EXPEDISOUND SERIES : AFRICAN

Documentaire | 52 min. / Avec l’aimable participation d’IOT Records

CARTE BLANCHE AU DERNIER SOUFFLE / SÉANCE PRÉSENTÉE PAR LE DERNIER SOUFFLE

Le collectif d’artistes Dernier Souffle est en résidence au Cosmos depuis mercredi 23 avril. Durant cette période, iels explorent le cinéma, construisent des machines étranges et imaginent leur sortie de résidence qui aura lieu le 3 mai. Mais avant ce rendu, le cinéma leur a donné carte blanche pour 4 séances. Iels ont choisi 4 films en lien avec notre thématique Luttes sociales.

Synopsis :
Partis depuis Paris, 7 camions suréquipés d’images et de sons vont parourir plus de 10 mille kilomètres pour rejoindre Bamako. Ces beat freaks, travellers d’un nouveau genre, repoussent les frontières des raves. Leur quête : retrouver sur les pistes africaines l’esprit free-party qui soufflait aux débuts des années 90 en Europe.
Le film a fait l’objet d’une série de documentaires et de disques, appelée Expedisound et publiée sur IOT Records.

La séance sera présentée par Dernier Souffle

Tarif unique : 5 €

Alliances Terrestres

CARTE BLANCHE AU DERNIER SOUFFLE / CINÉ-DÉBAT AVEC DES MILITANT·ES AYANT PARTICIPÉ À LA LUTTE AUTOUR DE L’A69

Le collectif d’artistes Dernier Souffle est en résidence au Cosmos depuis mercredi 23 avril. Durant cette période, iels explorent le cinéma, construisent des machines étranges et imaginent leur sortie de résidence qui aura lieu le 3 mai. Mais avant ce rendu, le cinéma leur a donné carte blanche pour 4 séances. Iels ont choisi 4 films en lien avec notre thématique Luttes sociales.

Synopsis :
Ce documentaire nous plonge au cœur de la lutte locale contre l’autoroute A69, mais aussi des luttes historiques et contemporaines contre l’oppression du capitalisme. Le documentaire présente également des initiatives alternatives et des solutions concrètes. Une perspective politique émerge : celle de la subsistance, qui place la défense de la vie au centre de son engagement. Cette pensée écoféministe sera omniprésente tout au long du film.

La séance sera présentée par Dernier Souffle et suivie d’un débat avec des militant·e et zadistes ayant participé à la lutte contre l’A69

Tarif unique : 5 €

S’ils touchent à l’un d’entre nous

CARTE BLANCHE AU DERNIER SOUFFLE / CINÉ-DÉBAT AVEC RÉVOLUTION PERMANENTE

Le collectif d’artistes Dernier Souffle est en résidence au Cosmos depuis mercredi 23 avril. Durant cette période, iels explorent le cinéma, construisent des machines étranges et imaginent leur sortie de résidence qui aura lieu le 3 mai. Mais avant ce rendu, le cinéma leur a donné carte blanche pour 4 séances. Iels ont choisi 4 films en lien avec notre thématique Luttes sociales.

Synopsis :
Le film documente la lutte exemplaire et victorieuse des ouvrier·ères de la boulangerie industrielle Neuhauser, en Moselle. Cette résistance auto-organisée de plusieurs mois a permis aux grévistes d’obtenir la réintégration de leur délégué syndical Christian Porta, syndicaliste combattif et militant à Révolution Permanente, licencié illégalement par l’entreprise appartenant au géant de l’agroalimentaire InVivo en février 2024.

Révolution Permanente est une organisation politique ainsi qu’un média indépendant de la gauche révolutionnaire fondée en 2022, se revendiquant du trotskisme, et le Poing Levé son collectif de jeunesse. Les militants du Poing Levé à Strasbourg ont pu prendre part à cette lutte en se rendant sur les piquets de grève et les rassemblements de soutien mais aussi en organisant à Strasbourg même un comité de soutien créatif, qui par la vente d’affiches, a pu soutenir financièrement la caisse de grève des travailleur.euses de Neuhauser.

