Cléo de 5 à 7

Cléo, chanteuse, attend les résultats d’une analyse médicale. De la superstition à la peur, de la rue de Rivoli au Café de Dôme, de la coquetterie à l’angoisse, de chez elle au parc Montsouris, Cléo vit quatre-vingt-dix minutes particulières. Son amant, son musicien, une amie puis un soldat lui ouvrent les yeux sur le monde.

L’histoire de ce film, celle d’une chanteuse que deux heures séparent du résultat de ses analyses médicales, semble coller à la géographie et au temps réels. Le personnage féminin, d’abord tout en superficialité, ouvre progressivement les yeux sur le monde alentour, notamment la guerre d’Algérie. Avec Cléo de 5 à 7, Agnès Varda anticipe d’une décennie le motif de l’errance qui caractérisera le cinéma des années 70, et les questionnements sur le male gaze.
-La Cinémathèque

L’une chante, l’autre pas

Deux jeunes femmes vivent à Paris en 1962. Pauline (17 ans), étudiante, rêve de quitter sa famille pour devenir chanteuse. Suzanne (22 ans) s’occupe de ses deux enfants et fait face au drame du suicide de leur père. La vie les sépare ; chacune vit son combat de femme. Pauline devient chanteuse dans un groupe militant et itinérant après avoir vécu une union difficile en Iran. Suzanne sort peu à peu de sa misère et travaille au Planning familial…

Chronique des luttes pour le droit à l’avortement, L’une chante, l’autre pas est le long métrage de Varda le plus ouvertement engagé en faveur de la liberté des femmes à disposer de leur corps. Détournant la forme de la comédie musicale, il met en scène l’émancipation de deux amies très différentes mais toujours solidaires.
-La Cinémathèque

Le Bonheur

Un menuisier aime sa femme, ses enfants et la nature. Ensuite il rencontre une autre femme, une postière, qui ajoute du bonheur à son bonheur. Toujours très amoureux de sa femme, il ne veut pas se priver, ni se cacher, ni mentir.

Le Bonheur est une fable ambivalente sur le couple : un film aux couleurs chaudes… laissant une impression glaçante. Malgré l’interdiction aux moins de 18 ans et un blâme de l’Église catholique, beaucoup n’ont pas compris son caractère transgressif à sa sortie. La substitution de l’épouse par la maîtresse crée pourtant un malaise, l’impression d’un « beau fruit véreux ». Entre le détournement de l’imagerie de la femme au foyer des magazines « féminins », les touches renoiriennes et les aplats matissiens, Varda réalise un tableau de la famille où quelque chose ne tourne pas rond.
-La Cinémathèque

Séances précédées du court métrage Réponse de femmes d’Agnès Varda
(FR | 1975 | 8 min)
A la question  » Qu’est ce qu’une femme ?  » posée par une chaîne de télévision, quelques femmes cinéastes ont répondu, dont Agnès. Son court-métrage a un sous-titre  » Notre corps, notre sexe « . A l’écran, une femme enceinte et nue, dansant et riant à pleine gorge, a suscité des réclamations écrites à Antenne 2. D’autres disent le désir, ou pas, d’avoir des enfants.