Tokyo Sonata

Tokyo Sonata dresse le portrait d’une famille japonaise ordinaire. Le père, licencié sans préavis, le cache à sa famille. Le fils ainé est de plus en plus absent. Le plus jeune prend des leçons de piano en secret. Et la mère, impuissante, ne peut que constater qu’une faille invisible est en train de détruire sa famille.

Le grand maître Kiyoshi Kurosawa nous livre avec Tokyo Sonata ce qui reste sans doute un de ses plus beaux films, renouvelant au passage certains aspects de son œuvre. Il y traite chaque personnage avec attention et délicatesse, explorant d’autant plus profondément la solitude des êtres, et l’épreuve de leurs sentiments respectifs.
-Maxime Martinot pour le fesitval des 3 Continents

Le Parrain, 2e partie

Depuis la mort de Don Vito Corleone, son fils Michael règne sur la famille. Amené à négocier avec la mafia juive, il perd alors le soutien d’un de ses lieutenants, Frankie Pentageli. Échappant de justesse à un attentat, Michael tente de retrouver le coupable, soupçonnant Hyman Roth, le chef de la mafia juive.

La suite du Parrain est notoirement l’élément déclencheur d’un débat perpétuel pour élire le meilleur des films de la trilogie (le troisième coltinant malheureusement une réputation assez déplorable et pas forcément méritée). Et il faut dire que ce second épisode se défend bien par rapport à son aîné : Entre une première partie tout en retour dans le passé où les origines du clan Corleone reposent sur les jeunes épaules de Robert de Niro et la continuation de la fresque du premier film portée par Al Pacino dans ce qui est probablement son meilleur rôle, tous les ingrédients d’un chef-d’œuvre sont là.

Le Parrain

En 1945, à New York, les Corleone sont une des cinq familles de la mafia. Don Vito Corleone, « parrain » de cette famille, marie sa fille à un bookmaker. Sollozzo, « parrain » de la famille Tattaglia, propose à Don Vito une association dans le trafic de drogue, mais celui-ci refuse. Sonny, un de ses fils, y est quant à lui favorable. Afin de traiter avec Sonny, Sollozzo tente de faire tuer Don Vito, mais celui-ci en réchappe.

La fresque monumentale de Coppola : à travers l’histoire d’une famille, l’illustration de l’évolution de la mafia américaine et de ses luttes de pouvoir. Découpage millimétré, mise en scène fiévreuse et interprétation grandiose (dont un duo Brando/Pacino sidérant) composent un bal funèbre où se heurtent honneur et trahison. L’un des plus grands films du monde.
– La Cinémathèque Française

LITTLE MISS SUNSHINE

Du haut de ses sept ans, la jeune Olive ne rêve que d’une chose : devenir la prochaine reine de beauté. Lorsqu’elle décroche une invitation pour participer au prestigieux concours de Little Miss Sunshine en Californie, c’est toute la famille qui décide de s’envoler avec elle. Unis par leur folie, les membres de la famille vont vivre un road-trip farfelu sur les grandes routes californiennes. C’est le début d’une incroyable aventure humaine pour les Hoover !

Entre tendresse et pur vitriol, la formidable aventure d’une famille savoureusement dysfonctionnelle.
– La Cinémathèque de Toulouse

Les enfants loups, Ame et Yuki

Hana, une jeune étudiante de Tokyo, tombe amoureuse d’un mystérieux garçon, Ookami… Qui se révèle en réalité être un homme loup, le dernier de son espèce. Portée par son amour, Hana ne s’effraie pas pour autant. Quelques années plus tard, elle donne deux enfants à Ookami : Yuki, puis Ame. Mais à la naissance d’Ame, Ookami meurt dans des circonstances tragiques. Pleine de chagrin, mais surtout incapable de continuer à cacher ses enfants à Tokyo, Hana décide de s’installer à la montagne. Les enfants grandissent, jusqu’à, eux aussi, devoir faire un choix.

