Tout baigne ? semaine 1

26.07 01.08

Première semaine du cycle « Tout baigne ? »
Du 26 juillet au 1er août.

Un troisième cycle sur l’eau et les baignades pour occuper notre été à la ville ? 27 films au total pour sentir l’eau sous les pavés : piscines, plans d’eau, plages et océans, décors qui racontent la préciosité de cet élément et sa rareté annoncée. 20 longs métrages et cette fois, 7 courts métrages dont deux montrés en avant-programme de longs-métrages : Taris ou la Natation, petit bijou de Jean Vigo et Les Vacances à Chelles de Martin Jauvat.

En marge du cycle Tout baigne ?, la rétrospective Lars Von Trier continue jusqu’au 27 août :

Element of Crime, Epidemic, Europa, Breaking the Waves jusqu’au 31 juillet
Les Idiots, Dogville et The Five Obstructions du 2 au 16 août
Antichrist et Melancholia du 18 au 27 août

Puis, du 5 au 28 août, nouvelle rétrospective avec 4 films de Mani Kaul (Uski Roti, Un Jour avant la Saison des Pluies, Duvidha (Le Dilemne) et Nazar), réalisateur et trésor caché indien. Décédé en 2011, il faisait partie de ces cinéastes du Parallel cinema, en dehors de bollywood donc, et des rares cinéastes d’ici et d’ailleurs préférant aborder le point de vue féminin. Dans ces quatre films (jamais montrés à Strasbourg !) qu’ED Distribution a ressorti en début d’année, il est question de femmes réinventant leur liberté mais aussi de rapports de classes. Des portraits de femmes singuliers d’une très grande poésie, « parfaits pour l’été » a-t-on entendu au sein du conseil de programmation…

• Voir la suite de la programmation : semaine 2, du 2 au 8 août

MER. 26.07

Les films pour les jeunes publics (mais pas que) sont en vert

  • 14h00 | Grande salle | Ponyo sur la Falaise de Hayao MIYAZAKI (JAP – 2009 – VF – 1h42)
    Animation
    À partir de 5 ans
  • 14h15 | Petite salle | Vincent n’a pas d’Écailles de Thomas SALVADOR (FR – 2015 – 1h17)
  • 15h45 | Petite salle | Les Enfants de la Mer d’Ayumu WATANABE (JAP – 2019 – VF – 1h51)
    Animation
    À partir de 9 ans
  • 16h00 | Grande salle  | La Tortue rouge de Michael DUDOK DE WIT (FR + BEL – 2016 – 1h20)
    Animation
  • 17h30 | Grande salle | L’Effet aquatique de Solveig ANSPACH (FR + ISL – 2016 – 1h23)
  • 17h50 | Petite salle | Le Bouton de Nacre documentaire de Patricio GUZMAN (FR + ESP – 2015 – VOST – 1h22)
  • 19h10 |  Grande salle | L’Île au Trésor documentaire de Guillaume BRAC  (FR – 2018 – 1h37)
    précédé des Vacances à Chelles, court-métrage documentaire de Martin JAUVAT (FR – 2019 – 0h20)
  • 19h25 | Petite salle | Le Plongeon de Frank PERRY (US –1968 – VOST – 1h36)
  • 21h15  | Petite salle | Europa de Lars VON TRIER (DAN – 1991 – VOST – 1h50)
    Version restaurée
  • 21h20 | Grande salle | It Follows de David Robert MITCHELL (US – 2015 – VOST – 1h50)
    Interdit aux – de 12 ans

La programmation en détail

PONYO SUR LA FALAISE, de Hayao MIYAZAKI
(JAP – 2009 – VF – 1h42)
– Alors qu’il joue sur la plage, le petit Sosuke découvre une petite fille poisson rouge nommée Ponyo, piégée dans un pot de confiture. Sosuke la sauve et décide de la garder avec lui. Le petit garçon lui promet de la protéger et de s’occuper d’elle, mais le père de Ponyo, Fujimoto la force à revenir avec lui dans les profondeurs. 

On porte un regard naïf sur un sujet complexe : celui, cher à Miyazaki, d’une confrontation entre le monde des Hommes et le monde naturel. Le réalisateur, habitué des fables écologiques, propose ici une lecture plus simplifiée qu’à son habitude : il souhaite s’adresser à des enfants et proposer une histoire dans laquelle les petit·es tiennent les premiers rôles. Simplifiée mais pas simpliste ! On est loin du monde manichéen occupé par des gentil·les et des méchant·es.
Ponyo, c’est une créature mi-enfant mi-poisson au caractère bien trempé, dotée d’un coeur pur et ayant parfois des agissements aux conséquences bien lourdes… Sosuke, c’est cet enfant solitaire mais pas farouche qui aime d’un amour tendre celles et ceux qui l’entourent. Il fait partie du monde humain qui a plutôt tendance à occuper et abimer les profondeurs aquatiques.
De leur rencontre s’en suit un voyage initiatique qui permettra à nos personnages de grandir sans jamais perdre la bonté qui les caractérise. Simple, touchante et naïve jusque dans ses traits de crayons, cette histoire vous entraînera au plus profond de l’océan dans un conte qui parvient à saisir l’absolue beauté de l’enfance. (M.F.)

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VINCENT N’A PAS D’ÉCAILLES, de Thomas SALVADOR
(FR – 2015 – 1h17)
avec Thomas Salvador, Vimala Pons, Youssef Hadji…
– Vincent a un pouvoir extraordinaire : sa force et ses réflexes décuplent au contact de l’eau. Pour vivre pleinement ce don, il s’installe dans une région riche en lacs et rivières, et suffisamment isolée pour préserver sa tranquillité. Lors d’une escapade aquatique, il est surpris par Lucie… 

Vincent n’a pas d’écailles car Vincent n’est pas un poisson. Alors, à quoi joue Thomas Salvador, jeune et prometteur réalisateur qui signe sous ce titre énigmatique un 1er film aussi frais et ravigotant que s’écoule un paisible ruisseau de montagne ? Vincent n’a pas d’écailles et ne porte ni masque, ni cape. Pourtant, Vincent possède un super pouvoir ! Sous la forme d’un conte fantastique, à l’image du Passe-muraille de Marcel Aymé, Salvador nous emmène dans la quête d’identité d’un héros qui voit son existence très ordinaire bouleversée par un don surnaturel. (E.H.)

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LES ENFANTS DE LA MER, d’Ayumu WATANABE
(JAP – 2019 – VF – 1h51)
– Ruka, jeune lycéenne, vit avec sa mère. Elle se consacre à sa passion, le handball. Hélas, elle se fait injustement exclure de son équipe le premier jour des vacances. Furieuse, elle décide de rendre visite à son père à l’aquarium où il travaille. 

Adaptation du manga éponyme de Daisuke Igarashi, Les Enfants de la Mer n’est rien de moins qu’une fable écologiste et mystique sur les origines du monde. Mais là où bien souvent l’animation japonaise s’enferme dans des dessins trop parfaits et à la limite du kitsch, l’oeuvre de Watanabe nous plonge dans les profondeurs marines via un maelström psychédélique aux effets visuels saisissants et intergalactiques. Une nouvelle approche de la cosmogonie, à (vingt) mille lieues du Monde de Nemo. (G.G.)

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LA TORTUE ROUGE, de Michael DUDOK DE WIT
(FR + BEL – 2016 – 1h20)
– À travers l’histoire d’un naufragé sur une île déserte tropicale peuplée de tortues, de crabes et d’oiseaux, La Tortue rouge raconte les grandes étapes de la vie d’un être humain. 

Une nuit d’orage, un homme fait naufrage sur un île déserte. Une imposante tortue rouge l’empêche de s’en évader, il devient captif. Sur cette île, il découvrira la plus grande des solitudes puis bientôt, tout ce qui lui est nécessaire à survivre, à vivre, à aimer. (N.F.)

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L’EFFET AQUATIQUE, de Solveig ANSPACH
(FR + ISL – 2016 – 1h23)
avec Florence Loiret-Caille, Samir Guesmi, Didda Jonsdottir, Philippe Rebbot…
– Samir, la quarantaine dégingandée, grutier à Montreuil, tombe raide dingue d’Agathe. Comme elle est maître-nageuse à la piscine Maurice Thorez, il décide, pour s’en approcher, de prendre des leçons de natation avec elle, alors qu’il sait parfaitement nager. 

Un grutier sensible, une maître-nageuse veuve et revêche, un congrès international à Reykjavik où l’on débat d’hygiène corporelle, est-ce bien réaliste ? Oui et non. Avec le fameux “effet aquatique” tout s’enchaîne naturellement/ maladroitement, c’est presque réaliste, ça fait penser à des ami·es. À la fois doux et rock’n’roll, le film nous embarque dans le sillage de personnages pas si paumé·es et capte avec une grande fraîcheur le réveil amoureux, le sentiment curieux de s’intéresser à d’autres êtres humains, la joie pas si fréquente du dépaysement. Deux amis islandais devenus conseillers municipaux (un jour sur deux l’un est patron, l’autre obéit, un jour sur deux ils inversent. Quels génies.) accompagnent cette histoire sooo french ! d’un regard pragmatique et amusé, accueillent les nouveaux arrivants à bras ouverts, d’autant plus que certains se sont déjà rencontrés dans un précédent film à Montreuil et sont déjà amis. « Mais vous vous connaissez ?! Mais oui », comme dans la vraie vie. (A.B.)

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LE BOUTON DE NACRE, de Patricio GUZMAN
(FR + ESP – 2015 – VOST – 1h22)
– Le Bouton de Nacre est une histoire sur l’eau, le Cosmos et nous. Elle part de deux mystérieux boutons découverts au fond de l’Océan Pacifique. À travers leur histoire, nous entendons des paroles… Certains disent que l’eau a une mémoire. Ce film montre qu’elle a aussi une voix. 

« Nous sommes tous les ruisseaux d’une seule eau. » Dès ces premiers mots, nous sommes rattaché·es à l’incommensurable. Mais que peut-on écrire quand un film génère, tant par son intelligence que par sa beauté formelle et son humanité, une émotion telle que seules les larmes peuvent l’exprimer et remercier la puissance de ce regard porté au réel ? Patricio Guzman écrit ses films comme des fictions, il nous raconte son pays et le peuple chilien qu’il aime. De film en film, il fait renaître les liens entre l’univers, les vivant·es et les mort·es. Ici, il y tisse les formes de l’eau et des larmes. (N.M.)

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L’ÎLE AU TRESOR, de Guillaume BRAC
(FR – 2018 – 1h37)
– Un été sur une île de loisirs en région parisienne. Terrain d’aventures, de drague et de transgression pour les un·es, lieu de refuge et d’évasion pour les autres. De sa plage payante à ses recoins cachés, l’exploration d’un royaume de l’enfance, en résonance avec les tumultes du monde. 

Ce film est une merveille. Guillaume Brac fait ressentir l’été comme personne. En s’attachant à différent·es habitant·es de ce paradis miniature, nous vivons le plaisir des journées sans fin, le bruit de l’eau, la douceur du soir, l’immense joie de la resquille. Ils sont si doux ces gardiens de parc, ils savourent avec le même délice chaque excuse inventée par les jeunes fraudeurs pris en flag, chaque jour un nouveau poème offert pour eux. Courez voir cette succession d’instants de grâce, c’est sublime. (A.B.)

LES VACANCES A CHELLES, de Martin JAUVAT
(FR – 2019 – 0h20)
avec Erwin Aureillan, Sébastien Chassagne, Georges Pillegand…
– C’est l’été en banlieue parisienne. Il fait chaud, la ville est déserte. Parfois, on se sent seul quand on reste à la maison pendant l’été, et tout ce dont on rêve, c’est d’un peu de compagnie.

