Kirikou naît dans un village d’Afrique sur lequel la sorcière Karaba, entourée de ses redoutables fétiches, a jeté un terrible sort : la source est asséchée, les villageois rançonnés, les hommes sont kidnappés et disparaissent mystérieusement. Kirikou, sitôt sorti du ventre de sa mère, veut délivrer le village de l’emprise maléfique de Karaba et découvrir le secret de sa méchanceté.
Kirikou et la sorcière est un conte humaniste, mais jamais moralisateur. On échappe à la vision souvent très manichéenne des contes, et ici la frontière entre le bien et le mal n’est pas si simple. C’est en ceci que réside le message fondamental du film : la source de la méchanceté est bien souvent la souffrance, et un retour en arrière est possible. Mais il faut pour cela aller à la rencontre de l’autre et tenter de le comprendre. C’est en surmontant ses préjugés que Kirikou deviendra un homme. Dans ce récit initiatique, une place importante est faite à la superstition et à ses dangers. Kirikou a un esprit indépendant et n’accepte pas ce qu’il ne voit pas. Audacieux, il va même jusqu’à utiliser la crédulité de la sorcière pour lui jouer des tours !
-Benshi
Précédé d’un avant-programme, Phantasma de Sophie Desgeorge, issu de la collection MIRA (FR | 5 min.)
Rentrant d’un long voyage, Marc retrouve à Berlin sa femme Anna et son fils, Bob. Mais rapidement, il se rend compte que le comportement de sa femme a changé. Prise de violentes crises, elle quitte le domicile. L’amie du couple, Annie, révèle à Marc le nom de l’amant d’Anna, Heinrich. Lorsqu’elle disparaît, Marc engage un détective qui découvre bientôt qu’Anna s’est réfugiée dans une étrange demeure où semble se cacher une créature surgie des ténèbres…
Tourbillon d’émotions et de visions dérangeantes, Possession sonde l’implosion d’un couple à grands coups de disputes houleuses et de mutilations physiques. Derrière une expérience sensorielle intense, une sombre histoire de désespoir et d’amour fou au climat de paranoïa suffocant et à la mise en scène viscérale. Le cauchemar onirique de Żuławski, magistralement incarné par Isabelle Adjani, prix d’interprétation féminine à Cannes et César de la meilleure actrice.
-La Cinémathèque
Interdit aux – de 16 ans
1988, l’Angleterre de Margaret Thatcher. Jean, professeure d’éducation physique, est obligée de cacher son homosexualité, surtout depuis le vote d’une loi stigmatisant la communauté gay. C’est sans compter sur une nouvelle étudiante qui menace de révéler son secret…
Le premier film de Georgia Oakley, nommé aux BAFTA, relate l’histoire captivante de la double vie d’une femme lesbienne à l’époque de Thatcher. La prestation discrète et poignante de Rosy McEwen traduit avec une grande profondeur émotionnelle l’âpreté de sa lutte pour demeurer fidèle à elle-même.
-MUBI
Tout le monde s’entendait pour dire que Cassie était une jeune femme pleine d’avenir…jusqu’à ce qu’un évènement inattendu ne vienne tout bouleverser. Mais rien dans la vie de Cassie n’est en fait conforme aux apparences : elle mène une double vie dès la nuit tombée. Au cours de cette aventure passionnante, une rencontre inattendue va donner l’opportunité à Cassie de racheter les erreurs de son passé.
Vue en actrice notamment dans la série The Crown, et productrice-scénariste de la série Killing Eve, Emerald Fennell marque ici ses premiers pas comme scénariste et réalisatrice, avec à la clé l’Oscar du meilleur scénario original. Et ce premier film avec un gros casting de seconds rôles (Bo Burnham, Alison Brie, Connie Britton, Alfred Molina, Adam Brody, Laverne Cox) mérite le détour.
-Écran Large
Tous publics avec avertissement
Deux jeunes femmes vivent à Paris en 1962. Pauline (17 ans), étudiante, rêve de quitter sa famille pour devenir chanteuse. Suzanne (22 ans) s’occupe de ses deux enfants et fait face au drame du suicide de leur père. La vie les sépare ; chacune vit son combat de femme. Pauline devient chanteuse dans un groupe militant et itinérant après avoir vécu une union difficile en Iran. Suzanne sort peu à peu de sa misère et travaille au Planning familial…
Chronique des luttes pour le droit à l’avortement, L’une chante, l’autre pas est le long métrage de Varda le plus ouvertement engagé en faveur de la liberté des femmes à disposer de leur corps. Détournant la forme de la comédie musicale, il met en scène l’émancipation de deux amies très différentes mais toujours solidaires.
