La Mariée était en noir

Le jour de son mariage, alors qu’elle sort à peine de l’église, Julie voit son mari assassiné sous ses yeux. Personne ne sait pourquoi l’homme était la cible de cette balle. La veuve va alors entreprendre un voyage pour se venger de ceux qui ont tué son mari. Elle tient une liste des cinq responsables, qu’elle compte éliminer un par un…

Le réalisateur de la Nouvelle Vague vient de publier son Hitchcock/Truffaut lorsqu’il commence à tourner ce film. C’est celui où les correspondances avec le maître du suspense sont les plus évidentes, jusque dans la musique, signée Bernard Herrmann, le compositeur fétiche du poussah britannique.
-Télérama

Thelma et Louise

Deux amies, Thelma et Louise, frustrées par une existence monotone l’une avec son mari, l’autre avec son petit ami, décident de s’offrir un week-end sur les routes magnifiques de l’Arkansas. Premier arrêt, premier saloon, premiers ennuis et tout bascule. Un événement tragique va changer définitivement le cours de leurs vies.

Thelma/Geena et Louise/Susan s’échappent pour un week-end de détente. Une pause, une tentative de viol, un meurtre : la virée des deux héroïnes affranchies se meut en cavale sur les routes poussiéreuses de l’Arkansas. Ridley Scott reprend et tord les codes du genre (décors, poursuite, esprit contestataire) dans un road movie au féminin illuminé par son explosif duo d’actrices.
-La Cinemathèque

Female Trouble

Les parents de Dawn Davenport refusent de lui offrir des chaussures à talons de cha-cha-cha pour Noël. Elle s’enfuit alors de la maison. C’est le début d’un itinéraire trash et chaotique…

Issu de la même période underground que Pink Flamingos (passé au Cosmos dans le cadre du cycle précédent) Female Trouble (1974) appartient au cycle le plus radical de John Waters, où le cinéma devient un espace de provocation esthétique et politique. Le film mobilise délibérément le trash, le mauvais goût et l’excès comme langage artistique, en détournant les codes de la morale bourgeoise et des représentations normatives de la famille, du genre et de la sexualité.

Interprété par la drag queen Divine — muse et complice de Waters —, incarnation du « filthy », le film repose sur une performance qui mêle corps queer, outrance comique et violence stylisée, dans une logique de caricature extrême plutôt que de réalisme. Certaines scènes peuvent heurter : elles participent d’une démarche qui fait du choc un outil critique, hérité des cultures marginales et du midnight movie.

Il est important de rappeler que ces œuvres n’ont rien à voir avec le ton plus doux et fédérateur de Hairspray (réalisé bien plus tard). Female Trouble relève d’un moment où Waters explore la transgression comme contre-culture — non pour célébrer la violence, mais pour exposer, par l’outrance et la satire, les tabous et hypocrisies de la société américaine des années 1970.

⚠ TW : John Waters est volontairement provocateur. Divine est trash et « filthy ». Les violences sont nombreuses mais jamais cautionnées, Waters les détourne par la satire.

Interdit aux – de 16 ans

La Rue sans joie

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Vienne subit une détérioration drastique de ses conditions sociales en raison d’une crise économique, et les habitants d’un bidonville luttent pour survivre au milieu de la cupidité et de l’exploitation. La prostitution dans les endroits fréquentés par des riches reste la seule solution pour survivre. Une jeune femme dans le besoin se laisse tenter par une entremetteuse…

Asta Nielsen, Greta Garbo, deux femmes, deux visages que personne ne peut plus oublier. L’un est l’aboutissement de toute une tradition qui marque profondément l’avenir du cinéma. L’autre est le reflet d’un art d’une pureté extrême qui illumina l’art cinématographique mondial. Le visage d’Asta Nielsen est toute intelligence, toute science, et son masque blafard est inséparable du souvenir de Cesare le somnambule.
-Tamasa

Un ciné-concert sur La Rue sans Joie par PPaulus vous est proposé le 01/02, plus d’informations en cliquant ici.

AVERTISSEMENT :La Rue sans joie est un film silencieux, donc sans sons ni musiques d’accompagnements.

Possession

Précédé d’un avant-programme, Phantasma de Sophie Desgeorge, issu de la collection MIRA (FR | 5 min.)