Dans ce début, certes maladroit, le très jeune Martin Jauvat réussit à nous intriguer par une sensibilité et un humour mi-pataud mi-poétique. Ici c’est la douceur qui désarçonne. Est-ce que les jeunes sont plus gentils en 2020 ? Est-ce que c’est la fumette ? Sont-ils idiots ? Cette simplicité, ce fond mélancolique, on les retrouve affinés dans Le Sang de la Veine puis le réjouissant Grand Paris. On en veut encore, retrouvons-le dans Ville éternelle de son amie Garance Kim sur Arte.tv. (A.B)

LE PLONGEON, de Frank PERRY
(US –1968 – VOST – 1h36)
avec Burt Lancaster, Janet Landgard, Janice Rule, Tony Bickley…
– Dans un quartier huppé du Connecticut où il a passé ses vacances d’été, Ned Merrill se met en tête de rentrer chez lui à la nage, en empruntant chaque piscine se trouvant sur son chemin. Ce parcours se transforme alors pour lui en un véritable voyage initiatique fait de rencontres et d’expériences. 

Réalisé par Frank Perry et écrit par sa femme Eleanor Perry avec qui il a collaboré sur ses plus beaux films (David & Lisa, Le Journal intime d’une femme mariée, Dernier été), The Swimmer (Le Plongeon) est un bijou du cinéma américain qui annonce l’arrivée du Nouvel Hollywood deux ans avant Easy Rider. On est ici dans un road movie (en quelque sorte) avec un protagoniste armé uniquement d’un maillot de bain qui a l’originalité de voyager de piscine en piscine dans un quartier résidentiel ! Idée qui vous inspirera peut-être pour vos prochaines vacances fauchées ; on ne pense jamais assez à voyager à côté de chez soi. Pourquoi ce cher Burt Lancaster décide-t-il de faire ça au lieu d’aller à Rulantica ? Où va-t-il ? Qui va-t-il croiser au cours de son voyage ? Vous allez devoir plonger avec lui pour trouver des réponses. À noter que Frank Perry a quitté le tournage pour différend artistique et que Sydney Pollack (connu notamment pour Tootsie) l’a remplacé pour réaliser l’une des plus grandes séquences du film. (R.B.) 

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EUROPA, de Lars VON TRIER
(DAN – 1991 – VOST – 1h50)
avec Jean-Marc Barr, Barbara Sukowa, Udo Kier, Enst-Hugo Jaregard, …
– Octobre 1945. Léopold Kessler dont les parents ont fui le nazisme, découvre l’Allemagne détruite et divisée. Il souhaite contribuer à la reconstruction du vieux continent. À Francfort, son oncle qui reprend progressivement ses activités l’accueille et lui offre un emploi semblable au sien : conducteur de wagons-lits. 

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IT FOLLOWS, de David Robert MITCHELL
(US – 2015 – VOST – 1h50)
avec Maika Monroe, Keir Gilchrist, Daniel Zovatto, Jake Weary, Olivia Luccardi…
– Après une expérience sexuelle apparemment anodine, Jay se retrouve confrontée à d’étranges visions et l’inextricable impression que quelqu’un, ou quelque chose, la suit. Abasourdi·es, Jay et ses amis doivent trouver une échappatoire à la menace qui semble les rattraper… 

J’ai mis longtemps avant de voir ce film qui pourtant m’intriguait beaucoup, à commencer par une très belle affiche présentant une jeune femme dans une piscine envahie par l’obscurité. Loupé à sa sortie en salles, il me revenait souvent dans l’interminable choix de films sur les plateformes de streaming. Et puis un jour, je me suis lancé ! La bande-annonce foutait les jetons, mais j’avais peur aussi d’être déçu par un produit américain pour ados en pleine puberté. Au final, It Follows fut une énorme claque : un film subtil qui réjouira les amateur·es de frissons ! (E.H.) 

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JEU. 27.07

  • 15h30 | Petite salle | Breaking the Waves de Lars VON TRIER (DAN – 1996 – VOST – 2h38 )
    Version restaurée
    Interdit aux – de 12 ans
  • 15h45 | Grande salle | La Piscine de Jacques DERAY (US – 2015 – VOST – 1h50)
    Version restaurée
  • 18h00 | Grande salle | Noir et Blanc de Claire DEVERS (FR – 1986 – 1h24)
    Version restaurée
  • 18h20 | Petite salle | Le Couteau dans l’Eau de Roman POLANSKI (POL – 1962 – VOST – 1h34)
    Version restaurée
  • 19h40 | Grande salle | Spring Breakers d’Harmony KORINE (US – 2013 – VOST – 1h34)
    Interdit aux – de 12 ans
  • 20h05 | Petite salle | Deep End de Jerzy SKOLIMOWSKI (ALL – 1971 – VOST – 1h31)
    Version restaurée
  • 21h30 | Grande salle | L’Inconnu du Lac d’Alain GUIRAUDIE (FR – 2013 – 1h40)
    Interdit aux – de 16 ans
  • 21h50 | Petite salle | La Naissance des Pieuvres de Céline SCIAMMA (FR – 2007– 1h25)

La programmation en détail

BREAKING THE WAVES, de Lars VON TRIER
(DAN – 1996 – VOST – 2h38 )
avec Emily Watson, Stellan Skarsgard, Katrin Cartlidge, Jean-Marc Barr…
– Au début des années 70, Bess tombe amoureuse de Jan, un homme d’âge mûr qui travaille sur une plateforme pétrolière. Malgré l’opposition de leur entourage, ils se marient. Quand survient une distance forcée, Bess se voit convaincue que leur amour est béni. Se retrouvant paralysé, Jan réussit à la convaincre qu’elle peut l’aider à guérir en se donnant à d’autres hommes. 

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LA PISCINE, de Jacques DERAY
(FR + IT– 1969 – 2h04)
avec Alain Delon, Romy Schneider, Maurice Ronet, Jane Birkin
– Jean-Paul et Marianne forment un couple idéal et coulent des jours heureux dans leur villa de Saint-Tropez, jusqu’au jour où arrive Harry, au bras de sa fille, l’incendiaire Pénélope. Ancien amant de Marianne, l’homme trouble cette vie tranquille. La tension monte. 

Film culte dans l’imaginaire hexagonal (au point de devenir récemment un objet commercial pour une grande marque de luxe), La Piscine est la première des huit collaborations entre Jacques Deray et Alain Delon. Tourné quelques mois après les événements de Mai 68 dans une magnifique villa de la presqu’île de Saint-Tropez, le film transpose les idéaux libertaires de l’époque au sein d’un couple bourgeois et désabusé qui n’a comme préoccupation que la réussite sociale. Dès le départ, l’ambiance sensuelle et délicieusement perverse de ce huis-clos palpitant est donnée. Les perles d’eau ruissellent sur le corps bronzé d’Alain Delon et le long du bikini noir mythique de Romy Schneider. Mais la présence de cette dernière au casting n’allait pas de soi ; le producteur ayant affirmé « qu’il imaginait mal Sissi l’impératrice en bikini », après avoir d’abord songé à Delphine Seyrig, Jeanne Moreau ou Monica Vitti. C’est Alain Delon lui-même qui insista pour imposer son ancienne compagne sur le tournage, sous peine de ne pas faire le film. Finalement, La Piscine, énorme succès au box-office, relança la carrière de Romy Schneider, alors dans le creux de la vague, et appartient aujourd’hui encore à l’éternité. (G.G.) 

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NOIR ET BLANC, de Claire DEVERS
(FR – 1986 – 1h24)
avec Francis Frappat, Jacques Martial, Josephine Fresson, Marc Berman…
– Antoine est un jeune homme sans histoire jusqu’au jour où il doit suivre des séances de massage. Il rencontre Dominique, masseur antillais, qui lui, se découvre sadique. Il ira jusqu’au bout de ce rapport étrange sans rien vouloir dire à personne. 

Premier long métrage de Claire Devers récompensé par une Caméra d’or à Cannes en 1986, Noir et Blanc est une libre adaptation d’une nouvelle de Tennessee Williams, Le masseur noir. Antoine, un comptable coincé dans un quotidien blafard, est envoyé dans un centre sportif pour mettre un peu d’ordre dans les comptes de l’entreprise. Pour le remercier, le gérant lui propose des séances de massage qui vont réveiller son corps endormi. Le scénario est minimaliste, quasiment aride, malgré les effluves chlorés de la piscine. Pas de psychologie non plus. Car de ce nouveau désir naissant, Antoine sait qu’il n’est ni tout noir, ni tout blanc. (G.G.) 

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LE COUTEAU DANS L’EAU, de Roman POLANSKI
(POL – 1962 – VOST – 1h34)
avec Leon Niemczyk, Jolanta Umecka, Zygmunt Malanowicz…
– Andrejz et Christine, un couple fortuné, décident de partir en croisière. Sur leur chemin, ils font la rencontre d’un jeune homme sur le bord de la route à qui il et elle proposent de les suivre à bord de leur yacht. 

Il y a 20 ans, je découvrais ce film en Pologne. Plus que l’histoire, il me reste davantage des sensations d’eau, de lenteur, de tension et celle d’une photographie sublime. Pour ce premier long métrage, Polanski voulait spécifiquement cette région des lacs en Pologne. Ce décor aquatique, minimal et inquiétant, décide du sort du bateau et de ses occupant·es. Il resserre l’enjeu viril des deux ‘mâles’ et révèle le charisme du personnage féminin. Les corps en amorce de l’image repoussent les autres dans le champ, pour mieux, au final, pousser à l’eau le rival ! (N.M.)

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SPRING BREAKERS, d’Harmony KORINE
(US – 2013 – VOST – 1h34)
avec James Franco, Selena Gomez, Vanessa Hudgens, Ashley Benson…
– Pour financer leur spring break, quatre filles fauchées décident de braquer un fast-food. Et ce n’est que le début… 

La rumeur dit que les étendues d’eau présentes dans le film furent remplies par les larmes des spectateurs et spectatrices lors de la première. L’audience était en effet composée majoritairement d’aficionados de Disney Channel plutôt que des Thrash Humpers et ne s’attendait peut-être pas à une telle évanescence dramaturgique. L’ouverture donne d’emblée le ton : il s’agit de faire déborder les imaginaires et les rythmiques lourdes qui peuvent accompagner l’idée de telles pauses estudiantines outre-Atlantique hyper festives et hyper consuméristes, de changer les liquides alcoolisés que l’on se jette à la figure en d’autres fluides moins ragoûtants. Le drôle de personnage de James Franco (qui ne manquera pas de proposer le remake d’un monologue des Carabiniers de Jean-Luc Godard) et son quartet féminin sont en réalité des guides vers les textures d’une culture industrielle, vue depuis l’intérieur : bleu éthéré des écrans d’ordinateurs et des piscines, rose fluorescent des accoutrements. (R.S.)

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DEEP END, de Jerzy SKOLIMOWSKI
(ALL – 1971 – VOST – 1h31)
avec Jane Asher, John Moulder-Brown, Diane Dors, Karl Michael Vogler…
– Mike vient de sortir du collège et trouve un emploi dans un établissement de bains londonien. Susan, son homologue féminin, arrondit ses fins de mois en proposant ses charmes à la clientèle masculine. Amoureux jaloux de la jeune femme, Mike devient encombrant.