-La Cinémathèque
Un menuisier aime sa femme, ses enfants et la nature. Ensuite il rencontre une autre femme, une postière, qui ajoute du bonheur à son bonheur. Toujours très amoureux de sa femme, il ne veut pas se priver, ni se cacher, ni mentir.
Le Bonheur est une fable ambivalente sur le couple : un film aux couleurs chaudes… laissant une impression glaçante. Malgré l’interdiction aux moins de 18 ans et un blâme de l’Église catholique, beaucoup n’ont pas compris son caractère transgressif à sa sortie. La substitution de l’épouse par la maîtresse crée pourtant un malaise, l’impression d’un « beau fruit véreux ». Entre le détournement de l’imagerie de la femme au foyer des magazines « féminins », les touches renoiriennes et les aplats matissiens, Varda réalise un tableau de la famille où quelque chose ne tourne pas rond.
-La Cinémathèque
Séances précédées du court métrage Réponse de femmes d’Agnès Varda
(FR | 1975 | 8 min)
A la question » Qu’est ce qu’une femme ? » posée par une chaîne de télévision, quelques femmes cinéastes ont répondu, dont Agnès. Son court-métrage a un sous-titre » Notre corps, notre sexe « . A l’écran, une femme enceinte et nue, dansant et riant à pleine gorge, a suscité des réclamations écrites à Antenne 2. D’autres disent le désir, ou pas, d’avoir des enfants.
C’est l’histoire d’une petite fille différente. Son monde, c’est Coyoacan au Mexique. Pétillante, vibrante, tout l’intéresse. Et lorsque les épreuves se présentent, elle leur fait face grâce à un imaginaire débordant. Cette petite fille s’appelle Frida Kahlo !
Les cinéastes d’animation André Kadi et Karine Vézina s’emparent d’une période moins connue de l’histoire de Frida Kahlo : son enfance. Grâce à son carnet intime composé à la fois d’écrits et de dessins, d’une documentation et de rencontres, ils retracent quelques années clés de la vie de l’artiste. Hola Frida nous invite ainsi dans la vie d’une artiste en herbe. On y découvre une enfant sensible, originale, débordante de curiosité et d’intelligence. A ses côtés, son affectueuse petite soeur et ses parents aimants la soutiennent dans les épreuves à traverser. Alors qu’elle n’a que six ans, Frida contracte la poliomyélite, une maladie grave qui la contraint à rester alitée et déforme sa jambe. Elle rêve, imagine, se dédouble. Malgré les moqueries qu’elle doit supporter lorsqu’elle est à nouveau sur pied, la petite Frida semble prête à gravir toutes les montagnes. Défiée ou portée par les figures qu’elle croise ou invente en son for intérieur – les ancestrales zapotèques, Cocijo, Dieu de la pluie et du vent, un double qui lui ressemble, La Muerte qui rôde -, Frida navigue entre réel et imaginaire et parvient à créer des chemins de traverse face à l’adversité. Les mondes chatoyants qui sont les siens envahissent l’esthétique du film.
– Benshi
Un nouveau bingo pour accompagner le nouveau cycle : Female Rage !
Munissez-vous d’une ou plusieurs grilles : une ligne, une colonne et une grille, c’est BINGO ! Participez à tous les jeux créés spécialement pour l’occasion, tournant évidemment autour du cinéma… En plus de passer un waouh moment, vous soutenez Le Cosmos et gagnez tout un tas de lots ! Elle est pas belle la vie ?
Règles : une seule manche de bingo, entrecoupée de jeux, sont gagnables : 2 lignes, 2 colonnes et une seule grille. Entrée : 1 grille minimum = 3 € (mais vous pouvez en prendre autant que vous voulez !)
Les grilles sont réservables et sont désormais achetables sur notre site Internet. (Quantité sélectionnable sur la plateforme de réservation, dans « mon panier » après avoir pris une place pour le Bingo). Pour des raisons d’organisation, merci de ne pas réserver de places sans prendre de grille.