La séance sera présentée par Dernier Souffle et suivie d’un débat avec des membres de Révolution Permanente.

Tarif unique : 5 €

L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot

Pour la sortie de L’Enfer, BD de Nicolas Badout, adaptée du film inachevé d’Henri-Georges Clouzot, la librairie Le Tigre et Le Cosmos organisent un double-événement : dédicace au Tigre à partir de 16H00, projection du film, rencontre avec l’auteur et dédicace au Cosmos à partir de 20H15.

L’Enfer, film inachevé de Henri-Georges Clouzot était un projet énigmatique et insolite, un film qui devait être un événement cinématographique à sa sortie en 1964. Mais après 3 semaines de tournage le projet est interrompu, et les images ne seront jamais dévoilées. Les réalisateurs Serge Bromberg et Ruxandra Medrea retrouvent ces images, oubliées depuis un demi-siècle, et elles sont aussi incroyables que prévu, si ce n’est plus. Elles racontent un film unique, l’histoire d’un tournage maudit et celle d’Henri-Georges Clouzot, cinéaste de génie.
Texte de la plateforme documentaire Tënk

Séance au Cosmos suivie d’une rencontre et d’une dédicace avec l’auteur Nicolas Badout.

Tarif réduit sur présentation de la BD

En partenariat avec la Librairie Le Tigre

LES PROSTITUEES DE LYON PARLENT

SÉANCE SPÉCIALE CINÉ-DÉBAT LE VENDREDI 25 AVRIL À 19H00 : la séance sera suivie d’un échange avec des membres de la CNT STP 67 – Section TDS (Confédération Nationale du Travail – Syndicat des travailleur·euses et Précaires du 67 – Section Travail du Sexe) et du FAGs (Front d’Action Gay Strasbourg)

Les Prostituées de Lyon parlent sera précédé du court métrage Le FHAR (Front Homosexuel d’Action révolutionnaire) également réalisé par Carole Roussopoulos (FR | 1971 | 26 min.)

Au printemps 1975, quelque deux cents femmes prostituées occupent l’église Saint-Nizier à Lyon. Rieuses ou craintives face à la caméra de Carole Roussopoulos, ou dissimulées maladroitement, elles témoignent en tant que « femmes et mères » pour exiger que cesse le harcèlement policier, fiscal et social dont elles sont victimes. À l’extérieur de l’église, des moniteurs vidéo retransmettent les débats pour les passant·es, des hommes pour la plupart.

Le FHAR (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire)
En 1971, le Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) participe au défilé du 1er mai. Les images enregistrées lors de la manifestation ponctuent des extraits d’une réunion publique où sont discutées les questions soulevées par le mouvement. L’hétérosexualité normative étant le reflet de la société bourgeoise, l’homosexualité consciente représente une force révolutionnaire ! Mais, au-delà du contenu des discours, le fait même de s’exprimer publiquement est déjà un acte de libération.

En partenariat avec le FémiGouin’Fest et Aides Strasbourg

Le lendemain de la projection, le 26 avril à 14h00 place Kléber aura lieu la Marche radicale & TPG pour la visibilité lesbienne.

Tarifs habituels

WEEK END A SOCHAUX

Un film écrit, joué et rêvé par le Groupe Medvedkine de Sochaux, composé de jeunes ouvriers travaillant à la chaîne aux usines Peugeot et de techniciens du cinéma. Ce film réalisé collectivement alterne témoignages et parodies sur le fonctionnement déshumanisant de la Peuge, site de l’usine Peugeot de Franche-Comté.

Précédé du court métrage Sochaux, onze juin 1968, également du Groupe Medvedkine de Sochaux.
11 juin 68. Après vingt-deux jours de grève, la police investit les usines Peugeot à Sochaux : deux morts, cent cinquante blessés. Des témoins racontent.

