 8 ans

RÉSERVATION (Cliquez sur la date pour réserver)


Little Nemo est un petit garçon comme les autres : chaque soir, il s'endort tranquillement dans son lit. Mais une nuit, le Roi Morphé, maître des rêves, a décidé de l'accueillir dans son royaume de Slumberland : le voici entraîné sur le lit magique pour une extraordinaire aventure au pays des rêves…

à partir de 8 ans

Nemo est un petit garçon timide et rêveur, ressemblant à tous les garçons de son âge. Une nuit, Morphée, roi de Slumberland, l’invite officiellement dans son royaume par l’intermédiaire d’un serviteur dans le but de le présenter à sa fille, la princesse.Chaque nuit lorsque Nemo s’endormira il entrera dans le monde fantastique des rêves. On suit alors les aventures du jeune dormeur dans le monde des rêves avec pour but de réussir à rentrer dans Slumberland pour y rencontrer la princesse.

Lost in Translation

Sofia Coppola

US1H422004


Cycle #27 : Rêve éveillé


Bob Harris, acteur sur le déclin, se rend à Tokyo pour tourner un spot publicitaire. Il a conscience qu'il se trompe – il devrait être chez lui avec sa famille, jouer au théâtre ou encore chercher un rôle dans un film –, mais il a besoin d'argent. Du haut de son hôtel de luxe, il contemple la ville, mais ne voit rien. Il est ailleurs, détaché de tout, incapable de s'intégrer à la réalité qui l'entoure, incapable également de dormir à cause du décalage horaire. Dans ce même établissement, Charlotte, une jeune Américaine fraîchement diplômée, accompagne son mari, photographe de mode. Ce dernier semble s'intéresser davantage à son travail qu'à sa femme. Se sentant délaissée, Charlotte cherche un peu d'attention. Elle va en trouver auprès de Bob…

Un hôtel luxueux et froid, à Tokyo. Un comédien et une jeune mariée perdus. Deux solitudes qui se frôlent, se réchauffent, dans une ville de néons où tout est étrange. Bill Murray est irrésistible. Sofia Coppola signe une merveilleuse réflexion sur la nostalgie.
-Télérama

Précédé du court-métrage Charon de Yannick Karcher (FR | 2020 | 15 min | Production régionale)
Fraîchement retraité, un homme démuni ne sait pas comment occuper ses journées. De peur d’être tué par l’ennui, il s’attelle au projet saugrenu de construire une barque dans la cave de sa maison pavillonnaire.

Bob Harris, acteur sur le déclin, se rend à Tokyo pour tourner un spot publicitaire. Il a conscience qu’il se trompe – il devrait être chez lui avec sa famille, jouer au théâtre ou encore chercher un rôle dans un film -, mais il a besoin d’argent. Du haut de son hôtel de luxe, il contemple la ville, mais ne voit rien. Il est ailleurs, détaché de tout, incapable de s’intégrer à la réalité qui l’entoure, incapable également de dormir à cause du décalage horaire. Dans ce même établissement, Charlotte, une jeune Américaine fraîchement diplômée, accompagne son mari, photographe de mode. Ce dernier semble s’intéresser davantage à son travail qu’à sa femme. Se sentant délaissée, Charlotte cherche un peu d’attention. Elle va en trouver auprès de Bob…

L’Année dernière à Marienbad

Alain Resnais

FR1H341961


Cycle #27 : Rêve éveillé


Une soirée théâtrale dans un somptueux palace d’une ville d’eau allemande. Un homme très élégant rencontre une femme et s’efforce de la persuader que, l’année précédente, à Marienbad, elle avait promis de tout quitter pour vivre avec lui. La femme ne se souvient absolument pas d’avoir eu une telle conversation avec lui. L’homme la poursuit pourtant et la harcèle, parfois doucereux, quelquefois inquiétant. Décontenancée, elle ne sait si elle le désire, s’il la répugne, si elle lui obéira, tandis que des images tragiques d’un viol ne cessent de la hanter. Les jardins et les décors de l’hôtel sont intimement liés à sa longue quête intérieure...

