Catégorie de film : 35mm
Nénette et Boni
Boniface est pizzaiolo sur le port de Marseille. Il a rompu avec son père, Félix, depuis la mort de sa mère. Félix, marchand de luminaires, s’est occupé de sa fille, Nénette, qui a quinze ans. Un jour, celle-ci enjambe le mur du collège et débarque chez son frère qui ne veut pas la reconnaître. Elle bouscule ses mauvaises habitudes.
Il y a dans Nénette et Boni une tension qui est le vrai moteur de la fiction. Tension de l’indicible dont le moteur est une question : qui a mis enceinte Nénette ? Tension qui révèle la complexité des rapports de Boni qui a fait sienne cette déclaration de Gide « famille je vous hais », et qui est prêt à tout pour en fabriquer une avec sa soeur quand il apprend qu’elle est enceinte. Tension la détermination de Nénette, à taire son histoire. Tension le triangle composé du père, de la fille et du fils. Triangle qui ne pourra survivre que par la mort du père et sa substitution par l’enfant (le sien ?). Cette tension traverse tout le film, du cadre, aux corps des acteurs. La beauté du film tient à la capacité de Claire Denis, d’inscrire cette histoire chez des personnages en attente. Attente d’un corps sexuel et du plaisir pour Boni (la belle boulangère), attente de la libération de l’indicible pour Nénette (l’avortement), attente de retour impossible pour le père (l’effacement de la rupture avec ses enfants). Boni n’est ni pauvre ni riche et vit la liberté de la démerde. Celle chaleureuse du temps où les copains font office de famille. Il y a chez Claire Denis une jubilation d’inscrire dans le réel (la succulente scène avec l’assistante social). Marseille jamais filmée comme un décor, mais dont la présence dans le cadre raconte beaucoup de la nonchalance de Boni et de ses amis, et sur la beauté des boulangères. La présence de Marseille rajoute de la force et de la véracité à cette histoire, filmée par un regard tendu et généreux.
-Jean-Henri Roger, Cinéaste
Primer
Dans un garage de banlieue, quatre ingénieurs passent leur temps libre à travailler sur des brevets qu’ils espèrent commercialiser pour leur propre compte. Deux d’entre eux, Abe et Aaron, développent en secret une machine capable de réduire la masse des objets. Ils vont alors découvrir une capacité inattendue de ce qu’ils appellent « la boîte ». L’échelle temporelle ne serait pas la même à l’intérieur et à l’extérieur. Ils s’empressent d’en construire un modèle suffisamment grand pour en expérimenter les effets sur eux-mêmes. Il leur suffirait, ont-ils calculé, de « reculer » chaque jour de quelques heures pour manipuler leurs placements boursiers selon les données déjà publiées avant l’expérience. Très vite, ils se sentiront dépassés par ce qui leur arrive.
Avec Shane Carruth, David Sullivan, Casey Gooden…
A bout de souffle
En rebond avec la sortie du film, qui raconte le tournage d’À bout de souffle, Nouvelle Vague de Richard Linklater le 8 octobre 2025, à retrouver chez nos voisins du Star, nous vous proposons de redécouvrir le premier film de Jean-Luc Godard en projection pellicule 35mm (trop classe, non ?).
Marseille, un mardi matin. Michel Poiccard vole une voiture de l’U.S. Army et prend la route nationale en direction de Paris. Énervé par une 2CV qui n’ose pas dépasser un camion, Michel double en plein virage et se fait prendre en chasse par un motard. Paniqué, il abat le policier d’un coup de revolver et s’enfuit. Le lendemain, en arrivant à Paris, Michel retrouve une jeune étudiante américaine, Patricia, avec laquelle il a une liaison amoureuse libre. Elle veut devenir journaliste et, pour pouvoir financer ses études à la Sorbonne, vend le New York Herald Tribune sur les Champs-Élysées…
Le premier Godard est d’abord un hommage aux petits polars secs importés de Hollywood. Mais l’essentiel est ailleurs : dans « le renouvellement du style cinématographique », comme on disait dans Radio-Cinéma, l’ancêtre de Télérama. « JLG », et lui seul, marqua à ce point son territoire : montage, bande-son. Ce grand coup de neuf demeure un moment de rupture.
-Télérama
Enter the Void
Oscar et sa sœur Linda habitent depuis peu à Tokyo. Oscar survit de petits deals de drogue alors que Linda est stripteaseuse dans une boite de nuit. Un soir, lors d’une descente de police, Oscar est touché par une balle. Tandis qu’il agonise, son esprit, fidèle à la promesse faite à sa sœur de ne jamais l’abandonner, refuse de quitter le monde des vivants. Son esprit erre alors dans la ville et ses visions deviennent de plus en plus chaotiques et cauchemardesques. Passé, présent et futur se mélangent dans un maelstrom hallucinatoire.
Voyage, voyage, façon chimique et psychédélique. Éclairages stroboscopiques, caméras tremblées, aériennes et tournantes, drogue, sexe et sang. Des hallucinations et les nuits interlopes du Tokyo underground où errent les âmes flottantes.
– La Cinémathèque de Toulouse
Interdit aux moins de 16 ans.
Gomorra
On ne partage pas un empire d’une poignée de main, on le découpe au couteau. Cet empire, c’est Naples et la Campanie. Gomorrhe aux mains de la Camorra, la mafia qui sévit dans toute la région.
