Sailor et Lula, deux jeunes amoureux, fuient Marietta, la mère de la jeune fille qui s’oppose à leurs amours, ainsi que toute une série de personnages dangereux et mystérieux qui les menacent. L’amour triomphera-t-il de la violence qui les entoure ?
Rétrospective : Nicolas Cage
Arizona Junior
Hi, impénitent cambrioleur de supermarchés, passe beaucoup de temps dans la prison de Tempe en Arizona. Il y rencontre un jour Ed, policière, dont il tombe éperdument amoureux. Terminé les braquages, il se marie et part pour l’usine qui ressemble somme toute à la prison. Hi et Ed voudraient un enfant mais Ed est stérile. Or un jour des quintuplés font la une de la presse locale. Hi et Ed décident d’en voler un. Sur cinq, cela ne se verra pas trop…
« Une cavalcade jouissive dans une Amérique profonde repeinte aux couleurs du cartoon. Une abracadabrante histoire de couple stérile qui kidnappe un bébé afin de vivre son rêve et qui ne va pas tarder à virer au cauchemar burlesque. Un film d’une énergie folle jalonné de gags de plus en plus absurdes et émaillé de croustillants seconds rôles. Deux bandits crasseux qui s’improvisent nounous et un méchant motard tout droit sorti de Mad Max ! Arizona Junior, ou l’art et la manière de maîtriser une sortie de route aussi candide qu’inattendue. » -La Cinémathèque de Toulouse
Birdy
Malgré leurs différences, Al et Birdy sont devenus inséparables. Dans leur banlieue défavorisée de Philadelphie, Al, sportif, exubérant et populaire, ne pense qu’à séduire les filles, quand Birdy, réservé et étrange aux yeux des autres, voue une admiration sans bornes aux oiseaux… Mais la guerre a mis fin au temps de l’insouciance et les deux amis ont vécu le traumatisme du Viêt Nam. Revenu défiguré, Al est appelé à l’hôpital militaire pour aider Birdy : totalement mutique, il semble persuadé d’être une créature pouvant voler…
Ode à la liberté construite en flashbacks, Birdy évoque plus largement la perte de l’innocence. Film phare de sa génération, ce grand manifeste humaniste s’est vu décerner le Grand Prix du jury à Cannes. «Birdy n’est pas un film sur la folie. C’est un film sur une obsession. Les garçons ne sont pas fous, c’est le monde autour d’eux qui est fou. Et le psychiatre, bien sûr, est le méchant. Il est l’autorité aveugle, l’esprit des institutions (…). Birdy n’est pas un film sur la guerre. C’est un film sur toutes les guerres» (Alan Parker).
–La Cinémathèque Suisse
Leaving Las Vegas
Ben, scénariste alcoolique, décide de partir à Las Vegas après s’être fait licencier par la maison de production pour laquelle il travaillait. Il se donne quatre semaines pour boire jusqu’à en mourir et s’installe pour cela dans un petit hôtel miteux à proximité des bars qui ne ferment jamais. Il rencontre Sera, une jeune prostituée dont il tombe amoureux.
Avec Leaving Las Vegas, le cinéaste britannique Mike Figgis adapte un roman autobiographique de John O’Brien pour proposer un drame déchirant, porté par une bande originale principalement composée par le réalisateur lui-même. Le film a par ailleurs fait date en raison de la performance tout en nuances de Nicolas Cage, qui se voit récompensé par l’Oscar du meilleur acteur en 1996 pour ce rôle.
Adaptation
Le scénariste Charlie Kaufman est rongé par le doute. Engagé pour adapter à l’écran un livre tiré de la vie de John Laroche, chasseur et trafiquant d’orchidées dans les Everglades, il est totalement bloqué. Comme Susan Orlean, la brillante journaliste new-yorkaise qui a rédigé le roman, Charlie est incapable de vivre une véritable histoire d’amour.
C’est une fiction sur une fiction en train de s’écrire, qui slalome entre le réel qui se dérobe et l’imaginaire qui transfigure, et disjoncte sans cesse. « Un film qui impose au spectateur ce qu’il faut penser est un film mort », soutient le réalisateur. Une œuvre bien vivante, virtuose et aléatoire.
Jean-Claude Loiseau pour Télérama
Deux Nicolas Cage pour le prix d’un, c’est un argument qui se suffit à lui-même. Mais en plus de ce dédoublement qui, pour une fois, se justifie au-delà du marketing, Adaptation file à toute allure comme un train qui déraille, sans jamais donner envie de sauter du wagon. Un film étrange et charmant, qui n’arrête jamais de surprendre.
– Félix, chargé de communication du Cosmos.
Peggy Sue s’est mariée
1985 : les anciens du lycée Buchanan, classe 1960, se retrouvent pour leur vingt-cinquième réunion. Ce soir, ils sont venus en habit d’époque, jupes gonflantes, robes des sixties, brosse et noeuds pap’ pour les garçons. Peggy, très populaire en 1960, se retrouve reine de la soirée avec pour partenaire son mari, Charlie, le rocker. Mais ce tandem si brillant jadis est sur le point de se séparer. Revoyant son mari dans sa prime jeunesse, Peggy, encore amoureuse, s’évanouit. Elle s’enfonce dans le rêve et revit ces fameuses années 1960…
Vous voyez les films doudous des années 80/90 ? Ceux qu’on regarde comme on se glisse sous un plaid ? Bingo. L’histoire, légère et agréable, met en scène une galerie de personnages complètement stéréotypés — dont on se moque allègrement — qui gravitent autour de Peggy. La protagoniste, elle, sort des figures féminines habituellement représentées à l’époque. Fraîchement séparée, Peggy entreprend, dans ce flashback grandeur nature, de se construire une vie pour elle-même, en accordant au passage sa confiance au geek de service, Richard, risée du lycée. Un pas vers les marges, typique du cinéma de Coppola. Mais nos plaisirs vont indéniablement vers l’interprétation d’un jeune Nicolas Cage, Charlie benêt et crooner (hilarant), d’un jeune Jim Carrey faisant déjà du Jim Carrey, et l’apparition évidente de Sofia Coppola qui joue la sœur de Peggy Sue. Sans oublier les robes d’époque, les mises en pli, l’ambiance bal de promo. Un plaisir fou à (re)voir sur grand écran.
– Cécile Becker, membre du Conseil de programmation