Fuocoammare, par-delà Lampedusa

CETTE SÉANCE A ÉTÉ PROGRAMMÉE PAR LE LIEU DOCUMENTAIREDans le cadre du festival Arsmondo Méditerranée, Le Cosmos et l’Opéra national du Rhin proposent des projections complices, 5 films de fiction et 1 documentaire (avec Le Lieu Documentaire) sont diffusés au Cosmos. 2 ciné-débats et un atelier Jeunes publics complètent la proposition.

SYNOPSIS DU FILM :
Samuele a 12 ans et vit sur une île au milieu de la mer. Il va à l’école, adore tirer et chasser avec sa fronde. Il aime les jeux terrestres, même si tout autour de lui parle de la mer et des hommes, des femmes, des enfants qui tentent de la traverser pour rejoindre son île. Car il n’est pas sur une île comme les autres. Cette île s’appelle Lampedusa et c’est une frontière hautement symbolique de l’Europe, traversée ces 20 dernières années par des milliers de migrants en quête de liberté.

En partenariat avec Le Lieu Documentaire

Koyaanisqatsi

Sur une musique de Philip Glass se succèdent des images de nature, de vies sociales, d’individus, de paysages somptueux arrachés à la paix de la Création par des bulldozers, des brouillards de pollution…

Fruit de la collaboration entre Godfrey Reggio et Philip Glass Koyaanisqatsi: Life out of Balance (« la vie en déséquilibre », en hopi) aura été, en 1982, un véritable événement dans l’histoire des rapports entre musique et cinéma : le montage des images danse au rythme lancinant des formules mélodiques répétitives, dans l’alternance entre les visions d’une nature imposante et la folie des flux urbains.

Dernières nouvelles du cosmos

Julie Bertuccelli

FR1H252016


Cycle #28 : Faire Famille(s)Documentaire

RÉSERVATION (Cliquez sur la date pour réserver)


SÉANCE SPÉCIALE LE 27 MAI À 19H30 : ciné-débat avec la Maison de la Santé mentale de l’Eurométropole de Starsbourg
– Cette séance spéciale ne sera pas précédée par le court métrage

À bientôt 30 ans, Hélène a toujours l’air d’une adolescente. Elle est l'auteure de textes puissants à l’humour corrosif. Elle fait partie, comme elle le dit elle-même, d’un «lot mal calibré, ne rentrant nulle part». Visionnaire, sa poésie télépathe nous parle de son monde et du nôtre. Elle accompagne un metteur en scène qui adapte son œuvre au théâtre, elle dialogue avec un mathématicien… Pourtant Hélène ne peut pas parler ni tenir un stylo, elle n’a jamais appris à lire ni à écrire. C’est à ses 20 ans que sa mère découvre qu'elle peut communiquer en agençant des lettres plastifiées sur une feuille de papier. Un des nombreux mystères de celle qui se surnomme Babouillec…

Qui imaginerait une personne autiste suivre l'adaptation pour le prestigieux Festival d'Avignon de ses poèmes au plateau par un metteur en scène (Pierre Meunier), ou converser avec un mathématicien et chercheur au CNRS (Laurent Derobert) sur l'algèbre ? C'est pourtant ce que vit la poétesse Babouillec, alias Hélène Nicolas. Ne maîtrisant pas la parole – ou n'ayant pas encore trouvé, selon sa mère, la clef pour y accéder –, écrivant et lisant sans que cela lui ait été enseigné, Hélène bouscule les certitudes sur l'autisme, le handicap et nos capacités psychiques. Sa présence brute, malhabile, contraste avec la puissance radicale de sa langue, où s'exprime avec lyrisme et pointes d'humour sa propre métaphysique. Bouleversant – dans tous les sens du terme – et ponctué de ses écrits, le film dessine au plus près, en cinéma direct, le portrait émouvant d'une jeune femme, de sa présence singulière au monde à sa relation à sa mère.
-Caroline Châtelet Journaliste, critique dramatique

Précédé du court-métrage Jolie Petite histoire
de Elodie Beaumont Tarillon | FR | 2025 | 26 min

Un soir d'hiver 95, Carole fait comme Cendrillon dans la chanson : elle part, laissant derrière elle un mari violent et trois enfants. Il faut se méfier des princes charmants.

