Dans une petite ville du nord de l’Italie, Giovanni mène une vie paisible, entouré de sa femme, Paola, et de ses deux enfants déjà adolescents : Irene, l’aînée, et Andréa le cadet. Giovanni est psychanalyste. Dans son cabinet qui jouxte son appartement, ses patients lui confient leurs névroses, tandis que sa vie privée est réglée par un tissu d’habitudes : lire, écouter de la musique et s’épuiser dans de longue courses à travers la ville. Un dimanche matin, Giovanni est appelé en urgence par un patient. Il ne peut aller courir avec son fils, comme il le lui avait proposé. Andréa part plonger avec ses amis. Ils ne reviendra pas ..
Le séisme provoqué par la mort brutale d’un enfant. Moretti filme le deuil avec une pudeur et une justesse magnifiques. Bouleversant mais sans pathos.
-Télérama
Précédé du court-métrage Borekas
de Saleh Saadi | PAL | 2020 | 15 min
Un père emmène son fils à l’aéroport. La voiture tombe en panne en cours de route.
Céline attend l’arrivée de son premier enfant. Mais elle n’est pas enceinte. Dans trois mois, c’est Nadia, sa femme, qui donnera naissance à leur fille. Sous le regard de ses amis, de sa mère, et aux yeux de la loi, elle cherche sa place et sa légitimité.
« C’est ma première fois avec deux femmes. » Rien de scabreux dans cet aveu, seulement une explication à la maladresse du toubib, qui note les antécédents médicaux de sa patiente enceinte mais aussi ceux de son épouse, comme il le ferait, en somme, avec un père biologique. Inconscient de l’absurdité génétique de ses questions, le praticien, de bonne volonté, rassure le couple sur la largeur de ses idées : on voit de tout à l’hôpital, « même des alcooliques ». La scène, traitée sous un jour comique, donne une idée assez juste de ce que traversent Céline (Ella Rumpf) et Nadia (Monia Chokri) au moment d’accueillir leur enfant »
Mia, 15 ans, a été exclue du collège et est rejetée par ses amis. Un jour d’été, sa mère rentre à la maison en compagnie d’un inconnu, Connor, qui promet de faire leur bonheur…
D’une acuité rare, ce deuxième long métrage d’Andrea Arnold (après Red road, qui avait déjà obtenu le prix du jury à Cannes en 2006) suit à la trace les errements d’une jeune prolo anglaise à la dérive. Dans un environnement ravagé, ses seules fenêtres sur l’extérieur sont les séries de téléréalité mettant en scène de jeunes starlettes américaines écervelées, glamour de pacotille qui renforce encore la haine que voue Mia à ce et ceux qui l’entourent. Sa rage ne s’apaise que lorsqu’elle danse seule dans un appartement abandonné, hip-hop dans les oreilles. Transbahutée d’une émotion à l’autre, entre révolte et besoin de reconnaissance, elle émerge du marasme grâce à la main tendue de l’amant de sa mère (Michael Fassbender, d’une savante et troublante ambiguïté), mais reste prête à commettre le pire dès qu’elle se sent abandonnée. L’hyperréalisme de Fish tank, dans la lignée sociale du meilleur cinéma anglais, est aussi transfiguré par la caméra d’Andrea Arnold, qui rend son héroïne profondément touchante et attachante. Actrice non professionnelle découverte par la réalisatrice, Katie Jarvis apporte au film sa fraîcheur et son humanité brute. On rêve de salut, mais le chemin est semé d’embûches.
-ARTE
À 12 ans, Bailey vit avec son frère Hunter et son père Bug, qui les élève seul dans un squat au nord du Kent. Bug n’a pas beaucoup de temps à leur consacrer et Bailey, qui approche de la puberté, cherche de l’attention et de l’aventure ailleurs.
Comment prendre son envol alors que tout vous en empêche ? Entre fable sociale et conte fantastique, une ode à la jeunesse et à la nature. Explosif et euphorisant.
-Télérama
Âgée de six ans, Dounia a passé toute son enfance à Alep, ville syrienne où elle est née. Un jour, la fillette s’inquiète quand elle apprend des rumeurs sur un prétendu conflit. Très vite, ses craintes se révèlent fondées. En effet, peu après, elle prend précipitamment la route avec sa famille après la chute d’une bombe sur leur maison…
Dans Dounia et la princesse d’Alep, nous découvrons les expériences de guerre et d’exil à travers les yeux d’une enfant de six ans. Malgré le contexte, ses peurs sont celles de nombreux enfants, la peur de perdre sa maison, de déménager, d’être victime d’injustice et bien sûr, la peur de la mort. Ce premier long métrage écrit et réalisé par Marya Zarif, avec André Kadi, est une manière pour la réalisatrice, elle-même syrienne et originaire d’Alep, de se réapproprier une partie de son enfance et de raconter la guerre à hauteur d’enfant. Réalisé entièrement sur ordinateur, le film mêle des traits et contrastes francs pour les personnages à un travail impressionniste sur le décor. La musique, inspirée des musiques traditionnelles syriennes, accompagne le récit avec grâce et Dounia, chevelure généreuse et langue bien pendue, nous entraîne dans une aventure où l’amour et l’espoir l’emportent sur toute forme de noirceur.