En suivant le destin – car c’est bien de destin qu’il s’agit – de Hana, la mère de Ame et Yuki – sur plusieurs années, Mamoru Hosoda livre une partition à la fois subtile et pleine de souffle. Si le mythe de l’homme loup a souvent été exploité au cinéma, ce film le traite avec un regard nouveau, que seul l’animation permet : les enfants loups, comme leur père, sont tour à tour séduisants et menaçants, en conflit avec leur nature même. Ils ne se transforment pas la nuit mais en permanence, en fonction de leurs émotions – peur, faim, colère, etc…, parfois jusqu’au bout, parfois non : ils ont alors une apparence hybride.
Une des réussites de l’animation est de parfaitement rendre cet aller-retour constant entre deux natures, qui suggère qu’elle n’est pas fracturée mais au contraire linéaire, fragile, oscillante. Par ailleurs, le film intègre le merveilleux dans un univers absolument réaliste, rendu dans ses moindres détails, des lumières de la ville jusqu’au frémissement des feuilles dans la forêt. La maîtrise technique du réalisateur est impressionnante, et le rendu de certaines séquences, notamment dans la nature, est impressionnante de précision et de justesse. Pour autant, cette maîtrise n’empêche jamais l’émotion de cette fresque intimiste. Le destin poignant des enfants et surtout de leur mère, que l’amour ne quitte jamais, est bouleversant. —-L’avis de Benshi

La Famille Addams

La famille Addams file des jours délicieusement malheureux dans son sinistre manoir. Alors que Gomez et Morticia cultivent leur amour du macabre, leurs deux progénitures, Mercredi et Pugsley, s’adonnent à des jeux plus morbides les uns que les autres. Il ne manque que le frère de Gomez, l’illustre Fétide disparu depuis de longues années, pour que la tribu soit enfin au complet. Le jour où celui-ci réapparaît, l’heure est aux retrouvailles mais aussi à la méfiance…

Maniant l’humour noir avec habileté, Barry Sonnenfeld livre une comédie mortellement drôle et irrévérencieuse. Entre les deux enfants jouant à « Est-ce que Dieu existe ? », en s’électrocutant sous le regard attendri de leur mère, la cuisine anatomique concoctée par la grand-mère et la profanation du cimetière familial le soir d’Halloween, le ton du film décalé et corrosif fait mouche ! A travers cette famille peu commune, c’est à la fois l’éloge de l’originalité et de la différence qui nous est faite, mais également la critique de la société traditionnelle américaine et de sa bien-pensance. En témoigne le spectacle sanglant des enfants, scène irrésistiblement drôle !
-L’avis de Benshi

Dounia et la Princesse d’Alep

Âgée de six ans, Dounia a passé toute son enfance à Alep, ville syrienne où elle est née. Un jour, la fillette s’inquiète quand elle apprend des rumeurs sur un prétendu conflit. Très vite, ses craintes se révèlent fondées. En effet, peu après, elle prend précipitamment la route avec sa famille après la chute d’une bombe sur leur maison…

Dans Dounia et la princesse d’Alep, nous découvrons les expériences de guerre et d’exil à travers les yeux d’une enfant de six ans. Malgré le contexte, ses peurs sont celles de nombreux enfants, la peur de perdre sa maison, de déménager, d’être victime d’injustice et bien sûr, la peur de la mort. Ce premier long métrage écrit et réalisé par Marya Zarif, avec André Kadi, est une manière pour la réalisatrice, elle-même syrienne et originaire d’Alep, de se réapproprier une partie de son enfance et de raconter la guerre à hauteur d’enfant. Réalisé entièrement sur ordinateur, le film mêle des traits et contrastes francs pour les personnages à un travail impressionniste sur le décor. La musique, inspirée des musiques traditionnelles syriennes, accompagne le récit avec grâce et Dounia, chevelure généreuse et langue bien pendue, nous entraîne dans une aventure où l’amour et l’espoir l’emportent sur toute forme de noirceur.
-L’avis de Benshi

Bird

À 12 ans, Bailey vit avec son frère Hunter et son père Bug, qui les élève seul dans un squat au nord du Kent. Bug n’a pas beaucoup de temps à leur consacrer et Bailey, qui approche de la puberté, cherche de l’attention et de l’aventure ailleurs.

