Prête à tout

La jeune et séduisante Suzanne Stone est prête à tout pour réaliser son rêve : devenir une présentatrice vedette à la télévision. Elle a épousé Larry, qui l’aime sincèrement, avant tout pour pouvoir vivre confortablement grâce à la fortune de sa belle-famille. Quand ce dernier émet l’envie d’avoir des enfants, Suzanne décide de se débarrasser de lui. Pour arriver à ses fins, elle séduit un jeune garçon dérangé, Jimmy, et le charge de tuer son époux avec l’aide de deux de ses amis…

En acceptant la commande de Columbia Pictures d’adapter ce livre pour le grand écran, après l’échec de Even Cowgirls Get the Blues, Gus Van Sant n’imagine pas le tournant que ce long-métrage va offrir à sa carrière. Prête à tout est le film des premières fois pour le réalisateur de Drugstore Cowboy : premier film de studio, première adaptation d’un fait divers, première mise en scène d’un scénario dont il n’est pas l’auteur, premier film de genre, premier gros budget, premier gros succès. Le film va métamorphoser le cinéaste indépendant en habile artisan hollywoodien et lui offrir cette liberté, inédite dans le cinéma américain, d’osciller à sa guise entre le mainstream de qualité – Will Hunting, À la rencontre de Forrester – et le courant indé flirtant avec l’expérimental suscitant l’admiration de la critique – Psycho, Gerry, Elephant.
-Estelle Bayon pour Critikat

Les Chambres rouges

Deux jeunes femmes se réveillent chaque matin aux portes du palais de justice de Montréal pour pouvoir assister au procès hypermédiatisé d’un tueur en série qui les obsède, et qui a filmé la mise à mort de ses victimes. Cette obsession maladive les conduira à tenter par tous les moyens de mettre la main sur l’ultime pièce du puzzle, qui pourrait permettre de définitivement confondre celui que l’on surnomme le Démon de Rosemont : la vidéo manquante de l’un de ses meurtres.

« Je voulais faire un film qui fait partie d’une conversation sur la violence des images qu’on consomme, explique Pascal Plante. Il fallait donc que le film ne soit pas gore; qu’il soit habile dans sa représentation de la violence. Je m’intéresse aux conséquences psychologiques de la violence, et à l’attrait de la violence. »
-Pascal Plante

L’Honneur perdu de Katharina Blum

Katharina passe la nuit avec Ludwig, un jeune homme qu’elle a rencontré dans une soirée. Le lendemain sa maison est cernée par la police et Katharina doit subir un interrogatoire auquel elle ne comprend rien. Un journal a sensations s’empare de l’affaire.

Adaptation du roman d’Heinrich Böll – qui dénonce les mécanismes de la presse à scandale au service de l’appareil policier –, le film dépeint avec une acuité saisissante la descente aux enfers d’une honnête femme, poussée à commettre l’irréparable, dans une Allemagne de l’Ouest au système répressif brutal.
– La Cinémathèque Française

Good Morning England

Carl vient de se faire renvoyer du lycée, et sa mère a décidé qu’il irait réfléchir à son avenir auprès de son parrain, Quentin. Il se trouve que celui-ci est le patron de Radio Rock, une radio pirate qui émet depuis un bateau en mer du Nord peuplé d’un équipage éclectique de DJ’s rock and roll. À leur tête se trouve le Comte, un Américain exubérant, véritable dieu des ondes en synergie totale avec la musique. A ses côtés, ses fidèles animateurs : Dave, ironique, intelligent et d’un humour acéré ; l’adorable Simon, qui cherche l’amour ; l’énigmatique Midnight Mark, séduisant et silencieux ; Wee Small Hours Bob, le DJ des petites heures du matin, accro à la musique folk et à la drogue, Thick Kevin, qui possède l’intelligence la plus microscopique du monde ; On-the-Hour John, le chroniqueur des actualités, et Angus « The Nut » Nutsford, qui est sans doute l’homme le plus agaçant d’Angleterre…

Good Morning England évoque avec entrain et nostalgie l’époque (la fin des années 1960) où des radios pirates prêchaient la bonne parole rock en émettant depuis des plates-formes pétrolières ou des bateaux ancrés au-delà des eaux territoriales britanniques. Scénariste de vraies délicieuses comédies romantiques (Quatre Mariages et un enterrement, Coup de foudre à Notting Hill) et réalisateur du plus sirupeux Love actually, Richard Curtis a réuni un casting du tonnerre, qu’il fait swinguer en costumes vintage au son des tubes des Kinks ou des Stones.
– Télérama

