Esteban vit seul avec sa mère Manuela à Madrid. La seule chose qu'il sache de son père, c'est qu'il a joué le rôle de Kowalsky face à sa mère dans le rôle de Stella dans "Un Tramway Nommé Désir". A la mort accidentelle de son fils, Manuela part pour Barcelone, à la recherche de ce "père" qui s'appelait aussi Esteban avant de devenir Lola.
Dans la carrière d'Almodóvar, Tout sur ma mère est le film de l'équilibre, de la maturité. Le cinéaste effectue ici une synthèse de son œuvre, peuplée de femmes "au bord de la crise de nerfs" et de créatures de la nuit, ce qui nous vaut quelques échappées comiques. Néanmoins, Almodóvar opte pour une mise en scène sobre et parfois distanciée, marquée par des scènes bouleversantes comme celle, brutale et singulière, de la mort du fils à la sortie du théâtre (hommage à Opening Night de John Cassavetes). Tout sur ma mère décrit le parcours de plusieurs femmes en mal d'amour : une mère en deuil à la recherche de la [mère] transgenre de son enfant, une actrice lesbienne en plein désarroi face à son amante accro à l'héroïne, une religieuse séropositive enceinte d'une personne transgenre… L'univers d'Almodóvar, tout sauf conformiste, est empreint de tendresse et de bonté. L'humanité qu'il montre est profondément blessée par la vie, mais au bout du compte, elle est toujours capable d'amour vrai et garde sa dignité. Si ses héroïnes souffrent de la solitude, elles sont aussi fortes, actives et indépendantes. Un grand film, tout en finesse, porté par des actrices merveilleuses.
-ARTE