Karen Wright et Martha Dobie, amies d'enfance, gèrent à elles deux une école privée très sélect, exclusivement réservée aux filles. Après une banale altercation suite à une punition, Mary, une jeune élève mythomane, se met à répandre une terrible rumeur : Karen et Martha auraient des relations lesbiennes. Une rumeur aux conséquences dévastatrices pour les deux femmes.
À travers les machinations et mensonges d’une fillette, William Wyler pointe l’hypocrisie d’une société conservatrice, incapable de départ entre le bien et le mal et crispée sur des conceptions naturalistes infondées. Si la première heure appartient aux enfants, les adultes sont bel et bien responsables du crédit qu’ils accordent à leurs paroles irréfléchies, qu’ils reprennent et amplifient, conjuguant le goût du scandale et le souci de la respectabilité. En faisant se télescoper l’innocence et la culpabilité, la bonté et la malveillance, la morale et le ressentiment, La Rumeur nous invite surtout à sonder la notion d’absolu amoureux, dans lequel réside une part de pureté et d’espoir.