Pentagon Papers

Première femme directrice de la publication d’un grand journal américain, le Washington Post, Katharine Graham s’associe à son rédacteur en chef Ben Bradlee pour dévoiler un scandale d’État monumental et combler son retard par rapport au New York Times qui mène ses propres investigations. Ces révélations concernent les manœuvres de quatre présidents américains, sur une trentaine d’années, destinées à étouffer des affaires très sensibles… Au péril de leur carrière et de leur liberté, Katharine et Ben vont devoir surmonter tout ce qui les sépare pour révéler au grand jour des secrets longtemps enfouis…

Toute la force émotionnelle de Pentagon Papers consiste à faire du film journalistique un écrin pour le splendide portrait de femme qui surgit de l’arrière-plan. Rivée à elle, la mise en scène de Spielberg donne le sentiment de l’épauler, de l’encourager. La précision du jeu de Meryl Streep parvient à rendre compte du moindre mouvement intérieur de son personnage.
-Le Monde

REC

Angéla est journaliste pour une télévision locale. Accompagnée de son caméraman, elle relate le quotidien de ceux qui travaillent la nuit. Ce soir, elle est dans une caserne de pompiers. La nuit est calme, aucune urgence. Jusqu’au coup de fil d’une vieille dame qui réclame du secours. Le tandem suit les pompiers et découvre en arrivant sur place des voisins très inquiets. D’horribles cris ont été entendus dans l’appartement de la vieille dame. Angéla perçoit la tension des habitants, son reportage devrait enfin sortir de la routine… Elle n’imagine pas à quel point !

Jaume Balagueró et Paco Plaza ont déjà travaillé ensemble en 2005 sur la série Películas Para No Dormir : les « films qui vous empêchent de dormir ». Certainement, [Rec] mérite ce qualificatif, car non seulement le film ne ménage aucun temps mort, mais il distille une terreur claustrophobique comme rarement vu à l’écran. Pas réellement original dans son propos, le film recycle cependant avec intelligence et efficacité les topos d’un récit entre Romero et Lovecraft.
-Vincent Avenel pour Critikat

Profession : reporter

David Locke est un reporter américain basé en Afrique. Un jour où il se rend à son hôtel, il découvre le corps sans vie d’un homme lui ressemblant étrangement dans la chambre voisine. Il décide de lui prendre son identité et de vivre une nouvelle vie qu’il espère plus passionnante, ce qui l’amènera à rencontrer une mystérieuse femme qui semble aussi perdue que lui. Ce qu’il ne sait pas, c’est que le cadavre dont il a pris l’identité était un espion au service d’un groupe terroriste…

Tourné dans la poussière de paysages isolés et désolés, Profession : reporter aborde conjointement la figure du double et l’art de la fugue. Émanation symbolique du cinéaste, le personnage de Locke/Nicholson est renvoyé dans sa quête de liberté à un questionnement métaphysique qui le conduit à un pacte faustien – le journaliste endosse l’identité et suit les traces d’un mort qui lui ressemble. Antonioni réalise là un « film d’aventures intimiste », aux thèmes profondément contemporains. Il trouve aussi matière à de nouvelles expérimentations cinématographiques, à l’image de la séquence finale, véritable prouesse technique. Une leçon de vie et de cinéma.
-La Cinémathèque Française

Network, main basse sur la télévision

CINÉ-DÉBAT : séance du vendredi 10 octobre à 18h45 (petite salle), en présence de Fanny Klipfel, directrice de France 3 Grand Est. Séance présentée et débat animé par Anka Wessang, du Club de la presse. (+ d’infos sur la fiche événements) (tarifs habituels)

Lorsque le présentateur Howard Beale est licencié après 25 ans de service en raison de son âge, il annonce aux téléspectateurs qu’il se suicidera lors de son émission d’adieu. Les dirigeants de la chaîne reconsidèrent leur décision lorsque son discours délirant entraîne une explosion des audiences.