A bientôt 30 ans, Hélène a toujours l’air d’une adolescente. Elle est l’auteure de textes puissants à l’humour corrosif. Elle fait partie, comme elle le dit elle-même, d’un «lot mal calibré, ne rentrant nulle part». Visionnaire, sa poésie télépathe nous parle de son monde et du nôtre. Elle accompagne un metteur en scène qui adapte son œuvre au théâtre, elle dialogue avec un mathématicien… Pourtant Hélène ne peut pas parler ni tenir un stylo, elle n’a jamais appris à lire ni à écrire. C’est à ses 20 ans que sa mère découvre qu’elle peut communiquer en agençant des lettres plastifiées sur une feuille de papier. Un des nombreux mystères de celle qui se surnomme Babouillec…

Braguino

Clément Cogitore

FR50 min2017


Cycle #28 : Faire Famille(s)Documentaire


Au milieu de la taïga sibérienne, à 700 km du moindre village, se sont installées deux familles, les Braguine et les Kiline. Aucune route ne mène là-bas. Seul un long voyage sur le fleuve Ienissei en bateau, puis en hélicoptère, permet de rejoindre Braguino. Elles y vivent en autarcie, selon leurs propres règles et principes. Au milieu du village : une barrière. Les deux familles refusent de se parler. Sur une île du fleuve, une autre communauté se construit : celle des enfants. Libre, imprévisible, farouche. Entre la crainte de l’autre, des bêtes sauvages, et la joie offerte par l’immensité de la forêt, se joue ici un conte cruel dans lequel la tension et la peur dessinent la géographie d’un conflit ancestral.

Clément Cogitore s'est enfoncé loin en Sibérie pour trouver ses personnages — la famille Braguine, qui vit depuis des décennies au fin fond de la taïga, en autarcie complète. Avec eux et le paysage, il met en scène les éléments dramaturgiques de son film : un camp choisi, celui de ceux qui vivent une vie présentée comme sobre et respectueuse de son milieu. Une frontière, la rivière, qui les sépare d'ennemis jurés, complices des "corrompus" qui viennent braconner la forêt en hélicoptères chargés de fusils. Et au milieu, une sorte d'innocence où les enfants des deux camps osent se côtoyer, faute de fraterniser. C'est un film de tranchées, d'aventure, c'est un western, et c'est la découverte d'un endroit spectaculaire et fou, où il est parfois nécessaire de dépecer un ours.
-Jérémie Jorrand Responsable de l'éditorial et de la programmation de Tënk

Au milieu de la taïga sibérienne, à 700 km du moindre village, se sont installées 2 familles, les Braguine et les Kiline. Aucune route ne mène là-bas. Seul un long voyage sur le fleuve Ienissei en bateau, puis en hélicoptère, permet de rejoindre Braguino. Elles y vivent en autarcie, selon leurs propres règles et principes. Au milieu du village : une barrière. Les deux familles refusent de se parler. Sur une île du fleuve, une autre communauté se construit : celle des enfants. Libre, imprévisible, farouche. Entre la crainte de l’autre, des bêtes sauvages, et la joie offerte par l’immensité de la forêt, se joue ici un conte cruel dans lequel la tension et la peur dessinent la géographie d’un conflit ancestral.

Shâd Bâsh

Hélène Rastegar

FR1H192024


Cycle #28 : Faire Famille(s)DocumentaireProduction strasbourgeoise

RÉSERVATION (Cliquez sur la date pour réserver)


Bâbâdjoun, mon cher papa, ça ressemble à quoi l’Iran maintenant ? Et si j’y allais ? La grande Histoire a redistribué les cartes de notre histoire personnelle ; créé des nœuds et des carences. Aller en Iran est un élan vers toi qui a tant manqué à ma vie. Mais suis-je capable d’aller dans ce pays que tu as fui ?

Dans la mémoire de mon cœur, les vers d’un poème persan que tu m’as appris : “Rien ne reste, tout passe, tout change, alors vis dans la joie”. Bâbâdjoun, saurons-nous rattraper le temps perdu avant de disparaître ?

