En tant que moment d’échanges informels, les Débats-images sont des occasions de mettre à l’épreuve les réflexions, les hypothèses de travail de recherche et de questionnements émergeants, de travaux en cours d’élaboration pour des communications, des articles, ou tout autre projet scientifique. Un rendez-vous régulier des enseignant·e·s-chercheur·e·s et aux doctorant·e·s du programme Cultures visuelles de l’Université de Strasbourg.
« Chez Ozu, il y a donc d’un côté une certaine régularité dans les histoires qui poussent les filles à se marier en dépit de leur aspiration personnelle ; et de l’autre des lignes narratives qui soutiennent d’autres voies, soit par l’aménagement d’un terrain plus favorable pour la jeune femme, soit par l’évocation d’autres formes (marginales) de couple ou de famille (notamment dans Dernier caprice en 1961). D’une part, la représentation continue d’un système qui se maintient, d’autre part la formulation insistante d’un contre-discours qui s’y oppose et le nuance. Afin de débroussailler ce contraste, il s’agira de confronter les scénarios et représentations ozuiennes avec la théorie de Laura Mulvey, telle que développée notamment dans Visual pleasure and narrative cinema (1975). En effet, pour Mulvey, le male gaze ne consiste pas seulement à représenter les femmes d’une certaine façon, mais aussi à rediriger implacablement les femmes libres aux aspirations marquées vers le mariage. Dans une telle perspective, Fin d’automne ne saurait proposer un contre-discours. En outre, la théoricienne s’empare des outils de la psychanalyse, dont on peut également se servir pour analyser le complexe familial que construit Ozu film après film : l’inconscient filmographique ainsi constitué se déploie non seulement dans d’autres films de la période tardive, mais également dans des films plus anciens, et participe à la structuration formelle de cet antagonisme entre institution et résistance. »
– Quentin Barrois, docteur en études à l’université de Lille pour le programme de recherche Cultures Visuelles
La conférence se déroulera au salon, de 17h à 19h, et sera suivie d’une projection en grande salle de :
FIN D’AUTOMNE, de Yasujirō Ozu
JA | 1960 | VOST | 2h08
Trois vieux amis, Taguchi, Mamiya et Hirayama, se réunissent lors d’une cérémonie en mémoire à leur ami Miwa, décédé il y a quelques années. Ils y retrouvent Akiko, la veuve du défunt dont ils étaient tous amoureux dans leur jeunesse, et sa fille, la jolie Ayako, en âge de se marier. Mamiya tente d’organiser une rencontre entre celle-ci et l’un de ses employés. Mais Ayako n’est pas pressée de trouver un mari, craignant de laisser sa mère toute seule. Les trois amis aidés de Yukiko, amie et collègue de la jeune fille, vont tenter de la convaincre…
Séance présentée par Quentin Barrois, docteur en études cinématographiques à l’Université de Lille, spécialiste de Yasujirō Ozu.
Tarifs habituels