On sait que sauter dans le grand bain de l’âge adulte peut être d’une infinie cruauté. L’était-ce d’autant plus quand l’effervescence sixties du Swinging London s’apprêtait tout juste à se changer en souvenir candide ? Le grand cinéaste Skolimowski – qui récemment encore prenait le parti d’un âne dans Eo – aura quoiqu’il en soit préféré les murs décrépis d’une piscine de l’East End plutôt que les boutiques colorées de Soho. Mais la malice d’une époque se lit toujours dans l’inventivité des séquences. (R.S.)

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L’INCONNU DU LAC, d’Alain GUIRAUDIE
(FR – 2013 – 1h40)
avec Pierre Deladonchamps, Christophe Paou, Patrick D’Assumçao, Jérôme Chappatte…
– L’été. Un lieu de drague pour hommes, caché au bord d’un lac. Franck tombe amoureux de Michel. Un homme beau, puissant et mortellement dangereux. Franck le sait, mais il veut vivre cette passion.

Dans son dernier livre, Alain Guiraudie s’attèle à décrire sur plus de 1 000 pages les errances d’un Rabalaïre. Ce terme occitan désigne « un mec qui va à droite, à gauche, un homme qui aime bien aller chez les gens ». Mais ce personnage entre le vagabond et le pique-assiette, toujours par monts et par vaux, traverse également l’oeuvre cinématographique de Guiraudie. Dans L’Inconnu du Lac, le réalisateur transpose son Rabalaïre dans un polar gay, sorte de Cluedo avec ou sans maillot à l’ambiance naturaliste et naturiste. Sea, sex and sun, fellations et gros silures. (G.G.)

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LA NAISSANCE DES PIEUVRES, de Céline SCIAMMA
(FR – 2007– 1h25)
avec Pauline Acquart, Louise Blachère, Adèle Haenel, Warren Jacquin…
– L’été quand on a 15 ans. Rien à faire si ce n’est regarder le plafond. Elles sont trois : Marie, Anne, Floriane. Dans le secret des vestiaires leurs destins se croisent et le désir surgit. Si les premières fois sont inoubliables, c’est parce qu’elles n’ont pas de lois. 

2007, presque la préhistoire ! Pourtant les sensations vécues devant ce film sont encore prégnantes parce qu’elles se sont mélangées à celles vécues à l’adolescence : l’angoisse de la piscine mais surtout des vestiaires, la honte de ce corps dont on ne sait pas quoi faire serré dans un maillot, le trouble de devenir et le désir qu’on apprend, inquiet·ète, désir tapi derrière chaque parcelle de peau. Une caméra qui ne lésine pas sur les regards et sur ce qu’il se passe entre les mots. Culte. (C.B.)

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VEN. 28.07

  • 15h30 | Grande salle | Trois Femmes de Robert ALTMAN (US – 1977 – VOST – 2h05)
  • 15h45 | Petite salle | Element of Crime de Lars VON TRIER (DAN – 1984 – VOST – 1h40)
    Version restaurée
  • 17h40 | Petite salle | Le Bouton de Nacre documentaire de Patricio GUZMAN (FR + ESP – 2015 – VOST – 1h22)
  • 17h45 | Grande salle | It Follows de David Robert MITCHELL (US – 2015 – VOST – 1h50)
    Interdit aux – de 12 ans
  • 19h20 | Petite salle | L’Effet aquatique de Solveig ANSPACH (FR + ISL – 2016 – 1h23)
    précédé par Taris ou la Natation, court-métrage documentaire de Jean VIGO (FR – 1931 – 0h11)
  • 19h45 | Grande salle | Trois Couleurs : Bleu de Krzysztof KIESLOWSKI (FR + CH + POL – 1993 – 1h40)
  • 21h10 | Petite salle | La Cienaga de Lucrecia MARTEL (ARG – 2001 – VOST – 1h41)
    Projection en 35 mm
  • 21h35 | Grande salle | Vincent n’a pas d’Écailles de Thomas SALVADOR (FR – 2015 – 1h17)

La programmation en détail

TROIS FEMMES, de Robert ALTMAN
(US – 1977 – VOST – 2h05)
avec Shelley Duvall, Sissy Spacek, Janice Rule…
– Au coeur de la Californie désertique, Pinky Rose, tout juste dix-huit ans, est engagée comme aide-soignante dans un sanatorium. Millie Lammoreaux, 25 ans, est chargée de la former. Millie prend rapidement Pinky sous sa coupe et l’invite à partager son petit appartement. 

Trois femmes, trois vies, trois personnalités, trois âges qui se croisent dans une forme de folie onirique. Ces trois protagonistes dans un stade transitionnel de leur existence sont interprétées dans toute leur complexité par de très grandes actrices. L’eau y est omniprésente dès la scène d’ouverture, elle y est parfois trouble. On y promène ses maux, on y plonge ses souffrances, elle y anime des dessins, elle y est symbole de mort, de naissance et de renaissance. Elle contraste aussi avec l’aridité des paysages californiens tout comme les couleurs bubble-gum des décors pastels et acidulés propres aux seventies, tranchent avec la gravité du sujet. (N.F.)

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ELEMENT OF CRIME, de de Lars VON TRIER
(DAN  – 1984 – VOST – 1h40)
avec Michael Elpick, Esmond Knight, Me Me Lei, Jerold Wells…
– L’inspecteur de police Fisher est rentré au Caire après avoir mené une enquête sur une affaire de meurtres en Europe. Ce qu’il a vécu a provoqué chez lui un traumatisme avec perte de mémoire, obsessions et violents maux de tête. Un psychothérapeute essaie de l’aider en le ramenant sous l’effet de l’hypnose, par les souvenirs et les souffrances. 

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LE BOUTON DE NACRE, de Patricio GUZMAN
(FR + ESP – 2015 – VOST – 1h22)
– Le Bouton de Nacre est une histoire sur l’eau, le Cosmos et nous. Elle part de deux mystérieux boutons découverts au fond de l’Océan Pacifique. À travers leur histoire, nous entendons des paroles… Certains disent que l’eau a une mémoire. Ce film montre qu’elle a aussi une voix. 

« Nous sommes tous les ruisseaux d’une seule eau. » Dès ces premiers mots, nous sommes rattaché·es à l’incommensurable. Mais que peut-on écrire quand un film génère, tant par son intelligence que par sa beauté formelle et son humanité, une émotion telle que seules les larmes peuvent l’exprimer et remercier la puissance de ce regard porté au réel ? Patricio Guzman écrit ses films comme des fictions, il nous raconte son pays et le peuple chilien qu’il aime. De film en film, il fait renaître les liens entre l’univers, les vivant·es et les mort·es. Ici, il y tisse les formes de l’eau et des larmes. (N.M.)

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IT FOLLOWS, de David Robert MITCHELL
(US – 2015 – VOST – 1h50)
avec Maika Monroe, Keir Gilchrist, Daniel Zovatto, Jake Weary, Olivia Luccardi…
– Après une expérience sexuelle apparemment anodine, Jay se retrouve confrontée à d’étranges visions et l’inextricable impression que quelqu’un, ou quelque chose, la suit. Abasourdi·es, Jay et ses amis doivent trouver une échappatoire à la menace qui semble les rattraper… 

J’ai mis longtemps avant de voir ce film qui pourtant m’intriguait beaucoup, à commencer par une très belle affiche présentant une jeune femme dans une piscine envahie par l’obscurité. Loupé à sa sortie en salles, il me revenait souvent dans l’interminable choix de films sur les plateformes de streaming. Et puis un jour, je me suis lancé ! La bande-annonce foutait les jetons, mais j’avais peur aussi d’être déçu par un produit américain pour ados en pleine puberté. Au final, It Follows fut une énorme claque : un film subtil qui réjouira les amateur·es de frissons ! (E.H.) 

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L’EFFET AQUATIQUE, de Solveig ANSPACH
(FR + ISL – 2016 – 1h23)
avec Florence Loiret-Caille, Samir Guesmi, Didda Jonsdottir, Philippe Rebbot…
– Samir, la quarantaine dégingandée, grutier à Montreuil, tombe raide dingue d’Agathe. Comme elle est maître-nageuse à la piscine Maurice Thorez, il décide, pour s’en approcher, de prendre des leçons de natation avec elle, alors qu’il sait parfaitement nager. 

Un grutier sensible, une maître-nageuse veuve et revêche, un congrès international à Reykjavik où l’on débat d’hygiène corporelle, est-ce bien réaliste ? Oui et non. Avec le fameux “effet aquatique” tout s’enchaîne naturellement/ maladroitement, c’est presque réaliste, ça fait penser à des ami·es. À la fois doux et rock’n’roll, le film nous embarque dans le sillage de personnages pas si paumé·es et capte avec une grande fraîcheur le réveil amoureux, le sentiment curieux de s’intéresser à d’autres êtres humains, la joie pas si fréquente du dépaysement. Deux amis islandais devenus conseillers municipaux (un jour sur deux l’un est patron, l’autre obéit, un jour sur deux ils inversent. Quels génies.) accompagnent cette histoire sooo french ! d’un regard pragmatique et amusé, accueillent les nouveaux arrivants à bras ouverts, d’autant plus que certains se sont déjà rencontrés dans un précédent film à Montreuil et sont déjà amis. « Mais vous vous connaissez ?! Mais oui », comme dans la vraie vie. (A.B.)

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TARIS OU LA NATATION, de Jean VIGO
(FR – 1931 – 0h11)
– Un documentaire sur le champion de France de natation, Jean Taris. Un court-métrage comme un terrain d’expérimentation.

Je me demande toujours si Vigo filme Taris ou l’eau qui est autour, tant le champ filmique vit de toutes parts. Bijou de recherche formelle, facétieux dans son montage, le film est aussi la première expérience sonore de Vigo. Il associe des images sophistiquées et une bande son brute faite d’un commentaire technique insipide, de bruits assourdis des mouvements de l’eau et de longs silences. Taris est une expérience esthétique onirique, surréaliste même, à mille lieues du film de commande qu’il était pourtant. Après-guerre, Franju ou Resnais proposeront d’aussi curieux objets filmiques. (J.-F.P.)

TROIS COULEURS : BLEU, de Krzysztof KIESLOWSKI
(FR + CH + POL – 1993 – 1h40)
avec Juliette Binoche, Benoît Régent, Florence Pernel…
– Après la mort de son mari Patrice, un grand compositeur, et de leur fille Anna dans un accident de voiture, Julie commence une nouvelle vie, anonyme et indépendante. Olivier, l’assistant de Patrice, amoureux d’elle, tente de la sortir de son isolement en terminant une oeuvre laissée inachevée. 

Ce film est le premier de la trilogie de Kieslowski : Bleu, Blanc, Rouge. Le bleu du drapeau français représentant la liberté. Pourtant il s’agit avant tout d’une tragédie. Julie (Juliette Binoche) perd son mari, célèbre compositeur, ainsi que leur fille de 5 ans. Au bout de ce deuil grâce au temps, à l’amour et à la musique, Julie retrouve sa liberté. La photographie de ce film laisse la part belle à la couleur bleue notamment symbolisée par l’eau de l’aquarium, de la piscine. Une eau donc d’abord froide et contenue. Ce superbe film doit beaucoup à l’interprétation de Juliette Binoche qui a su se glisser dans la peau douloureuse de son personnage. (N.F.)

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LA CIENAGA, de Lucrecia MARTEL
(ARG – 2001 – VOST – 1h41)
avec Graciela Borges, Sylvia Bayle, Mercedes Moran…
– Dans les marécages du Nord-Ouest de l’Argentine, la chaleur suffocante se mêle aux pluies tropicales. À quelques kilomètres de la ville de La Cienaga se trouve La Mandragora, une propriété rurale dans laquelle Mecha, une cinquantenaire, passe l’été avec ses quatre enfants et un mari inexistant.

