L’actrice Chris McNeil est inquiète au sujet de sa fillette Regan : après que l’on ait entendu des bruits curieux venant de sa chambre, la petite a changé, proférant de constantes insanités. Une force para-normale l’habite, qui coûte la vie au metteur en scène de Chris. Désespérée, cette dernière fait appel à deux exorcistes…
Un prêtre à la foi chancelante doit exorciser une adolescente possédée par Satan (Linda Blair, stupéfiante). Friedkin déploie toute sa maestria dans une mise en scène au cordeau, portée par le thème obsédant de Mike Oldfield. Derrière les scènes choc qui ont traumatisé des générations entières, l’affrontement osé entre Église et sexualité, doublé d’une parabole sur le Mal, la folie et la culpabilité.
-La Cinémathèque Française
Catégorie de film : Version restaurée
L’Anglaise et le Duc
Sous la Révolution, la vie périlleuse d’une Anglaise royaliste résidant en France et ses relations, tantôt tendres, tantôt orageuses, avec le duc d’Orléans, cousin de Louis XVI, mais acquis aux idées révolutionnaires. Elle parvient à le persuader de l’aider à sauver un proscrit, mais non à le dissuader de voter la mort du roi.
Les tableaux vivants d’Eric Rohmer mettent en scène le bouleversement révolutionnaire et défendent une haute idée du cinéma. -Le Monde
LE PLAFOND
Plus le temps passe, plus Marta ne parvient à supporter l’enfermement d’une vie subie dont elle ne semble pouvoir sortir…
« Le Plafond (Strop) est considéré par Věra Chytilová comme le point de départ de sa filmographie. Il s’agit de son film de fin d’étude réalisé en 1961. Elle y met en scène une jeune femme, Marta, dont la vie s’organise autour de son activité de mannequin. Rendez-vous chez le coiffeur, essayage de tenues, défilés s’enchaînent dans un rythme morne et sans éclat. Parfois le soir, elle retrouve Julián, un homme plus âgé qu’elle fréquente, mais qui ne semble pas la comprendre. » -Contre-Jour distribution
Accompagné du moyen-métrage Un sac de puces de la même réalisatrice.
(CZ | 1962 | VOST | 43min)
Des jeunes filles âgées de quinze à dix-huit ans vivent dans l’internat d’une usine de textile. Un conflit éclate entre elles mais aussi avec les éducatrices et la direction.
À l’image de la rébellion des jeunes pensionnaires, Vera Chytilová se rebelle par les moyens du cinéma, adoptant un style libre, direct et original. Un avant-goût de la Nouvelle Vague tchèque. »
-Les états généraux du film documentaire
Bonnie et Clyde
États-Unis, les années 1930. C’est la Grande Dépression, suite au krach boursier de 1929. Un couple d’amants criminels, Bonnie Parker et Clyde Barrow, sillonnent le pays en braquant des banques. Bientôt, l’Amérique ne parle plus que de ces hors-la-loi inexpérimentés. Certains les admirent. D’autres sont horrifiés. Quoiqu’il en soit, poursuivis par la police, ils devront bientôt faire face à leur destin…
Librement inspiré de la cavale d’un couple de gangsters pendant la Grande Dépression, Bonnie and Clyde ouvre la voie au Nouvel Hollywood, rompant définitivement les liens avec les interdits de la censure. Libéré de ses carcans, Hollywood voit débarquer une œuvre placée sous le signe de la violence, engendrée par la vision contestataire, insouciante et passionnée de deux criminels. D’une modernité sans égale, tant par son thème que par sa forme influencée par la Nouvelle Vague européenne, le fil du récit se déroule dans une cadence inouïe, jusque dans la séquence finale qui montre les derniers instants d’une implacable romance interrompue par une mort brutale et sanguinaire, jamais vue au cinéma. Tandis qu’ils agonisent, les héros entrent déjà dans la légende.