Rentrant d’un long voyage, Marc retrouve à Berlin sa femme Anna et son fils, Bob. Mais rapidement, il se rend compte que le comportement de sa femme a changé. Prise de violentes crises, elle quitte le domicile. L’amie du couple, Annie, révèle à Marc le nom de l’amant d’Anna, Heinrich. Lorsqu’elle disparaît, Marc engage un détective qui découvre bientôt qu’Anna s’est réfugiée dans une étrange demeure où semble se cacher une créature surgie des ténèbres…

Tourbillon d’émotions et de visions dérangeantes, Possession sonde l’implosion d’un couple à grands coups de disputes houleuses et de mutilations physiques. Derrière une expérience sensorielle intense, une sombre histoire de désespoir et d’amour fou au climat de paranoïa suffocant et à la mise en scène viscérale. Le cauchemar onirique de Żuławski, magistralement incarné par Isabelle Adjani, prix d’interprétation féminine à Cannes et César de la meilleure actrice.
-La Cinémathèque

Interdit aux – de 16 ans

L’une chante, l’autre pas

Deux jeunes femmes vivent à Paris en 1962. Pauline (17 ans), étudiante, rêve de quitter sa famille pour devenir chanteuse. Suzanne (22 ans) s’occupe de ses deux enfants et fait face au drame du suicide de leur père. La vie les sépare ; chacune vit son combat de femme. Pauline devient chanteuse dans un groupe militant et itinérant après avoir vécu une union difficile en Iran. Suzanne sort peu à peu de sa misère et travaille au Planning familial…

Chronique des luttes pour le droit à l’avortement, L’une chante, l’autre pas est le long métrage de Varda le plus ouvertement engagé en faveur de la liberté des femmes à disposer de leur corps. Détournant la forme de la comédie musicale, il met en scène l’émancipation de deux amies très différentes mais toujours solidaires.
-La Cinémathèque

Le Bonheur

Un menuisier aime sa femme, ses enfants et la nature. Ensuite il rencontre une autre femme, une postière, qui ajoute du bonheur à son bonheur. Toujours très amoureux de sa femme, il ne veut pas se priver, ni se cacher, ni mentir.

Le Bonheur est une fable ambivalente sur le couple : un film aux couleurs chaudes… laissant une impression glaçante. Malgré l’interdiction aux moins de 18 ans et un blâme de l’Église catholique, beaucoup n’ont pas compris son caractère transgressif à sa sortie. La substitution de l’épouse par la maîtresse crée pourtant un malaise, l’impression d’un « beau fruit véreux ». Entre le détournement de l’imagerie de la femme au foyer des magazines « féminins », les touches renoiriennes et les aplats matissiens, Varda réalise un tableau de la famille où quelque chose ne tourne pas rond.
-La Cinémathèque

Séances précédées du court métrage Réponse de femmes d’Agnès Varda
(FR | 1975 | 8 min)
A la question  » Qu’est ce qu’une femme ?  » posée par une chaîne de télévision, quelques femmes cinéastes ont répondu, dont Agnès. Son court-métrage a un sous-titre  » Notre corps, notre sexe « . A l’écran, une femme enceinte et nue, dansant et riant à pleine gorge, a suscité des réclamations écrites à Antenne 2. D’autres disent le désir, ou pas, d’avoir des enfants.

Le Quai des brumes

Par une nuit ténébreuse, un déserteur du nom de Jean arrive au Havre dans l’espoir de quitter la France. En attendant un bateau, il trouve refuge au bout des quais, dans une baraque autour de laquelle gravitent plusieurs marginaux. Il y fait la rencontre de Nelly, dont le regard le bouleverse. Cette dernière vit dans la terreur de son tuteur, le misérable Zabel, lui-même racketté par une bande de voyous. Par amour, Jean se mêle aux affaires de Nelly et met les pieds dans un engrenage périlleux…

Avec Les Enfants du paradis, Le Quai des brumes est le chef-d’œuvre qui a consacré Marcel Carné comme l’un des maîtres du cinéma français classique. Par sa reconstitution onirique du port du Havre tout en nuances de gris et son histoire d’amour impossible au cœur d’un épais brouillard, le film diffuse une atmosphère inimitable. Transcendés par les monstres sacrés que sont Michel Simon ou Pierre Brasseur, les dialogues de Jacques Prévert insufflent au récit un air de mélancolie et une poésie du désespoir. Si sa noirceur de ton a valu au film d’être vivement critiqué à une époque où l’optimisme patriotique était de mise, la noirceur de la photographie a permis l’une des plus belles scènes du cinéma, celle où le regard lumineux de Michèle Morgan perce l’obscurité et fait dire à Jean Gabin : « T’as de beaux yeux, tu sais ? ». Chef-d’œuvre du réalisme poétique français, Le Quai des brumes est disponible pour la première fois dans sa sublime restauration 4K.
-Carlotta

Feux dans la plaine

Les derniers jours de l’armée impériale japonaise aux Philippines en 1945. Au centre de l’histoire, le soldat Tamura, qui fuit désespérément dans les plaines comme tant de ses compagnons traqués par les guérilleros qui les signalent au moyen de feux. Dans une atmosphère de fin du monde, les derniers survivants s’entretuent pour survivre.