Deux cousines et leurs enfants cohabitent dans une propriété de campagne écrasée par la moiteur étouffante de l’été argentin. Le climat humide et déliquescent fait écho au délitement des rapports humains et à l’avachissement des corps fatigués noyant leur mal-être et leurs angoisses dans l’alcool au bord d’une piscine d’eau croupie. Eau qui s’insinue ici partout : des bâtiments suintants aux corps transpirants. La Cienaga est avant tout l’histoire d’une atmosphère délétère, d’une sensation d’étouffement et d’enlisement précédant un drame imminent. (C.I.)

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VINCENT N’A PAS D’ÉCAILLES, de Thomas SALVADOR
(FR – 2015 – 1h17)
avec Thomas Salvador, Vimala Pons, Youssef Hadji…
– Vincent a un pouvoir extraordinaire : sa force et ses réflexes décuplent au contact de l’eau. Pour vivre pleinement ce don, il s’installe dans une région riche en lacs et rivières, et suffisamment isolée pour préserver sa tranquillité. Lors d’une escapade aquatique, il est surpris par Lucie…

Vincent n’a pas d’écailles car Vincent n’est pas un poisson. Alors, à quoi joue Thomas Salvador, jeune et prometteur réalisateur qui signe sous ce titre énigmatique un 1er film aussi frais et ravigotant que s’écoule un paisible ruisseau de montagne ? Vincent n’a pas d’écailles et ne porte ni masque, ni cape. Pourtant, Vincent possède un super pouvoir ! Sous la forme d’un conte fantastique, à l’image du Passe-muraille de Marcel Aymé, Salvador nous emmène dans la quête d’identité d’un héros qui voit son existence très ordinaire bouleversée par un don surnaturel. (E.H.)

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SAM. 29.07

Les films pour les jeunes publics (mais pas que) sont en vert

  • 10h00 | Grande salle | Les Formes de l’Eau Programme de 5 courts-métrages
    À partir de 3 ans
  • 10h30| Petite salle | La Tortue rouge de Michael DUDOK DE WIT (FR + BEL – 2016 – 1h20)
    Animation
  • 10h45 | Grande salle | Ponyo sur la Falaise de Hayao MIYAZAKI (JAP – 2009 – VF – 1h42)
    Animation
    À partir de 5 ans
  • 13h45 | Petite salle | Epidemic de Lars VON TRIER   (DAN – 1987 – VOST – 1h46)
    Version restaurée
  • 14h00 | Grande salle | Le Cadet d’Eau douce de Buster KEATON et Charles REISNER (US – 1928 – Muet – 1h10)
    Version restaurée
    À partir de 6 ans
  • 15h25 | Grande salle | Les Enfants de la Mer d’Ayumu WATANABE (JAP – 2019 – VF – 1h51)
    Animation
    À partir de 9 ans
  • 15h45 | Petite salle | Noir et Blanc de Claire DEVERS (FR – 1986 – 1h24)
    Version restaurée
  • 17h20 | Petite salle | L’Effet aquatique de Solveig ANSPACH (FR + ISL – 2016 – 1h23)
  • 17h30 | Grande salle | L’Île au Trésor documentaire de Guillaume BRAC (FR – 2018 – 1h37)
  • 19h00| Petite salle | La Piscine de Jacques DERAY (US – 2015 – VOST – 1h50)
    Version restaurée
  • 19h20 | Grande salle | Le Plongeon de Frank PERRY (US –1968 – VOST – 1h36)
  • 21h10 | Grande salle | L’Inconnu du Lac d’Alain GUIRAUDIE (FR – 2013 – 1h40)
    Interdit aux – de 16 ans
  • 21h20 | Petite salle | Le Couteau dans l’Eau de Roman POLANSKI (POL – 1962 – VOST – 1h34)
    Version restaurée

La programmation en détail

Les Formes de l’Eau, de Programme de 5 courts-métrages
Un format idéal pour les 3 ans et plus et pour les premières sorties au cinéma ! Dans cette série, l’eau passera par tous ses états : de la glace aux gouttes tombant sur les parapluies, de la mer à l’eau de la piscine. Elle fait peur parfois, elle impressionne, intimide mais elle ravit le monde. (M.F.) 

– CHANSON POUR LA PLUIE de Yawen ZHENG
(CHN – 2012 – 0h08)

Alors qu’il pleut, un petit garçon rencontre un renard bien mystérieux, il l’aide à récolter de l’eau de pluie…

– CLAPOTIS de Mor ISRAELI
(FR – 2017 – 0h04)

Un après-midi d’hiver à la piscine…

– DEUX AMIS de Natalia CHERNYSHEVA
(FR – 2014 – 0h04)

Deux amis, une chenille et un têtard, grandissent dans deux environnements différents.

– SOUS LA GLACE
Réalisation collective
(FR – 2019 – 0h07)

Sur un lac, un héron pêche alors que l’hiver s’installe.

– CHEMIN D’EAU POUR UN POISSON de Mercedes MARRO
(FR – 2016 – 0h08)

Oscar dort dans sa chambre quand un brusque coup de vent le réveille. De sa fenêtre, il voit un petit poisson rouge dans une flaque d’eau sale…

LA TORTUE ROUGE, de Michael DUDOK DE WIT
(FR + BEL – 2016 – 1h20)
– À travers l’histoire d’un naufragé sur une île déserte tropicale peuplée de tortues, de crabes et d’oiseaux, La Tortue rouge raconte les grandes étapes de la vie d’un être humain. 

Une nuit d’orage, un homme fait naufrage sur un île déserte. Une imposante tortue rouge l’empêche de s’en évader, il devient captif. Sur cette île, il découvrira la plus grande des solitudes puis bientôt, tout ce qui lui est nécessaire à survivre, à vivre, à aimer. (N.F.)

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PONYO SUR LA FALAISE, de Hayao MIYAZAKI
(JAP – 2009 – VF – 1h42)
– Alors qu’il joue sur la plage, le petit Sosuke découvre une petite fille poisson rouge nommée Ponyo, piégée dans un pot de confiture. Sosuke la sauve et décide de la garder avec lui. Le petit garçon lui promet de la protéger et de s’occuper d’elle, mais le père de Ponyo, Fujimoto la force à revenir avec lui dans les profondeurs. 

On porte un regard naïf sur un sujet complexe : celui, cher à Miyazaki, d’une confrontation entre le monde des Hommes et le monde naturel. Le réalisateur, habitué des fables écologiques, propose ici une lecture plus simplifiée qu’à son habitude : il souhaite s’adresser à des enfants et proposer une histoire dans laquelle les petit·es tiennent les premiers rôles. Simplifiée mais pas simpliste ! On est loin du monde manichéen occupé par des gentil·les et des méchant·es.
Ponyo, c’est une créature mi-enfant mi-poisson au caractère bien trempé, dotée d’un coeur pur et ayant parfois des agissements aux conséquences bien lourdes… Sosuke, c’est cet enfant solitaire mais pas farouche qui aime d’un amour tendre celles et ceux qui l’entourent. Il fait partie du monde humain qui a plutôt tendance à occuper et abimer les profondeurs aquatiques.
De leur rencontre s’en suit un voyage initiatique qui permettra à nos personnages de grandir sans jamais perdre la bonté qui les caractérise. Simple, touchante et naïve jusque dans ses traits de crayons, cette histoire vous entraînera au plus profond de l’océan dans un conte qui parvient à saisir l’absolue beauté de l’enfance. (M.F.)

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EPIDEMIC, de Lars VON TRIER
(DAN – 1987 – VOST – 1h46)
avec Lars Von Trier, Niels Vorsel, Udo Kier, Susanne Ottesen, Claes Kastholm Hansen…
– Un réalisateur et son scénariste décident d’écrire un scénario sur la peste : l’histoire d’un médecin idéaliste qui, prétendant guérir l’épidémie, contribue en fait à la propager. 

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LE CADET D’EAU DOUCE, de Buster KEATON et Charles REISNER
(US – 1928 – Muet – 1h10)
avec Buster Keaton, Tom McGuire, Ernest Torrence…
– Le jeune William Canfield retrouve son père propriétaire d’un vieux bateau qui navigue sur le Mississippi. Le vieux Canfield voudrait que son fils l’aide mais William a mieux à faire, il est amoureux de Kitty, la fille d’un banquier qui possède un magnifique steamer. 

Keaton est sans égal. Dans Steamboat Bill Junior (Le Cadet d’Eau douce), comme toujours, les prouesses de l’acteur se superposent à celles du personnage. Si bien que l’invention comique se double de stupeur, décuplant son pouvoir expressif. On rit et l’on est fasciné par tant d’audace. La tempête de la dernière partie du métrage est un chef-d’oeuvre de drôlerie épique, une explosion d’énergie cinétique, plaçant ce film parmi les plus belles réussites de son auteur. Le petit homme au visage impassible est un héros inoxydable. (J.-F.P.)

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LES ENFANTS DE LA MER, d’Ayumu WATANABE
(JAP – 2019 – VF – 1h51)
– Ruka, jeune lycéenne, vit avec sa mère. Elle se consacre à sa passion, le handball. Hélas, elle se fait injustement exclure de son équipe le premier jour des vacances. Furieuse, elle décide de rendre visite à son père à l’aquarium où il travaille. 

Adaptation du manga éponyme de Daisuke Igarashi, Les Enfants de la Mer n’est rien de moins qu’une fable écologiste et mystique sur les origines du monde. Mais là où bien souvent l’animation japonaise s’enferme dans des dessins trop parfaits et à la limite du kitsch, l’oeuvre de Watanabe nous plonge dans les profondeurs marines via un maelström psychédélique aux effets visuels saisissants et intergalactiques. Une nouvelle approche de la cosmogonie, à (vingt) mille lieues du Monde de Nemo. (G.G.)

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NOIR ET BLANC, de Claire DEVERS
(FR – 1986 – 1h24)
avec Francis Frappat, Jacques Martial, Josephine Fresson, Marc Berman…
– Antoine est un jeune homme sans histoire jusqu’au jour où il doit suivre des séances de massage. Il rencontre Dominique, masseur antillais, qui lui, se découvre sadique. Il ira jusqu’au bout de ce rapport étrange sans rien vouloir dire à personne.  

Premier long métrage de Claire Devers récompensé par une Caméra d’or à Cannes en 1986, Noir et Blanc est une libre adaptation d’une nouvelle de Tennessee Williams, Le masseur noir. Antoine, un comptable coincé dans un quotidien blafard, est envoyé dans un centre sportif pour mettre un peu d’ordre dans les comptes de l’entreprise. Pour le remercier, le gérant lui propose des séances de massage qui vont réveiller son corps endormi. Le scénario est minimaliste, quasiment aride, malgré les effluves chlorés de la piscine. Pas de psychologie non plus. Car de ce nouveau désir naissant, Antoine sait qu’il n’est ni tout noir, ni tout blanc. (G.G.) 

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L’EFFET AQUATIQUE, de Solveig ANSPACH
(FR + ISL – 2016 – 1h23)
avec Florence Loiret-Caille, Samir Guesmi, Didda Jonsdottir, Philippe Rebbot…
– Samir, la quarantaine dégingandée, grutier à Montreuil, tombe raide dingue d’Agathe. Comme elle est maître-nageuse à la piscine Maurice Thorez, il décide, pour s’en approcher, de prendre des leçons de natation avec elle, alors qu’il sait parfaitement nager. 