Mean Streets
Dans les rues de Little Italy, à New York, quatre aspirants malfrats vivent de combines et d’expédients clandestins. Parmi eux, Charlie traverse une crise spirituelle, se réfugiant dans la religion pour trouver la voie du pardon. Son oncle, une figure bien intégrée dans le milieu, doit lui permettre de gravir les échelons. Lorsque Charlie prend sous son aile Johnny Boy, un jeune playboy, ce dernier met en danger la stabilité du clan par son attitude sanguine et instinctive. Flirtant avec le crime, la bande est entraînée dans une spirale grandissante de violence et de rivalité…
Premier chef-d’œuvre de Martin Scorsese, Mean Streets contient toute la virtuosité qui fera la renommée du réalisateur de Taxi Driver, des Affranchis et de Shutter Island. En filmant le quotidien de petites frappes dans Little Italy, le quartier de son enfance, le cinéaste réalise son œuvre la plus personnelle et la plus viscérale. Manifeste d’une marginalité socioculturelle, le film contribue à révéler deux acteurs d’exception : Robert De Niro (Raging Bull, Casino) et Harvey Keitel (Reservoir Dogs). À la fois réaliste et tragique, rock n’roll et religieux, sauvage et sentimental, Mean Streets résume à lui seul tout le génie du cinéma de Martin Scorsese ! -Carlotta Films
Interdit aux moins de 12 ans
Bandits à Orgosolo
Au cœur de la montagne rocailleuse et désolée de Sardaigne, Michele veille sur son troupeau de moutons avec son jeune frère Giuseppe. Un jour, trois étrangers débarquent dans sa bergerie, recherchés par les carabiniers pour avoir volé des cochons. Michele va se retrouver accusé à tort du vol puis du meurtre d’un des gendarmes perpétré par l’un des malfrats. Pour échapper à la prison, le berger décide de fuir dans la montagne en compagnie de son frère et de ses bêtes…
Fasciné par la Sardaigne et ses habitants qu’il immortalisa en 1958 dans deux courts-métrages documentaires, Bergers d’Orgosolo et Une journée en Barbagie, le cinéaste Vittorio De Seta décide d’y tourner deux ans plus tard son premier long-métrage, Bandits à Orgosolo, une mise en fiction de la réalité sarde envisagée du point de vue d’un berger, Michele. À une époque où les cinéastes italiens se détournent de plus en plus du néoréalisme, De Seta revendique haut et fort l’héritage de ce courant. Les pressions politiques et économiques subies par la communauté locale, la photographie en noir et blanc et sa distribution non-professionnelle font de Bandits à Orgosolo un cousin rural du Voleur de bicyclette de Vittorio De Sica. En signant lui-même la photographie de son film, De Seta reste au plus près de son sujet. Sa mise en scène directe, sans complaisance, épouse la rudesse et l’âpreté des paysages mais rend aussi compte de leur beauté. Sublime morceau de cinéma, la fuite de Michele à travers la montagne prend des airs de parabole biblique conduite à l’unisson par l’homme, l’animal et la nature, interdépendants les uns des autres pour leur survie, qu’elle soit physique ou morale.
– Carlotta Films
Le Samouraï
Jef Costello, dit le Samouraï est un tueur à gages. Alors qu’il sort du bureau où git le cadavre de Martey, sa dernière cible, il croise la pianiste du club, Valérie. En dépit d’un bon alibi, il est suspecté du meurtre par le commissaire chargé de l’enquête. Lorsqu’elle est interrogée par celui-ci, la pianiste feint de ne pas le reconnaître. Relâché, Jeff cherche à comprendre la raison pour laquelle la jeune femme a agi de la sorte.
S’il y a quelque chose de japonais dans ce film en dehors de son titre et d’une citation en exergue tirée du Bushido, ce n’est pas dans l’intrigue qu’il faut le chercher, mais dans la mise en scène de Jean-Pierre Melville, sèche et nette comme un dessin à la plume, et dans l’interprétation hiératique d’Alain Delon. Ce sont d’ailleurs ces deux éléments qui font la qualité et l’originalité du Samouraï. L’histoire, elle, n’est qu’un prétexte et l’on n’attacherait qu’un mince intérêt aux aventures de ce tueur à gages pourchassé simultanément par la police et par ses » employeurs » si, telles que les relate Jean-Pierre Melville, ces aventures ne prenaient un accent singulièrement tragique. -Le Monde
Le bateau phare
Dans les années 1950, le capitaine d’un bateau-phare au passé douteux et en conflit avec son fils, un adolescent rebelle, recueille à son bord des gangsters en fuite.
Sans délaisser l’action et le suspense, Skolimowski signe une œuvre sombre et envoûtante, un drame profond et dérangeant qui lui ressemble énormément. Par l’impulsion qu’il donne au film au moment du tournage, par la précision avec laquelle il construit son récit, par la rigueur de sa mise en scène, il transforme un canevas très classique qui dans d’autres mains aurait donné un film d’action lambda en un récit mythique impressionnant, en une fable morale passionnante et complexe.
-DVDclassik
Pat Garrett et Billy le Kid
En 1881, au Nouveau-Mexique, dans le repaire de Fort Sumner, Pat Garrett retrouve Billy, son ancien compagnon de route, et lui annonce qu’il est devenu shérif. Pat lui recommande alors de quitter les environs, sinon il sera dans l’obligation de l’éliminer. Billy ignore son conseil. Commence alors une poursuite impitoyable entre le policier et le jeune hors-la-loi.
Après le lézard qui explose dans le prologue de The Ballad of Cable Hogue, ce sont des têtes de poules que Sam Peckinpah choisit de faire éclater en ouverture de Pat Garrett & Billy the Kid, sorti pour la première fois sur les écrans en 1973. Mais malgré cette entrée en matière on ne peut plus « peckinpesque » et la reprise d’un de ses sujets fétiches (la fin de l’Ouest mythique avec l’arrivée de la civilisation moderne – déjà traité dans The Wild Bunch[1]), Le Grand Sam livre avec Pat Garrett & Billy the Kid un film à la fois plus ambitieux et plus délicat que ses prédécesseurs.
