Princesse soumise à un étouffant protocole, Ann n’a pas une minute de liberté. En déplacement à Rome, elle fait la rencontre du journaliste Joe Bradley qui la reçoit chez lui sans connaître son statut. Sous le charme du jeune homme, Ann profite enfin d’un moment d’évasion avant que sa condition ne la rattrape.
Entre conte moderne et comédie romantique, Vacances romaines demeure l’une des plus belles déclarations d’amour à la Ville éternelle. Le film marque les débuts éclatants à Hollywood d’Audrey Hepburn qui remporte l’Oscar de la Meilleure actrice !
– Les Cinémas du Grütli
Karen Wright et Martha Dobie, amies d’enfance, gèrent à elles deux une école privée très sélect, exclusivement réservée aux filles. Après une banale altercation suite à une punition, Mary, une jeune élève mythomane, se met à répandre une terrible rumeur : Karen et Martha auraient des relations lesbiennes. Une rumeur aux conséquences dévastatrices pour les deux femmes.
À travers les machinations et mensonges d’une fillette, William Wyler pointe l’hypocrisie d’une société conservatrice, incapable de départ entre le bien et le mal et crispée sur des conceptions naturalistes infondées. Si la première heure appartient aux enfants, les adultes sont bel et bien responsables du crédit qu’ils accordent à leurs paroles irréfléchies, qu’ils reprennent et amplifient, conjuguant le goût du scandale et le souci de la respectabilité. En faisant se télescoper l’innocence et la culpabilité, la bonté et la malveillance, la morale et le ressentiment, La Rumeur nous invite surtout à sonder la notion d’absolu amoureux, dans lequel réside une part de pureté et d’espoir.
Maggie Prescott, rédactrice en chef d’un magazine de mode newyorkais, cherche un nouveau mannequin pour présenter, à Paris, le défilé d’un grand couturier. Dick Avery, photographe attitré de la revue, a déniché l’oiseau rare : Jo, une ingénue à la grâce singulière, employée dans une librairie.
S’inspirant de la vie du mannequin Suzy Parker et du photographe Richard Avedon, Stanley Donen réunit Audrey Hepburn et Fred Astaire dans une comédie musicale qui raille autant le monde superficiel de la mode que les milieux intellectuels parisiens. Des numéros de danse aux costumes iconiques, une œuvre phare au charme indéfectible.
-La Cinémathèque Française
En douze ans, Mark Wallace et son épouse Joanna ont effectué trois fois la route qui relie Londres au Midi de la France. Cependant, entre d’une part le joyeux périple où Mark la rencontra, l’aima, la séduisit, et d’autre part le morne voyage d’un couple usé par l’habitude et l’incompréhension, seuls les paysages sont restés les mêmes.
Dans Madame de… de Max Ophuls, le général dit à son épouse, résumant d’un trait leur vie de couple : « Ce n’est que superficiellement que nous sommes superficiels. » On pourrait en dire autant de Voyage à deux tant l’histoire, sans se départir jamais d’une élégance apparemment frivole, n’en énonce pas moins, par mille chemins et sans détour, ses quatre vérités : l’incurable illusion romantique féminine qui culmine dans la sacralisation du mariage, l’homme éternel Narcisse infantile, la tristesse du sexe sans sentiment (l’auteur du scénario original signera celui du Eyes Wide Shut de Kubrick). Et encore l’éternelle sève de l’amour vrai et la beauté irradiante d’un retour de flamme. Mais dans Voyage à deux, c’est modernité à tous les étages, comme on le disait de l’eau et du gaz : la mise en scène se nourrit d’un double principe dynamique, d’un côté en allant de l’avant (la route, l’espace), de l’autre en ne cessant de regarder en arrière (le rétroviseur, le temps), le réalisateur et le spectateur se régalant de l’incessant ballet spatio-temporel des frôlements, évitements, collisions des corps, des images, des matières et des couleurs. Mais comment être surpris que la modernité européenne des années 1960 en passe, pour l’Amérique, par un Stanley Donen dans sa période anglaise, lui qui, dès 1949, à l’heure du néoréalisme, osait une comédie musicale en pleine rue (Un jour à New York) ? Voyage à deux est une leçon de vie doublée d’une leçon de cinéma, à moins que ce ne soit l’inverse.
– Bernard Benoliel pour la Cinémathèque Française
Sabrina, fille du chauffeur des Larrabee, est amoureuse du plus jeune des fils Larrabee, David, aimable bon à rien. Linus, l’aîné, mène les affaires avec sa mère, Maude. Après un séjour parisien, Sabrina revient métamorphosée, ravissante. David la remarque enfin. Mais il est à la veille de faire un mariage qui arrange les affaires familiales : pas question que Sabrina dérange les plans. Linus se charge alors d’évincer la jeune femme…
«La transformation la plus flagrante est celle de Sabrina incarnée par Audrey Hepburn, fraîche de son succès dans Vacances romaines, le film qui l’a révélée au grand public un an auparavant […]. Elle est à l’époque la nouvelle coqueluche de Hollywood, canon de beauté très différent des habituelles femmes fatales blondes et bien en chair. Elle inaugure dans ce film une série de rôles dans lesquels elle subit une transformation physique. Frêle et fragile, elle revient transformée en une superbe femme, parangon de l’élégance et du style. -Eva Markovits, critikat.com, 18 octobre 2016
A Londres, en 1912, l’éminent linguiste Henry Higgins parie avec son ami le colonel Hugh Pickering qu’il parviendra à transformer en grande dame une petite marchande de fleurs à l’accent cockney remarquée par hasard du côté de Covent Garden. Eliza, la jeune femme en question, se laisse approcher par cet universitaire plein d’autorité qui veut la débarrasser de ses manières populaires afin de lui donner un vernis mondain. A force de persévérance, elle finit par faire illusion dans les salons de la haute société. Et ce qui n’était qu’un pari vulgaire devient une tout autre histoire.
Pygmalion revisité par Cukor, Rex Harrison en prof arrogant, Audrey Hepburn en marchande de fleurs au délicieux accent cockney ou valsant dans une robe de princesse signée Cecil Beaton. La quintessence de la comédie musicale.
-Télérama