Vienne au début des années 70. Une femme, philosophe, poétesse, essayiste, romancière – brillante et contestée – libre, folle, révolutionnaire et féministe. Deux hommes l’entourent. Malina, le mari, le frère, le complice, en tout cas une partie d’elle-même. Yvan, l’amant, l’éclair, le choc du plaisir découvert ou retrouvé, qui l’emporte sur les chemins de la passion. Jusqu’où la mènera son feu intérieur ?
Entre Mathieu Carrière, dont l’autorité et la maturité s’accordent au personnage de Malina, bourreau de la raison, et l’acteur hongrois Can Togay, figure du pouvoir érotique masculin auquel le désir de liberté sexuelle de la femme fait peur, il y a Isabelle Huppert. Elle parle, crie, rit, pleure, souffre, toujours au paroxysme. Elle se dépasse dans l’extravagance et le tragique, le sublime et le grotesque. Mais ce sont les artifices – volontaires – des décors, des costumes, des éclairages, des couleurs, des «tableaux» d’opéra (ainsi le tapis de bougies allumées, l’appartement peu à peu investi par les flammes), qui traduisent la folie, de l’extérieur. Ce film, sidérant par son parti pris esthétique, n’appelle pas la demi-mesure.
-Le Monde