Après son premier film (Douze hommes en colère, 1956), Sidney Lumet ne cessera jamais tout au long de sa carrière – de L’Homme à la peau de serpent (1959) à Jugez-moi coupable (2005) en passant par Un après-midi de chien (1975) – d’œuvrer au cœur de la justice des hommes en mettant autant à l’honneur des bandits débutants, des policiers intègres, des psychiatres enquêteurs, etc. En 1976, il livre sa vision du monde télévisé avec une Faye Dunaway en directrice de programmes sans scrupules, un William Holden directeur de l’information dépassé, un Robert Duvall prêt à tout pour accéder au pouvoir suprême. L’armada médiatique avec ses coups bas et ses crises hystériques en vue de garder audience et audimat reste d’une troublante actualité trente ans après sa sortie.
-Carole Wrona pour Critikat

The Social Network

Une soirée bien arrosée d’octobre 2003, Mark Zuckerberg, un étudiant qui vient de se faire plaquer par sa petite amie, pirate le système informatique de l’Université de Harvard pour créer un site, une base de données de toutes les filles du campus. Il affiche côte à côte deux photos et demande à l’utilisateur de voter pour la plus canon. Il baptise le site Facemash. Le succès est instantané : l’information se diffuse à la vitesse de l’éclair et le site devient viral, détruisant tout le système de Harvard et générant une controverse sur le campus à cause de sa misogynie. Mark est accusé d’avoir violé intentionnellement la sécurité, les droits de reproduction et le respect de la vie privée. C’est pourtant à ce moment qu’est né ce qui deviendra Facebook. Peu après, Mark crée thefacebook.com, qui se répand comme une trainée de poudre d’un écran à l’autre d’abord à Harvard, puis s’ouvre aux principales universités des États-Unis, de l’Ivy League à Silicon Valley, avant de gagner le monde entier… Cette invention révolutionnaire engendre des conflits passionnés. Quels ont été les faits exacts, qui peut réellement revendiquer la paternité du réseau social planétaire ? Ce qui s’est imposé comme l’une des idées phares du XXIe siècle va faire exploser l’amitié de ses pionniers et déclencher des affrontements aux enjeux colossaux…

Le chef-d’œuvre pixel perfect de Fincher, palpitant biopic d’un personnage paradoxalement falot, geek lambda planqué derrière son ordinateur mais bientôt appelé à un destin extraordinaire : Mark Zuckerberg. Le rythme du film, parfois comparé à celui des comédies mitraillettes de Howard Hawks, doit autant au talent de conteur de Fincher qu’au script éblouissant d’Aaron Sorkin (À la Maison Blanche). En un parfait contrepoint, l’électro spleen du duo Reznor-Ross et la composition nuancée de Jesse Eisenberg font de ce portrait la plus juste incarnation à ce jour de l’ultra-moderne solitude des années Facebook.
– La Cinémathèque Française

Citizen Kane

A la mort du milliardaire Charles Foster Kane, un grand magnat de la presse, Thompson, un reporter, enquête sur sa vie. Les contacts qu’il prend avec ses proches lui font découvrir un personnage gigantesque, mégalomane, égoïste et solitaire.

Construit autour d’une enquête sur le mystérieux dernier mot de Kane (« Rosebud »), le premier long métrage du scénariste, producteur, réalisateur Welles (âgé de 25 ans) offre une déferlante d’innovations stylistiques, qui lui assure son statut de parangon du cinéma moderne. De la narration fragmentée au travail sur la profondeur de champ de son chef-op Gregg Toland, une forme inédite qui fait corps avec la réflexion profonde sur le pouvoir et la perte d’innocence, dans un portrait définitif de la mégalomanie américaine.
– La Cinémathèque Française

Le Gouffre aux chimères

Charles Tatum, journaliste sans scrupules, va exploiter un scoop. Au Nouveau-Mexique, Léo Minosa est coincé au fond d’une galerie effondrée. S’arrangeant pour être le seul journaliste sur le coup, il va persuader le shérif de choisir la formule de sauvetage la plus lente. Tatum va devenir l’amant de la femme de la victime et poussera l’hypocrisie jusqu’à devenir l’ami de Léo.

Une sorte de vision de l’enfer sur Terre, d’autant plus effrayante que n’y sont finalement décrits que des comportements que l’on aurait envie de qualifier de quotidiens, voire de naturels… (…) Une œuvre visionnaire, dérangeante, extrêmement mal comprise à sa sortie et dont le temps n’a fait qu’exalter la virulence et la pertinence du propos.
Antoine Royer, DvdClassik

Paddy, la petite souris

Tous les animaux parlent du temps où la renarde rodait. Heureusement qu’elle n’a pas été vue depuis longtemps ! Mais lorsque l’écureuil se rend chez l’inspecteur Gordon au sujet d’un vol de noisettes, ce dernier suspecte à nouveau l’animal tant redouté. Pour démasquer le voleur, il aura bien besoin de Paddy la petite souris au flair particulièrement aiguisé…