Un grutier sensible, une maître-nageuse veuve et revêche, un congrès international à Reykjavik où l’on débat d’hygiène corporelle, est-ce bien réaliste ? Oui et non. Avec le fameux “effet aquatique” tout s’enchaîne naturellement/ maladroitement, c’est presque réaliste, ça fait penser à des ami·es. À la fois doux et rock’n’roll, le film nous embarque dans le sillage de personnages pas si paumé·es et capte avec une grande fraîcheur le réveil amoureux, le sentiment curieux de s’intéresser à d’autres êtres humains, la joie pas si fréquente du dépaysement. Deux amis islandais devenus conseillers municipaux (un jour sur deux l’un est patron, l’autre obéit, un jour sur deux ils inversent. Quels génies.) accompagnent cette histoire sooo french ! d’un regard pragmatique et amusé, accueillent les nouveaux arrivants à bras ouverts, d’autant plus que certains se sont déjà rencontrés dans un précédent film à Montreuil et sont déjà amis. « Mais vous vous connaissez ?! Mais oui », comme dans la vraie vie. (A.B.)

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L’ÎLE AU TRESOR, de Guillaume BRAC
(FR – 2018 – 1h37)
– Un été sur une île de loisirs en région parisienne. Terrain d’aventures, de drague et de transgression pour les un·es, lieu de refuge et d’évasion pour les autres. De sa plage payante à ses recoins cachés, l’exploration d’un royaume de l’enfance, en résonance avec les tumultes du monde. 

Ce film est une merveille. Guillaume Brac fait ressentir l’été comme personne. En s’attachant à différent·es habitant·es de ce paradis miniature, nous vivons le plaisir des journées sans fin, le bruit de l’eau, la douceur du soir, l’immense joie de la resquille. Ils sont si doux ces gardiens de parc, ils savourent avec le même délice chaque excuse inventée par les jeunes fraudeurs pris en flag, chaque jour un nouveau poème offert pour eux. Courez voir cette succession d’instants de grâce, c’est sublime. (A.B.)

LA PISCINE, de Jacques DERAY
(FR + IT– 1969 – 2h04)
avec Alain Delon, Romy Schneider, Maurice Ronet, Jane Birkin…
– Jean-Paul et Marianne forment un couple idéal et coulent des jours heureux dans leur villa de Saint-Tropez, jusqu’au jour où arrive Harry, au bras de sa fille, l’incendiaire Pénélope. Ancien amant de Marianne, l’homme trouble cette vie tranquille. La tension monte. 

Film culte dans l’imaginaire hexagonal (au point de devenir récemment un objet commercial pour une grande marque de luxe), La Piscine est la première des huit collaborations entre Jacques Deray et Alain Delon. Tourné quelques mois après les événements de Mai 68 dans une magnifique villa de la presqu’île de Saint-Tropez, le film transpose les idéaux libertaires de l’époque au sein d’un couple bourgeois et désabusé qui n’a comme préoccupation que la réussite sociale. Dès le départ, l’ambiance sensuelle et délicieusement perverse de ce huis-clos palpitant est donnée. Les perles d’eau ruissellent sur le corps bronzé d’Alain Delon et le long du bikini noir mythique de Romy Schneider. Mais la présence de cette dernière au casting n’allait pas de soi ; le producteur ayant affirmé « qu’il imaginait mal Sissi l’impératrice en bikini », après avoir d’abord songé à Delphine Seyrig, Jeanne Moreau ou Monica Vitti. C’est Alain Delon lui-même qui insista pour imposer son ancienne compagne sur le tournage, sous peine de ne pas faire le film. Finalement, La Piscine, énorme succès au box-office, relança la carrière de Romy Schneider, alors dans le creux de la vague, et appartient aujourd’hui encore à l’éternité. (G.G.) 

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LE PLONGEON, de Frank PERRY
(US –1968 – VOST – 1h36)
avec Burt Lancaster, Janet Landgard, Janice Rule, Tony Bickley…
– Dans un quartier huppé du Connecticut où il a passé ses vacances d’été, Ned Merrill se met en tête de rentrer chez lui à la nage, en empruntant chaque piscine se trouvant sur son chemin. Ce parcours se transforme alors pour lui en un véritable voyage initiatique fait de rencontres et d’expériences. 

Réalisé par Frank Perry et écrit par sa femme Eleanor Perry avec qui il a collaboré sur ses plus beaux films (David & Lisa, Le Journal intime d’une femme mariée, Dernier été), The Swimmer (Le Plongeon) est un bijou du cinéma américain qui annonce l’arrivée du Nouvel Hollywood deux ans avant Easy Rider. On est ici dans un road movie (en quelque sorte) avec un protagoniste armé uniquement d’un maillot de bain qui a l’originalité de voyager de piscine en piscine dans un quartier résidentiel ! Idée qui vous inspirera peut-être pour vos prochaines vacances fauchées ; on ne pense jamais assez à voyager à côté de chez soi. Pourquoi ce cher Burt Lancaster décide-t-il de faire ça au lieu d’aller à Rulantica ? Où va-t-il ? Qui va-t-il croiser au cours de son voyage ? Vous allez devoir plonger avec lui pour trouver des réponses. À noter que Frank Perry a quitté le tournage pour différend artistique et que Sydney Pollack (connu notamment pour Tootsie) l’a remplacé pour réaliser l’une des plus grandes séquences du film. (R.B.) 

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L’INCONNU DU LAC, d’Alain GUIRAUDIE
(FR – 2013 – 1h40)
avec Pierre Deladonchamps, Christophe Paou, Patrick D’Assumçao, Jérôme Chappatte…
– L’été. Un lieu de drague pour hommes, caché au bord d’un lac. Franck tombe amoureux de Michel. Un homme beau, puissant et mortellement dangereux. Franck le sait, mais il veut vivre cette passion.

Dans son dernier livre, Alain Guiraudie s’attèle à décrire sur plus de 1 000 pages les errances d’un Rabalaïre. Ce terme occitan désigne « un mec qui va à droite, à gauche, un homme qui aime bien aller chez les gens ». Mais ce personnage entre le vagabond et le pique-assiette, toujours par monts et par vaux, traverse également l’oeuvre cinématographique de Guiraudie. Dans L’Inconnu du Lac, le réalisateur transpose son Rabalaïre dans un polar gay, sorte de Cluedo avec ou sans maillot à l’ambiance naturaliste et naturiste. Sea, sex and sun, fellations et gros silures. (G.G.)

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LE COUTEAU DANS L’EAU, de Roman POLANSKI
(POL – 1962 – VOST – 1h34)
avec Leon Niemczyk, Jolanta Umecka, Zygmunt Malanowicz…
– Andrejz et Christine, un couple fortuné, décident de partir en croisière. Sur leur chemin, ils font la rencontre d’un jeune homme sur le bord de la route à qui il et elle proposent de les suivre à bord de leur yacht. 

Il y a 20 ans, je découvrais ce film en Pologne. Plus que l’histoire, il me reste davantage des sensations d’eau, de lenteur, de tension et celle d’une photographie sublime. Pour ce premier long métrage, Polanski voulait spécifiquement cette région des lacs en Pologne. Ce décor aquatique, minimal et inquiétant, décide du sort du bateau et de ses occupant·es. Il resserre l’enjeu viril des deux ‘mâles’ et révèle le charisme du personnage féminin. Les corps en amorce de l’image repoussent les autres dans le champ, pour mieux, au final, pousser à l’eau le rival ! (N.M.)

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DIM. 30.07

Les films pour les jeunes publics (mais pas que) sont en vert

  • 10h00 | Petite salle | Les Formes de l’Eau Programme de 5 courts-métrages
    À partir de 3 ans
  • 10h30 | Grande salle | La Naissance des Pieuvres de Céline SCIAMMA (FR – 2007– 1h25)
  • 10h45 | Petite salle | Le Cadet d’Eau douce de Buster KEATON et Charles REISNER (US – 1928 – Muet – 1h10)
    Version restaurée
    À partir de 6 ans
  • 13h45 | Petite salle | Europa de Lars VON TRIER (DAN – 1991 – VOST – 1h50)
    Version restaurée
  • 14h00 | Grande salle | La Tortue rouge de Michael DUDOK DE WIT  (FR + BEL – 2016 – 1h20)
    Animation
  • 15h35 | Grande salle | Spring Breakers d’Harmony KORINE (US – 2013 – VOST – 1h34)
    Interdit aux – de 12 ans
  • 15h50 | Petite salle | Ponyo sur la Falaise de Hayao MIYAZAKI (JAP – 2009 – VF – 1h42)
    Animation
    À partir de 5 ans
  • 17h25 | Grande salle | Deep End de Jerzy SKOLIMOWSKI (ALL – 1971 – VOST – 1h31)
    Version restaurée
  • 17h45 | Petite salle | It Follows de David Robert MITCHELL (US – 2015 – VOST – 1h50)
    Interdit aux – de 12 ans
  • 19h10 | Grande salle | La Cienaga de Lucrecia MARTEL (ARG – 2001 – VOST – 1h41)
    Projection en 35 mm
  • 19h45 | Petite salle | Vincent n’a pas d’Écailles de Thomas SALVADOR (FR – 2015 – 1h17)
    précédé par Taris ou la Natation, court-métrage documentaire de Jean VIGO  (FR – 1931 – 0h11)
  • 21h05 | Grande salle | Trois Femmes de Robert ALTMAN (US – 1977 – VOST – 2h05)
  • 21h25 | Petite salle | Trois Couleurs : Bleu de Krzysztof KIESLOWSKI (FR + CH + POL – 1993 – 1h40)

La programmation en détail

Les Formes de l’Eau, de Programme de 5 courts-métrages
Un format idéal pour les 3 ans et plus et pour les premières sorties au cinéma ! Dans cette série, l’eau passera par tous ses états : de la glace aux gouttes tombant sur les parapluies, de la mer à l’eau de la piscine. Elle fait peur parfois, elle impressionne, intimide mais elle ravit le monde. (M.F.) 

– CHANSON POUR LA PLUIE de Yawen ZHENG
(CHN – 2012 – 0h08)

Alors qu’il pleut, un petit garçon rencontre un renard bien mystérieux, il l’aide à récolter de l’eau de pluie…

– CLAPOTIS de Mor ISRAELI
(FR – 2017 – 0h04)

Un après-midi d’hiver à la piscine…

– DEUX AMIS de Natalia CHERNYSHEVA
(FR – 2014 – 0h04)

Deux amis, une chenille et un têtard, grandissent dans deux environnements différents.

– SOUS LA GLACE
Réalisation collective
(FR – 2019 – 0h07)

Sur un lac, un héron pêche alors que l’hiver s’installe.

– CHEMIN D’EAU POUR UN POISSON de Mercedes MARRO
(FR – 2016 – 0h08)

Oscar dort dans sa chambre quand un brusque coup de vent le réveille. De sa fenêtre, il voit un petit poisson rouge dans une flaque d’eau sale…

LA NAISSANCE DES PIEUVRES, de Céline SCIAMMA
(FR – 2007– 1h25)
avec Pauline Acquart, Louise Blachère, Adèle Haenel, Warren Jacquin…
– L’été quand on a 15 ans. Rien à faire si ce n’est regarder le plafond. Elles sont trois : Marie, Anne, Floriane. Dans le secret des vestiaires leurs destins se croisent et le désir surgit. Si les premières fois sont inoubliables, c’est parce qu’elles n’ont pas de lois. 

2007, presque la préhistoire ! Pourtant les sensations vécues devant ce film sont encore prégnantes parce qu’elles se sont mélangées à celles vécues à l’adolescence : l’angoisse de la piscine mais surtout des vestiaires, la honte de ce corps dont on ne sait pas quoi faire serré dans un maillot, le trouble de devenir et le désir qu’on apprend, inquiet·ète, désir tapi derrière chaque parcelle de peau. Une caméra qui ne lésine pas sur les regards et sur ce qu’il se passe entre les mots. Culte. (C.B.)

