La Bête aveugle

Un sculpteur aveugle enlève et séquestre dans son atelier un modèle pour la soumettre à l’empire des sens afin qu’elle devienne une statue idéale. Comprenant après plusieurs vaines tentatives qu’elle ne pourra fuir ce cauchemar, la victime est peu à peu attendrie et envoûtée par son bourreau…

Adapté d’un roman d’Edogawa Rampo, La Bête aveugle est d’une invention perpétuelle et une expérience hallucinante pour qui voit le film. Le fétichisme, l’exaltation du toucher, le plaisir dans la souffrance deviennent autant les éléments d’un manifeste esthétique que d’un drame sexuel.
– Jean-François Rauger pour Le Monde

La Femme du docteur Hanaoka

Tandis que son mari, Seishu, poursuit dans une autre ville ses études de médecine, Kae vit auprès de sa belle-mère pour laquelle elle a une grande admiration. Devenu médecin et revenu chez lui, Seishu fait des recherches en matière d’anesthésie. Entre Kae et sa belle-mère, l’hostilité a remplacé l’amitié : chacune demande à Seishu d’essayer sur elle l’anesthésique qu’il a découvert. Kae perd la vue à la suite de cette expérience, mais les travaux de Seishu sont finalement couronnés de succès. Après la mort de sa belle-mère, Kae achèvera paisiblement ses jours auprès de son mari.


L’Ange rouge

En 1939, pendant la guerre sino-japonaise, l’infirmière Sakura travaille dans un hôpital en soignant des soldats blessés. Un soir, elle se fait agresser par un groupe d’hommes repartant au front le lendemain. Quelque temps après elle retrouve l’un de ses agresseurs dans un hôpital de campagne. Elle convertira sa vengeance en pitié et cherchera à soulager les malades par tous les moyens…

Aucun film ne se sera aventuré comme L’Ange rouge (1966) aussi loin dans la profanation et la désacralisation du corps humain, dans cette conscience-limite, propre au xxe siècle, où il n’est plus perçu comme entité, mais comme quantité : une matière à la découpe. La guerre est évidemment le terrain privilégié où cette conscience se manifeste, et c’est au tournant du conflit sino-japonais, en 1939, l’invasion de la Mandchourie étant montrée ici comme un point de non-retour, que prend place ce film effarant, ce véritable « voyage au bout de la nuit » (Jacques Lourcelles parle à son sujet de Céline et de Goya), du grand Yasuzo Masumura, chaînon entre le cinéma de studio et l’esprit de la nouvelle vague japonaise.
-Les Cahiers du Cinéma

Tatouage

La jeune Otsuya et son amant Shinsuke fuient la maison familiale pour vivre leur amour et trouvent refuge chez Gonji, un escroc qui se prétend être leur ami mais il les trahit. Il vend la jeune fille au tenancier d’une maison de geishas qui fait tatouer sur le dos d’Otsuya une araignée à tête humaine dans le but de briser sa volonté. Le contraire se produit et le tatouage métamorphose Otsuya. Elle devient une geisha sans scrupule et extermine les hommes qui ont fait son malheur. Manipulatrice et sanguinaire, elle semble possédée par l’araignée gravée sur sa peau…

Tatouage, qui lorgne avec ironie du côté du conte moral, balance entre une fascinante démonstration d’imaginaire morbide autour de la sensualité et une dénonciation de l’intolérable dépendance de la condition féminine.
– Claudine Le Pallec Marand pour Critikat

La Femme de Seisaku

À la mort du vieillard dont elle était la concubine, une jeune femme retourne dans sa famille, pourvue d’un important héritage.

Ce qui frappe très vite le spectateur, abruptement confronté à l’univers de Masumura, c’est la virulence, l’absence de mesure employée dans la description de la société japonaise et des relations entre les individus. L’héroïne est ici doublement rejetée, d’abord en raison de son appartenance à une classe sociale considérée comme inférieure, ensuite parce qu’elle est présumée dénuée de moralité, guidée soit par l’appât du gain, soit par un appétit sexuel indicible. Et surtout parce que les autres projettent sur elle une jouissance dont ils se sentent exclus.

Passion

Sonoko, mariée à un grand avocat, s’ennuie et décide de prendre des cours de dessin. Elle rencontre Mitsuko, un modèle, qui devient son amante.

Passion, adapté d’un roman de Junichiro Tanizaki, est le récit de la relation qui unit deux femmes. Sonoko, l’épouse d’un avocat, rencontre, durant des cours de dessin auxquels elle s’est inscrite, la jeune Mitsuko. Obsédée par la beauté de la jeune femme, elle en fait son amante. La relation qui unit les deux personnages va provoquer des turbulences qui emporteront le fiancé de Mitsuko, impuissant et maître chanteur, et le mari de Sonoko, qui va lui-même succomber au charme de Mitsuko. Ce quatuor érotique va livrer sous nos yeux toutes sortes de variations. Comment exiger un amour exclusif ? Comment faire mine de céder pour tout obtenir ?
– Jean-François Rauger, Le Monde