de George Cukor | US | 2H40 | 2025
A Londres, en 1912, l’éminent linguiste Henry Higgins parie avec son ami le colonel Hugh Pickering qu’il parviendra à transformer en grande dame une petite marchande de fleurs à l’accent cockney remarquée par hasard du côté de Covent Garden. Eliza, la jeune femme en question, se laisse approcher par cet universitaire plein d’autorité qui veut la débarrasser de ses manières populaires afin de lui donner un vernis mondain. A force de persévérance, elle finit par faire illusion dans les salons de la haute société. Et ce qui n’était qu’un pari vulgaire devient une tout autre histoire.
« Magnifique classique hollywoodien signé par George Cukor – grand spécialiste des figures féminines emblématiques (Une étoile est née, Gaslight) – My Fair Lady fait la part belle à Audrey Hepburn pour proposer un portrait de femme qui déjoue toutes les attentes. Plutôt qu’une reprise du mythe de Pygmalion faisant d’elle une chose en construction entre les mains du Professeur, Eliza refuse la place qu’on lui assigne, prend en main sa propre transformation et trouve sa propre voie (et voix). Si quelques répliques du Professeur ont pris des rides et nous rappellent les habitudes misogynes d’Hollywood, le film offre en réalité un propos bien en avance sur son temps : on n’est pas qui on est de naissance, on le devient – femme ou homme, professeur bourgeois ou vendeuse de rue… Cette réflexion pointue sur les privilèges de classes est aussi et surtout portée par un immense spectacle de cinéma : Technicolor, musiques et chansons, des costumes somptueux, des scènes virtuoses… Et s’il vous fallait encore une raison d’aller voir ce film : il contient l’une des (rares) scènes absolument parfaites du cinéma : la course hippique d’Ascott. Mythique. »
Séance présentée par Alma-Lïa Masson-Lacroix, chargée de la programmation et du développement des publics