-Frédéric Caillard pour Critikat
Quelque chose d’autre
Deux récits en parallèle, deux histoires de femmes. L’une est gymnaste professionnelle. Elle s’entraîne pour une dernière compétition internationale et doit faire face à la pression de son entraîneur et mari, et à son manque de motivation pour continuer. L’autre est une mère dévouée. Devenue progressivement frustrée face à un mari indifférent et à son fils intenable qu’elle doit élever seule, elle choisit de tromper son ennui dans une liaison adultère.
Deburau
Deburau est un mime reconnu et rencontrant un immense succès. Une de ses admiratrices, du nom de Marie, le fait succomber à son charme mais celle-ci n’est pas femme d’un seul homme… Le cœur brisé, il va consacrer sa vie à enseigner tout son art à son fils qui souhaite devenir son successeur au théâtre.
La vie en quatre actes du célèbre mime Deburau, qui succomba aux charmes de Marie Duplessis. Guitry adapte à l’écran sa pièce fétiche (créée en 1918) qui prend ici des allures de testament artistique. Son Pierrot au masque blanc fané résonne tristement avec la maladie de l’auteur-interprète, et son constat d’une vieillesse inéluctable.
-La Cinémathèque Française
Avertissement : le film comporte une scène avec un personnage en blackface – une pratique raciste malheureusement courante dans les films des années 1950 que nous condamnons naturellement. Ici utilisée pour interpréter une personne racisée et non pour la moquer, cette courte scène reflète un état de fait de l’époque mais n’est pas représentative du propos du film.
Bob le flambeur
Il y a longtemps que Bob s’est retiré des « affaires ». Il se consacre maintenant à son unique passion, le jeu. Il héberge Anne, une jeune fille fauchée. Anne tombe amoureuse de Paulo, un des fans de Bob. Après de grosses pertes au jeu, Bob décide de monter un coup pour se refaire…
Ce premier polar de Jean-Pierre Melville, tourné en solitaire avec un minimum de moyens, rompt déjà avec la tradition de la Série noire à la française. Les personnages y ont le naturel (affecté, mais nouveau) des gangsters des films américains, et l’action s’enrichit d’un regard quasiment documentaire sur Bob et son quartier — le Paris populaire aura rarement été aussi bien filmé.
– Télérama.
Pink Flamingos
Baps Johnson vit dans une roulotte avec sa mère, un ami et son propre fils. Elle a acquis une réputation qu’elle défend par tous les moyens, celle de l’être le plus répugnant des Etats-Unis ! Aussi lorsque les gens veulent lui disputer cette « palme », se rebiffe-t-elle et ce sera à qui fera le pire pour justifier cette place…
L’Amour est plus froid que la mort
Après avoir refusé de rejoindre un groupe de criminels, Franz est poursuivi par Bruno. Très vite les deux hommes se lient d’amitié et trouvent en Joanna la femme idéale. Mais se lassant trop vite de Bruno, elle le dénonce à la police…
L’Amour est plus froid que la mort est le premier film de R.W. Fassbinder. Il explore, à la manière des films noirs américains, les relations conflictuelles d’un triangle amoureux fondé sur une hypothétique confiance. Hanna Schygulla, lumineuse, incarne à la perfection la femme fatale, icône indispensable au genre représenté.
Point Break
Pour retrouver les braqueurs responsables de 26 attaques de banques, Johnny Utah, jeune inspecteur du FBI inexpérimenté et naïf, s’infiltre dans le milieu des surfeurs de Los Angeles.
Première réalisatrice oscarisée dans l’histoire du cinéma américain, Kathryn Bigelow se glisse au sein d’un gang de surfeurs dont elle filme les exploits en tout genre, de l’océan aux cambriolages, avec maestria. —-Télérama
Précédé d’un avant-programme Sur les Plages du Pacifique, issu de la Collection MIRA, Mémoire des Images Réanimées d’Alsace (1972, 3 min.)
Le Cercle Rouge
Le commissaire Mattei, de la brigade criminelle, est chargé de convoyer le détenu Vogel dans le train de nuit reliant Marseille à Paris. Malgré toutes les précautions prises, ce dernier parvient à s’évader en pleine campagne. Au même moment, un homme nommé Corey sort de prison après cinq années de détention. Il décide de se rendre à Paris car l’un des gardiens lui a parlé d’un coup à faire dans une bijouterie place Vendôme. Alors que Corey fait une halte dans un restaurant, Vogel trouve refuge dans le coffre de sa voiture. Le conducteur le repère et les deux hommes font connaissance. Ensemble, ils vont œuvrer sur le casse, bientôt rejoints par Jansen, un ancien flic devenu criminel…
A partir du Samouraï (1967), Jean-Pierre Melville place en exergue de ses films des citations qui chargent le récit d’une profondeur philosophique. Pour Le Cercle rouge, le cinéaste convoque le père du bouddhisme, Siddhartha Gautama, chef spirituel ayant vécu au VI avant J.C. « Quand des hommes, même s’ils l’ignorent, doivent se retrouver un jour, tout peut arriver à chacun d’entre eux et ils peuvent suivre des chemins divergents. Au jour dit, inéluctablement, ils seront réunis dans le cercle rouge. » C’est donc la fatalité qui recouvre d’un voile quasi religieux ce polar.