« Voici donc le spectateur rendu à sa liberté, tenu de faire jouer la totalité de ses facultés, acculé, comme dans la vie, à choisir lui-même, à prendre lui-même parti – sous peine de rejoindre ces dormeurs debout qui rêvent les choses au lieu de les vivre, en s’abandonnant au chaos de leurs émotions. En quoi L’Année dernière à Marienbad se révèle comme le degré le plus avancé du réalisme cinématographique.
Je l’appellerais volontiers le réalisme du spectateur. »
-André S. Labarthe, 1961

Précédé du court-métrage Mars Exalté de Jean-Sébastien Chauvin (FR | 2022 | 17 min)
Un homme endormi rêve d’une ville à la tombée du jour.

Dans un château de Bohême transformé en hôtel, des gens vivent dans une atmosphère feutrée. Ils sont là pour se reposer, et tout autre bruit hors quelques paroles chuchotées est proscrit. Un homme s’attache à une femme et tente de la persuader qu’ils ont eu une aventure, l’année dernière à Marienbad.

Cemetery of Splendour

Apichatpong Weerasethakul

TH2H022015


Cycle #27 : Rêve éveilléFocus : Apichatpong Weerasethakul


Des soldats atteints d’une mystérieuse maladie du sommeil sont transférés dans un hôpital provisoire installé dans une école abandonnée. Jenjira se porte volontaire pour s’occuper de Itt, un beau soldat auquel personne ne rend visite. Elle se lie d’amitié avec Keng, une jeune médium qui utilise ses pouvoirs pour aider les proches à communiquer avec les hommes endormis. Un jour, Jenjira trouve le journal intime de Itt, couvert d’écrits et de croquis étranges. Peut-être existe-t-il une connexion entre l’énigmatique syndrome des soldats et le site ancien mythique qui s’étend sous l’école ? La magie, la guérison, la romance et les rêves se mêlent sur la fragile route de Jenjira vers une conscience profonde d’elle-même et du monde qui l’entoure.

Par-delà le rêve et la réalité, Cemetery of Splendour est l'exploration poétique d'un monde à la fois immuable et en perpétuelle anamorphose. Le motif du palimpseste constitue la structure à la fois narrative et architecturale d'un film qui célèbre la puissance de l'imaginaire face à un régime politique oppresseur. En abolissant les frontières entre l'humain et le divin, le sommeil et l'éveil ou encore l'immensément grand et l'immensément petit, Weerasethakul appelle le spectateur à simplement contempler ce qui se trouve en face de lui. 16 novembre 2021, Fabien Demangeot

Des soldats atteints d’une mystérieuse maladie du sommeil sont transférés dans un hôpital provisoire installé dans une école abandonnée. Jenjira se porte volontaire pour s’occuper de Itt, un beau soldat auquel personne ne rend visite. Elle se lie d’amitié avec Keng, une jeune médium qui utilise ses pouvoirs pour aider les proches à communiquer avec les hommes endormis. Un jour, Jenjira trouve le journal intime de Itt, couvert d’écrits et de croquis étranges. Peut-être existe-t-il une connexion entre l’énigmatique syndrome des soldats et le site ancien mythique qui s’étend sous l’école ? La magie, la guérison, la romance et les rêves se mêlent sur la fragile route de Jenjira vers une conscience profonde d’elle-même et du monde qui l’entoure.

Carmen de Kawachi

Seijun Suzuki

JP1H292026


Seijun SuzukiVersion restaurée

RÉSERVATION (Cliquez sur la date pour réserver)


Tsuyuko quitte son village pour Osaka, où elle devient hôtesse dans un cabaret. Confrontée à de nouvelles désillusions, elle affirme peu à peu son indépendance et sa force de caractère.