Chihiro est en route vers sa nouvelle demeure en compagnie de ses parents. Au cours du voyage, la famille fait une halte dans un parc à thème qui leur paraît délabré. Lors de la visite, les parents s’arrêtent dans un des bâtiments pour déguster quelques mets très appétissants, apparus comme par enchantement. Hélas cette nourriture les transforme en porcs. Prise de panique, Chihiro s’enfuit et se retrouve seule dans cet univers fantasmagorique ; elle rencontre alors l’énigmatique Haku, son seul allié dans cette terrible épreuve…
Le Voyage de Chihiro est peut-être le plus beau des films de Hayao Miyazaki. Chihiro, cette fillette de 10 ans assise à l’arrière de la voiture de ses parents nous touche dès les premières images du film, par sa tristesse provoquée par un déménagement qu’elle n’a pas choisi. Mais sa fragilité apparente et son manque d’assurance cachent un grand courage dont elle ignore encore l’existence. Un merveilleux voyage initiatique l’attend. C’est grâce à sa sensibilité qu’elle trouvera la force de surmonter les épreuves. Hayao Miyazaki part d’un schéma classique, le passage d’un monde à l’autre, pour parler de la difficulté de grandir et nous faire découvrir dans un univers foisonnant la galerie de créatures étranges qui peuplent l’univers fantastique japonais. Sans jamais nous sortir de notre émerveillement, la traversée du monde des esprits par Chihiro donne une vision critique de la société occidentale, à travers le prisme de la mythologie japonaise mais aussi celui de l’imaginaire médiéval européen. Le grand maître du cinéma d’animation nippon parvient une fois de plus à nous émouvoir, au moyen d’un soin extrême apporté dans le dessin aux expressions des personnages. La musique de Joe Hisaishi, très délicate, vient parfaire ce chef-d’œuvre contenant des rencontres improbables, parmi les plus belles jamais vues dans un dessin animé.
-Benshi
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Vienne subit une détérioration drastique de ses conditions sociales en raison d’une crise économique, et les habitants d’un bidonville luttent pour survivre au milieu de la cupidité et de l’exploitation. La prostitution dans les endroits fréquentés par des riches reste la seule solution pour survivre. Une jeune femme dans le besoin se laisse tenter par une entremetteuse…
Asta Nielsen, Greta Garbo, deux femmes, deux visages que personne ne peut plus oublier. L’un est l’aboutissement de toute une tradition qui marque profondément l’avenir du cinéma. L’autre est le reflet d’un art d’une pureté extrême qui illumina l’art cinématographique mondial. Le visage d’Asta Nielsen est toute intelligence, toute science, et son masque blafard est inséparable du souvenir de Cesare le somnambule.
-Tamasa
Un ciné-concert sur La Rue sans Joie par PPaulus vous est proposé le 01/02, plus d’informations en cliquant ici.
AVERTISSEMENT :La Rue sans joie est un film silencieux, donc sans sons ni musiques d’accompagnements.
Poil est une petite fille élevée par un puissant dragon. Mais lorsque son père doit payer la Sorcenouille de son deuxième bien le plus précieux, c’est Poil qu’il offre, plongeant sa fille dans une infinie tristesse et l’obligeant à fuir la grotte familiale. Poil se lance alors dans un voyage à la découverte du monde des hommes. À leur contact, elle apprendra l’amitié, la solidarité, mais aussi la cupidité qui semble ronger le cœur des hommes.
Les contes traditionnels n’en finissent pas d’offrir de nouvelles lectures et après Shrek, l’ogre au grand cœur, c’est au tour du dragon de révéler l’une de ses facettes méconnues : son instinct paternel. La fille de notre dragon, Poil, ne ressemble pas à ses frères et si elle n’avait prouvé à son père qu’elle pouvait voler grâce à ses cheveux et cracher du feu comme lui, il l’aurait bien abandonnée, tant il se méfie des humains. Poil ressemble beaucoup à la petite Ponyo de Ponyo sur la falaise (2008) d’Hayao Miyazaki. Comme elle, Poil est une créature qui a des attributs humains mais appartient à un univers fantastique ; elle est sensible à l’équilibre naturel du monde et protège les animaux face à la cruauté et à la cupidité des hommes. Elle trouve des alliées auprès des femmes qu’elle rencontre, à commencer par une petite princesse qui va devenir son amie, la nourrice de celle-ci ou encore sa mère.
