Un film écrit, joué et rêvé par le Groupe Medvedkine de Sochaux, composé de jeunes ouvriers travaillant à la chaîne aux usines Peugeot et de techniciens du cinéma. Ce film réalisé collectivement alterne témoignages et parodies sur le fonctionnement déshumanisant de la Peuge, site de l’usine Peugeot de Franche-Comté.
Précédé du court métrage Sochaux, onze juin 1968, également du Groupe Medvedkine de Sochaux.
11 juin 68. Après vingt-deux jours de grève, la police investit les usines Peugeot à Sochaux : deux morts, cent cinquante blessés. Des témoins racontent.
CETTE SÉANCE A ÉTÉ PROGRAMMÉE PAR LE LIEU DOCUMENTAIRE – Dans le cadre du festival Arsmondo Méditerranée, Le Cosmos et l’Opéra national du Rhin proposent des projections complices, 5 films de fiction et 1 documentaire (avec Le Lieu Documentaire) sont diffusés au Cosmos. 2 ciné-débats et un atelier Jeunes publics complètent la proposition.
SYNOPSIS DU FILM :
Samuele a 12 ans et vit sur une île au milieu de la mer. Il va à l’école, adore tirer et chasser avec sa fronde. Il aime les jeux terrestres, même si tout autour de lui parle de la mer et des hommes, des femmes, des enfants qui tentent de la traverser pour rejoindre son île. Car il n’est pas sur une île comme les autres. Cette île s’appelle Lampedusa et c’est une frontière hautement symbolique de l’Europe, traversée ces 20 dernières années par des milliers de migrants en quête de liberté.
En partenariat avec Le Lieu Documentaire
Les histoires individuelles et collectives dans les ateliers textiles de Zhili.
Le film donne à voir et à entendre les hommes et les femmes qui ont mené la grève ouvrière la plus emblématique de l’après 68, celle des usines LIP à Besançon. Un mouvement de lutte incroyable, qui a duré plusieurs années, mobilisé des foules entières en France et en Europe, multiplié les actions illégales sans céder à la tentation de la violence, porté la démocratie directe et l’imagination à incandescence. Des récits entrecroisés, des portraits, une histoire collective, pour essayer de comprendre pourquoi cette grève porta l’espoir et les rêves de toute une génération. C’est possible, les Lip l’ont fait.
À l’origine de cette histoire, Renaud et des copains squattent une vieille maison alsacienne abandonnée. Ils la baptisent « Maison Mimir » et décident d’en faire un lieu social, artistique et autogéré. Bien implantés dans le quartier, ils obtiennent de la mairie de Strasbourg un bail pour 20 ans. Aujourd’hui, une mise aux normes s’impose pour que la maison puisse continuer à recevoir du public. Le chantier commence, dans la maison comme dans les têtes…
Extraits
En 1971, le Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) participe au défilé du 1er mai. Les images enregistrées lors de la manifestation ponctuent des extraits d’une réunion publique où sont discutées les questions soulevées par le mouvement. L’hétérosexualité normative étant le reflet de la société bourgeoise, l’homosexualité consciente représente une force révolutionnaire ! Mais, au-delà du contenu des discours, le fait même de s’exprimer publiquement est déjà un acte de libération.
En double programme avec Les Prostituées de Lyon parlent (1975, Carole Roussopoulos)
En Colombie, les «Blancs» pensent que l’Indien d’Amazonie ne ressent rien car dans sa langue, il n’y a pas de mots pour désigner les sentiments. Est-il possible que tout un peuple ne ressente rien et n’ait aucun mot pour parler d’amour ? Le réalisateur Sergio Guataquira Sarmiento, lui-même descendant d’une communauté autochtone colombienne presque disparue, part à la rencontre des Cacuas pour parler de leurs sentiments, de leurs amours, de leur solitude. Ce faisant, il renoue avec sa propre indianité. Tout en humour et en tendresse, les Cacuas tentent de lui apprendre ce que c’est que d’être un autochtone. Cette quête initiatique est une radiographie émotionnelle de tout un peuple.
Je suis descendant des Premières Nations, mes origines viennent des Chibchas. Ils ont subi une extinction lors de la colonisation espagnole. Un jour j’ai lu un article dans El Espectador, qui traitait d’une épidémie de suicide chez ce peuple, ça m’a marqué. Ces suicides n’appartiennent pas à la culture traditionnelle, et pourtant il y a des vagues de pendus. Il y a un peuple dans la jungle qui se meurt […] À Mitù, ville occidentalisée, on stigmatise les peuples de premières nations, ils sont vus comme des sauvages qui ne ressentent rien, qui n’ont pas de sentiment. Ce film devient la radiographie d’un peuple qui semble ne rien ressentir et qui pourtant ressent trop. D’ailleurs, une radiographie, ce n’est pas en couleur, c’est en noir et blanc.
