Anselmi, réalisateur, ne parvient pas à terminer son film. Dans la station thermale où il s'est isolé, son épouse Louisa, sa maîtresse Carla, ses amis, ses acteurs, ses collaborateurs et son producteur viennent lui rendre visite, pour qu'enfin soit réalisé le film sur lequel il doit travailler. Il se réfugie dans de longs rêves dans lesquels il rencontre notamment son père et sa mère morts.
« Au moment du tournage de 8½, il m'arriva une chose que je redoutais depuis longtemps. Je fus victime d'un blocage, comme les écrivains en ont parfois devant leur page blanche. » Le blocage de Fellini devint le sujet même du film. Les angoisses d'un cinéaste en mal d'inspiration et en mal de vivre tout court. Guido/Mastroianni, double notoire arborant tous les attributs felliniens (manteau noir, écharpe et Borsalino), se laisse porter par le souffle du vent à travers les fantasmes et les rêves du passé, jusqu'à la farandole finale, d'une beauté infinie, indissociable du thème légendaire de la fanfare de Nino Rota. Et Fellini devint définitivement Fellini… Trois ans après le triomphe de La dolce vita (succès commercial et critique, Grand Prix à Cannes), le maestro se libère d'une certaine pesanteur psychologique et largue les amarres, au propre comme au figuré, pour filmer ses fantasmes, complètement désinhibé et fouet en main. Autour de Marcello Mastroianni en double idéalisé, il réunit le plus brillant casting féminin de l'histoire du cinéma italien : Anouk Aimée, Claudia Cardinale, Sandra Milo, Barbara Steele.
— Frédéric Bonnaud pour la Cinémathèque Française