L’Echelle de Jacob

Dans le cadre du double programme Guilty Pleasures et couplé au film L’enfant du diable.

Un ancien combattant de la guerre du Vietnam est sujet à d’atroces visions. Il va tenter de percer les secrets de son passé et de résoudre son traumatisme mais, pour cela, il doit dissocier réalité et hallucinations fantasmagoriques.

Interdit aux moins de 12 ans.

Rebecca

C’est à Monte-Carlo que le richissime et séduisant veuf Maxim de Winter croise le chemin d’une jeune domestique qu’il ne tarde pas à séduire. Bientôt, ils se marient et retournent habiter dans le manoir de Manderley, demeure familiale de Winter, au sud de l’Angleterre. Très rapidement, dans cet endroit lugubre et froid, la nouvelle Mme. de Winter se confronte aux domestiques qui ne semblent guère l’apprécier. Surtout, c’est Mme. Danvers, la gouvernante, qui est la plus vindicative. Car depuis toujours, elle servait Rebecca, l’ex-femme de M. de Winter décédée un an plus tôt dans un accident. Son souvenir semble hanter le château…

You loved the novel, you’ll live the film… Tagline parfaite pour le premier film américain de Sir Alfred, d’après Daphné du Maurier. Devant l’objectif, une héroïne fantomatique, un veuf, sa nouvelle épouse, et une gouvernante jalouse et cruelle. Au menu : sentiment d’infériorité, culpabilité, rapports de couple conflictuels. Hitchcock exploite le malaise de Joan Fontaine, déjà en butte à l’hostilité de Laurence Olivier, en lui faisant croire que l’équipe entière la déteste. Avec délectation, il esquive le Code Hays auquel il se heurte pour la première fois, évoquant par allusions successives la relation saphique entre Mrs Danvers et Rebecca. Oscar du meilleur film, Rebecca laisse une belle descendance : du Xanadu de Citizen Kane, écho de l’imposant manoir de Manderley, à Laura de Preminger, du Secret derrière la porte de Fritz Lang jusqu’à, plus récemment, Phantom Thread, de Paul Thomas Anderson.
La Cinémathèque Française.

Beetlejuice

Pour avoir voulu sauver un chien, Adam et Barbara Maitland passent tout de go dans l’autre monde. Peu après, occupants invisibles de leur antique demeure ils la voient envahie par une riche et bruyante famille new-yorkaise. Rien à redire jusqu’au jour où cette honorable famille entreprend de donner un cachet plus urbain à la vieille demeure. Adam et Barbara, scandalisés, décident de déloger les intrus. Mais leurs classiques fantômes et autres sortilèges ne font aucun effet. C’est alors qu’ils font appel à un « bio-exorciste » freelance connu sous le sobriquet de Beetlejuice.

À l’époque, peu avaient repéré le nom de Tim Burton (puisque son premier long métrage, Pee-Wee’s Big Adventure, était encore inédit en France). Ce petit film frappadingue, carton aux Etats-Unis, fut donc ­accueilli avec des pincettes. Aujourd’hui, Beetlejuice est devenu incontournable. On y voit donc les jeunes époux Maitland vivre heureux dans la maison de leurs rêves et… mourir. Devenus fantômes, ils hantent leur coquette demeure, bientôt rachetée par des New-Yorkais qui la redécorent façon modern art. Horreur ! La guerre du goût commence, farces macabres de spectres traditionalistes contre provoc chic des avant-gardistes snobs.
Télérama

Les Autres

En 1945, dans une immense demeure victorienne isolée sur l’île de Jersey située au large de la Normandie, vit Grace, une jeune femme pieuse, et ses deux enfants, Anne et Nicholas. Les journées sont longues pour cette mère de famille qui passe tout son temps à éduquer ses enfants en leur inculquant ses principes religieux. Atteints d’un mal étrange, Anne et Nicholas ne doivent en aucun cas être exposés à la lumière du jour. Ils vivent donc reclus dans ce manoir obscur, tous rideaux tirés. Un jour d’épais brouillard, trois personnes frappent à la porte du manoir isolé, en quête d’un travail. Grace, qui a justement besoin d’aide pour l’entretien du parc ainsi que d’une nouvelle nounou pour ses enfants, les engage. Dès lors, des événements étranges surviennent dans la demeure…

