Une séance complémentaire dans le cadre de l’atelier Interventions sur pellicule du jeudi 09 octobre.
Programme détaillé de la séance :
Bien animées !
Cette séance de courts-métrages expérimentaux d’animation regroupe des films de périodes,
techniques et origines différentes. Le champ de l’animation nourrit l’histoire du cinéma par
l’interaction spécifique qu’il offre entre notre relation au mouvement des choses (et des êtres), et à
la temporalité qui se trouve nécessairement fragmentée du fait de la prise de vue des images les
unes après les autres distinctement. Ce programme envisage de traverser différentes pratiques
d’animation abordant les questions du mouvement et de la fixité, du continu et du discontinu, de la
narration réhaussée, de l’abstraction colorée… Utilisant ou non la caméra de prise de vue, ces
films ouvrent de perspectives riches sur des outils de créations spécifiques au cinéma.
Durée du programme : 60’
Il était une chaise de Norman McLaren et Claude Jutra
Canada, 1957, n&b, sonore, 16mm, 10′
Tandis qu’un homme se réjouit de pouvoir lire tranquillement, il doit soudainement s’engager dans
une bataille caricaturale et hilarante avec une chaise. Cette relation entre chaise et humain montre
comment les objets, d’habitude immobiles, peuvent se révolter.
Garden of Regrets de Jeff Scher
États-Unis, 1995, couleur, sonore, 16mm, 7’
Plus de dix mille dessins et peintures sont amalgamés dans ce montage intensément tissé d’images
d’amour, de désir, de vie et de regrets. Garden of Regrets est un hommage lyrique aux juxtapositions
souvent bizarres qui apparaissent lorsqu’on zappe à la télé, un film de narrations à moitié vécues.
Boucle/Loops de Rose Lowder
France, 1976-97, couleur, muet, 16mm, 6′
« Avant de posséder une caméra, j’ai étudié plusieurs questions visuelles au moyen, entre autres,
de la projection de boucles fabriquées avec de l’amorce transparente 16mm, un perforateur à papier
et un feutre permanent. » Rose Lowder
Free Radicals de Len Lye
États-Unis, 1957-1979, n&b, sonore, 16mm, 5′
« Free Radicals utilise des lignes blanches gravées à la main sur de la pellicule noire, avec des
oscillations à chaque image, pour définir le nerf du cinéma comme un rituel de mouvement pétri
d’énergie. » P. A. Sitney.
Chutes de pierre de Mahine Rouhi
France, 2012-2013, n&b, silencieux, 16mm, 6′
Montage de rushes de Tamis, « film peint à la main par Mahine Rouhi à l’aide de feuilles d’herbes,
de pierres et d’une plume de buse avec de l’encre de chine. Ensuite, le film a été tiré et truqué sur
une tireuse optique lors d’une résidence à l’atelier de MIRE (Nantes). » Olivier Fouchard. « Une
grande feuille pour protéger la table, quelques pierres, une plume d’oiseau et des feuillages –
Encre de chine – tremper, poser, râper, retirer, repasser, laisser sécher. » Mahine Rouhi.
Dans l’antre de la sorcière de Segundo de Chomón
France, 1906, n&b colorisé, muet, 16mm, 5’
Gringoire et Claudine, sa femme, se disputent. A l’invitation d’une sorcière, Gringoire pénètre dans
une grotte mystérieuse. Là, il est accueilli par une série de fantasmagories fantastiques. Un film de
Chomón de ses premières années chez Pathé (1905 à 1910), tout à fait représentatif du genre de
la fantasmagorie.
Man of Aral d’Helena Gouveia Monteiro
Irlande/France/Portugal, 2023, 16mm, son, 7’
Musique de Nicolas Clair.
En tant que conte mis en scène d’une mer sans eau, Man of Aral présente l’érosion du paysage et
du matériel cinématographique lui-même comme des chronologies humaines et géologiques
concurrentes. L’évolution temporelle et physique de cette mer et de son image filmée s’enlace à
travers des vues distantes d’un territoire en mutation rapide mais presque invisible. La disparition
de la mer d’Aral en Asie centrale est perçue comme un événement clé d’une ampleur sans
précédent, réhaussée par les possibilités du cinéma.
Fenice de Marcelle Thirache
France, 2003, couleur, sonore, 16mm, 3’
Les images de ce film ont été tournées en super 8 couleur, puis peintes à la main, et enfin
reproduites sur de la pellicule 16mm. Marcelle Thirache offre une approche sensible de Venise, en
plusieurs étapes croisés : tournage, encre et peinture, réalisation de la copie 16mm pour travailler
les rythmes, les respirations et les effets de masquages et de surgissements. « La lumière sculpte
les formes ! La lumière écrit sur la pellicule comme (mieux) qu’un pinceau… » Marcelle Thirache.
Nur/Cosmos Spiritus Version 1 d’Olivier Fouchard
France, 2005, couleur, silencieux, 16mm, 7’
« Dans l’Islam, la lumière porte un nom sacré, Nûr, car « Allah est la lumière du ciel et de la terre ».
Montage de chutes du film Tischk (le rayon) co-réalisé avec Mahine ROUHI (2002-2005). Au-delà
de simples analogies entre l’art du Vitrail et la projection de pellicules cinematographiques, il s’agit
de prendre en compte différentes croyances et représentations de « Dieu » par la lumière. » O.
Fouchard.
Loud visual Noises de Stan Brakhage
États-Unis, 1986, couleur, sonore, 16mm, 3’
Film peint à la main sur pellicule, les yeux fermés, Loud visual Noises envisage singulièrement un
lien entre images abstraites et son. Bande sonore collaborative compilée par Joel Haertling.
Un atelier et une séance soutenus par l’ADRC en partenariat avec l’association Braquage.