Deuxième séance de nos collaborations récurrentes avec l’Opéra national du Rhin avec un immense classique de Wim Wenders ! En rebond aux Ailes du Désir par Bruno Bouché, présenté à l’OnR du 26 novembre au 12 décembre.
Deux anges, Daniel et Cassiel, descendent du ciel à Berlin. Ils peuvent côtoyer les humains sans être vus… Ils rencontrent un ancien ange devenu humain qui peut sentir leur présence et leur communique sa foi dans l’humanité. Daniel fait une autre rencontre qui sera pour lui décisive puisqu’il tombe amoureux…
Portrait d’une ville qui ne sait pas qu’elle va disparaître. Tourné deux ans avant la chute du Mur, le film montre un Berlin qui porte toujours les cicatrices à vif de son histoire : les ruines de la guerre, les terrains vagues et le Mur, symbole omniprésent de la guerre froide sur lequel bute en permanence la caméra. À cette cartographie concrète, faite de limites et d’horizons bouchés, se superpose une cartographie mentale déployée par le monologue d’Homère, vieillard hantant, en compagnie de Cassiel, la Stadtbibliotek et les zones d’entre deux : il convoque par ses souvenirs – et des images d’archives – la mémoire de ceux qui ont disparu et du Berlin sous les bombardements.
C’est aussi le film d’un retour : après plusieurs films réalisés à l’étranger, Wenders décide de tourner à Berlin, ville où il se pose entre ses voyages. N’étant pas lui-même berlinois, il souhaite porter sur elle un regard extérieur qui ne soit pas pour autant celui d’un touriste. Le projet se monte en quelques mois et le scénario, coécrit avec son collaborateur de toujours, Peter Handke, n’est pas fini quand le tournage démarre. Imprégné par sa relecture des poèmes de Rilke, Wenders voit s’imposer à lui l’idée des anges, « regard libre » capable de traverser la ville, les murs et de circuler de façon fluide dans cet espace marqué par les frontières. C’est tardivement, au cours de l’écriture, qu’émerge le personnage de la trapéziste, interprété par Solveig Dommartin, qui exécutera elle-même ses numéros, dont Wenders pensait d’abord faire un ange. Malgré le chaos de la préparation, l’ajout en cours de tournage du rôle de Peter Falk, le film remporte le Prix de la mise en scène à Cannes et un immense succès.
-Wafa Ghermani pour La Cinémathèque Française
Séance présentée par l’équipe de l’Opéra national du Rhin.
Tarifs habituels, tarif réduit partenaire sur présentation d’un billet pour Les Ailes du désir à l’OnR.