LIEBSDORF REQUIEM POUR UN VILLAGE

Requiem pour mon village, un film réalisé par Vincent Froehly – FR – 2024 – 52 min.

Que reste-t-il d’un village lorsque le collectif disparaît et que l’individualisme s’installe ? À travers l’exemple de Liebsdorf, petit village alsacien, le réalisateur explore l’érosion du lien social face à la fermeture des écoles, des commerces et des associations, tout en questionnant l’avenir du «vivre ensemble» dans un contexte de repli identitaire et de montée des extrêmes.

La projection sera suivie d’un échange en présence du réalisateur Vincent Froehly et de Maurice Wintz, sociologue intervenant dans le film.

Projection gratuite, sur réservation sur le site du Cosmos ou en billetterie

SOIREE CINE-DEBAT AIDES 67 : REGARDS SUR LE TRAVAIL DU SEXE

Une soirée construite en partenariat avec Aides 67 avec le soutien du collectif Apériputes, du COPIL TDS Strasbourg et du COREVIH Grand Est.

En réponse au contexte et à la législation actuels, en faveur de la répression et de la stigmatisation des travailleurs et travailleuses du sexe (TDS), le documentaire Entre mythes et réalités : un autre regard sur le travail du sexe a pour objectif de bousculer les a priori, faire évoluer les regards sur le travail du sexe et apporter plus d’objectivité et de nuance dans les débats incessants autour de ce thème qui divise la société.

Le film cherche à illustrer au mieux les réalités de terrain en présentant le parcours de 9 travailleuses du sexe à travers quatre thématiques : Les débuts, le quotidien, les violences et la santé.

Il s’est construit dans une démarche communautaire : l’idée est née après plusieurs temps de rencontres avec un groupe de travailleuses du sexe et d’échanges sur leurs parcours respectifs, sur leurs envies communes de faire bouger les choses et de combattre les préjugés dont les TDS sont victimes. Pour que leurs envies deviennent réalité, ces personnes ont travaillé main dans la main avec AIDES pour rassembler toute une équipe de partenaires à la cause : des financeurs, des professionnels de l’audiovisuel et des personnes qui acceptent de témoigner.

La diffusion de ce film s’inscrit dans l’actualité, le 1er décembre étant la journée mondiale de lutte contre le VIH et le 17 décembre étant la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux TDS (des rassemblements solidaires auront lieu à Strasbourg le dimanche 15 décembre).

Le contexte de la production de ce film :
Afin de lutter contre les inégalités et les discriminations à l’égard des travailleur.euse.s du sexe (TDS), mais aussi pour répondre au mieux à leurs besoins, l’association AIDES, avec le soutien de l’ARS, a créé un comité de pilotage (COPIL) dédié à la thématique.

Le COPIL santé TDS Strasbourg, composé de partenaires de terrain et de TDS, a pour but de faciliter l’accès aux droits et aux soins des TDS tout en étant acteur de la transformation sociale.

ATTENTION : Certaines images et propos peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes ainsi que les personnes non averties.

La projection sera suivie d’un débat avec l’association AIDES, des témoins et autres partcipant.e.s au projet (réalisateur, producteur,…)

Tarif unique : 5 €

Bucha

AVANT-PREMIÈRE / SÉANCE UNIQUE – Une séance programmée par la Représentation permanente de l’Ukraine auprès du Conseil de l’Europe

Cette projection est portée et programmée par la Représentation permanente de l’Ukraine auprès du Conseil de l’Europe. Le premier film sur les tragiques événements survenus dans la ville de Boutcha au printemps 2022.

Konstantin Gudauskas, un juif du Kazakhstan, risque sa vie pour sauver des centaines d’Ukrainien·nes piégé·es dans la ville de Boutcha et dans les villes voisines de Kiev, après l’invasion du pays par la Russie au printemps 2022.

La séance sera suivie d’un débat

Une programmation de la Représentation permanente de l’Ukraine auprès du Conseil de l’Europe soutenue par la Représentation permanente de Malte et la Ville de Strasbourg

Projection gratuite, réservation fortement conseillée

SEMAINE MALTAISE : KATARIN + CIAO CIAO

DERNIER JOUR : CLÔTURE OFFICIELLE | Guzeppi de Cecil Satariano et Castillo d’Abigail Mallia


La Représentation permanente de Malte auprès du Conseil de l’Europe assure de mai à novembre 2025 la Présidence tournante du Conseil de l’Europe. À cette occasion, la Représentation organise une semaine de cinéma maltais : durant 5 jours, vous aurez l’occasion de découvrir 10 films sélectionnés, courts et longs métrages confondus.