Diamant noir d’une filmographie brillante, « Les Autres » distille un instinct de mort oppressant. Un film envoûtant, qui interroge l’au-delà avec élégance. Nicole Kidman y est exceptionnelle.
-Ariane Allard pour Il était une fois le Cinéma

Les Contes de la lune vague après la pluie

Au XVIe siècle, le potier Genjuro et le paysan Tobeï abandonnent leur village ravagé par la guerre civile et partent à la ville, laissant leurs femmes derrière eux. De nombreux malheurs vont mettre leurs rêves de fortune et de gloire à l’épreuve.

Un film de fantômes inspiré de la tradition du nō, l’un des chefs-d’œuvre du cinéma japonais. Mizoguchi obtient une reconnaissance européenne avec ce conte cruel et envoûtant (Lion d’argent à Venise), grandiose évocation des expressionnistes allemands, qui confronte le mélodrame à la tentation du fantastique. Une fuite illusoire vers le bonheur, une lutte pour le pouvoir, dont les femmes sont les premières victimes. On trouve dans le cinéma de Mizoguchi tout l’imaginaire occidental de l’Orient japonais : les paysages embrumés, les histoires de fantômes, les fantasmes érotiques. Les Contes de la lune vague après la pluie en est la quintessence. S’inspirant de contes japonais et de nouvelles de Maupassant, le cinéaste y dépeint des personnages aussi archétypaux qu’actuels, prenant comme toujours le parti des femmes. Victime sociale du désir masculin, la femme assume seule la réalité, quand l’homme vit dans l’avidité, l’ambition et le besoin de domination.En 1953, lorsque le film sort et obtient le Lion d’argent à la Mostra de Venise, il installe le cinéma nippon parmi les plus importants du monde, artistiquement. Devenu un classique des plus admirés, il ne cesse d’éblouir tant par la beauté de ses images, d’une poésie surnaturelle sans pareille, que par la précision et l’élégance de la mise en scène, où chaque mouvement des personnages reflète l’expression de leur sentiment. Une fable universelle, un enchantement cinématographique intemporel.
– La Cinémathèque française.

L’Echine du diable

Alors que la guerre civile déchire l’Espagne, le jeune Carlos trouve refuge à Santa Lucia, un orphelinat perdu dans la campagne dirigé par Mme Carmen. À la nuit tombée, le garçon est mis au défi par ses camarades : il doit traverser la cour de l’établissement pour se rendre à la cuisine, l’obligeant à passer devant la maison du gardien, l’antipathique Jacinto. Une fois sur place, Carlos entend d’étranges soupirs et découvre dans le sous-sol de la bâtisse le fantôme d’un enfant mutilé…

Précurseur des films de fantômes qui marqueront le cinéma au début des années 2000, Guillermo del Toro se hisse, avec L’Échine du diable, parmi les réalisateurs les plus importants de sa génération. Porté par un univers à la fois gothique et fantastique, il signe avec L’Échine du diable un conte cruel sur l’enfance empreint d’Histoire, de nostalgie et de poésie, où l’horreur n’est pas forcément là où on l’attend.
-Carlotta Films

La Reine Margot

Août 1572 : Marguerite de Valois, sœur du Roi Charles IX est catholique. Pour renforcer la France, Catherine de Médicis, sa mère, la marie de force au protestant Henri de Navarre. Mais le massacre de la Saint-Barthélemy qui s’annonce. Sacrifiée à la raison d’État, Margot va connaître cependant l’amour avec un autre Huguenot : le seigneur de la Mole.