Principale interprète de La Barrière de chair (1964) et d’Histoire d’une prostituée (1965), les deux premiers volets de la « Trilogie de la chair », la formidable Yumiko Nogawa reprend ici du service auprès de Seijun Suzuki pour une performance tour à tour poignante et jubilatoire, endossant l’étonnant rôle de cette Carmen du Soleil levant plongée dans le « Swinging Osaka » des années soixante, où elle métamorphose le célèbre thème de la Habanera de Georges Bizet en un irrésistible tube de surf-rock. Entre critique sociale acerbe, drame avant-gardiste et comédie corrosive, Seijun Suzuki dessine avec tendresse et audace l’inoubliable portrait d’une jeune femme intrépide, rebelle et opiniâtre, petite sœur de la Loulou incarnée par Louise Brooks chez G.W. Pabst ou de Rita Hayworth dans Gilda de Charles Vidor. Une merveille féministe et subversive jusqu’alors inédite en France, servie par l’esthétique toujours aussi virtuose du réalisateur de La Marque du tueur et Le Vagabond de Tokyo, à découvrir pour la première fois dans sa sublime restauration 4K !

Telle une fugueuse, Tsuyu déménage à Osaka pour travailler comme hôtesse de bar. Elle rencontre la propriétaire d’une école de mannequins, Yoko, et pense sérieusement à devenir modèle. Yoko lui dit qu’elle peut emménager chez elle pour prendre des cours, tout en gagnant sa vie en même temps.

Derrière les drapeaux, le soleil

Juanjo Pereira

FR1H302026


Sortie nationaleDocumentaire


120 heures d’images d’archives : voilà ce qui reste de 35 années de dictature de Stroessner au Paraguay. À partir de ce corpus d’images rares retrouvées partout dans le monde, je reconstruis l’histoire d’une des dictatures les plus longues du XXᵉ siècle, dont les effets perdurent encore aujourd'hui. -Juanjo Perreira

À travers des images d’archives, Juanjo Pereira signe un film puissant et nécessaire qui interroge comment les récits nationaux écrasent les voix individuelles — et comment le cinéma peut les faire renaître. - Festival War on Screen

120 heures d’images d’archives : voilà ce qui reste de 35 années de dictature de Stroessner au Paraguay. A partir de ce corpus d’images rares retrouvées partout dans le monde, je reconstruis l’histoire d’une des dictatures les plus longues du XXe siècle, dont les effets perdurent encore aujourd’hui.

La Science des rêves

Michel Gondry

FR1H452006


Cycle #27 : Rêve éveillé


Venu travailler à Paris dans une entreprise fabriquant des calendriers, Stéphane Miroux mène une vie monotone qu'il compense par ses rêves. Devant des caméras en carton, il s'invente une émission de télévision sur le rêve. Un jour, il fait la connaissance de Stéphanie, sa voisine, dont il tombe amoureux. D'abord charmée par les excentricités de cet étonnant garçon, la jeune femme prend peur et finit par le repousser. Ne sachant comment parvenir à la séduire, Stéphane décide de chercher la solution de son problème là où l'imagination est reine…

Un jeune Franco-Mexicain revient à Paris dans l'appartement de son enfance et tombe amoureux de sa voisine de palier. D'après l'imaginaire enfantin des années 70, à base de trucages apparents et d'animation en miniature, Gondry élabore un bric-à-brac zinzin, où les rêves sont le miroir d'un voyage sentimental rocambolesque. -La Cinémathèque Française

Venu travailler à Paris dans une entreprise fabriquant des calendriers, Stéphane Miroux mène une vie monotone qu’il compense par ses rêves. Devant des caméras en carton, il s’invente une émission de télévision sur le rêve.Un jour, il fait la connaissance de Stéphanie, sa voisine, dont il tombe amoureux. D’abord charmée par les excentricités de cet étonnant garçon, la jeune femme prend peur et finit par le repousser. Ne sachant comment parvenir à la séduire, Stéphane décide de chercher la solution de son problème là où l’imagination est reine…