Dernier jour : clôture de la semaine de cinéma maltais

19h30 : Katarin de Cecil Satariano (MLT | 1977 | VOSTFR | 40 min.)
Cecil Satariano (1930–1996) était un cinéaste, critique de cinéma, censeur et auteur maltais. Cinéaste amateur autodidacte, il s’offre sa première caméra, une Canon 518 Super 8 qui construira sa renommée…
Synopsis : Dans un village maltais, une femme âgée vit dans le souvenir de son passé, entre foi, solitude et rituels quotidiens. Katarin est une méditation silencieuse sur le temps, la mémoire et la dignité.

• 20h30 : Ciao Ciao de Keith Albert Tedesco (MLT | 2025 | VOSTFR | 1h30) | PREMIERE STRASBOURGEOISE
Ce film satirique raconte l’histoire de deux couples réunis pour un dîner de retrouvailles apparemment anodin. Mais à mesure que la soirée se déroule, les sourires polis et les grâces sociales s’effritent, laissant place au chaos brut et non filtré.

• 21h45 : Clôture officielle, discours de l’ambassadrice

Tarif unique : 5 €
ATTENTION : la carte UGC ne fonctionne pas sur les séances de la semaine du cinéma maltais

LES ECLAIREURS

EN AVANT-PREMIÈRE | EN PRÉSENCE D’UN DES RÉALISATEUR·RICES, ARTHUR GOSSET

La Ville et l’Eurométropole de Strasbourg accueillent sur leur territoire la 26e édition des Assises européennes de la transition énergétique, les 24, 25 et 26 juin 2025, au Palais de la Musique et des Congrès de Strasbourg ainsi qu’au Parlement européen. En marge de cet événement, un OFF adressé au grand public est organisé du 13 au 23 juin regroupant des projections, des ateliers, des visites et des rencontres. Le Cosmos accueille une partie des projections.

Le synopsis du film :
Pénuries de ressources, hausse du coût des matières premières, normes environnementales… Le monde du travail est incontestablement impacté par la crise écologique. Et les experts sont unanimes : ces changements vont s’accélérer dans les prochaines années. Pour faire face à cette nouvelle réalité, certains professionnels décident alors d’adapter leur activité en y intégrant les enjeux environnementaux et sociaux. Qu’ils soient indépendants ou travailleurs au sein d’organisations, dirigeants ou ouvriers, nous avons souhaité partir à la rencontre de ces “éclaireurs” pour comprendre leur combat. Au delà de simples convictions, leur objectif est surtout sociétal : comment permettre à sa profession d’exister face aux défis écologiques ?

En complétant leurs témoignages par des prises de paroles d’experts, ce film met en lumière de façon inédite les bouleversements à l’oeuvre dans le monde du travail, et dévoilent les leviers possibles pour y faire face.

La projection sera suivie d’une rencontre avec l’un des réalisateur·rices du film, Arthur Gosset

Projection gratuite

EN PARTENARIAT AVEC L’AGENCE DU CLIMAT

Sound Dreams of Istanbul

Les Habité·es est un festival de musiques aventureuses et d’arts indisciplinés à la rencontre de Strasbourg et de ses alentours. Le festival propose une projection au Cosmos !

Inspiré par un rêve, Anıl Eraslan se lance dans la réalisation d’un documentaire sur la scène d’improvisation libre d’Istanbul. Aux côtés de ses ami.e.s musicien.ne.s, invité.e.s à raconter leurs rêves sonores et à les incarner en performances musicales, le film se transforme en un portrait fantasmagorique d’Istanbul, entre rêve et réalité.

La projection sera suivie d’une rencontre avec Anıl Eraslan et Merve Salgar

Tarif solidaire : 5 €
Tarif soutien au festival : 7 €

DAVID LYNCH, UNE ENIGME A HOLLYWOOD

À l’occasion du Festival Musica 2025 et du spectacle In Dreams : David Lynch Revisited programmé en ouverture (avec Anna Calvi et Jehnny Beth !), Arte, partenaire du festival, propose cette avant-première.

D’une radicale liberté, David Lynch a construit son œuvre comme une énigme entre rêve et réalité. Retraçant la vie du cinéaste, ce documentaire inédit explore le sens caché de sa filmographie qui plonge sous la surface sombre de l’American Dream.