Entretien réalisé par David Hubaud 15 mars 2023
Projection suivie d’une rencontre avec le réalisateur
Séance gratuite et en entrée libre, réservation conseillée.
En 1953, Mamadou Touré réalise le film «Mouramani». Ce film est considéré comme le premier réalisé par un cinéaste africain noir francophone. Mais il reste un mystère. Personne ne sait où trouver une copie, si tant est qu’il en existe une. «Au cimetière de la pellicule» c’est la recherche de ce film. Je suis le réalisateur qui part, caméra au poing, à la recherche de «Mouramani». Au cours de mon voyage, j’essaie de découvrir ce qui est arrivé aux cinéastes, aux films et aux salles de cinéma de mon pays, autrefois pionnier du cinéma africain. «Au cimetière de la pellicule» c’est aussi un road movie. Je traverse la Guinée d’est en ouest, du nord au sud, en tournant ma caméra face à l’Histoire. Ma quête m’amène ensuite en France, aux archives du CNC, à rencontrer des spécialistes du cinéma africain, à défiler dans les rues avec une pancarte réclamant le retour de «Mouramani»… Mais le film est-il vraiment là ?
J’ai découvert le cinéma documentaire grâce au programme AfricaDoc, au début des années 2010. J’y ai trouvé une approche très intime, mais aussi très libre et très humaniste. Je n’arrive plus à m’en débarrasser, même quand je suis face à une œuvre de fiction, je pense tout de suite à l’envers du décor, comme dans un documentaire. C’est le cinéma dont j’ai besoin pour parler à la population guinéenne, mais aussi au reste du monde. Ce format est, je crois, une arme puissante contre l’obscurantisme.
– Extrait d’entretien avec le réalisateur.
Projection suivie d’une rencontre avec le réalisateur.
Séance gratuite et en entrée libre, réservation conseillée.
Au milieu de l’été, une bande d’amis décide de descendre une rivière dans un radeau de fortune. Les obstacles, physiques et vivants, qu’ils rencontrent témoignent des transformations comme des altérations des cours d’eau par les humains. Mêlant road trip et parole scientifique, le film tisse des liens entre les mondes immergés et submergés dont les prismes multiples engagent une rencontre réparatrice entre humains et non-humains.
La rivière elle-même est montrée comme agencement. Elle est une et plusieurs, mais surtout pleine des êtres qui l’habitent tout autant qu’ils la façonnent. Parmi eux, les non-humains, très souvent oubliés. Il est proposé au spectateur d’adopter momentanément leur point de vue d’une manière à la fois intelligible et sensible. La caméra nous propose de regarder sur le même plan des entités hétérogènes. L’objectif est de compenser, au moins momentanément, des inégalités, pour libérer les imaginaires et puissances d’agir. De fait, c’est presque une fiction qui nous est proposée pour engager la réflexion sur la restauration des rivières et les médiations indispensables à son succès.
– Christelle Gramaglia et Marie Lusson pour The Conversation
Précédé d’un avant-programme de 2 min proposé par MIRA, Cinémathèque régionale numérique.
Séance gratuite et en entrée libre, réservation conseillée.
“Prison Show” plonge dans la vie d’une émission de radio bénévole au Texas, unique en son genre, puisque entièrement destinée aux détenus des prisons texanes et à leurs proches. Au-delà de la simple immersion dans une radio locale, Gabriella Kessler, la réalisatrice, propose une fenêtre ouverte sur un système carcéral profondément répressif, et fait découvrir en miroir ceux qui tentent par tous les moyens, et bénévolement, de ramener un peu de lumière dans les ténèbres.
Dans le studio de la radio locale KPFT, à Houston, des bénévoles animent Prison Show, une émission créée pour les détenus de l’État du Texas. L’équipe, en grande partie constituée d’anciens prisonniers, veut amener aux condamnés le soutien et le contact avec le monde extérieur qu’ils n’ont pas. Bénévoles et invités y partagent leur expérience : comment appréhender la sortie, le regard de la société, le retour à l’emploi ? Gabriella Kessler raconte aussi l’action des bénévoles hors antenne : les manifestations contre la peine de mort, les visites de prisonniers qui n’en reçoivent parfois plus depuis trente ans, l’accompagnement de ceux qui attendent leur exécution. Riche en témoignages marquants, le documentaire dénonce avec force et émotion les effets sur les êtres d’« un système qui ne jure que par l’enfermement» et de la torture qu’est l’isolement de longue durée.
— Marie-Hélène Soenen pour Télérama
Projection suivie d’une rencontre avec la réalisatrice.
Séance gratuite et en entrée libre, réservation conseillée.