Comment prendre son envol alors que tout vous en empêche ? Entre fable sociale et conte fantastique, une ode à la jeunesse et à la nature. Explosif et euphorisant.
-Télérama

Fish Tank

Mia, 15 ans, a été exclue du collège et est rejetée par ses amis. Un jour d’été, sa mère rentre à la maison en compagnie d’un inconnu, Connor, qui promet de faire leur bonheur…

D’une acuité rare, ce deuxième long métrage d’Andrea Arnold (après Red road, qui avait déjà obtenu le prix du jury à Cannes en 2006) suit à la trace les errements d’une jeune prolo anglaise à la dérive. Dans un environnement ravagé, ses seules fenêtres sur l’extérieur sont les séries de téléréalité mettant en scène de jeunes starlettes américaines écervelées, glamour de pacotille qui renforce encore la haine que voue Mia à ce et ceux qui l’entourent. Sa rage ne s’apaise que lorsqu’elle danse seule dans un appartement abandonné, hip-hop dans les oreilles. Transbahutée d’une émotion à l’autre, entre révolte et besoin de reconnaissance, elle émerge du marasme grâce à la main tendue de l’amant de sa mère (Michael Fassbender, d’une savante et troublante ambiguïté), mais reste prête à commettre le pire dès qu’elle se sent abandonnée. L’hyperréalisme de Fish tank, dans la lignée sociale du meilleur cinéma anglais, est aussi transfiguré par la caméra d’Andrea Arnold, qui rend son héroïne profondément touchante et attachante. Actrice non professionnelle découverte par la réalisatrice, Katie Jarvis apporte au film sa fraîcheur et son humanité brute. On rêve de salut, mais le chemin est semé d’embûches.
-ARTE

Des preuves d’amour

Céline attend l’arrivée de son premier enfant. Mais elle n’est pas enceinte. Dans trois mois, c’est Nadia, sa femme, qui donnera naissance à leur fille. Sous le regard de ses amis, de sa mère, et aux yeux de la loi, elle cherche sa place et sa légitimité.

« C’est ma première fois avec deux femmes. » Rien de scabreux dans cet aveu, seulement une explication à la maladresse du toubib, qui note les antécédents médicaux de sa patiente enceinte mais aussi ceux de son épouse, comme il le ferait, en somme, avec un père biologique. Inconscient de l’absurdité génétique de ses questions, le praticien, de bonne volonté, rassure le couple sur la largeur de ses idées : on voit de tout à l’hôpital, « même des alcooliques ». La scène, traitée sous un jour comique, donne une idée assez juste de ce que traversent Céline (Ella Rumpf) et Nadia (Monia Chokri) au moment d’accueillir leur enfant »

La Chambre du fils

Dans une petite ville du nord de l’Italie, Giovanni mène une vie paisible, entouré de sa femme, Paola, et de ses deux enfants déjà adolescents : Irene, l’aînée, et Andréa le cadet. Giovanni est psychanalyste. Dans son cabinet qui jouxte son appartement, ses patients lui confient leurs névroses, tandis que sa vie privée est réglée par un tissu d’habitudes : lire, écouter de la musique et s’épuiser dans de longue courses à travers la ville. Un dimanche matin, Giovanni est appelé en urgence par un patient. Il ne peut aller courir avec son fils, comme il le lui avait proposé. Andréa part plonger avec ses amis. Ils ne reviendra pas ..

Le séisme provoqué par la mort brutale d’un enfant. Moretti filme le deuil avec une pudeur et une justesse magnifiques. Bouleversant mais sans pathos.
-Télérama

Précédé du court-métrage Borekas
de Saleh Saadi | PAL | 2020 | 15 min
Un père emmène son fils à l’aéroport. La voiture tombe en panne en cours de route.

Braguino

Au milieu de la taïga sibérienne, à 700 km du moindre village, se sont installées deux familles, les Braguine et les Kiline. Aucune route ne mène là-bas. Seul un long voyage sur le fleuve Ienissei en bateau, puis en hélicoptère, permet de rejoindre Braguino. Elles y vivent en autarcie, selon leurs propres règles et principes. Au milieu du village : une barrière. Les deux familles refusent de se parler. Sur une île du fleuve, une autre communauté se construit : celle des enfants. Libre, imprévisible, farouche. Entre la crainte de l’autre, des bêtes sauvages, et la joie offerte par l’immensité de la forêt, se joue ici un conte cruel dans lequel la tension et la peur dessinent la géographie d’un conflit ancestral.

