Sailor et Lula, deux jeunes amoureux, fuient Marietta, la mère de la jeune fille qui s’oppose à leurs amours, ainsi que toute une série de personnages dangereux et mystérieux qui les menacent. L’amour triomphera-t-il de la violence qui les entoure ?
Palme d’or 1990 au Festival de Cannes, Sailor et Lula sort en salles presque simultanément à la diffusion télévisée de la série Twin Peaks. Avec ce road movie somnambulique dominé par de nombreuses ruptures de ton, David Lynch adapte le roman de Barry Gifford, qui retravaillera quelques années plus tard avec lui sur le scénario de Lost Highway. Puissant, lyrique et violent, l’amour passionnel qui lie les deux personnages principaux est le fil conducteur d’un récit émaillé d’apparitions déjantées : Perdita Durango, incarnée par une exceptionnelle Isabella Rossellini, et l’inquiétant Bobby Peru, alias Willem Dafoe, toujours aussi brillant. Dans les rôles titres, Nicolas Cage, avec sa veste en peau de serpent, vit alors la meilleure période de sa carrière (après Birdy, Peggy Sue s’est mariée ou Arizona Junior, notamment) et Laura Dern trouve, elle, son premier grand rôle après dix ans d’un parcours cinématographique déjà marqué par sa présence dans Blue Velvet. Plongée inquiétante au cœur de l’Amérique de la toute fin des années 80, entre La Nouvelle-Orléans et Big Tuna, Texas, Sailor et Lula est hanté par les réminiscences du Magicien d’Oz. Et sa noirceur entêtante, portée par une bande originale solide, annonce les grands films de Lynch des années 90.
-Bernard Payen pour La Cinémathèque Française.
Séance présentée par Cécile Becker, directrice et membre du Conseil de programmation du Cosmos.
Projection dans le cadre de notre rétrospective dédiée à Nicolas Cage