L’histoire véridique d’Aloïse, aliénée, enfermée toute sa vie, qui a fini par s’exprimer par la peinture.
En 1975, la cinéaste Liliane de Kermadec a rendu hommage à Aloïse Corbaz, artiste enfermée à l’asile, incarnée par Delphine Seyrig et Isabelle Huppert. Joyau sur la folie et la condition féminine.
-Libération
Pour sauver son couple qui se meurt, Sophia propose a son mari Trofim d’adopter Ganka, orpheline de treize ans. L’intrusion de l’adolescente va être encore plus destructrice pour le couple.
Isabelle Huppert campe avec grâce et mystère une femme du peuple saisie par la jalousie dans ce drame de la vie conjugale dans la Russie de 1920. Une petite réussite oubliée du cinéma franco-russe, rééditée en numérique.
-L’Humanité
Interdit aux – de 12 ans
Vienne au début des années 70. Une femme, philosophe, poétesse, essayiste, romancière – brillante et contestée – libre, folle, révolutionnaire et féministe. Deux hommes l’entourent. Malina, le mari, le frère, le complice, en tout cas une partie d’elle-même. Yvan, l’amant, l’éclair, le choc du plaisir découvert ou retrouvé, qui l’emporte sur les chemins de la passion. Jusqu’où la mènera son feu intérieur ?
Entre Mathieu Carrière, dont l’autorité et la maturité s’accordent au personnage de Malina, bourreau de la raison, et l’acteur hongrois Can Togay, figure du pouvoir érotique masculin auquel le désir de liberté sexuelle de la femme fait peur, il y a Isabelle Huppert. Elle parle, crie, rit, pleure, souffre, toujours au paroxysme. Elle se dépasse dans l’extravagance et le tragique, le sublime et le grotesque. Mais ce sont les artifices – volontaires – des décors, des costumes, des éclairages, des couleurs, des «tableaux» d’opéra (ainsi le tapis de bougies allumées, l’appartement peu à peu investi par les flammes), qui traduisent la folie, de l’extérieur. Ce film, sidérant par son parti pris esthétique, n’appelle pas la demi-mesure.
-Le Monde
Les cheveux tirés en chignon, les lèvres pincées et l’air hautain, Erika enseigne le piano au conservatoire de Vienne. Vieille fille, elle partage avec sa mère, possessive et inquisitrice, le même lit et un amour prompt à basculer dans la violence. Parfois, Erika s’échappe pour aller voir des films X ou assouvir ses désirs voyeuristes. Mais si elle doit toucher à son propre sexe, c’est pour le mutiler… Exerçant sur sa vie la même maîtrise que dans son art, elle refuse toute sensualité et toute « sensiblerie ». Jusqu’au jour où un jeune pianiste virtuose, Walter Klemmer, s’inscrit dans son cours pour la séduire…
Haneke adapte un roman de sa compatriote Elfriede Jelinek, sur les ravages mère-fille et l’envers désastreux de la haute culture viennoise. Une apothéose pour Isabelle Huppert, géniale en bas-bleu, sadomasochiste incurable.
-Télérama
⚠ TW : des scènes de violences sexuelles et d’automutilation, éprouvante, viennent servir une réflexion su le contrôle des corps et l’enfermement psychique.
Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d’une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d’une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s’installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer.
Il aura fallu attendre dix ans pour que Paul Verhoeven fasse son retour sur grand écran – si l’on excepte l’expérience Tricked – avec Elle, son premier film en langue française. Sous l’impulsion du producteur Saïd Ben Saïd, il découvre le roman de Philippe Djian, Oh…, et se passionne pour son héroïne au caractère hors du commun. Après avoir envisagé de tourner son adaptation à Boston, il considère qu’un tel sujet ne sera pas le bienvenu aux États-Unis : c’est finalement à Paris qu’il posera ses valises avec Isabelle Huppert – récipiendaire du César et du Golden Globe de la meilleure actrice – dans le rôle principal. Devant la caméra du cinéaste, elle campe de façon impériale cette femme de pouvoir qui refuse son statut de victime. En renouant avec un cinéma de la perversité et de l’ambivalence, Paul Verhoeven redessine de nouveaux rapports de force où la domination s’impose comme une inépuisable quête. De la proie au prédateur, de la satire sociale au thriller, le réalisateur allie une écriture dérangeante à un humour corrosif pour mieux surprendre et laisser planer le mystère.
-La Cinemathèque
⚠ TW : une scène de viol pouvant être éprouvante.
Sophie, bonne analphabète et secrète mais dévouée, est engagée au service d’une famille bourgeoise de Saint-Malo. Son amitié avec la postière, curieuse et envieuse, va déclencher une série de drames.
La Cérémonie, considéré comme l’un des chefs d’œuvre de Claude Chabrol, serait-il le dernier film marxiste ? La réponse est difficile à donner d’emblée tant le film fait preuve de maîtrise dans l’art de l’amoralité ironique et du maniement de toutes les techniques cinématographiques au service d’une histoire, et non d’un propos. Bien que les vieux démons de Chabrol soient présents comme des oppositions, sociales ou sexuelles, le réalisateur n’a probablement jamais laissé autant de place à la réflexion, à la surprise, pour certains au malaise.
-Critikat