La Barrière de chair

Seijun Suzuki

JP1H301990


Seijun SuzukiVersion restaurée

RÉSERVATION (Cliquez sur la date pour réserver)


Après la Seconde Guerre mondiale, dans un Japon meurtri, cinq prostituées vivent en groupe dans un ghetto de Tokyo. Telles une famille unie, elles défendent leur territoire et leurs intérêts communs. Mais l’arrivée d’une nouvelle fille et d’un ancien soldat blessé pourrait mettre en péril leur unité.

Premier grand film de Seijun Suzuki pleinement centré sur des héroïnes avides de liberté, La Barrière de chair reprend un cadre classique du cinéma nippon, celui de l’immédiat après-guerre, pour le peindre aux couleurs vives d’un western italien, dont il adopte avec brio les codes naissants à travers sa bande originale et, surtout, ses décors où la désolation règne, entre rues poussiéreuses, planque sordide et cimetière halluciné… Jouant magistralement sur les surimpressions d’images pour évoquer un Japon hanté par la défaite, le film mêle érotisme, ivresse, anarchisme, sadisme et spectre de la mort, dans un tourbillon de féminité rebelle où resplendit l’actrice Yumiko Nogawa (Les Plaisirs de la chair), et où la venue d’un ancien soldat, vagabond hors-la-loi (interprété par l’incontournable Joe Shishido), semble, par son amertume et sa rébellion, anticiper l’inflexible Rambo de Ted Kotcheff.

L’histoire de cinq prostituées et d’un homme poursuivis par la police dans les ruines du Japon de l’après-guerre où le marche noir est roi.

Midsommar

Ari Aster

US2H282019


Cycle #27 : Rêve éveillé


Dani et Christian sont sur le point de se séparer quand la famille de Dani est touchée par une tragédie. Attristé par le deuil de la jeune femme, Christian ne peut se résoudre à la laisser seule et l’emmène avec lui et ses amis à un festival qui n’a lieu qu'une fois tous les 90 ans et se déroule dans un village suédois isolé. Mais ce qui commence comme des vacances insouciantes dans un pays où le soleil ne se couche pas va vite prendre une tournure beaucoup plus sinistre et inquiétante. 

La seule manière d’échapper à un sentiment de familiarité, au confort de la convention, à l’ennui qui s’impose dès qu’on s’imagine être confronté aux mécanismes d’un cinéma dit « de genre », est sans doute de multiplier les couches de récits, de brouiller les frontières du réel et de l’imaginaire, de mélanger différents registres d’images. C’est ce que réussit avec talent le cinéaste Ari Aster avec son second long-métrage.
-Le Monde

Dani et Christian sont sur le point de se séparer quand la famille de Dani est touchée par une tragédie. Attristé par le deuil de la jeune femme, Christian ne peut se résoudre à la laisser seule et l’emmène avec lui et ses amis à un festival estival qui n’a lieu que tous les 90 ans et se déroule dans un village suédois isolé. Mais ce qui commence comme des vacances insouciantes dans un pays où le soleil ne se couche pas va vite prendre une tournure beaucoup plus sinistre et inquiétante.

La Clepsydre

Wojciech Has

PL2H041975


Cycle #27 : Rêve éveilléVersion restaurée


Jozef vient voir son père en traitement dans un sanatorium, mais l'établissement médical qu'il découvre est un vaste palais lugubre, rongé par la vermine et tapissé de toiles d'araignées où le temps et l'espace sont comme pris dans un vertigineux tourbillon. Le Dr. Gotard lui explique que le temps y a été comme retardé. Ne comprenant rien à ce discours, Jozef s'aventure dans la vaste demeure et voit apparaître son double.