-L’avis de Benshi
La famille Addams file des jours délicieusement malheureux dans son sinistre manoir. Alors que Gomez et Morticia cultivent leur amour du macabre, leurs deux progénitures, Mercredi et Pugsley, s’adonnent à des jeux plus morbides les uns que les autres. Il ne manque que le frère de Gomez, l’illustre Fétide disparu depuis de longues années, pour que la tribu soit enfin au complet. Le jour où celui-ci réapparaît, l’heure est aux retrouvailles mais aussi à la méfiance…
Maniant l’humour noir avec habileté, Barry Sonnenfeld livre une comédie mortellement drôle et irrévérencieuse. Entre les deux enfants jouant à « Est-ce que Dieu existe ? », en s’électrocutant sous le regard attendri de leur mère, la cuisine anatomique concoctée par la grand-mère et la profanation du cimetière familial le soir d’Halloween, le ton du film décalé et corrosif fait mouche ! A travers cette famille peu commune, c’est à la fois l’éloge de l’originalité et de la différence qui nous est faite, mais également la critique de la société traditionnelle américaine et de sa bien-pensance. En témoigne le spectacle sanglant des enfants, scène irrésistiblement drôle !
-L’avis de Benshi
Hana, une jeune étudiante de Tokyo, tombe amoureuse d’un mystérieux garçon, Ookami… Qui se révèle en réalité être un homme loup, le dernier de son espèce. Portée par son amour, Hana ne s’effraie pas pour autant. Quelques années plus tard, elle donne deux enfants à Ookami : Yuki, puis Ame. Mais à la naissance d’Ame, Ookami meurt dans des circonstances tragiques. Pleine de chagrin, mais surtout incapable de continuer à cacher ses enfants à Tokyo, Hana décide de s’installer à la montagne. Les enfants grandissent, jusqu’à, eux aussi, devoir faire un choix.
En suivant le destin – car c’est bien de destin qu’il s’agit – de Hana, la mère de Ame et Yuki – sur plusieurs années, Mamoru Hosoda livre une partition à la fois subtile et pleine de souffle. Si le mythe de l’homme loup a souvent été exploité au cinéma, ce film le traite avec un regard nouveau, que seul l’animation permet : les enfants loups, comme leur père, sont tour à tour séduisants et menaçants, en conflit avec leur nature même. Ils ne se transforment pas la nuit mais en permanence, en fonction de leurs émotions – peur, faim, colère, etc…, parfois jusqu’au bout, parfois non : ils ont alors une apparence hybride.
Une des réussites de l’animation est de parfaitement rendre cet aller-retour constant entre deux natures, qui suggère qu’elle n’est pas fracturée mais au contraire linéaire, fragile, oscillante. Par ailleurs, le film intègre le merveilleux dans un univers absolument réaliste, rendu dans ses moindres détails, des lumières de la ville jusqu’au frémissement des feuilles dans la forêt. La maîtrise technique du réalisateur est impressionnante, et le rendu de certaines séquences, notamment dans la nature, est impressionnante de précision et de justesse. Pour autant, cette maîtrise n’empêche jamais l’émotion de cette fresque intimiste. Le destin poignant des enfants et surtout de leur mère, que l’amour ne quitte jamais, est bouleversant. —-L’avis de Benshi
Du haut de ses sept ans, la jeune Olive ne rêve que d’une chose : devenir la prochaine reine de beauté. Lorsqu’elle décroche une invitation pour participer au prestigieux concours de Little Miss Sunshine en Californie, c’est toute la famille qui décide de s’envoler avec elle. Unis par leur folie, les membres de la famille vont vivre un road-trip farfelu sur les grandes routes californiennes. C’est le début d’une incroyable aventure humaine pour les Hoover !
Entre tendresse et pur vitriol, la formidable aventure d’une famille savoureusement dysfonctionnelle.
– La Cinémathèque de Toulouse
En 1945, à New York, les Corleone sont une des cinq familles de la mafia. Don Vito Corleone, « parrain » de cette famille, marie sa fille à un bookmaker. Sollozzo, « parrain » de la famille Tattaglia, propose à Don Vito une association dans le trafic de drogue, mais celui-ci refuse. Sonny, un de ses fils, y est quant à lui favorable. Afin de traiter avec Sonny, Sollozzo tente de faire tuer Don Vito, mais celui-ci en réchappe.
La fresque monumentale de Coppola : à travers l’histoire d’une famille, l’illustration de l’évolution de la mafia américaine et de ses luttes de pouvoir. Découpage millimétré, mise en scène fiévreuse et interprétation grandiose (dont un duo Brando/Pacino sidérant) composent un bal funèbre où se heurtent honneur et trahison. L’un des plus grands films du monde.
– La Cinémathèque Française