Pendant la déroute japonaise dans le Pacifique, un jeune soldat est livré à lui-même. Ichikawa filme l’humanité confrontée à la barbarie la plus folle, pousse à l’extrême son souci de réalisme, obligeant ses comédiens à jeûner et traitant ses personnages comme des zombies. Une œuvre puissante, âpre, où se fondent les genres de la guerre et de l’horreur, et où la crudité, traversée par des éclairs de poésie, devient principe esthétique.
-La Cinémathèque

L’étrange obsession

D’âge avancé, un professeur respectable ne parvient plus à satisfaire les désirs de sa jeune épouse, Ikuko. Il découvre que la jalousie agit sur lui comme un stimulant. Il décide alors de rapprocher sa femme d’un jeune médecin, Kimura, également fiancé à leur fille. Profitant du sommeil d’Ikuko, il met son plan à exécution…

Une perle rare du cinéma japonais pour la première fois en version restaurée 4K ! Kenmochi, expert en objets d’art à Kyoto, ne parvient plus à satisfaire les désirs sexuels de sa jeune épouse Ikuko. Découvrant que la jalousie le stimule, il pousse sa femme dans les bras du jeune médecin Kimura, fiancé de leur fille. Son plan machiavélique entraîne toute la famille dans une spirale de désir et de vengeance. Prix du Jury – Festival de Cannes 1960 (ex æquo avec L’Avventura de Michelangelo Antonioni) ,Venice Classics 2025.
– La Filmothèque

Sois belle et tais-toi

Delphine Seyrig s’entretient avec vingt-quatre actrices françaises et américaines sur leurs expériences professionnelles en tant que femmes, leurs rôles et leurs rapports avec les metteurs en scène, les réalisateurs et les équipes techniques. Bilan collectif plutôt négatif en 1976 sur une profession qui ne permet que des rôles stéréotypés et aliénants.

Les Aventures de Robin des bois

En marge de la programmation de l’Opéra national du Rhin du Miracle d’Héliane, opéra en trois actes d’Erich Wolfgang Korngold, Le Cosmos montre Les Aventures de Robin des Bois, dont la musique a été composée par… Korngold passé à Hollywood et ayant influencé énormément de compositeur·rices de musiques de film. L’occasion pour Alain Perroux, le directeur de l’opéra national du Rhin, de proposer une masterclasse avant la projection du film.

En l’an de grâce 1191, le roi Richard Cœur de lion, parti aux Croisades, est fait prisonnier par l’empereur d’Autriche. Le trône vacant suscite la convoitise du propre frère de Richard, le Prince Jean. Celui-ci, secondé par Sir Guy de Gisbourne, fait régner la terreur et l’injustice sur le royaume. Robin de Locksley, le plus habile des archers du royaume, refuse de reconnaître l’autorité de l’usurpateur. Il se réfugie dans la forêt de Sherwood, où il organise la résistance, aidé par ses compagnons, Willy l’Écarlate, Petit Jean et frère Tuck, dont nous assistons aux facétieux recrutements. Ils constituent une armée joyeuse de petites gens, paysans, meuniers, charpentiers, tous ruinés et affamés mais pleins d’allant. Ils s’empareront du trésor collecté par Guy de Gisbourne et ses sbires, tout en les ridiculisant, afin de faire libérer Richard, auquel ils ont juré fidélité…

« Produit par la Warner, à un moment où elle voulait rompre avec son image de studio des films de gangsters à la morale douteuse, et au moment où se met en place le code Hays de la censure à Hollywood, ce film est l’opposé des univers urbains et nocturnes des polars : un film solaire, où éclate l’espoir en un monde plus juste. Un monde politique et économique plus optimiste qui soutiendrait le New Deal mis en place par Roosevelt. »
-Benshi

Projection précédée d’une masterclasse de 30 minutes d’Alain Perroux, directeur de l’Opéra national du Rhin, en rebond à l’opéra Miracle d’Héliane présenté à Strasbourg du 21 janvier au 1er février

