Rebecca

C’est à Monte-Carlo que le richissime et séduisant veuf Maxim de Winter croise le chemin d’une jeune domestique qu’il ne tarde pas à séduire. Bientôt, ils se marient et retournent habiter dans le manoir de Manderley, demeure familiale de Winter, au sud de l’Angleterre. Très rapidement, dans cet endroit lugubre et froid, la nouvelle Mme. de Winter se confronte aux domestiques qui ne semblent guère l’apprécier. Surtout, c’est Mme. Danvers, la gouvernante, qui est la plus vindicative. Car depuis toujours, elle servait Rebecca, l’ex-femme de M. de Winter décédée un an plus tôt dans un accident. Son souvenir semble hanter le château…

You loved the novel, you’ll live the film… Tagline parfaite pour le premier film américain de Sir Alfred, d’après Daphné du Maurier. Devant l’objectif, une héroïne fantomatique, un veuf, sa nouvelle épouse, et une gouvernante jalouse et cruelle. Au menu : sentiment d’infériorité, culpabilité, rapports de couple conflictuels. Hitchcock exploite le malaise de Joan Fontaine, déjà en butte à l’hostilité de Laurence Olivier, en lui faisant croire que l’équipe entière la déteste. Avec délectation, il esquive le Code Hays auquel il se heurte pour la première fois, évoquant par allusions successives la relation saphique entre Mrs Danvers et Rebecca. Oscar du meilleur film, Rebecca laisse une belle descendance : du Xanadu de Citizen Kane, écho de l’imposant manoir de Manderley, à Laura de Preminger, du Secret derrière la porte de Fritz Lang jusqu’à, plus récemment, Phantom Thread, de Paul Thomas Anderson.
La Cinémathèque Française.