Quelques mots sur la réalisatrice : Berlinale Talents 2026 et membres de l'IDFAcademy 2024, Hélène Rastegar est scénariste et réalisatrice de cinéma de fiction, documentaire et expérimental. Après avoir co-dirigé le festival « Chacun son Court », elle s'est formée à la résidence d'écriture d'Ardèche Images à Lussas ainsi qu'au tournage et au développement de films en pellicule. Ses films sont influencés par une double culture iranienne en perpétuelle construction, animés par des personnages féminins dont les corps portent les marques d'une lutte intérieure pour survivre et trouver leur place. Ancienne lauréate de l'Institut de l'engagement, engagée et passionnée, elle est coprésidente de la Safire, au sein de laquelle elle supervise l'atelier documentaire. Son engagement citoyen est récompensé du Prix Copernic pour le dialogue, la fraternité et la paix. Consultante pour des projets de documentaires, elle intervient également dans des classes de cinéma au lycée et à l'université, et participe en tant que lectrice à des commission de fond de soutien.

Bâbâdjoun, mon cher papa, à quoi ressemble l’Iran maintenant ? Et si j’y allais ? La grande Histoire a redistribué les cartes de notre histoire personnelle, créant des nœuds et des lacunes. Aller en Iran serait un retour vers toi, tant absent de ma vie. Mais suis-je capable de me rendre dans ce pays que tu as quitté ? Dans la mémoire de mon cœur, résonnent les vers d’un poème persan que tu m’as enseigné : “Rien ne reste, tout passe, tout change, alors vis dans la joie”. Bâbâdjoun, saurons-nous rattraper le temps perdu avant de disparaître ?

A NOS NUITS PUNK

Wide productions présente le documentaire À nos nuits punk, réalisé par Adèle Dumour et Béatrice Dedieu, qui porte sur les lieux et les personnes qui font vivre le punk et sa philosophie à Strasbourg.

Pour nous, le punk c’était des caveaux, de la bière, de la musique trop forte et des mecs à crêtes. Il était comme figé dans les années 80. Mais, aujourd’hui le punk, ce n’est plus ça. Il s’invente dans la nuit, entre folk, rap et électro. Il déborde, lutte et s’affranchit. Et comme un secret, on nous a confié : « le punk, c’est faire autrement et sans demander la permission ». Alors c’est ce qu’on a fait. On a pris notre caméra et on a plongé dans la nuit strasbourgeoise. Comme dans un road movie documentaire, et avec une question en tête : « c’est quoi le punk aujourd’hui ? »

Une soirée portée par Wide Productions, en partenariat avec France 3 Grand Est. La projection sera suivie d’une rencontre avec l’équipe du film.

Avec le soutien de la Région Grand Est, en partenariat avec le CNC, de Strasbourg Eurométropole, en partenariat avec le CNC, de la PROCIREP – Société des Producteurs et de l’ANGOA, de La Sacem
Avec la participation du CNC

Gratuit, sur réservation sur le site du Cosmos ou en billetterie

Braguino

Au milieu de la taïga sibérienne, à 700 km du moindre village, se sont installées deux familles, les Braguine et les Kiline. Aucune route ne mène là-bas. Seul un long voyage sur le fleuve Ienissei en bateau, puis en hélicoptère, permet de rejoindre Braguino. Elles y vivent en autarcie, selon leurs propres règles et principes. Au milieu du village : une barrière. Les deux familles refusent de se parler. Sur une île du fleuve, une autre communauté se construit : celle des enfants. Libre, imprévisible, farouche. Entre la crainte de l’autre, des bêtes sauvages, et la joie offerte par l’immensité de la forêt, se joue ici un conte cruel dans lequel la tension et la peur dessinent la géographie d’un conflit ancestral.