En 1994, la fresque historique de Patrice Chéreau sur les tueries de la Saint-Barthélemy bouleverse le genre, tel un somptueux ballet sanglant. Et fait écho à d’autres guerres civiles, en Yougoslavie et au Rwanda.
-Télérama

S.O.S. Fantômes

Peter, Raymond et Egon effectuent des recherches sur la parapsychologie. Virés par le Doyen de la faculté, ils décident de fonder une société destinée à chasser les revenants. Son nom : S.O.S. Fantômes. Le succès frappe tant et si bien à leur porte qu’ils en sont bientôt à travailler à la chaîne…

La chasse aux fantômes de « scientifiques » gentiment paumés, bientôt transformée en comédie générationnelle à fort potentiel nostalgique. Effets spéciaux d’époque, humour loufoque et personnages décalés (dont le flegmatique Bill Murray) façonnent une indémodable madeleine de Proust, irrésistible melting-pot de drôlerie, de suspense et de fantaisie.
-La Cinémathèque Française

Ring

Tokyo, fin des années 2000, une ru­meur se répand parmi les adoles­cents : visionner une mystérieuse cassette vidéo provoquerait une mort cer­taine au bout d’une semaine. Après le dé­cès inexplicable de sa nièce, la journaliste Reiko Asakawa décide de mener l’enquête mais se retrouve elle-même sous le coup de la malédiction. Pendant les sept jours qui lui restent à vivre, elle devra remonter à l’origine de la vidéo fatale et affronter le spectre qui hante les télévisions : Sadako.

Une vidéo maudite ne laisse que sept jours de vie à ses spectateurs. D’après une croyance populaire, Nakata s’approprie ce compte à rebours pour dynamiter les codes du genre et offrir une vision moderne du fantôme japonais. Mortifère au possible, baigné par une bande-son lancinante, Ring déstabilise pour susciter un malaise durable, construit sur un crescendo pétrifiant.
– La Cinémathèque Française



Cure

Un officier de police, Takabe, enquête sur une série de meurtres dont les victimes sont retrouvées avec une croix gravée dans le cou. Un jour, un jeune vagabond est arrêté près de l’endroit ou a été retrouvé le dernier corps. Il est vite identifié comme un ancien étudiant en psychologie, devenu fou et ayant d’inquiétants pouvoirs hypnotiques, lui permettant de pousser des gens à commettre des actes criminels…

Avec une science inouïe du cadrage et de la durée, le génie de son acteur Kōji Yakusho, Kurosawa redéfinit le thème du serial killer et décrit l’humanité comme hantée par une pulsion de mort, un sourd désir d’annihilation avec lequel chacun construit sa propre identité. Un film déconcertant et terrifiant, la découverte d’un des plus importants et des plus expérimentaux cinéastes contemporains.
– Jean François Roger pour La Cinémathèque Française

Kaïro

Taguchi, un jeune informaticien, est retrouvé pendu dans son appartement. Sous le choc, ses collègues cherchent à en savoir plus sur ce suicide inexplicable. La victime a laissé un mystérieux message contenu dans une simple disquette. De toute évidence, celle-ci recèle un virus qui contamine ses utilisateurs et a de graves répercussions sur leur comportement. A Tokyo, l’inquiétude grandit au fur et à mesure que le virus se propage à travers les réseaux informatiques. Des petits groupes de jeunes gens tentent de résister, tandis que les disparitions se multiplient.

Kairo est sûrement l’œuvre la plus aboutie de Kiyoshi Kurosawa en raison de son incroyable richesse analytique et de sa force métaphorique. Chaque figure, chaque plan, chaque personnage du film fait sens, Kurosawa faisant preuve d’un regard pertinent sur l’évolution de sa société.
– Stéphane Caillet pour Critikat

House

Une lycéenne rend visite à sa tante malade en compagnie de six amies. Isolées dans une grande demeure perdue au milieu de nulle part, les jeunes filles assistent à d’inquiétants événements surnaturels une fois la nuit tombée.