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LE CADET D’EAU DOUCE, de Buster KEATON et Charles REISNER
(US – 1928 – Muet – 1h10)
avec Buster Keaton, Tom McGuire, Ernest Torrence…
– Le jeune William Canfield retrouve son père propriétaire d’un vieux bateau qui navigue sur le Mississippi. Le vieux Canfield voudrait que son fils l’aide mais William a mieux à faire, il est amoureux de Kitty, la fille d’un banquier qui possède un magnifique steamer. 

Keaton est sans égal. Dans Steamboat Bill Junior (Le Cadet d’Eau douce), comme toujours, les prouesses de l’acteur se superposent à celles du personnage. Si bien que l’invention comique se double de stupeur, décuplant son pouvoir expressif. On rit et l’on est fasciné par tant d’audace. La tempête de la dernière partie du métrage est un chef-d’oeuvre de drôlerie épique, une explosion d’énergie cinétique, plaçant ce film parmi les plus belles réussites de son auteur. Le petit homme au visage impassible est un héros inoxydable. (J.-F.P.)

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EUROPA, de Lars VON TRIER
(DAN – 1991 – VOST – 1h50)
avec Jean-Marc Barr, Barbara Sukowa, Udo Kier, Enst-Hugo Jaregard, …

– Octobre 1945. Léopold Kessler dont les parents ont fui le nazisme, découvre l’Allemagne détruite et divisée. Il souhaite contribuer à la reconstruction du vieux continent. À Francfort, son oncle qui reprend progressivement ses activités l’accueille et lui offre un emploi semblable au sien : conducteur de wagons-lits. 

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LA TORTUE ROUGE, de Michael DUDOK DE WIT
(FR + BEL – 2016 – 1h20)
– À travers l’histoire d’un naufragé sur une île déserte tropicale peuplée de tortues, de crabes et d’oiseaux, La Tortue rouge raconte les grandes étapes de la vie d’un être humain. 

Une nuit d’orage, un homme fait naufrage sur un île déserte. Une imposante tortue rouge l’empêche de s’en évader, il devient captif. Sur cette île, il découvrira la plus grande des solitudes puis bientôt, tout ce qui lui est nécessaire à survivre, à vivre, à aimer. (N.F.)

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SPRING BREAKERS, d’Harmony KORINE
(US – 2013 – VOST – 1h34)
avec James Franco, Selena Gomez, Vanessa Hudgens, Ashley Benson…
– Pour financer leur spring break, quatre filles fauchées décident de braquer un fast-food. Et ce n’est que le début… 

La rumeur dit que les étendues d’eau présentes dans le film furent remplies par les larmes des spectateurs et spectatrices lors de la première. L’audience était en effet composée majoritairement d’aficionados de Disney Channel plutôt que des Thrash Humpers et ne s’attendait peut-être pas à une telle évanescence dramaturgique. L’ouverture donne d’emblée le ton : il s’agit de faire déborder les imaginaires et les rythmiques lourdes qui peuvent accompagner l’idée de telles pauses estudiantines outre-Atlantique hyper festives et hyper consuméristes, de changer les liquides alcoolisés que l’on se jette à la figure en d’autres fluides moins ragoûtants. Le drôle de personnage de James Franco (qui ne manquera pas de proposer le remake d’un monologue des Carabiniers de Jean-Luc Godard) et son quartet féminin sont en réalité des guides vers les textures d’une culture industrielle, vue depuis l’intérieur : bleu éthéré des écrans d’ordinateurs et des piscines, rose fluorescent des accoutrements. (R.S.)

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PONYO SUR LA FALAISE, de Hayao MIYAZAKI
(JAP – 2009 – VF – 1h42)
– Alors qu’il joue sur la plage, le petit Sosuke découvre une petite fille poisson rouge nommée Ponyo, piégée dans un pot de confiture. Sosuke la sauve et décide de la garder avec lui. Le petit garçon lui promet de la protéger et de s’occuper d’elle, mais le père de Ponyo, Fujimoto la force à revenir avec lui dans les profondeurs. 

On porte un regard naïf sur un sujet complexe : celui, cher à Miyazaki, d’une confrontation entre le monde des Hommes et le monde naturel. Le réalisateur, habitué des fables écologiques, propose ici une lecture plus simplifiée qu’à son habitude : il souhaite s’adresser à des enfants et proposer une histoire dans laquelle les petit·es tiennent les premiers rôles. Simplifiée mais pas simpliste ! On est loin du monde manichéen occupé par des gentil·les et des méchant·es.
Ponyo, c’est une créature mi-enfant mi-poisson au caractère bien trempé, dotée d’un coeur pur et ayant parfois des agissements aux conséquences bien lourdes… Sosuke, c’est cet enfant solitaire mais pas farouche qui aime d’un amour tendre celles et ceux qui l’entourent. Il fait partie du monde humain qui a plutôt tendance à occuper et abimer les profondeurs aquatiques.
De leur rencontre s’en suit un voyage initiatique qui permettra à nos personnages de grandir sans jamais perdre la bonté qui les caractérise. Simple, touchante et naïve jusque dans ses traits de crayons, cette histoire vous entraînera au plus profond de l’océan dans un conte qui parvient à saisir l’absolue beauté de l’enfance. (M.F.)

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DEEP END, de Jerzy SKOLIMOWSKI
(ALL – 1971 – VOST – 1h31)
avec Jane Asher, John Moulder-Brown, Diane Dors, Karl Michael Vogler…
– Mike vient de sortir du collège et trouve un emploi dans un établissement de bains londonien. Susan, son homologue féminin, arrondit ses fins de mois en proposant ses charmes à la clientèle masculine. Amoureux jaloux de la jeune femme, Mike devient encombrant.

On sait que sauter dans le grand bain de l’âge adulte peut être d’une infinie cruauté. L’était-ce d’autant plus quand l’effervescence sixties du Swinging London s’apprêtait tout juste à se changer en souvenir candide ? Le grand cinéaste Skolimowski – qui récemment encore prenait le parti d’un âne dans Eo – aura quoiqu’il en soit préféré les murs décrépis d’une piscine de l’East End plutôt que les boutiques colorées de Soho. Mais la malice d’une époque se lit toujours dans l’inventivité des séquences. (R.S.)

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IT FOLLOWS, de David Robert MITCHELL
(US – 2015 – VOST – 1h50)
avec Maika Monroe, Keir Gilchrist, Daniel Zovatto, Jake Weary, Olivia Luccardi…
– Après une expérience sexuelle apparemment anodine, Jay se retrouve confrontée à d’étranges visions et l’inextricable impression que quelqu’un, ou quelque chose, la suit. Abasourdi·es, Jay et ses amis doivent trouver une échappatoire à la menace qui semble les rattraper… 

J’ai mis longtemps avant de voir ce film qui pourtant m’intriguait beaucoup, à commencer par une très belle affiche présentant une jeune femme dans une piscine envahie par l’obscurité. Loupé à sa sortie en salles, il me revenait souvent dans l’interminable choix de films sur les plateformes de streaming. Et puis un jour, je me suis lancé ! La bande-annonce foutait les jetons, mais j’avais peur aussi d’être déçu par un produit américain pour ados en pleine puberté. Au final, It Follows fut une énorme claque : un film subtil qui réjouira les amateur·es de frissons ! (E.H.) 

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LA CIENAGA, de Lucrecia MARTEL
(ARG – 2001 – VOST – 1h41)
avec Graciela Borges, Sylvia Bayle, Mercedes Moran…
– Dans les marécages du Nord-Ouest de l’Argentine, la chaleur suffocante se mêle aux pluies tropicales. À quelques kilomètres de la ville de La Cienaga se trouve La Mandragora, une propriété rurale dans laquelle Mecha, une cinquantenaire, passe l’été avec ses quatre enfants et un mari inexistant.

Deux cousines et leurs enfants cohabitent dans une propriété de campagne écrasée par la moiteur étouffante de l’été argentin. Le climat humide et déliquescent fait écho au délitement des rapports humains et à l’avachissement des corps fatigués noyant leur mal-être et leurs angoisses dans l’alcool au bord d’une piscine d’eau croupie. Eau qui s’insinue ici partout : des bâtiments suintants aux corps transpirants. La Cienaga est avant tout l’histoire d’une atmosphère délétère, d’une sensation d’étouffement et d’enlisement précédant un drame imminent. (C.I.)

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VINCENT N’A PAS D’ÉCAILLES, de Thomas SALVADOR
(FR – 2015 – 1h17)
avec Thomas Salvador, Vimala Pons, Youssef Hadji…
– Vincent a un pouvoir extraordinaire : sa force et ses réflexes décuplent au contact de l’eau. Pour vivre pleinement ce don, il s’installe dans une région riche en lacs et rivières, et suffisamment isolée pour préserver sa tranquillité. Lors d’une escapade aquatique, il est surpris par Lucie…

Vincent n’a pas d’écailles car Vincent n’est pas un poisson. Alors, à quoi joue Thomas Salvador, jeune et prometteur réalisateur qui signe sous ce titre énigmatique un 1er film aussi frais et ravigotant que s’écoule un paisible ruisseau de montagne ? Vincent n’a pas d’écailles et ne porte ni masque, ni cape. Pourtant, Vincent possède un super pouvoir ! Sous la forme d’un conte fantastique, à l’image du Passe-muraille de Marcel Aymé, Salvador nous emmène dans la quête d’identité d’un héros qui voit son existence très ordinaire bouleversée par un don surnaturel. (E.H.)

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TARIS OU LA NATATION, de Jean VIGO
(FR – 1931 – 0h11)
– Un documentaire sur le champion de France de natation, Jean Taris. Un court-métrage comme un terrain d’expérimentation.

Je me demande toujours si Vigo filme Taris ou l’eau qui est autour, tant le champ filmique vit de toutes parts. Bijou de recherche formelle, facétieux dans son montage, le film est aussi la première expérience sonore de Vigo. Il associe des images sophistiquées et une bande son brute faite d’un commentaire technique insipide, de bruits assourdis des mouvements de l’eau et de longs silences. Taris est une expérience esthétique onirique, surréaliste même, à mille lieues du film de commande qu’il était pourtant. Après-guerre, Franju ou Resnais proposeront d’aussi curieux objets filmiques. (J.-F.P.)

TROIS FEMMES, de Robert ALTMAN
(US – 1977 – VOST – 2h05)
avec Shelley Duvall, Sissy Spacek, Janice Rule…
– Au coeur de la Californie désertique, Pinky Rose, tout juste dix-huit ans, est engagée comme aide-soignante dans un sanatorium. Millie Lammoreaux, 25 ans, est chargée de la former. Millie prend rapidement Pinky sous sa coupe et l’invite à partager son petit appartement. 

Trois femmes, trois vies, trois personnalités, trois âges qui se croisent dans une forme de folie onirique. Ces trois protagonistes dans un stade transitionnel de leur existence sont interprétées dans toute leur complexité par de très grandes actrices. L’eau y est omniprésente dès la scène d’ouverture, elle y est parfois trouble. On y promène ses maux, on y plonge ses souffrances, elle y anime des dessins, elle y est symbole de mort, de naissance et de renaissance. Elle contraste aussi avec l’aridité des paysages californiens tout comme les couleurs bubble-gum des décors pastels et acidulés propres aux seventies, tranchent avec la gravité du sujet. (N.F.)