Clément Cogitore s’est enfoncé loin en Sibérie pour trouver ses personnages — la famille Braguine, qui vit depuis des décennies au fin fond de la taïga, en autarcie complète. Avec eux et le paysage, il met en scène les éléments dramaturgiques de son film : un camp choisi, celui de ceux qui vivent une vie présentée comme sobre et respectueuse de son milieu. Une frontière, la rivière, qui les sépare d’ennemis jurés, complices des « corrompus » qui viennent braconner la forêt en hélicoptères chargés de fusils. Et au milieu, une sorte d’innocence où les enfants des deux camps osent se côtoyer, faute de fraterniser. C’est un film de tranchées, d’aventure, c’est un western, et c’est la découverte d’un endroit spectaculaire et fou, où il est parfois nécessaire de dépecer un ours.
-Jérémie Jorrand Responsable de l’éditorial et de la programmation de Tënk

Dernières nouvelles du cosmos

SÉANCE SPÉCIALE LE 27 MAI À 19H30 : ciné-débat avec la Maison de la Santé mentale de l’Eurométropole de Starsbourg
– Cette séance spéciale ne sera pas précédée par le court métrage

À bientôt 30 ans, Hélène a toujours l’air d’une adolescente. Elle est l’auteure de textes puissants à l’humour corrosif. Elle fait partie, comme elle le dit elle-même, d’un «lot mal calibré, ne rentrant nulle part». Visionnaire, sa poésie télépathe nous parle de son monde et du nôtre. Elle accompagne un metteur en scène qui adapte son œuvre au théâtre, elle dialogue avec un mathématicien… Pourtant Hélène ne peut pas parler ni tenir un stylo, elle n’a jamais appris à lire ni à écrire. C’est à ses 20 ans que sa mère découvre qu’elle peut communiquer en agençant des lettres plastifiées sur une feuille de papier. Un des nombreux mystères de celle qui se surnomme Babouillec…

Qui imaginerait une personne autiste suivre l’adaptation pour le prestigieux Festival d’Avignon de ses poèmes au plateau par un metteur en scène (Pierre Meunier), ou converser avec un mathématicien et chercheur au CNRS (Laurent Derobert) sur l’algèbre ? C’est pourtant ce que vit la poétesse Babouillec, alias Hélène Nicolas. Ne maîtrisant pas la parole – ou n’ayant pas encore trouvé, selon sa mère, la clef pour y accéder –, écrivant et lisant sans que cela lui ait été enseigné, Hélène bouscule les certitudes sur l’autisme, le handicap et nos capacités psychiques. Sa présence brute, malhabile, contraste avec la puissance radicale de sa langue, où s’exprime avec lyrisme et pointes d’humour sa propre métaphysique. Bouleversant – dans tous les sens du terme – et ponctué de ses écrits, le film dessine au plus près, en cinéma direct, le portrait émouvant d’une jeune femme, de sa présence singulière au monde à sa relation à sa mère.
-Caroline Châtelet Journaliste, critique dramatique

Précédé du court-métrage Jolie Petite histoire
de Elodie Beaumont Tarillon | FR | 2025 | 26 min

Un soir d’hiver 95, Carole fait comme Cendrillon dans la chanson : elle part, laissant derrière elle un mari violent et trois enfants. Il faut se méfier des princes charmants.

Rêver sous le capitalisme

Douze personnes racontent puis interprètent le souvenir d’un rêve de travail. Ces âmes que l’on malmène décrivent, de façon poétique et politique, leur souffrance subjective au travail. Petit à petit, les rêveurs et leurs rêves font le portrait d’un monde dominé par le capitalisme néolibéral.

A-t-on rêvé quand le bruit de la pluie se mue en pluie de pas et de voix, quand le brouhaha de la cantine laisse place au bruissement du vent dans la cour, quand un faisceau de veilleurs de nuit suggère une chorégraphie, ou quand un motif rythmique de cris des mouettes s’estompe pour laisser entendre une trace d’humanité ? Par de longues pauses entre les témoignages des rêveurs, Sophie Bruneau nous fait aussi sentir un « rêver sous le capitalisme » éveillé, au travail : une façon de dominer ses propres sens pour échapper aux pressions omniprésentes de l’ordre hiérarchique avant les cauchemars de la nuit.
– François Waledisch, Ingénieur du son