Clément Cogitore s’est enfoncé loin en Sibérie pour trouver ses personnages — la famille Braguine, qui vit depuis des décennies au fin fond de la taïga, en autarcie complète. Avec eux et le paysage, il met en scène les éléments dramaturgiques de son film : un camp choisi, celui de ceux qui vivent une vie présentée comme sobre et respectueuse de son milieu. Une frontière, la rivière, qui les sépare d’ennemis jurés, complices des « corrompus » qui viennent braconner la forêt en hélicoptères chargés de fusils. Et au milieu, une sorte d’innocence où les enfants des deux camps osent se côtoyer, faute de fraterniser. C’est un film de tranchées, d’aventure, c’est un western, et c’est la découverte d’un endroit spectaculaire et fou, où il est parfois nécessaire de dépecer un ours.
-Jérémie Jorrand Responsable de l’éditorial et de la programmation de Tënk

Tout sur ma mère

Esteban vit seul avec sa mère Manuela à Madrid. La seule chose qu’il sache de son père, c’est qu’il a joué le rôle de Kowalsky face à sa mère dans le rôle de Stella dans « Un Tramway Nommé Désir ». A la mort accidentelle de son fils, Manuela part pour Barcelone, à la recherche de ce « père » qui s’appelait aussi Esteban avant de devenir Lola.

Dans la carrière d’Almodóvar, Tout sur ma mère est le film de l’équilibre, de la maturité. Le cinéaste effectue ici une synthèse de son œuvre, peuplée de femmes « au bord de la crise de nerfs » et de créatures de la nuit, ce qui nous vaut quelques échappées comiques. Néanmoins, Almodóvar opte pour une mise en scène sobre et parfois distanciée, marquée par des scènes bouleversantes comme celle, brutale et singulière, de la mort du fils à la sortie du théâtre (hommage à Opening Night de John Cassavetes). Tout sur ma mère décrit le parcours de plusieurs femmes en mal d’amour : une mère en deuil à la recherche de la [mère] transgenre de son enfant, une actrice lesbienne en plein désarroi face à son amante accro à l’héroïne, une religieuse séropositive enceinte d’une personne transgenre… L’univers d’Almodóvar, tout sauf conformiste, est empreint de tendresse et de bonté. L’humanité qu’il montre est profondément blessée par la vie, mais au bout du compte, elle est toujours capable d’amour vrai et garde sa dignité. Si ses héroïnes souffrent de la solitude, elles sont aussi fortes, actives et indépendantes. Un grand film, tout en finesse, porté par des actrices merveilleuses.
-ARTE

Le Chant du Missouri

Les Smith, monsieur et madame, leurs quatre filles et leur fils, coulent une existence heureuse dans leur belle maison de Saint-Louis, dans le Missouri, en 1903. La plus petite, Tootie, multiplie les espiègleries. La plus grande, Rose, attend le coup de fil du garçon qu’elle n’ose pas encore présenter comme son fiancé. La plus jolie, Esther, coule de longs regards curieux par sa fenêtre vers le jeune voisin qui vient d’emménager. Tout en découpant une dinde, le père jette la consternation sur la tablée dominicale lorsqu’il annonce avoir accepté une promotion qui l’emmènera, avec toute la famille, à New York.