Tarifs habituels

Tarif réduit pour les porteur·euses d’un billet pour l’opéra

Un Jour un chat

Robert, instituteur d’un petit village, apprend à ses élèves à respecter la nature et à résister au conformisme ambiant. Un magicien et sa troupe débarquent un jour avec la belle Diana et un chat pourvu de lunettes qui a un étrange pouvoir révélateur sur les vertus et les vices des humains. Certains habitants du village ne le supportent pas, et le font savoir…. Mais cela provoque à son tour d’étranges phénomènes, comme la disparition des enfants du village… Robert mène l’enquête, tout en tombant amoureux de Diana…

Métaphore du régime communiste et de la manière dont il étouffait les libertés individuelles, Un jour un chat est l’œuvre pleine de fantaisie d’un cinéaste considéré par Miloš Forman comme le père spirituel de la Nouvelle Vague tchèque. «Voilà en. effet un film qui (…) ne cesse de virevolter et parvient ainsi à susciter l’adhésion en en appelant essentiellement à la capacité d’ébahissement ou de jubilation de son spectateur. En cela, il se conforme exactement à son programme politique: de la modernité (incarnée notamment par le score très jazz), du mouvement, de la sincérité, de la vie»
– Antoine Royer, www.dvdclassik.com, 2021

En version restaurée !

Phenomena

Jennifer Corvino se rend en Suisse afin de poursuivre ses études au sein d’un établissement scolaire privé. Un soir, lors d’une crise de somnanbulisme, la jeune fille assiste au meurtre d’une étudiante.

Considéré à tort comme le premier film marquant le déclin artistique de Dario Argento, Phenomena serait plutôt son dernier chef-d’œuvre, délaissant le maniérisme et le baroque de ses précédents films pour épouser une forme et une narration plus proche du conte de fée et de Lewis Carroll. Si on se souvient de Phenomena pour ses milliers d’insectes employés lors du tournage – l’héroïne jouée par Jennifer Connelly a le pouvoir de communiquer avec eux et utilise ce don pour traquer un tueur en série – un autre animal est à l’honneur du film : un drôle de chimpanzé dénommé Inga. C’est même lui qui vole la vedette à Jennifer et ses insectes dans l’ultime scène du film, en tuant à coup de rasoir Mme Bruckner, jouée par Daria Nicolodi. Une scène glaciale et étonnamment réaliste, qui a été tournée sans doublure. C’est bien le singe Tanga, déja à l’écran trois ans plus tôt, mais dans un registre plus comique, pour Bingo Bongo de Pasquale Festa Campanile, qui assène les coups de rasoir. Argento qui voulait absolument éviter que la prestation de Tanga ne paraisse risible, a d’ailleurs connu des déboires sur le tournage, ainsi que ses actrices. Le chimpanzé a disparu pendant 3 jours dans une forêt, et, pire encore, il a attaqué Jennifer Connelly, alors âgée de seulement 15 ans, et lui a arraché une partie d’un doigt, ce qui a poussé à l’utilisation d’une doublure pour les scènes entre Jennifer et Inga.
– Chaos Reign (Article ci-joint !)

Interdit aux moins de 12 ans

Zoo

Les épouses de Oswald et Oliver Deuce, deux frère jumeaux zoologues, meurent d’un accident de voiture dont Alba Bewick, la conductrice, est la seule survivante. Fous de douleurs et inquiets de la dégradation physique des corps de leurs belles, les deux frères se lancent dans une expérimentation sur le pourrissement qui les va les aider à faire leur deuil.

« Il s’agit de la première collaboration entre Peter Greenaway et le directeur photo Sacha Verny (que Greenaway admirait pour ses travaux chez Alain Resnais et d’autres ténors de la Nouvelle Vague), et chaque espace du film a une couleur, une teinte plus ou moins subtile qui traduit les thèmes et émotions du film. La pulsion de mort passe par tout l’environnement rattaché au zoo, véritable caverne charbonneuse dont le surgissement d’une teinte étrange dans les ténèbres confère au lieu des airs de laboratoire d’alchimiste. »
– DvdClassik

La Féline

A New York, une jeune femme originaire d’Europe centrale, Irena, épouse un homme et lui dit qu’elle est victime d’une ancienne malédiction qui la transforme en panthère assoiffée de sang.

« Une jeune femme est convaincue d’être victime d’une malédiction ancestrale, qui la transforme en panthère sanguinaire. De la brume, des métamorphoses, l’eau trouble d’une piscine, des cages et des barreaux : Tourneur peint l’ombre avec la lumière, file les métaphores et livre en creux un point de vue bouleversant sur la sexualité et le désir féminins. L’épouvante par le versant surnaturel et poétique. »
– La Cinémathèque Française