Tout au long d’une fascinante enquête, ce documentaire collecte les clés que le réalisateur a semées dans chacun de ses films afin de résoudre l’énigme David Lynch. Au cœur de la célèbre Chambre rouge de Twin Peaks s’ouvre un gigantesque jeu de piste avec, pour principaux guides, ses acteurs fétiches, Laura Dern, Kyle MacLachlan, Isabella Rossellini, Naomi Watts… Un portrait inédit dans lequel témoignent aussi les ex-épouses de l’artiste, la comédienne Peggy Reavey et la monteuse Mary Sweeney, Mel Brooks ou encore Thierry Jousse, pour revisiter son œuvre si singulière, entre mystère et élégance.

Séance présentée par Arte et suivie d’une rencontre (modérée par Estelle Dalleu) avec le réalisateur Stéphane Ghez

Projection gratuite, sur inscription

QUAND ON A QUE 10 ANS

Dans l’univers multiculturel d’une « classe-monde » à Strasbourg, les élèves livrent leurs regards sur l’égalité, le racisme, le harcèlement, le vivre-ensemble, la société… Des regards drôles, parfois émouvants, avec les mots d’enfants de 10 ans d’aujourd’hui.

Séance présentée par l’équipe du film et France 3 Alsace, coproducteur·ices du film. Gratuit sur réservation.

HENRY FARNY, LE PEINTRE QUI AIMAIT LES INDIENS

Dans le cadre des avant-premières de films portées par des sociétés de production audiovisuelles strasbourgeoises ou de la région, Le Cosmos accueille cette fois un film produit par Supermouche Productions !

La Conquête de l’Ouest a donné naissance à un genre typiquement américain : la peinture western. Ces toiles représentent des indiens au Far West, souvent attaquant des hommes blancs, courageux colons venus les sauver grâce à leur « civilisation ». Toujours peints dans des situations belliqueuses, ces Indiens sont montrés comme de vrais sauvages. Au 19ème siècle, on s’arrache ces toiles spectaculaires de peintres tels que Remington ou Russel, qui contribuent à une propagande anti-indienne, reprise par le cinéma hollywoodien. Un seul d’entre eux a su voir les indiens et leur culture autrement, les aimer pour ce qu’ils étaient en donnant leur point de vue avec respect : cet homme, c’est Henry Farny, né en 1847 à Ribeauvillé en Alsace !

Projection suivie d’une rencontre avec l’équipe du film, en présence du réalisateur Vincent Froehly

Gratuit, sur réservation

DIS MOI OU SONT LES FLEURS

Dans le cadre des rendez-vous avec la production strasbourgeoise, Dora Films présente son dernier film produit !

« Qu’est-ce qui fait une destinée ? 
Explorant mon devenir, il m’a fallu revenir.
Revenir à ce qui me revient comme héritage.
Petite fille grandie dans une famille ordinaire, plutôt aimante et où je ne manque de rien. 
Et pourtant ça va mal, très mal et j’ai du mal à devenir… 
Explorer cette petite histoire, la mienne, tenter d’en saisir quelque chose ouvre une voie singulière où des voix plurielles, tues, mal entendues, voix lointaines, parfois mortes, se font entendre. 
Une lente traversée de la mémoire, du corps, de la langue et de l’Histoire. 
Quand l’héritage fait mal, comment l’assumer sans se confronter au mal lui-même ? 
Et ainsi peut-être s’en acquitter, s’en délivrer ? »

Projection suivie d’une rencontre avec l’équipe du film

Projection gratuite, sur inscription sur le site du Cosmos ou en billetterie

In the Soup

Avec Steve Buscemi, Seymour Cassel, Jennifer Beals, Sam Rockwell, Stanley Tucci, Jim Jarmusch…
AVANT-PREMIÈRE AU COSMOS LE 12 JANVIER EN PRÉSENCE DU RÉALISATEUR, Alexandre Rockwell.

In the Soup d’Alexandre Rockwell suit les déboires d’un jeune new-yorkais, Adolfo, qui rêve de créer un film indépendant et exigeant, loin des codes de l’industrie cinématographique. Il vit dans l’illusion de la philosophie, de la littérature et du cinéma européen. Or, il habite dans les États-Unis des années 90, où le « Rêve Américain » s’est transformé depuis la fin des années 70 en impasse, et où la création artistique se heurte à la précarité et au cynisme. Celleux qui travaillent dur, à l’instar de la voisine du protagoniste, Angelica, ont du mal à joindre les deux bouts, et ceux qui, comme Aldolfo, ne croient plus en rien, préfèrent attendre dans leur canapé qu’un miracle leur tombe dessus.