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TROIS COULEURS : BLEU, de Krzysztof KIESLOWSKI
(FR + CH + POL – 1993 – 1h40)
avec Juliette Binoche, Benoît Régent, Florence Pernel…
– Après la mort de son mari Patrice, un grand compositeur, et de leur fille Anna dans un accident de voiture, Julie commence une nouvelle vie, anonyme et indépendante. Olivier, l’assistant de Patrice, amoureux d’elle, tente de la sortir de son isolement en terminant une oeuvre laissée inachevée. 

Ce film est le premier de la trilogie de Kieslowski : Bleu, Blanc, Rouge. Le bleu du drapeau français représentant la liberté. Pourtant il s’agit avant tout d’une tragédie. Julie (Juliette Binoche) perd son mari, célèbre compositeur, ainsi que leur fille de 5 ans. Au bout de ce deuil grâce au temps, à l’amour et à la musique, Julie retrouve sa liberté. La photographie de ce film laisse la part belle à la couleur bleue notamment symbolisée par l’eau de l’aquarium, de la piscine. Une eau donc d’abord froide et contenue. Ce superbe film doit beaucoup à l’interprétation de Juliette Binoche qui a su se glisser dans la peau douloureuse de son personnage. (N.F.)

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LUN. 31.07

Les films pour les jeunes publics (mais pas que) sont en vert

  • 15h15 | Grande salle | Vincent n’a pas d’Écailles de Thomas SALVADOR (FR – 2015 – 1h17)
  • 15h20 | Petite salle | Breaking the Waves de Lars VON TRIER (DAN – 1996 – VOST – 2h38 )
    Version restaurée
    Interdit aux – de 12 ans
  • 16h45 | Grande salle | Le Cadet d’Eau douce de Buster KEATON et Charles REISNER (US – 1928 – Muet – 1h10)
    Version restaurée
    À partir de 6 ans
  • 18h05 | Grande salle | L’Inconnu du Lac d’Alain GUIRAUDIE (FR – 2013 – 1h40)
    Interdit aux – de 16 ans
  • 18h10 | Petite salle | Le Plongeon de Frank PERRY (US –1968 – VOST – 1h36)
  • 19h55 | Grande salle | Le Couteau dans l’Eau de Roman POLANSKI (POL – 1962 – VOST – 1h34)
    Version restaurée
  • 20h00 | Petite salle | L’Effet aquatique de Solveig ANSPACH (FR + ISL – 2016 – 1h23)
  • 21h35 | Petite salle | L’Île au Trésor documentaire de Guillaume BRAC (FR – 2018 – 1h37)
  • 21h40 | Grande salle | Le Bouton de Nacre documentaire de Patricio GUZMAN (FR + ESP – 2015 – VOST – 1h22)

La programmation en détail

VINCENT N’A PAS D’ÉCAILLES, de Thomas SALVADOR
(FR – 2015 – 1h17)
avec Thomas Salvador, Vimala Pons, Youssef Hadji…
– Vincent a un pouvoir extraordinaire : sa force et ses réflexes décuplent au contact de l’eau. Pour vivre pleinement ce don, il s’installe dans une région riche en lacs et rivières, et suffisamment isolée pour préserver sa tranquillité. Lors d’une escapade aquatique, il est surpris par Lucie…

Vincent n’a pas d’écailles car Vincent n’est pas un poisson. Alors, à quoi joue Thomas Salvador, jeune et prometteur réalisateur qui signe sous ce titre énigmatique un 1er film aussi frais et ravigotant que s’écoule un paisible ruisseau de montagne ? Vincent n’a pas d’écailles et ne porte ni masque, ni cape. Pourtant, Vincent possède un super pouvoir ! Sous la forme d’un conte fantastique, à l’image du Passe-muraille de Marcel Aymé, Salvador nous emmène dans la quête d’identité d’un héros qui voit son existence très ordinaire bouleversée par un don surnaturel. (E.H.)

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BREAKING THE WAVES, de Lars VON TRIER
(DAN – 1996 – VOST – 2h38 )
avec Emily Watson, Stellan Skarsgard, Katrin Cartlidge, Jean-Marc Barr…
– Au début des années 70, Bess tombe amoureuse de Jan, un homme d’âge mûr qui travaille sur une plateforme pétrolière. Malgré l’opposition de leur entourage, ils se marient. Quand survient une distance forcée, Bess se voit convaincue que leur amour est béni. Se retrouvant paralysé, Jan réussit à la convaincre qu’elle peut l’aider à guérir en se donnant à d’autres hommes. 

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LE CADET D’EAU DOUCE, de Buster KEATON et Charles REISNER
(US – 1928 – Muet – 1h10)
avec Buster Keaton, Tom McGuire, Ernest Torrence…
– Le jeune William Canfield retrouve son père propriétaire d’un vieux bateau qui navigue sur le Mississippi. Le vieux Canfield voudrait que son fils l’aide mais William a mieux à faire, il est amoureux de Kitty, la fille d’un banquier qui possède un magnifique steamer. 

Keaton est sans égal. Dans Steamboat Bill Junior (Le Cadet d’Eau douce), comme toujours, les prouesses de l’acteur se superposent à celles du personnage. Si bien que l’invention comique se double de stupeur, décuplant son pouvoir expressif. On rit et l’on est fasciné par tant d’audace. La tempête de la dernière partie du métrage est un chef-d’oeuvre de drôlerie épique, une explosion d’énergie cinétique, plaçant ce film parmi les plus belles réussites de son auteur. Le petit homme au visage impassible est un héros inoxydable. (J.-F.P.)

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L’INCONNU DU LAC, d’Alain GUIRAUDIE
(FR – 2013 – 1h40)
avec Pierre Deladonchamps, Christophe Paou, Patrick D’Assumçao, Jérôme Chappatte…
– L’été. Un lieu de drague pour hommes, caché au bord d’un lac. Franck tombe amoureux de Michel. Un homme beau, puissant et mortellement dangereux. Franck le sait, mais il veut vivre cette passion.

Dans son dernier livre, Alain Guiraudie s’attèle à décrire sur plus de 1 000 pages les errances d’un Rabalaïre. Ce terme occitan désigne « un mec qui va à droite, à gauche, un homme qui aime bien aller chez les gens ». Mais ce personnage entre le vagabond et le pique-assiette, toujours par monts et par vaux, traverse également l’oeuvre cinématographique de Guiraudie. Dans L’Inconnu du Lac, le réalisateur transpose son Rabalaïre dans un polar gay, sorte de Cluedo avec ou sans maillot à l’ambiance naturaliste et naturiste. Sea, sex and sun, fellations et gros silures. (G.G.)

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LE PLONGEON, de Frank PERRY
(US –1968 – VOST – 1h36)
avec Burt Lancaster, Janet Landgard, Janice Rule, Tony Bickley…
– Dans un quartier huppé du Connecticut où il a passé ses vacances d’été, Ned Merrill se met en tête de rentrer chez lui à la nage, en empruntant chaque piscine se trouvant sur son chemin. Ce parcours se transforme alors pour lui en un véritable voyage initiatique fait de rencontres et d’expériences. 

Réalisé par Frank Perry et écrit par sa femme Eleanor Perry avec qui il a collaboré sur ses plus beaux films (David & Lisa, Le Journal intime d’une femme mariée, Dernier été), The Swimmer (Le Plongeon) est un bijou du cinéma américain qui annonce l’arrivée du Nouvel Hollywood deux ans avant Easy Rider. On est ici dans un road movie (en quelque sorte) avec un protagoniste armé uniquement d’un maillot de bain qui a l’originalité de voyager de piscine en piscine dans un quartier résidentiel ! Idée qui vous inspirera peut-être pour vos prochaines vacances fauchées ; on ne pense jamais assez à voyager à côté de chez soi. Pourquoi ce cher Burt Lancaster décide-t-il de faire ça au lieu d’aller à Rulantica ? Où va-t-il ? Qui va-t-il croiser au cours de son voyage ? Vous allez devoir plonger avec lui pour trouver des réponses. À noter que Frank Perry a quitté le tournage pour différend artistique et que Sydney Pollack (connu notamment pour Tootsie) l’a remplacé pour réaliser l’une des plus grandes séquences du film. (R.B.) 

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LE COUTEAU DANS L’EAU, de Roman POLANSKI
(POL – 1962 – VOST – 1h34)
avec Leon Niemczyk, Jolanta Umecka, Zygmunt Malanowicz…
– Andrejz et Christine, un couple fortuné, décident de partir en croisière. Sur leur chemin, ils font la rencontre d’un jeune homme sur le bord de la route à qui il et elle proposent de les suivre à bord de leur yacht. 

Il y a 20 ans, je découvrais ce film en Pologne. Plus que l’histoire, il me reste davantage des sensations d’eau, de lenteur, de tension et celle d’une photographie sublime. Pour ce premier long métrage, Polanski voulait spécifiquement cette région des lacs en Pologne. Ce décor aquatique, minimal et inquiétant, décide du sort du bateau et de ses occupant·es. Il resserre l’enjeu viril des deux ‘mâles’ et révèle le charisme du personnage féminin. Les corps en amorce de l’image repoussent les autres dans le champ, pour mieux, au final, pousser à l’eau le rival ! (N.M.)

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L’EFFET AQUATIQUE, de Solveig ANSPACH
(FR + ISL – 2016 – 1h23)
avec Florence Loiret-Caille, Samir Guesmi, Didda Jonsdottir, Philippe Rebbot…
– Samir, la quarantaine dégingandée, grutier à Montreuil, tombe raide dingue d’Agathe. Comme elle est maître-nageuse à la piscine Maurice Thorez, il décide, pour s’en approcher, de prendre des leçons de natation avec elle, alors qu’il sait parfaitement nager. 

Un grutier sensible, une maître-nageuse veuve et revêche, un congrès international à Reykjavik où l’on débat d’hygiène corporelle, est-ce bien réaliste ? Oui et non. Avec le fameux “effet aquatique” tout s’enchaîne naturellement/ maladroitement, c’est presque réaliste, ça fait penser à des ami·es. À la fois doux et rock’n’roll, le film nous embarque dans le sillage de personnages pas si paumé·es et capte avec une grande fraîcheur le réveil amoureux, le sentiment curieux de s’intéresser à d’autres êtres humains, la joie pas si fréquente du dépaysement. Deux amis islandais devenus conseillers municipaux (un jour sur deux l’un est patron, l’autre obéit, un jour sur deux ils inversent. Quels génies.) accompagnent cette histoire sooo french ! d’un regard pragmatique et amusé, accueillent les nouveaux arrivants à bras ouverts, d’autant plus que certains se sont déjà rencontrés dans un précédent film à Montreuil et sont déjà amis. « Mais vous vous connaissez ?! Mais oui », comme dans la vraie vie. (A.B.)

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L’ÎLE AU TRESOR, de Guillaume BRAC
(FR – 2018 – 1h37)
– Un été sur une île de loisirs en région parisienne. Terrain d’aventures, de drague et de transgression pour les un·es, lieu de refuge et d’évasion pour les autres. De sa plage payante à ses recoins cachés, l’exploration d’un royaume de l’enfance, en résonance avec les tumultes du monde. 

Ce film est une merveille. Guillaume Brac fait ressentir l’été comme personne. En s’attachant à différent·es habitant·es de ce paradis miniature, nous vivons le plaisir des journées sans fin, le bruit de l’eau, la douceur du soir, l’immense joie de la resquille. Ils sont si doux ces gardiens de parc, ils savourent avec le même délice chaque excuse inventée par les jeunes fraudeurs pris en flag, chaque jour un nouveau poème offert pour eux. Courez voir cette succession d’instants de grâce, c’est sublime. (A.B.)