Traits fins, tons pastels, les images de ce dessin animé en deux dimensions enchantent au moins autant que son propos subtilement engagé : ainsi, dans cette histoire, la cupidité et l’esprit belliqueux des hommes sont vaincus par des valeurs positives, comme l’entraide et l’empathie, portées par les femmes, qui permettront l’avènement d’une société harmonieuse.
-Benshi
Delphine Seyrig s’entretient avec vingt-quatre actrices françaises et américaines sur leurs expériences professionnelles en tant que femmes, leurs rôles et leurs rapports avec les metteurs en scène, les réalisateurs et les équipes techniques. Bilan collectif plutôt négatif en 1976 sur une profession qui ne permet que des rôles stéréotypés et aliénants.
Le parcours de vie de Carole de Kalbermatten, valaisanne de bonne famille qui, à 21 ans, gagne Paris où elle rencontre Paul Roussopoulos. Le film a pour centre son travail de pionnière de la vidéo et pour périphérie son couple, l’amour comme source d’énergie permanente, une incessante complicité créatrice, la politique, la découverte des premiers outils de la vidéo, Jean Genet, la Palestine, le militantisme, la cause des femmes et des plus démunis. Archives et paroles de ses proches d’hier et d’aujourd’hui alternent avec des extraits de ses films, témoignages des luttes sociales et des émancipations des minorités.
Séances accompagnées du court métrage Pionnières et Dictionnaires du cinéma – 1900-1960 de Carole Roussopoulos, Ioana Wieder et Nicole Fernandez Ferrer.
(FR | 1984 | 7min)
Carole Roussopoulos réalise ce documentaire sur les réalisatrices de cinéma de 1900 à 1960, réalisé à l’aide de photos d’archives et de citations tirées des dictionnaires de cinéma suivants : Dictionnaire du cinéma de Jean Talard, éditions Robert Laffont et Dictionnaire des cinéastes de Georges Sadoul, Éditions du Seuil.
Détournement humoristique par le collectif Les Insoumuses d’une émission de Bernard Pivot avec Françoise Giroud, alors secrétaire d’État à la condition féminine.
Séances précédées par le court métrage Qui a peur des amazones de Carole Roussopoulos
(CH | 2011 | 27 min)
La communauté lesbienne de Genève porte bien son nom – Lestime -, comme une affirmation de fierté, d’ouverture, et aussi de force. Ce film propose de nombreux témoignages sur le fait d’être lesbienne aujourd’hui, avec comme fil rouge, le très beau spectacle de Catherine Gaillard, «Les Amazones». Les témoignages directs de celles qui sont en première ligne pour défendre les droits des lesbiennes, leur représentativité, leur visibilité sont leur contribution pour faire changer les mentalités au sein de la famille, de l’école, et du monde du travail, afin que les lesbiennes puissent vivre sans crainte.
Deux amies, Anne et Corinne, se retrouvent pour parler d’elles-mêmes, de la violence faite aux femmes, des agressions qu’elles ont subies, du viol et de leur propre aliénation. Elles discutent avec trois avocates féministes, Monique Antoine, Colette Auger, Josyane Moutet, de la justice et de la répression.
Séances précédées par le court métrage Monique, LIP I de Carole Roussopoulos
(FR | 1973 | 25min)
Cette vidéo fait partie d’une série (2) tournée par la réalisatrice avec son groupe Video Out pendant tout le conflit et mettant en avant notamment le rôle des femmes dans une usine en lutte. La grève des Lip est restée fameuse dans l’histoire sociale des années 1970 comme une expérience d’autogestion avec pour slogan « On produit, on vend, on se paie. ». La grève des usines Lip a remis en question le principe de la propriété des instruments de production. La lutte sera le révélateur de la bataille que les femmes doivent mener pour obtenir une place dans le milieu syndical et politique.
Aujourd’hui, c’est une journée comme les autres pour Kalthoum et ses copines. Elles sirotent des cocktails, cherchent l’amour sur internet et essuient, une fois de plus, les insultes transphobes d’inconnus. Oui mais voilà, aujourd’hui ça ne va pas se passer comme ça… Entre un cosmo et un chardo, les quatre amies transgenres vont imaginer leur vengeance…