Comédie assez jubilatoire, In the Soup est une véritable (re)découverte du meilleur de ce qu’a pu être le cinéma indépendant américain du début des années 90 version no wave. On pense beaucoup à Cassavetes (le noir et blanc granuleux, Seymour Cassel). Steve Buscemi y est à son meilleur, et cerises sur le gâteau : Jim Jarmusch dans une apparition hilarante et l’une des principales personnages de The L Word...

Il a suffi d’une nuit

En présence de la réalisatrice

En partenariat avec AIDES Strasbourg

1989, j’avais 20 ans quand on m’a annoncé ma séropositivité. Avec Amel, Alice, Nicolas et Eder, mes sœurs et frères « en Sida », nous racontons un bout de cette histoire commune. Une histoire de rage et de désir de vivre, un cri pour enfin sortir du silence.

Chaque 1er décembre signe l’anniversaire de la découverte du SIDA. Avec du retard, Le Cosmos s’associe à AIDES et montre ce documentaire d’Emanuelle Bidou, auto-documentaire puisque la réalisatrice (hétérosexuelle) y parle de son parcours de séropositive, mais documentaire tout court qui montre par ailleurs le parcours d’autres personnes concernées que l’on entend peu : toxicomanes, hémophiles, immigré·es, etc. et leur prise en charge par une médecin très impliquée. Ces récits, complémentaires à ceux des homosexuel·les, offrent un autre regard sur l’épidémie et nous rappellent aussi que l’épidémie n’est pas finie ; en même temps qu’il évoque en transparence l’importance d’un système de santé juste et égalitaire.

La projection sera suivie d’un débat avec Emanuelle Bidou, la réalisatrice et des personnes d’AIDES Strasbourg

Tarifs habituels

LA VIE SCANDALEUSE DU NAIN VOLANT

AVANT-PREMIÈRE – Autrice, réalisatrice : Noémie Rousseau ; production déléguée : StudioFact Presse & Docs – En présence de Manuel Wackenheim et de l’équipe du film

En 1995, la France interdit le lancer de nains. Mais il n’y a jamais eu qu’un seul nain volant : Manuel Wackenheim. Son show enflamme les discothèques avant de devenir une affaire d’État. La polémique enfle et balaye tout sur son passage. Au nom de la dignité humaine, Manu est renvoyé chez lui, à Sarreguemines, sans avoir été entendu.

Entre scandale du handicap, croisade morale et bataille juridique, Manu raconte sa vie d’homme-objet, d’homme petit aux grands rêves, et nous emmène à Marseille, Nice et Paris, révélant ce que la société préfère cacher.

Production déléguée : StudioFact Presse & Docs
Coproduction : France 3 Grand Est

Projection gratuite sur inscription

Nuestra Tierra

En partenariat avec la scène européenne Le Maillon, dans le cadre du temps fort « Démocraties en Jeu ».  
Séance suivie d’un débat avec Thomas Pouteau, auteur et critique de cinéma indépendant

Peut-on penser la démocratie sans passer par la justice ? Nuestra Tierra revient sur l’assassinat de Javier Chocobar et l’expulsion de sa communauté à Tucumán. À partir de cette histoire – qui, avant le procès a donné lieu à de nombreuses manifestations en Argentine – Lucrecia Martel fait affleurer, avec une grande finesse, les questions qui traversent nos démocraties : la place des minorités, l’autodétermination, l’élasticité des lois qui profite principalement aux classes aisées, et surtout les histoires humaines qui précèdent toujours les idéologies

Dire du cinéma de Lucrecia Martel qu’il est décolonial relève de l’évidence : son brillant long métrage de fiction Zama (2017) en était l’expression la plus manifeste, quand ses films précédents interrogeaient déjà — et avec vigueur — les systèmes de classe et de domination. Non, décidément, le cinéma n’est pas apolitique.
Avec Nuestra Tierra, premier long métrage documentaire de la réalisatrice argentine, Lucrecia Martel pousse jusqu’au bout cette vision politique et sociale — autrement dit incarnée — du cinéma. En empruntant les ressorts du film d’enquête et en prenant pour point de départ le meurtre de Javier Chocobar, figure de la communauté Chuschagasta à Tucumán, Martel ancre son récit dans une réalité terrible : la silenciation et la déconsidération systématique des récits indigènes.
Car cette terre, magnifique — que Martel filme au drone, interrogeant par ce dispositif sa propre place de réalisatrice autant que le point de vue nécessairement surplombant du cinéma (avec une scène aviaire dont on se souviendra longtemps) — est nimbée des histoires, des récits, des archives et photographies de cette communauté.
Ainsi, si le film est traversé par ce meurtre et par son jugement, par l’inhumanité d’un propriétaire terrien blanc, de ses hommes de main et, finalement, de tout un système judiciaire (il suffit de regarder les regards et les corps de tout ce cirque), Martel s’emploie toujours à réaffirmer le lien à cette terre : ce qui s’y vit, ce qui s’y transmet, et le soin indestructible que se portent les membres de la communauté.
Alors, le « nous » de Nuestra est forcément ambivalent. Tout au long du film, on voudrait qu’il signifie « leur ». Jusqu’à ce que l’injustice finisse, encore une fois, par s’abattre comme un rouleau compresseur face auquel il semble impossible de résister. L’impérialisme, partout, tout le temps.
– Cécile Becker, directrice et membre du Conseil de programmation du Cosmos

