Une horticultrice écossaise spécialisée dans les orchidées rend visite à sa sœur malade, à Bogota en Colombie. Au cours de son séjour, elle se lie d’amitié avec une archéologue française, en charge du suivi d’un projet de construction, et avec un jeune musicien local. Chaque nuit, elle est dérangée par des détonations de plus en plus fortes qui l’empêchent de dormir…
Grand prix à Cannes, le dernier long métrage du réalisateur thaïlandais est une formidable expérience sonore et visuelle dans une Colombie filmée comme un rêve éveillé. -Libération
Osborne Cox est un analyste à la CIA en difficulté. Sa femme, Katie, s’adonne peu à la compassion. Harry Pfarrer est un marshal fédéral assez porté sur le sexe. Linda Litzke et Chad Feldheimer sont employés du club de remise en forme Hardbodies Fitness. Et ils vont découvrir un CD appartenant à Osborne Cox, ce qui ne rassure pas le directeur de la salle de sport, Ted Treffon, qui est amoureux de Linda. Tout ce petit monde va se trouver mêlé pour des aventures trépidantes au cœur de quelques maux de la société américaine…
L’idiotie n’exclut pas une certaine finesse : La preuve dans cette comédie d’espionnage, qui confronte avec une bonne dose d’absurde le monde de la CIA et celui d’un club de fitness.
-Télérama
Alithea Binnie, bien que satisfaite par sa vie, porte un regard sceptique sur le monde. Un jour, elle rencontre un génie qui lui propose d’exaucer trois vœux en échange de sa liberté. Mais Alithea est bien trop érudite pour ignorer que, dans les contes, les histoires de vœux se terminent mal. Il plaide alors sa cause en lui racontant son passé extraordinaire. Séduite par ses récits, elle finit par formuler un vœu des plus surprenants…
Un film présenté par George Miller lui-même comme un anti-Mad Max. Avec Trois mille ans à t’attendre, le cinéaste semble s’accorder une pause bien méritée en bord de route, tout en signant l’un des blockbusters les plus singuliers de ces dernières années. Un de ces films qui semblent inépuisables tant ils passionnent sur le fond comme sur la forme. Dans une chambre d’hôtel, le face-à-face entre une narratologue et un djinn libéré du flacon dans lequel il était prisonnier. Et, à travers eux, la question de la croyance dans les histoires qu’on se raconte pour surmonter la grisaille du quotidien. -La Cinémathèque de Toulouse
Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve, son amante, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable. Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux ?
Vampires de leur état, ces deux amants-là (Tilda Swinton et Tom Hiddleston) ont l’éternité devant eux. En jouant avec les codes du genre, Jim Jarmusch signe un film d’amour anticonformiste de toute beauté.
-Télérama
Maloin mène une vie simple et sans but, aux confins de la mer infinie; c’est à peine s’il remarque le monde qui l’entoure. Il a déjà accepté la longue et inévitable détérioration de sa vie, et son immense solitude. Lorsqu’il devient témoin d’un meurtre, sa vie bascule et le voilà confronté au péché, à la morale, au châtiment, écartelé à la frontière de l’innocence et de la complicité. Et cet état de scepticisme l’entraîne sur le chemin de la réflexion, sur la signification de la vie et du sens de l’existence.
L’Homme de Londres est un film miraculé, repris au néant où aurait dû le plonger le suicide en cours de route de son coproducteur Humbert Balsan et l’interruption de deux ans qui s’ensuivit. Avant-dernier film de Béla Tarr, il est aussi le plus singulièrement déterritorialisé, celui dont le jeu de références croisées brouille le plus la carte géographique. Adaptée d’un roman de Simenon, son intrigue criminelle est transposée de Normandie en Corse, refondue dans la prose saturnienne du scénariste László Krasznahorkai, et interprétée par un casting international, doublé par des voix françaises et anglaises (dont celle, grésillante, de Michael Lonsdale). Tournée dans le vieux port de Bastia, cette fable désenchantée et « nocturne » en noir et blanc repose sur son décor composite et hors du temps, qui contient tout le drame, à partir duquel le cinéaste construit une fascinante mise en scène panoptique. Maloin, veilleur portuaire, assiste à un meurtre dont il récupère le butin, sans pouvoir se défaire ensuite de la présence furtive du criminel traqué, auquel s’attache une mauvaise conscience diffuse. En vingt-huit plans-séquences, Béla Tarr décrit non seulement les répercussions affectives de cet acte (une série de dérèglements dans une quotidienneté maussade), mais surtout l’identification secrète entre les deux hommes, qui se retrouvent sur le terrain de la proscription. Entre eux passe en effet quelque chose : une malédiction, qui n’est jamais pour Béla Tarr que l’autre nom de la condition humaine.
– Mathieu Macheret
En 1610, Michelangelo Merisi se meurt dans une petite chambre d’une ville toscane. Il a 37 ans et ses contemporains, comme plus tard l’Histoire, le connaissent sous le nom du Caravaggio. Grand peintre, maître des lumières, amant dévoyé et voyou caractériel, il se souvient de sa vie mouvementée.
Cinquième film de Derek Jarman, Caravaggio est une œuvre fondamentale de sa filmographie. Le réalisateur était jusque-là un artiste associé au milieu underground, réservé aux initiés. Caravaggio va amener un équilibre plus accessible à l’approche arty de Jarman, et rencontrer une audience plus grande grâce à l’Ours d’Argent qu’il va remporter au Festival de Berlin.
Séances précédées du court-métrage La Voix Humaine de Pedro Almodóvar (ES | 2021 | 30min)
Une femme regarde le temps passer à côté des valises de son ex-amant (qui est censé venir les chercher, mais n’arrive jamais) et d’un chien agité qui ne comprend pas que son maître l’ait abandonné. Deux êtres vivants face à l’abandon.