Bacurau

Juliano Dornelles, Kleber Mendonça Filho

FR2H112022


Cycle #24 Brigandes & Bandits !

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Le village de Bacurau dans le sertão brésilien fait le deuil de sa matriarche Carmelita qui s’est éteinte à 94 ans. Quelques jours plus tard, les habitants remarquent que Bacurau a disparu de la carte.

Bacurau mélange la chronique néoréaliste, le western, le film de survie… et la fable dystopique. Les cinéastes représentent habilement la corruption, le manque d’eau, la ghettoïsation de régions entières, les nouvelles formes de colonisation des pays dominants. Leur clairvoyance politique est associée à un imaginaire fort. Des figures inattendues peuplent cette guerre ouverte, terriblement proche du safari, où la violence va crescendo. À Bacurau, comme chez Astérix, on trouve aussi une potion magique : des psychotropes puissants, gobés par tous les habitants. Pour à la fois s’échapper et résister à l’horreur environnante. - Télérama

Dans un futur proche… Le village de Bacurau dans le sertão brésilien fait le deuil de sa matriarche Carmelita qui s’est éteinte à 94 ans. Quelques jours plus tard, les habitants remarquent que Bacurau a disparu de la carte.

A Rifle and a Bag

Arya Rothe, Isabella Rinaldi, Cristina Haneș

IN1H292020


Cycle #24 Brigandes & Bandits !Documentaire

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Après avoir quitté la rébellion naxalite, encore active à l’est de l’Inde, Somi et son mari vivent avec leurs deux enfants en bas âge dans un camp installé par le gouvernement, en vue de leur réintégration. Mais l’organisation sociale qu’ils ont combattue les armes à la main fait semblant de leur offrir un avenir et une rédemption.

Implantés dans l’est de la péninsule, les Naxalites luttent depuis la fin des années 1960 pour les droits des "tribaux" et des "dalits" (hors-castes) qui représentent le quart de la population indienne et vivent dans une extrême pauvreté. Pour New Dehli, ils constituent la plus grande menace sur la sécurité intérieure du pays, conjurée par une politique de "pardon", en échange de leur reddition. Somi attend un nouvel enfant. Avec son mari, elle a déposé son fusil pour vivre dans un camp aux côtés d’autres repentis, et offrir à leur aîné, Dadu, l’éducation qu’ils n’ont pas reçue. En immersion, Arya Rothe, Isabella Rinaldi et Cristina Hanes ont filmé sur une longue période leur parcours d’ex-combattants. Car les époux se trouvent dans une situation presque inextricable. Le "pardon" gouvernemental se limite à l’incessante mise en cause d’un passé avec lequel ils essayent de rompre, compliqué de surcroît par une bureaucratie tatillonne. "A Rifle and a Bag" montre avec finesse les ressorts d’une introuvable réinsertion au sein d’une organisation sociale rigide, dont Somi et sa famille se retrouvent otages. Emmanuel Chicon Programmateur à Visions du Réel, membre du collectif Sans Canal Fixe (Tours)

Après avoir quitté la rébellion naxalite, encore active à l’est de l’Inde, Somi et son mari vivent avec leurs deux enfants en bas âge dans un camp installé par le gouvernement, en vue de leur réintégration. Mais l’organisation sociale qu’ils ont combattue les armes à la main fait semblant de leur offrir un avenir et une rédemption.

Rodeo

Lola Quivoron

FR1H462022


Cycle #24 Brigandes & Bandits !

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Julia est une jeune fille qui vit de petites combines et est obsédée par la pratique de la moto. Un jour d'été, elle rencontre une bande de cross-motards et commence à s'incruster dans cette dernière. Cependant, un accident commence à fragiliser sa relation avec la bande…

« Putain, j’ai l’impression que j’ai pris un shoot avec ta moto ! » Une phrase du film. Celle qui décrit le mieux la sensation que Julia éprouve lorsqu’elle s’élance à toute berzingue, fougue au vent, sur ses bécanes volées. Trucs et astuces bien fourrés dans son sac pour truander le moindre gus flanqué d’une moto à vendre – jusqu’aux casses ultimes –, solitaire mais jamais sur le bord de la route, elle fonce, animale, se carrant bien du moindre code et surtout de celui imposé par une bande de motards bien obligée de se ranger à sa fougue. D’un naturel désarmant, presque naïf, Julia impose son style : les conventions, bâtard, c’est pour l’ancien monde. Un western en roues levées, flirtant avec le fantastique… c’est dingue ce qu’on peut faire quand on envoie valdinguer les genres…  Cette animalité, chevillée à une propension dingue pour la liberté, justement, ça nous a explosé à la tronche. On a rarement ressenti ça : agrippant limite les bras du siège de la salle de cinéma quand la gomme des pneus frotte sur le bitume, ressentant le plaisir de la ride jusqu’au fin fond des tripes, jouissant des rugissements des moteurs comme de la bande originale larguant des litres de basses au gramme près. La précision des plans, la précision du jeu – brut et donné par une majorité de non-professionnel·les –, la précision à décrire (sans vraiment le faire, c’est là le génie) ce que la rivalité et la virilité viennent voler au reste, ouais, ça nous a scié. Putain, Lola Quivoron, on a pris un shoot avec ton film. 
-Cécile Becker, directrice et membre du conseil de programmation du Cosmos.