Splendeur visuelle, la première réalisation majeure de Vincente Minnelli est l’adaptation de courtes histoires autobiographiques de Sally Benson, scénariste de L’Ombre d’un doute d’Alfred Hitchcock, parues dans le New Yorker. Chronique familiale qui s’étend sur quatre saisons, Le Chant du Missouri restitue le regard idéalisé d’une petite fille sur le monde de son enfance. Celui d’une Amérique d’avant la Grande Dépression, d’avant les guerres, d’avant l’entrée violente dans le XXe siècle. La chatoyance des couleurs, le soin maniaque apporté aux décors et aux costumes, et le parti pris, pour une des premières fois au cinéma, d’inclure totalement les moments chantés au récit, confèrent au film l’essence d’un rêve. « There’s no place like home », disait Judy Garland dans Le Magicien d’Oz en 1939. Répétée comme un mantra, cette phrase permettait dans le film de Victor Fleming de rentrer au pays natal. Cinq ans plus tard, alors que la guerre fait toujours rage au moment de la sortie du Chant du Missouri, l’heure n’est plus au voyage initiatique. On ne rentre plus, changé, au pays natal, c’est le monde qui change, et vient jusqu’au pays natal : « C’est ici, à l’endroit même où nous vivons, juste ici à Saint-Louis », dit Esther (Judy Garland) en découvrant l’exposition universelle. Comme la jeune Tootie obsédée par la mort, le film regarde avec fascination brûler les derniers feux d’un monde rattrapé par la modernité. Le Chant du Missouri, c’est celui, funèbre, d’une Amérique de Cocagne perdue, au sein de laquelle le public, qui fit un triomphe au film, avait, en 1944, besoin de se blottir à nouveau. There’s no place like home was.
– Olivier Gonord pour La Cinémathèque française

Rocco et ses frères

Quittant leur province pauvre de Lucanie en Italie du Sud, la famille Parondi – Rosaria, la mère veuve, et ses cinq fils, Vincenzo, Simone, Rocco, Ciro et Luca – vient s’établir à Milan. Vincenzo se marie. Simone s’entraîne pour devenir boxeur. Rocco est employé dans une teinturerie. Ciro suit des cours du soir tout en travaillant pour devenir ouvrier spécialisé. L’harmonie de la famille va être perturbée par l’entrée en scène de Nadia, une jeune prostituée dont Simone et Rocco tombent tour à tour amoureux…

Visconti a conçu cette chronique comme une enquête réaliste et grouillante de vie, sur laquelle se greffe un drame lyrique qui frôle parfois le mélodrame et parfois aussi, réussit à atteindre le ton de la tragédie. À travers les méandres de ce film-fleuve, il expose toute une conception de la condition humaine, dure, cruelle, absurde, mais belle aussi et exaltante. Visconti est lucide et pessimiste mais non désespéré. Dans l’univers qu’il nous présente, la souffrance et la joie, l’amour et la haine coexistent et s’entremêlent. 

-Marcel Huret, Télérama, 26  mars 1961

Version restaurée en 4K !

Shâd Bâsh

Bâbâdjoun, mon cher papa, ça ressemble à quoi l’Iran maintenant ? Et si j’y allais ? La grande Histoire a redistribué les cartes de notre histoire personnelle ; créé des nœuds et des carences. Aller en Iran est un élan vers toi qui a tant manqué à ma vie. Mais suis-je capable d’aller dans ce pays que tu as fui ?

Dans la mémoire de mon cœur, les vers d’un poème persan que tu m’as appris : “Rien ne reste, tout passe, tout change, alors vis dans la joie”. Bâbâdjoun, saurons-nous rattraper le temps perdu avant de disparaître ?

Quelques mots sur la réalisatrice : Berlinale Talents 2026 et membres de l’IDFAcademy 2024, Hélène Rastegar est scénariste et réalisatrice de cinéma de fiction, documentaire et expérimental. Après avoir co-dirigé le festival « Chacun son Court », elle s’est formée à la résidence d’écriture d’Ardèche Images à Lussas ainsi qu’au tournage et au développement de films en pellicule. Ses films sont influencés par une double culture iranienne en perpétuelle construction, animés par des personnages féminins dont les corps portent les marques d’une lutte intérieure pour survivre et trouver leur place. Ancienne lauréate de l’Institut de l’engagement, engagée et passionnée, elle est coprésidente de la Safire, au sein de laquelle elle supervise l’atelier documentaire. Son engagement citoyen est récompensé du Prix Copernic pour le dialogue, la fraternité et la paix. Consultante pour des projets de documentaires, elle intervient également dans des classes de cinéma au lycée et à l’université, et participe en tant que lectrice à des commission de fond de soutien.