On doit ce film aussi bien aux Dents de la mer de Steven Spielberg qu’à l’imagination débordante d’une jeune fille qui se peigne les cheveux devant son miroir. Au milieu des années soixante-dix, Nobuhiko Obayashi est un réalisateur de publicité en vogue qui parcourt le monde pour réaliser des pubs avec Charles Bronson, Sophia Loren, Catherine Deneuve, Ringo Starr ou Kirk Douglas. Il travaille à Rome, dans les studios de la Cinecittà, ou à Hollywood, et tourne des clips pour la pop star Momoe Yamaguchi, tout en menant une double vie de cinéaste expérimental. Absolument rien ne le prédestine à réaliser House. Un film culte à tous points vue : un succès commercial improbable, novateur, absurde et psychédélique, donc fou, qui convoque toutes les obsessions d’un cinéaste, Obayashi, premier metteur en scène issu du monde de la publicité à réaliser un film pour l’un des plus grands studios de cinéma japonais, Toho.
-Rockyrama

L’Aventure de Mme Muir

En Angleterre, au début du XXe siècle, Lucy Muir, une ravissante et jeune veuve, décide de s’installer au bord de la mer avec sa fille et sa servante dans un cottage réputé hanté par le fantôme du capitaine Gregg. Loin d’être terrorisée, elle est au contraire fascinée à l’idée d’habiter avec ce fantôme. Un soir, il lui apparaît…

Son réalisateur le considérait comme un “travail d’apprentissage”. Pourtant, cette romance à la poésie déchirante, sortie en 1947, s’est imposée comme un chef-d’œuvre de grâce et d’émotion
-Télérama

Ghost

Sam Wheat, cadre dans une banque d’affaires new-yorkaise, et Molly Jensen, sculpteur, s’aiment. Mais tout bascule lorsque Sam Wheat est agressé dans la rue et abattu. A sa grande surprise, il devient un fantôme et réussit à communiquer avec une voyante hystérique. Il tente alors d’entrer en contact avec sa femme et découvre qui a voulu le tuer.

Trois décennies plus tard, ce classique émouvant conserve une innocence et une sincérité qui le rendent toujours aussi délicieusement réconfortant.
-The Guardian

Rouge

Hong Kong, 1934. Fleur est courtisane dans une maison close fréquentée par la haute société. Lorsqu’elle rencontre un séduisant client du nom de Chan Chen-Pang, le coup de foudre est immédiat. Alors qu’ils souhaitent officialiser leur union, les parents du jeune homme s’y opposent formellement. Les amants décident alors de se suicider ensemble, se promettant de se retrouver dans l’autre monde. Cinquante ans plus tard, en 1987, le fantôme de Fleur revient hanter Hong Kong à la recherche de son amour perdu, aidé dans sa quête par un couple de journalistes…

Troisième réalisation de Stanley Kwan, Rouge, qui suivait donc Amours déchus, fut le premier grand succès public de son metteur-en-scène. Ce long-métrage, produit par Jackie Chan, mêle habilement ambiance surannée d’un époque révolue, vision romantique de l’amour fou qui transcende les époques et la mort et intrigue fantastique. Les changements de tons de Rouge, le passage d’un genre à l’autre, tout cela se fait naturellement.
-Le bleu du Miroir

Poltergeist

L’heureuse famille Freeling mène une vie tranquille et prospère dans la petite ville de Cuesta Verde. Cependant, leur maison devient le théâtre d’étranges phénomènes quand des objets commencent à se déplacer et que le sol se met à trembler. Une nuit, la petite Carol Anne disparaît et se met à communiquer avec ses parents à travers la télévision. Les Freeling font alors appel à un parapsychologue…

De redoutables fantômes kidnappent la benjamine d’une famille. Créé d’après un projet avorté de Spielberg – crédité comme scénariste et producteur –, Poltergeist offre un spectacle visuel de haute volée, capable d’associer frissons, critique du rêve américain et incursion du merveilleux. Un classique eighties, hanté par les légendes urbaines.
-La Cinémathèque Française