Séances précédées du court métrage In Der Luft de Guillaume Erbs
(FR | 2024 | 25min)
Au cœur de Sarreguemines, une cite faïencière franco allemande… Hugo vit l’été de ses 15 ans entre la gare et les friches industrielles de la ville. Quand il n’est pas sur sa moto, il trompe son manque d’assurance en s’improvisant leader de son trio de copains. Aujourd’hui, il vient de mettre la main sur un authentique pistolet : c’est l’occasion ou jamais de prouver sa valeur auprès des adultes de la zone commerciale. Dans ce monde ou règnent les roues arrières, la chicha a l’alcool et le tabac pas cher, Hugo va devoir mener le braquage d’une station-service de l’autre côté de la frontière… ne sachant pas parler un seul mot d’allemand !

Julia vit de petites combines et voue une passion dévorante, presque animale, à la pratique de la moto. Un jour d’été, elle fait la rencontre d’une bande de motards adeptes du cross-bitume et infiltre ce milieu clandestin, constitué majoritairement de jeunes hommes. Avant qu’un accident ne fragilise sa position au sein de la bande…

Trans Memoria

Victoria Verseau

FR1H102025


Sortie nationale

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Victoria remonte le temps pour comprendre ce qui la définit en tant que femme et se confronte alors au deuil de son amie Meril. Le film devient un espace pour partager sa douleur et les souvenirs de son opération avec Athena et Aamina, elles-mêmes au début de leur propre parcours chirurgical. En retournant en Thaïlande, elles partent à la recherche des fantômes du passé et d’un futur meilleur.

Difficile de trouver les mots justes devant ce film sans utiliser le « je ». Une fois n’est pas coutume. J’ai découvert ce film au festival EntreVues à Belfort, sans être préparée à ce que j’allais voir, uniquement guidée par cette nécessité : un documentaire écrit et réalisé par une personne concernée sur des sujets peu montrés sur grand écran – c’est encore trop rare. Car Victoria Verseau réalise ici un film sur son parcours de réassignation sexuelle et le suicide d’une de ses amies, Meril – une personne transfem. Elle revient sur les lieux qui ont scellé leur amitié : un hôtel thaïlandais où elles ont toutes les deux vécu ce moment décisif, et est accompagnée par deux de ses amies qui entament, elles, leur propre parcours chirurgical. Et de chirurgical, il y a tout : les natures mortes filmées avec distance qui racontent l’inconnu, les choses qu’on laisse advenir et celles qu’on laisse pourrir sur le côté ; l’espace froid, glacial même, vide et déshumanisé ; les paysages désolés ; ses archives personnelles, en selfie, où la réalisatrice se retrouve face à elle-même (glaçant). Victoria se raconte (de manière très explicite), montre les traces qu’elle a accumulées au cours de son hospitalisation, parle de cette amie morte en cherchant à comprendre son geste, en rassemblant des indices sur son histoire et sa disparition – le traitement de la société à l’encontre des personnes trans étant l’une des causes directes. Ce n’est pas un film léger (le monde réservé aux personnes minorisées l’est-il ?) Il est probable que vous restiez collé·es à votre siège. Il est probable que vous vous interrogiez. Et c’est là donc, toute la nécessité de ce film.
L’avis du GNCR (Groupement national des cinémas de recherche)
Cécile Becker – membre du Conseil d’administration du GNCR

⚠ TW : le film contient des scènes explicites revenant sur la chirurgie de réassignation vécue par la réalisatrice. Ces images peuvent être éprouvantes pour certaines personnes. De plus, la réalisatrice évoque une histoire personnelle relative au suicide.

La séance du 25.11 à 20H30 sera présentée et suivie d’un débat avec les membres de l’OST (Organisation Solidarité Trans) dans le cadre du ciné-club Les Écrans Transpédégouines. Plus d'informations ici.

En réalisant son rêve – celui de devenir femme – Victoria se confronte au deuil de son amie Meril. Elle réalise que la seule facon d’avancer c’est de revenir en arrière. Avec Athena et Aamina, qui initient leurs propres parcours de transition, Victoria retourne en Thaïlande à la recherche des fantômes du passé et d’un futur meilleur.