Réalisateur d'une œuvre naviguant entre baroque et onirisme, célèbre pour son adaptation du Manuscrit trouvé à Saragosse (1965), W. J. Has fascine public et critique avec cette expérience hypnotique, adaptant deux œuvres de Bruno Schulz : Le Sanatorium au croque-mort et Les Boutiques de cannelle. Désir d'expérimentation sans limite, jeu virtuose sur les strates du temps et de la conscience, La Clepsydre est un film qui a révolutionné le cinéma. Film labyrinthe, voyage initiatique, expérience sensorielle, théâtre de marionnettes, musique hypnotique, au carrefour de Fellini, Tarkovski et Visconti, inspiration majeure de Lynch. L'un des sommets de l'œuvre de Wojciech Has dans une sublime copie restaurée !
-Malavida

Jozef vient voir son père en traitement dans un sanatorium, où le Dr. Gotard entretient une très mystérieuse atmosphère. Une porte allégorique garde l’entrée du lieu ; dès qu’on la franchit, on pénètre dans un monde de fantaisie issu du subconscient.

Nuestra Tierra

Lucrecia Martel

FR1H592026


Sortie nationale


Peut-on penser la démocratie sans passer par la justice ? Nuestra Tierra revient sur l’assassinat de Javier Chocobar et l’expulsion de sa communauté à Tucumán. À partir de cette histoire – qui, avant le procès a donné lieu à de nombreuses manifestations en Argentine – Lucrecia Martel fait affleurer, avec une grande finesse, les questions qui traversent nos démocraties : la place des minorités, l’autodétermination, l’élasticité des lois qui profite principalement aux classes aisées, et surtout les histoires humaines qui précèdent toujours les idéologies

Dire du cinéma de Lucrecia Martel qu’il est décolonial relève de l’évidence : son brillant long métrage de fiction Zama (2017) en était l’expression la plus manifeste, quand ses films précédents interrogeaient déjà — et avec vigueur — les systèmes de classe et de domination. Non, décidément, le cinéma n’est pas apolitique.
Avec Nuestra Tierra, premier long métrage documentaire de la réalisatrice argentine, Lucrecia Martel pousse jusqu’au bout cette vision politique et sociale — autrement dit incarnée — du cinéma. En empruntant les ressorts du film d’enquête et en prenant pour point de départ le meurtre de Javier Chocobar, figure de la communauté Chuschagasta à Tucumán, Martel ancre son récit dans une réalité terrible : la silenciation et la déconsidération systématique des récits indigènes.
Car cette terre, magnifique — que Martel filme au drone, interrogeant par ce dispositif sa propre place de réalisatrice autant que le point de vue nécessairement surplombant du cinéma (avec une scène aviaire dont on se souviendra longtemps) — est nimbée des histoires, des récits, des archives et photographies de cette communauté.
Ainsi, si le film est traversé par ce meurtre et par son jugement, par l’inhumanité d’un propriétaire terrien blanc, de ses hommes de main et, finalement, de tout un système judiciaire (il suffit de regarder les regards et les corps de tout ce cirque), Martel s’emploie toujours à réaffirmer le lien à cette terre : ce qui s’y vit, ce qui s’y transmet, et le soin indestructible que se portent les membres de la communauté.
Alors, le « nous » de Nuestra est forcément ambivalent. Tout au long du film, on voudrait qu’il signifie « leur ». Jusqu’à ce que l’injustice finisse, encore une fois, par s’abattre comme un rouleau compresseur face auquel il semble impossible de résister. L’impérialisme, partout, tout le temps.
– Cécile Becker, directrice et membre du Conseil de programmation du Cosmos

Argentine, 2009. Trois hommes blancs tentent d’expulser les membres de la communauté autochtone de Chuschagasta, revendiquant la propriété des terres. Armés, ils tuent le chef de la communauté, Javier Chocobar. Le meurtre est filmé, et en 2018, après neuf ans d’impunité et des siècles d’histoire coloniale, le procès s’ouvre.