LE BOUTON DE NACRE, de Patricio GUZMAN
(FR + ESP – 2015 – VOST – 1h22)
– Le Bouton de Nacre est une histoire sur l’eau, le Cosmos et nous. Elle part de deux mystérieux boutons découverts au fond de l’Océan Pacifique. À travers leur histoire, nous entendons des paroles… Certains disent que l’eau a une mémoire. Ce film montre qu’elle a aussi une voix. 

« Nous sommes tous les ruisseaux d’une seule eau. » Dès ces premiers mots, nous sommes rattaché·es à l’incommensurable. Mais que peut-on écrire quand un film génère, tant par son intelligence que par sa beauté formelle et son humanité, une émotion telle que seules les larmes peuvent l’exprimer et remercier la puissance de ce regard porté au réel ? Patricio Guzman écrit ses films comme des fictions, il nous raconte son pays et le peuple chilien qu’il aime. De film en film, il fait renaître les liens entre l’univers, les vivant·es et les mort·es. Ici, il y tisse les formes de l’eau et des larmes. (N.M.)

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MAR. 01.08

Les films pour les jeunes publics (mais pas que) sont en vert

  • 15h45 | Grande salle | La Cienaga de Lucrecia MARTEL (ARG – 2001 – VOST – 1h41)
    Projection en 35 mm
  • 15h50 | Petite salle | La Tortue rouge de Michael DUDOK DE WIT (FR + BEL – 2016 – 1h20)
    Animation
  • 17h20 | Petite salle | Trois Femmes de Robert ALTMAN (US – 1977 – VOST – 2h05)
  • 17h40 | Grande salle | Trois Couleurs : Bleu de Krzysztof KIESLOWSKI (FR + CH + POL – 1993 – 1h40)
  • 19h30 | Grande salle | La Naissance des Pieuvres de Céline SCIAMMA (FR – 2007– 1h25)
    précédé par Taris ou la Natation, court-métrage documentaire de Jean VIGO (FR – 1931 – 0h11)
  • 19h40 | Petite salle | Noir et Blanc de Claire DEVERS (FR – 1986 – 1h24)
    Version restaurée
  • 21h15 | Petite salle | Spring Breakers d’Harmony KORINE (US – 2013 – VOST – 1h34)
    Interdit aux – de 12 ans
  • 21h20 | Grande salle | Deep End de Jerzy SKOLIMOWSKI (ALL – 1971 – VOST – 1h31)
    Version restaurée

La programmation en détail

LA CIENAGA, de Lucrecia MARTEL
(ARG – 2001 – VOST – 1h41)
avec Graciela Borges, Sylvia Bayle, Mercedes Moran…
– Dans les marécages du Nord-Ouest de l’Argentine, la chaleur suffocante se mêle aux pluies tropicales. À quelques kilomètres de la ville de La Cienaga se trouve La Mandragora, une propriété rurale dans laquelle Mecha, une cinquantenaire, passe l’été avec ses quatre enfants et un mari inexistant.

Deux cousines et leurs enfants cohabitent dans une propriété de campagne écrasée par la moiteur étouffante de l’été argentin. Le climat humide et déliquescent fait écho au délitement des rapports humains et à l’avachissement des corps fatigués noyant leur mal-être et leurs angoisses dans l’alcool au bord d’une piscine d’eau croupie. Eau qui s’insinue ici partout : des bâtiments suintants aux corps transpirants. La Cienaga est avant tout l’histoire d’une atmosphère délétère, d’une sensation d’étouffement et d’enlisement précédant un drame imminent. (C.I.)

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LA TORTUE ROUGE, de Michael DUDOK DE WIT
(FR + BEL – 2016 – 1h20)
– À travers l’histoire d’un naufragé sur une île déserte tropicale peuplée de tortues, de crabes et d’oiseaux, La Tortue rouge raconte les grandes étapes de la vie d’un être humain. 

Une nuit d’orage, un homme fait naufrage sur un île déserte. Une imposante tortue rouge l’empêche de s’en évader, il devient captif. Sur cette île, il découvrira la plus grande des solitudes puis bientôt, tout ce qui lui est nécessaire à survivre, à vivre, à aimer. (N.F.)

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TROIS FEMMES, de Robert ALTMAN
(US – 1977 – VOST – 2h05)
avec Shelley Duvall, Sissy Spacek, Janice Rule…
– Au coeur de la Californie désertique, Pinky Rose, tout juste dix-huit ans, est engagée comme aide-soignante dans un sanatorium. Millie Lammoreaux, 25 ans, est chargée de la former. Millie prend rapidement Pinky sous sa coupe et l’invite à partager son petit appartement. 

Trois femmes, trois vies, trois personnalités, trois âges qui se croisent dans une forme de folie onirique. Ces trois protagonistes dans un stade transitionnel de leur existence sont interprétées dans toute leur complexité par de très grandes actrices. L’eau y est omniprésente dès la scène d’ouverture, elle y est parfois trouble. On y promène ses maux, on y plonge ses souffrances, elle y anime des dessins, elle y est symbole de mort, de naissance et de renaissance. Elle contraste aussi avec l’aridité des paysages californiens tout comme les couleurs bubble-gum des décors pastels et acidulés propres aux seventies, tranchent avec la gravité du sujet. (N.F.)

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TROIS COULEURS : BLEU, de Krzysztof KIESLOWSKI
(FR + CH + POL – 1993 – 1h40)
avec Juliette Binoche, Benoît Régent, Florence Pernel…
– Après la mort de son mari Patrice, un grand compositeur, et de leur fille Anna dans un accident de voiture, Julie commence une nouvelle vie, anonyme et indépendante. Olivier, l’assistant de Patrice, amoureux d’elle, tente de la sortir de son isolement en terminant une oeuvre laissée inachevée. 

Ce film est le premier de la trilogie de Kieslowski : Bleu, Blanc, Rouge. Le bleu du drapeau français représentant la liberté. Pourtant il s’agit avant tout d’une tragédie. Julie (Juliette Binoche) perd son mari, célèbre compositeur, ainsi que leur fille de 5 ans. Au bout de ce deuil grâce au temps, à l’amour et à la musique, Julie retrouve sa liberté. La photographie de ce film laisse la part belle à la couleur bleue notamment symbolisée par l’eau de l’aquarium, de la piscine. Une eau donc d’abord froide et contenue. Ce superbe film doit beaucoup à l’interprétation de Juliette Binoche qui a su se glisser dans la peau douloureuse de son personnage. (N.F.)

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LA NAISSANCE DES PIEUVRES, de Céline SCIAMMA
(FR – 2007– 1h25)
avec Pauline Acquart, Louise Blachère, Adèle Haenel, Warren Jacquin…
– L’été quand on a 15 ans. Rien à faire si ce n’est regarder le plafond. Elles sont trois : Marie, Anne, Floriane. Dans le secret des vestiaires leurs destins se croisent et le désir surgit. Si les premières fois sont inoubliables, c’est parce qu’elles n’ont pas de lois. 

2007, presque la préhistoire ! Pourtant les sensations vécues devant ce film sont encore prégnantes parce qu’elles se sont mélangées à celles vécues à l’adolescence : l’angoisse de la piscine mais surtout des vestiaires, la honte de ce corps dont on ne sait pas quoi faire serré dans un maillot, le trouble de devenir et le désir qu’on apprend, inquiet·ète, désir tapi derrière chaque parcelle de peau. Une caméra qui ne lésine pas sur les regards et sur ce qu’il se passe entre les mots. Culte. (C.B.)

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TARIS OU LA NATATION, de Jean VIGO
(FR – 1931 – 0h11)
– Un documentaire sur le champion de France de natation, Jean Taris. Un court-métrage comme un terrain d’expérimentation.

Je me demande toujours si Vigo filme Taris ou l’eau qui est autour, tant le champ filmique vit de toutes parts. Bijou de recherche formelle, facétieux dans son montage, le film est aussi la première expérience sonore de Vigo. Il associe des images sophistiquées et une bande son brute faite d’un commentaire technique insipide, de bruits assourdis des mouvements de l’eau et de longs silences. Taris est une expérience esthétique onirique, surréaliste même, à mille lieues du film de commande qu’il était pourtant. Après-guerre, Franju ou Resnais proposeront d’aussi curieux objets filmiques. (J.-F.P.)

NOIR ET BLANC, de Claire DEVERS
(FR – 1986 – 1h24)
avec Francis Frappat, Jacques Martial, Josephine Fresson, Marc Berman…
– Antoine est un jeune homme sans histoire jusqu’au jour où il doit suivre des séances de massage. Il rencontre Dominique, masseur antillais, qui lui, se découvre sadique. Il ira jusqu’au bout de ce rapport étrange sans rien vouloir dire à personne. 

Premier long métrage de Claire Devers récompensé par une Caméra d’or à Cannes en 1986, Noir et Blanc est une libre adaptation d’une nouvelle de Tennessee Williams, Le masseur noir. Antoine, un comptable coincé dans un quotidien blafard, est envoyé dans un centre sportif pour mettre un peu d’ordre dans les comptes de l’entreprise. Pour le remercier, le gérant lui propose des séances de massage qui vont réveiller son corps endormi. Le scénario est minimaliste, quasiment aride, malgré les effluves chlorés de la piscine. Pas de psychologie non plus. Car de ce nouveau désir naissant, Antoine sait qu’il n’est ni tout noir, ni tout blanc. (G.G.) 

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SPRING BREAKERS, d’Harmony KORINE
(US – 2013 – VOST – 1h34)
avec James Franco, Selena Gomez, Vanessa Hudgens, Ashley Benson…
– Pour financer leur spring break, quatre filles fauchées décident de braquer un fast-food. Et ce n’est que le début… 

La rumeur dit que les étendues d’eau présentes dans le film furent remplies par les larmes des spectateurs et spectatrices lors de la première. L’audience était en effet composée majoritairement d’aficionados de Disney Channel plutôt que des Thrash Humpers et ne s’attendait peut-être pas à une telle évanescence dramaturgique. L’ouverture donne d’emblée le ton : il s’agit de faire déborder les imaginaires et les rythmiques lourdes qui peuvent accompagner l’idée de telles pauses estudiantines outre-Atlantique hyper festives et hyper consuméristes, de changer les liquides alcoolisés que l’on se jette à la figure en d’autres fluides moins ragoûtants. Le drôle de personnage de James Franco (qui ne manquera pas de proposer le remake d’un monologue des Carabiniers de Jean-Luc Godard) et son quartet féminin sont en réalité des guides vers les textures d’une culture industrielle, vue depuis l’intérieur : bleu éthéré des écrans d’ordinateurs et des piscines, rose fluorescent des accoutrements. (R.S.)

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DEEP END, de Jerzy SKOLIMOWSKI
(ALL – 1971 – VOST – 1h31)
avec Jane Asher, John Moulder-Brown, Diane Dors, Karl Michael Vogler…
– Mike vient de sortir du collège et trouve un emploi dans un établissement de bains londonien. Susan, son homologue féminin, arrondit ses fins de mois en proposant ses charmes à la clientèle masculine. Amoureux jaloux de la jeune femme, Mike devient encombrant.

On sait que sauter dans le grand bain de l’âge adulte peut être d’une infinie cruauté. L’était-ce d’autant plus quand l’effervescence sixties du Swinging London s’apprêtait tout juste à se changer en souvenir candide ? Le grand cinéaste Skolimowski – qui récemment encore prenait le parti d’un âne dans Eo – aura quoiqu’il en soit préféré les murs décrépis d’une piscine de l’East End plutôt que les boutiques colorées de Soho. Mais la malice d’une époque se lit toujours dans l’inventivité des séquences. (R.S.)

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