Adaptation du roman éponyme de Roberto Saviano, Gomorra présente cinq histoires qui s’entrecroisent dans lesquelles on comprend l’influence tentaculaire de la Camorra, une organisation mafieuse italienne, dans les provinces de Naples et de Caserte. Réalisé dans un style fébrile, le film plonge son spectateur dans la violence sanguinaire d’une mafia sans foi ni loi.
Tous public avec avertissement.
Les Infiltrés
À Boston, Frank Costello dirige la Mafia irlandaise. Il a élevé le jeune Colin Sullivan. Mais devenu adulte, Sullivan est devenu taupe dans la police…
Inspiré du polar hongkongais Infernal Affairs réalisé en 2002 par Andrew Law et Alan Mak, Les Infiltrés suit les parcours de deux jeunes adultes, un mafieux et un policier, le premier infiltré dans la police de Boston, l’autre dans la mafia irlandaise. D’une heure de plus que sa référence matricielle, le film, thriller stylisé à l’intrigue implacable, est pourtant davantage une étude de caractères, ceux des personnages et de la société dans laquelle ils évoluent. – Matthieu Grimault pour la Cinémathèque Française
Tous publics avec avertissement : Certaines scènes peuvent être de nature à heurter la sensibilité des jeunes spectateur·ices.
Ce film vous est proposé en version pellicule 35mm.
Harakiri
Au XVIIe siècle, le Japon n’est plus en guerre et le pays est dirigé avec fermeté. Hanshirô Tsugumo, un rônin sans travail parmi tant d’autres, décide de frapper à la porte du puissant clan des Ii. Reçu par Kageyu Saitô, l’intendant du clan, il lui demande la permission d’accomplir le suicide par harakiri dans la résidence. Tentant de l’en dissuader, Saitô commence alors à lui raconter l’histoire de Motome Chijiwa, un ancien rônin qui souhaitait accomplir, lui aussi, le même rituel.
Avant d’être un remake réalisé par Takashi Miike en 2011, Harakiri est un magnifique film de sabre de Masaki Kobayashi primé au Festival de Cannes en 1963. Un chambara qui s’appuie sur le bushido (le code d’honneur des samouraïs) pour interroger le sens de l’honneur : un esprit ou une règle ? Pour cela, dans le Japon pacifié du XVIIe siècle, un ronin (samouraï sans maître) demande à un seigneur la permission de se faire harakiri dans la cour de son clan. Mais avant de s’ouvrir le ventre selon le rituel, il a une histoire à raconter… Un film qui a marqué l’histoire du genre, notamment pour son duel final, mais surtout pour sa scène d’harakiri avec un sabre en bambou.
-La Cinémathèque de Toulouse
Ce film vous est proposé en version pellicule 35mm !
Nénette et Boni
Claire Denis
FR1H432022
Cycle #28 : Faire Famille(s)Claire Denis35mm
RÉSERVATION (Cliquez sur la date pour réserver)
- Grande salle
Boniface est pizzaiolo sur le port de Marseille. Il a rompu avec son père, Félix, depuis la mort de sa mère. Félix, marchand de luminaires, s'est occupé de sa fille, Nénette, qui a quinze ans. Un jour, celle-ci enjambe le mur du collège et débarque chez son frère qui ne veut pas la reconnaître. Elle bouscule ses mauvaises habitudes.
Il y a dans Nénette et Boni une tension qui est le vrai moteur de la fiction. Tension de l'indicible dont le moteur est une question : qui a mis enceinte Nénette ? Tension qui révèle la complexité des rapports de Boni qui a fait sienne cette déclaration de Gide "famille je vous hais", et qui est prêt à tout pour en fabriquer une avec sa soeur quand il apprend qu'elle est enceinte. Tension la détermination de Nénette, à taire son histoire. Tension le triangle composé du père, de la fille et du fils. Triangle qui ne pourra survivre que par la mort du père et sa substitution par l'enfant (le sien ?). Cette tension traverse tout le film, du cadre, aux corps des acteurs. La beauté du film tient à la capacité de Claire Denis, d'inscrire cette histoire chez des personnages en attente. Attente d'un corps sexuel et du plaisir pour Boni (la belle boulangère), attente de la libération de l'indicible pour Nénette (l'avortement), attente de retour impossible pour le père (l'effacement de la rupture avec ses enfants). Boni n'est ni pauvre ni riche et vit la liberté de la démerde. Celle chaleureuse du temps où les copains font office de famille. Il y a chez Claire Denis une jubilation d'inscrire dans le réel (la succulente scène avec l'assistante social). Marseille jamais filmée comme un décor, mais dont la présence dans le cadre raconte beaucoup de la nonchalance de Boni et de ses amis, et sur la beauté des boulangères. La présence de Marseille rajoute de la force et de la véracité à cette histoire, filmée par un regard tendu et généreux.
-Jean-Henri Roger, Cinéaste
Boniface est pizzaiolo sur le port de Marseille. Il a rompu avec son père, Félix, depuis la mort de sa mère. Félix, marchand de luminaires, s’est occupé de sa fille, Nénette, qui a quinze ans. Un jour, celle-ci enjambe le mur du collège et débarque chez son frère qui ne veut pas la reconnaître. Elle bouscule ses mauvaises habitudes.