Séance présentée et suivie d’un débat avec Thomas Pouteau, auteur et critique de cinéma indépendant

Tarifs habituels 
Tarif réduit sur présentation d’un billet de spectacle du Maillon

Nuestra Tierra

Lucrecia Martel

FR1H592026


Projection compliceAvant-premièreCiné-débat


En partenariat avec la scène européenne Le Maillon, dans le cadre du temps fort « Démocraties en Jeu ».  
Séance suivie d'un débat avec Thomas Pouteau, auteur et critique de cinéma indépendant

Peut-on penser la démocratie sans passer par la justice ? Nuestra Tierra revient sur l’assassinat de Javier Chocobar et l’expulsion de sa communauté à Tucumán. À partir de cette histoire – qui, avant le procès a donné lieu à de nombreuses manifestations en Argentine – Lucrecia Martel fait affleurer, avec une grande finesse, les questions qui traversent nos démocraties : la place des minorités, l’autodétermination, l’élasticité des lois qui profite principalement aux classes aisées, et surtout les histoires humaines qui précèdent toujours les idéologies

Dire du cinéma de Lucrecia Martel qu’il est décolonial relève de l’évidence : son brillant long métrage de fiction Zama (2017) en était l’expression la plus manifeste, quand ses films précédents interrogeaient déjà — et avec vigueur — les systèmes de classe et de domination. Non, décidément, le cinéma n’est pas apolitique.
Avec Nuestra Tierra, premier long métrage documentaire de la réalisatrice argentine, Lucrecia Martel pousse jusqu’au bout cette vision politique et sociale — autrement dit incarnée — du cinéma. En empruntant les ressorts du film d’enquête et en prenant pour point de départ le meurtre de Javier Chocobar, figure de la communauté Chuschagasta à Tucumán, Martel ancre son récit dans une réalité terrible : la silenciation et la déconsidération systématique des récits indigènes.
Car cette terre, magnifique — que Martel filme au drone, interrogeant par ce dispositif sa propre place de réalisatrice autant que le point de vue nécessairement surplombant du cinéma (avec une scène aviaire dont on se souviendra longtemps) — est nimbée des histoires, des récits, des archives et photographies de cette communauté.
Ainsi, si le film est traversé par ce meurtre et par son jugement, par l’inhumanité d’un propriétaire terrien blanc, de ses hommes de main et, finalement, de tout un système judiciaire (il suffit de regarder les regards et les corps de tout ce cirque), Martel s’emploie toujours à réaffirmer le lien à cette terre : ce qui s’y vit, ce qui s’y transmet, et le soin indestructible que se portent les membres de la communauté.
Alors, le « nous » de Nuestra est forcément ambivalent. Tout au long du film, on voudrait qu’il signifie « leur ». Jusqu’à ce que l’injustice finisse, encore une fois, par s’abattre comme un rouleau compresseur face auquel il semble impossible de résister. L’impérialisme, partout, tout le temps.
– Cécile Becker, directrice et membre du Conseil de programmation du Cosmos

Séance présentée et suivie d’un débat avec Thomas Pouteau, auteur et critique de cinéma indépendant

Tarifs habituels 
Tarif réduit sur présentation d’un billet de spectacle du Maillon

Argentine, 2009. Trois hommes blancs tentent d’expulser les membres de la communauté autochtone de Chuschagasta, revendiquant la propriété des terres. Armés, ils tuent le chef de la communauté, Javier Chocobar. Le meurtre est filmé, et en 2018, après neuf ans d’impunité et des siècles d’histoire coloniale, le procès s’ouvre.